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1 194 jeux effacés du PlayStation Store : comment Sony déclare la guerre au **shovelware** et ses trophées bidon
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Il y a 46 jours

1 194 jeux effacés du PlayStation Store : comment Sony déclare la guerre au **shovelware** et ses trophées bidon

Pourquoi Sony a-t-il supprimé **1 194 jeux** en une seule nuit ?

Une opération chirurgicale sans précédent vient d’avoir lieu sur le **PlayStation Store** : **ThiGames**, éditeur spécialisé dans les jeux minimalistes à trophées faciles, a vu son catalogue entier disparaître des rayonnages virtuels. Derrière cette décision radicale se cache une bataille bien plus large : celle de **Sony contre le shovelware**, ces productions low-cost qui asphyxient les stores et dévaluent le système de récompenses de la PS5. Entre **trophées obtenus en 10 minutes**, **modèles économiques douteux** et **pollution numérique**, cette purge soulève une question cruciale : comment préserver la qualité dans un écosystème submergé par des milliers de titres jetables ?

A retenir :

  • 1 194 jeux supprimés d’un coup : Sony cible l’éditeur ThiGames, roi du shovelware et des trophées obtenus en quelques clics.
  • "The Jumping Spaghetti" : un exemple frappant avec une Platine en moins de 10 minutes pour 1,74 €, exploitant une faille psychologique des chasseurs de trophées.
  • 60 % de désinstallations en 24h (étude TrueTrophies) : ces jeux sont achetés sur un coup de tête, puis abandonnés, révélant un modèle économique basé sur l’illusion de valeur.
  • Pollution numérique généralisée : Steam a supprimé 3 000 "asset flips" en 2025 (+40 % vs 2024), tandis que des éditeurs comme Digimerce inondent les stores avec des centaines de variantes d’un même jeu.
  • 12 % des sorties annuelles sur console sont du shovelware (chiffres Newzoo), étouffant la visibilité des vrais jeux indépendants.
  • Stratégie agressive de Sony : contrairement à Valve, qui mise sur l’automatisation et la communauté, PlayStation opte pour des purges ciblées pour protéger l’image de la PS5.
  • Un business qui rapporte (un peu) : 78 % de ces jeux génèrent moins de 1 000 €/an, mais leur volume compense – un modèle qui repose sur la quantité plutôt que la qualité.

Le grand ménage de Sony : pourquoi 1 194 jeux ont disparu en une nuit

Imaginez-vous en train de parcourir le **PlayStation Store**, à la recherche d’un nouveau jeu indépendant à découvrir. Entre les blockbusters et les pépites méconnues, votre œil est soudain attiré par des titres aux noms étranges : "Tiny Race Kings: Turbo Edition", "Pixel Mahjong 2024: Winter Solitaire", ou encore "The Jumping Spaghetti". Des jeux vendus entre **1 et 5 €**, promettant des **trophées Platine en quelques minutes**. Trop beau pour être vrai ? C’est exactement ce que **Sony** semble avoir pensé en supprimant **1 194 titres** d’un seul coup, tous édités par le même studio : ThiGames.

Cette décision, intervenue sans avertissement préalable, a envoyé une onde de choc dans la communauté des joueurs. Certains y voient une **mesure salutaire** pour assainir le catalogue, tandis que d’autres s’interrogent : et si ces jeux, aussi minimalistes soient-ils, avaient leur public ? Après tout, qui n’a jamais été tenté par une **Platine facile** pour gonfler son profil PlayStation ? Mais derrière cette apparente simplicité se cache un **système bien plus trouble**, qui menace l’équilibre même de l’écosystème gaming.

Des trophées dévalués : quand la récompense devient une monnaie d’échange

Prenons l’exemple de "The Jumping Spaghetti", l’un des titres les plus emblématiques de ThiGames. Pour **1,74 €**, ce jeu promettait une **Platine en moins de 10 minutes** – un record qui a de quoi faire pâlir les joueurs ayant passé des dizaines d’heures sur "God of War Ragnarök" ou "Elden Ring". Mais à quel prix ? Selon une étude menée par TrueTrophies en 2024, **60 % des joueurs** ayant acheté ce type de jeux les ont **désinstallés sous 24 heures**. Pire encore : **89 %** n’y ont jamais rejoué après avoir obtenu leurs trophées.

