Il y a 60 jours
Alden Ehrenreich : De Spider-Man raté à la rédemption dans le MCU – Un parcours hollywoodien en dents de scie
h2
Un acteur entre ombres et lumières : comment Alden Ehrenreich a transformé un échec en opportunité
A retenir :
- Alden Ehrenreich a frôlé le rôle de Spider-Man en 2010 avant qu’Andrew Garfield ne soit préféré – un choix qui aurait pu tout changer.
- Han Solo: A Star Wars Story (2018) : un échec critique et commercial (393 M$ de recettes pour 275 M$ de budget) qui a failli enterer sa carrière.
- Son retour surprise dans le MCU via Ironheart (2025) prouve que Marvel mise sur les seconds rôles pour relancer des talents.
- Comparaison frappante : là où Lucasfilm abandonne (ex. : les rumeurs sur un spin-off Solo annulé), Marvel recycle ses acteurs.
- Son interprétation de Joe "Rhodey" McGillicuddy dans Ironheart révèle un équilibre rare entre humour et gravité – une qualité qui manquait à son Han Solo.
- Leçon hollywoodienne : dans l’industrie des blockbusters, un échec peut devenir un tremplin… à condition de savoir attendre.
2010 : Le Spider-Man qui n’a jamais existé
Imaginez un univers où Alden Ehrenreich, alors âgé de 20 ans, enfile le costume de Spider-Man à la place d’Andrew Garfield. En 2010, ce scénario était presque réalité. Selon Deadline, le jeune acteur – fraîchement remarqué dans Tetro de Francis Ford Coppola – figurait parmi les finalistes pour incarner Peter Parker dans The Amazing Spider-Man (2012). Les producteurs cherchaient un visage capable de succéder à Tobey Maguire, avec un mélange de vulnérabilité et d’audace. Ehrenreich, avec son charisme naturel et son physique juvénile, correspondait en tout point.
Pourtant, Sony a finalement jeté son dévolu sur Garfield, un choix qui a divisé les fans. À l’époque, peu savaient que ce rejet allait marquer le début d’un parcours semé d’embûches pour Ehrenreich. Comme il l’a confié plus tard dans une interview pour GQ : *« Je pense que chaque acteur a un rôle qui lui échappe et qui le hante. Pour moi, ce fut Spider-Man. »* Une phrase qui résume à elle seule l’impact psychologique de ce casting manqué.
Ironie du sort : alors que Garfield peignait à se défaire de l’étiquette "Spider-Man" après deux films mitigés, Ehrenreich, lui, allait connaître un destin encore plus tumultueux avec Han Solo.
2018 : Han Solo, ou l’art de décevoir une galaxie entière
Quand Disney annonce un film centré sur le jeune Han Solo, les attentes sont stratosphériques. Le problème ? Remplacer Harrison Ford, icône intouchable, relève de la mission impossible. Pourtant, en 2016, Ehrenreich décroche le rôle après une recherche de casting longue et chaotique (des rumeurs évoquaient même Miles Teller ou Dave Franco). Les premiers signes de malaise apparaissent dès le tournage : les réalisateurs Phil Lord et Christopher Miller sont renvoyés, remplacés par Ron Howard, et des rumeurs de coaching intensif pour Ehrenreich fuient dans la presse.
Résultat ? Han Solo: A Star Wars Story (2018) est un désastre relatif : 393 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à 275 millions, sans compter les coûts marketing. Pire, la critique fusille le film pour son manque d’âme et son scénario prévisible. Ehrenreich, malgré des efforts visibles, peine à incarner le charisme canaille de Ford. Comme l’écrit The Hollywood Reporter : *« Il joue Han Solo comme un étudiant en théâtre interprétant Han Solo. »* Ouch.
Pourtant, l’acteur assume l’échec avec une lucidité rare : *« Je savais que ce serait difficile. Mais parfois, les rôles qui vous font le plus peur sont ceux dont vous avez le plus besoin. »* Une philosophie qui paiera… trois ans plus tard.
