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1 700 moutons sous panneaux solaires : l’Australie prouve que l’agrivoltaïsme améliore la laine… et les sols !
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En Australie, une étude menée sur 1 700 mérinos révèle un phénomène inattendu : les moutons paissant sous des panneaux solaires produisent une laine 5 % plus résistante, tout en réduisant le stress thermique et l’érosion des sols. Cette pratique, testée à la Wellington Solar Farm, combine rentabilité économique et durabilité écologique, prouvant que l’agrivoltaïsme pourrait bien révolutionner l’élevage ovin.
A retenir :
- Laine premium sous le soleil : Les mérinos élevés sous panneaux solaires produisent des fibres 5 % plus résistantes, grâce à un microclimat réduisant leur stress thermique.
- Économie et écologie main dans la main : Les fermes agrivoltaïques réduisent leurs coûts de tonte de 30 % et vendent leur laine 5 à 8 % plus cher, tout en divisant par deux les dépenses d’entretien des parcelles.
- Des sols préservés : Moins 15 % d’érosion sur les parcelles combinant solaire et pâturage, un atout clé contre la désertification en Australie.
- Une configuration optimale : Panneaux inclinés à 25° et espacés de 8 mètres pour une circulation d’air idéale, évitant l’humidité néfaste à la laine.
- Un modèle exportable : Après l’Allemagne, l’Australie confirme que l’agrivoltaïsme peut concilier énergie renouvelable, élevage durable et rentabilité.
Quand les moutons deviennent les alliés inattendus du solaire
Imaginez un troupeau de 1 700 mérinos paissant tranquillement… sous des rangées de panneaux solaires. Ce n’est pas une scène de science-fiction, mais bien une réalité testée en Australie, à la Wellington Solar Farm (Nouvelle-Galles du Sud). Pendant trois ans, des chercheurs ont comparé deux groupes de moutons : les uns en pâturage classique, les autres sous une centrale photovoltaïque. Résultat ? Les animaux "sous panneau" ont produit une laine plus résistante de 5 %, avec un poids corporel stable, malgré des étés australiens souvent impitoyables.
Le secret ? Un microclimat protecteur. Les panneaux, inclinés à 25° et espacés de 8 mètres, créent une ombre partielle qui atténue les températures extrêmes – jusqu’à 10°C de moins au sol lors des pics de chaleur. "Les moutons souffrent moins de stress hydrique, ce qui se répercute directement sur la qualité de leur toison", explique le Dr. Mark Trotter, co-auteur de l’étude (Université de Nouvelle-Angleterre). Une aubaine dans des régions comme le New South Wales, où les vagues de chaleur menacent régulièrement les troupeaux.
Autre surprise : cette configuration limite l’accumulation d’humidité, ennemi juré de la laine. Grâce à l’espacement des panneaux, l’air circule librement, évitant les moisissures et les parasites. "C’est comme si les moutons bénéficiaient d’une climatisation naturelle", résume un éleveur local. Une solution si simple qu’elle pourrait bien s’exporter…
Économie circulaire : quand le solaire fait aussi baisser les coûts
Au-delà des bénéfices pour les animaux, l’agrivoltaïsme s’avère être un jackpot économique. Selon les données d’Elders Rural Services, les fermes combinant élevage et solaire réduisent leurs coûts de tonte mécanique de 30 % – les moutons faisant office de tondeuses naturelles. Cerise sur le gâteau : leur laine, de meilleure qualité, se vend 5 à 8 % plus cher que la moyenne du marché.
À titre de comparaison, une ferme traditionnelle en Nouvelle-Galles du Sud dépense environ 12 000 AUD par hectare et par an pour l’entretien des parcelles. Avec l’agrivoltaïsme, ce poste de dépense est divisé par deux. "On gagne sur tous les tableaux : moins de frais, des revenus complémentaires grâce à la laine premium, et une énergie propre", se réjouit Sarah Thompson, gérante d’une exploitation pilote.
Mais ce n’est pas tout. Les analyses pédologiques menées en parallèle révèlent une baisse de 15 % de l’érosion éolienne sur les parcelles agrivoltaïques. Pourquoi ? Parce que le pâturage contrôlé maintient une couverture végétale permanente, protégeant les sols des vents desséchants. Un argument de poids dans un pays où la désertification menace 2,6 millions d’hectares (source : Department of Agriculture, 2025).
Derrière les chiffres, une révolution agricole en marche
Ce qui semble être une simple expérience cache en réalité une transformation profonde des modèles agricoles. L’Australie, déjà pionnière dans les énergies renouvelables, pourrait bien devenir le fer de lance de l’agrivoltaïsme à grande échelle. "Ce n’est pas juste une question de laine ou de kilowattheures, mais de résilience climatique", souligne le professeur Andrew Blakers (Australian National University).
Et les sceptiques dans tout ça ? Certains éleveurs redoutent encore les coûts initiaux d’adaptation des infrastructures, ou l’impact sur le comportement des troupeaux. "Au début, les moutons étaient un peu désorientés par les ombres mouvantes des panneaux", confie Jack Wilson, éleveur depuis 30 ans. "Mais après quelques semaines, ils ont adopté le système comme une seconde nature."
Preuve que l’idée fait son chemin : l’Allemagne, précurseur en la matière, utilise déjà des moutons pour l’entretien de ses parcs solaires depuis 2010. En France, des projets pilotes voient le jour en Occitanie et en Auvergne-Rhône-Alpes. "L’Australie vient de prouver que ce modèle n’est pas seulement viable, mais supérieur aux méthodes traditionnelles", conclut Marie Dervaux, ingénieure agronome à l’INRAE.
Le saviez-vous ? Les moutons, ces héros méconnus des énergies vertes
Si l’agrivoltaïsme fait aujourd’hui parler de lui, l’idée d’utiliser des troupeaux pour entretenir les installations solaires n’est pas nouvelle. Dès les années 1980, des éleveurs californiens testaient déjà le pâturage sous des panneaux thermiques. Mais c’est en 2009, en Bavière (Allemagne), que le concept prend vraiment son essor, avec la première ferme solaire officiellement "gardée" par des moutons.
Leur mission ? Remplacer les tondeuses mécaniques, coûteuses et polluantes. Résultat : une réduction de 90 % des émissions CO₂ liées à l’entretien, et des économies estimées à 3 000 € par hectare et par an. "Les moutons sont les seuls à pouvoir brouter entre les panneaux sans les endommager", explique Klaus Müller, un éleveur bavarois. Une solution si efficace qu’elle a inspiré l’Australie… et pourrait bien conquérir le monde.