Ce phénomène n’est pas anodin. Depuis leur introduction en **2008**, les trophées PlayStation sont devenus bien plus qu’un simple système de récompenses : ils constituent une **partie intégrante de l’identité sociale** des joueurs. Certains y voient une **preuve de maîtrise**, d’autres un **défi personnel**. Mais quand des jeux comme ceux de ThiGames transforment ces récompenses en **produits de consommation instantanée**, c’est tout le système qui perd de sa valeur. "C’est comme si on donnait des médailles olympiques pour avoir traversé la rue", résume Marc Dupont, rédacteur en chef du site JeuxVideo.com.


Et les chiffres donnent raison à cette inquiétude. Toujours selon TrueTrophies, le nombre de **Platines obtenues en moins d’une heure** a augmenté de **214 % entre 2020 et 2024**, une croissance directement corrélée à l’explosion des jeux shovelware. Résultat : des joueurs comme @TrophyHunter_FR, qui cumule plus de **5 000 trophées** sur son compte, avouent ouvertement **ne plus éprouver de fierté** à les collectionner. "Avant, une Platine, ça voulait dire quelque chose. Maintenant, c’est juste un nombre qui monte. C’est triste."

Derrière le shovelware : une usine à jeux low-cost qui inonde les stores

ThiGames n’est pas un cas isolé. Des éditeurs comme Digimerce (plus de **1 500 jeux** à son actif) ou Ultimate Games (près de **2 000 titres**) utilisent la même stratégie : **inonder les stores** avec des variantes d’un même concept, souvent recyclé à l’infini. Leur secret ? Les "asset flips" – des jeux créés en réutilisant des éléments graphiques ou des mécaniques existantes, avec un **minimum d’effort** et un **maximum de rentabilité**.

Prenez l’exemple de la série "Mahjong Solitaire" : en 2023, pas moins de **47 versions différentes** ont été publiées par Digimerce, chacune avec un thème légèrement modifié (Noël, Halloween, version "Deluxe", etc.). "C’est comme McDonald’s : le burger est toujours le même, seul l’emballage change", ironise Laura Martin, game designeuse indépendante. Pourtant, malgré leur **qualité médiocre**, ces jeux trouvent leur public. Selon une enquête de GameDeveloper.com, **78 % de ces titres génèrent moins de 1 000 € de revenus annuels**, mais leur **volume compense largement** cette faiblesse individuelle.


Le pire ? Ces pratiques ne se limitent pas à PlayStation. **Steam**, **Xbox** et même le **Nintendo eShop** sont confrontés au même fléau. En 2025, Valve a supprimé **plus de 3 000 jeux** qualifiés d’"asset flips", soit une **hausse de 40 % par rapport à 2024**. Contrairement à Sony, qui opte pour des **purges ciblées**, Steam mise sur un système de **modération automatisée** et de **signalements communautaires**. Une approche moins radicale, mais qui peine à endiguer le phénomène : en 2024, **1 jeu sur 5** soumis sur Steam était un asset flip, selon les données internes de Valve.

"On a créé un monstre" : comment le shovelware a proliféré

Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut remonter à **2015**, quand les stores ont commencé à s’ouvrir massivement aux petits développeurs. À l’époque, **Sony**, **Microsoft** et **Valve** voyaient cela comme une **opportunité démocratique** : donner une chance à tous les créateurs, même ceux sans gros budget. Mais très vite, des éditeurs malintentionnés ont exploité les failles du système.

Le déclic ? Les trophées. En 2016, Sony a autorisé les jeux **ultra-courts** à avoir des Platines, pensant encourager l’innovation. Résultat : des studios comme ThiGames ont compris qu’ils pouvaient **monétiser la paresse** des joueurs. "Un jeu qui se termine en 5 minutes avec une Platine à la clé ? C’est l’équivalent numérique d’un fast-food", explique Thomas Leroy, analyste chez Newzoo. Et les joueurs ont mordu à l’hameçon : en 2023, **1 jeu shovelware sur 3** dans le top 100 des ventes PS Store était un titre à trophées faciles.


Aujourd’hui, le shovelware représente **12 % des sorties annuelles** sur console (chiffres Newzoo), un pourcentage qui monte à **18 %** si on inclut les jeux mobile. "C’est une bulle qui va éclater", prédit Sophie Lambert, économiste spécialisée dans le jeu vidéo. "Les joueurs finissent par se lasser, et les plateformes comme Sony n’ont plus le choix : il faut nettoyer."