"Ironheart" (2025) : La rédemption par Marvel, ou l’art du recyclage intelligent
Après Han Solo, Ehrenreich disparaît des radars des blockbusters. Pourtant, en 2021, une rumeur agite les fans : il aurait été repéré sur le plateau de Ironheart, la future série Marvel centrée sur Riri Williams (interprétée par Dominique Thorne). La confirmation tombe en 2023 : il incarnera Joe "Rhodey" McGillicuddy, un personnage clé de l’univers de Tony Stark, alias War Machine dans les comics.
Pourquoi ce choix ? Marvel a une stratégie bien rodée : recycler des acteurs sous-exploités dans des rôles secondaires mais stratégiques. Contrairement à Lucasfilm, qui a abandonné l’idée d’une suite pour Solo (malgré les spéculations sur un projet avec Donald Glover en Lando), Marvel mise sur la patience. Et ça paie : les premières images d’Ehrenreich dans Ironheart montrent un acteur métamorphosé, à l’aise dans la peau d’un mentor tourmenté mais drôle – une facette qu’on ne lui connaissait pas.
Comme le souligne Variety, *« Marvel a transformé un échec de Star Wars en atout pour son univers. Preuve que dans l’industrie, tout est question de timing… et de scénario. »*
Leçon hollywoodienne : Quand un échec devient un tremplin
Le parcours d’Ehrenreich pose une question fascinante : dans quel autre domaine un échec aussi retentissant que Han Solo peut-il ouvrir les portes d’un projet aussi ambitieux qu’Ironheart ? La réponse tient en trois mots : l’industrie du cinéma. Ici, les carrières se construisent autant sur les succès que sur les chutes. Preuve en est :
- Robert Downey Jr. : Viré de séries B dans les années 1990, devenu Iron Man en 2008.
- Keanu Reeves : Moqué pour Speed 2, aujourd’hui intouchable après John Wick.
- Chris Pratt : De Parks and Recreation à Star-Lord en cinq ans.
Ehrenreich s’inscrit dans cette lignée. Son cas montre aussi que les studios ont deux approches radicalement différentes :
- Lucasfilm (Disney) : Une erreur = exclusion. Après Solo, plus aucun projet Star Wars pour Ehrenreich.
- Marvel (Disney aussi, ironiquement) : Une erreur = opportunité de se racheter dans un rôle moins exposé.
*« À Hollywood, on vous donne une seconde chance si vous savez la saisir »*, résumait-il dans The New York Times. Avec Ironheart, il l’a fait. Reste à voir si le public sera au rendez-vous en 2025.
Et si Spider-Man avait été lui ? Une uchronie qui fait rêver (ou frémir)
Revenons à notre point de départ : et si Ehrenreich avait été Spider-Man ? Les fans se sont amusés à imaginer cette réalité alternative. Sur Reddit, un thread intitulé *« Alden Ehrenreich as Spider-Man : What Could Have Been »* a recueilli plus de 10 000 commentaires. Les avis divergent :
- Pour : Son côté "jeune premier mal dans sa peau" aurait collé à un Peter Parker plus mature que celui de Tom Holland.
- Contre : Son manque d’expérience en 2010 aurait pu donner un Spider-Man trop rigide, comme son Han Solo.
L’acteur lui-même s’est prêté au jeu dans une interview pour Empire : *« J’aurais adoré explorer la dualité de Peter. Mais parfois, les rôles qu’on ne joue pas nous préparent à ceux qu’on mérite. »* Une réponse qui en dit long sur sa résilience.
Une chose est sûre : sans ce rejet, il n’aurait peut-être jamais atterri dans Star Wars… ni dans le MCU. Preuve que dans une carrière, les détours sont souvent plus instructifs que les lignes droites.
Et si son Spider-Man n’a jamais vu le jour, son parcours, lui, mérite d’être raconté – comme une preuve que parfois, les meilleurs scénarios sont ceux qu’on n’avait pas prévus.