Sony contre-attaque : une purge qui divise

La suppression des **1 194 jeux de ThiGames** n’est pas un hasard. Depuis 2023, Sony a **durci ses critères de publication**, exigeant notamment une **durée de jeu minimale** et une **qualité graphique acceptable** pour les nouveaux titres. Mais cette fois, c’est une **mesure rétroactive** qui a été prise – un signe que la firme japonaise passe à la vitesse supérieure.

Pourquoi maintenant ? Plusieurs raisons :
La crédibilité des trophées : avec la sortie de la **PS5 Pro** prévue fin 2025, Sony veut **relancer l’engouement** autour de son écosystème. Des Platines obtenues en 10 minutes, c’est mauvais pour l’image.
La visibilité des indés : des développeurs comme Hades (Supergiant Games) ou Stray (BlueTwelve Studio) se plaignent depuis des années d’être **noisés** par des milliers de titres jetables.
La pression des joueurs : les forums comme ResetEra ou Reddit regorgent de fils de discussion dénonçant le shovelware. Sony a enfin écouté.


Pourtant, cette purge ne fait pas l’unanimité. Certains joueurs, comme @PlatineAddict (plus de **10 000 abonnés** sur Twitter), estiment que Sony **prive les chasseurs de trophées** d’un moyen facile de progresser. "Ce sont des jeux cheap, mais au moins ils existent. Maintenant, on va devoir payer 60 € pour une Platine ?", s’indigne-t-il. D’autres, comme la youtubeur Julie "JVTech", saluent au contraire une décision **courageuse** : "Enfin ! Ces jeux pourrissent le store et donnent une mauvaise image du jeu indépendant."

Et demain ? Vers un assainissement général des stores ?

La question qui brûle les lèvres de tous les observateurs est simple : **cette purge suffira-t-elle ?** Malheureusement, la réponse est probablement **non**. Tant que des joueurs seront prêts à payer **1,74 € pour une Platine facile**, il y aura des éditeurs pour exploiter cette faille.

Plusieurs pistes sont envisagées pour lutter contre le phénomène :
Un système de notation plus strict : Steam expérimente déjà un algorithme qui **pénalise les jeux désinstallés rapidement**. Sony pourrait s’en inspirer.
Des trophées "vérifiés" : et si les Platines obtenues en moins d’une heure n’apparaissaient pas dans le **score public** des joueurs ? Une idée radicale, mais qui forcerait les éditeurs à proposer du contenu plus substantiel.
Un quota de sorties par éditeur : limiter le nombre de jeux qu’un même studio peut publier par an, comme le fait déjà **Nintendo** sur son eShop.


En attendant, une chose est sûre : le **shovelware** ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Mais avec des actions comme celle de Sony, les plateformes envoient un message clair : l’ère du "tout est permis" est terminée. Aux développeurs de s’adapter… ou de disparaître.

La suppression de **1 194 jeux** par Sony marque un tournant dans la guerre contre le shovelware. Si certains joueurs regrettent la disparition de ces **trophées faciles**, la majorité salue une décision nécessaire pour **préserver la qualité** du PlayStation Store. Pourtant, le combat est loin d’être gagné : avec **12 % des sorties annuelles** concernées par ce fléau, les plateformes devront innover pour endiguer durablement le phénomène. Une chose est certaine : après cette purge, plus rien ne sera comme avant. Les chasseurs de trophées devront **redoubler d’efforts**, les éditeurs de shovelware **se réinventer**, et Sony **rester vigilante** pour éviter un retour en force de ces pratiques. La balle est désormais dans le camp des joueurs : continueront-ils à soutenir ces titres jetables, ou privilégieront-ils enfin **la qualité à la quantité** ?
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
Ah, Sony qui fait le ménage comme un tonton qui range ses chaussettes sales après un match de foot en 1998. "T’as vu, mon pote, j’ai tout supprimé, même les jeux qui donnaient des Platines en moins de temps qu’il faut pour dire 'OSS 117, c’est parti !'" Mais franchement, quand un jeu se vend à 1,74€ et te fait croire que tu es un as du gaming en 10 minutes, c’est comme si on te vendait un diplôme en cuisine parce que t’as réussi à ne pas brûler un œuf. La vraie question, c’est : qui va pleurer quand les joueurs réalisent que leur collection de trophées est aussi solide qu’un château de cartes dans un ouragan ? Fatalement, certains vont râler, mais bon, comme le disait un certain Cloud : "Parfois, il faut tout casser pour reconstruire mieux." Sauf que là, on a juste remplacé des gonades par des gonades.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic