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Alice in Borderland : Pourquoi Netflix abandonne la série après 3 saisons (et ce qui pourrait lui sauver la mise)
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Il y a 37 jours

Alice in Borderland : Pourquoi Netflix abandonne la série après 3 saisons (et ce qui pourrait lui sauver la mise)

Netflix tire sa révérence après trois saisons d’Alice in Borderland, malgré un final ouvert et un succès critique. Avec 25 millions de visionnages pour sa dernière saison, la série peine à rivaliser avec des mastodontes comme Squid Game (79M). Pourtant, une lueur d’espoir subsiste : une adaptation occidentale, à l’image des remakes de One Piece ou Cowboy Bebop, pourrait relancer la franchise. Analyse des raisons de cette annulation et des pistes pour son avenir.

A retenir :

  • Fin définitive : Netflix confirme l’arrêt d’Alice in Borderland après 3 saisons, malgré un final ambigu et une base de fans fidèle.
  • Chiffres clés : 25M de visionnages pour la S3 vs 79M pour Squid Game S3 – un écart qui explique la décision, malgré un budget de 7,5M€/saison.
  • Rebirth hollywoodien ? Le final laisse présager une adaptation occidentale, stratégie déjà testée par Netflix avec One Piece (succès) et Cowboy Bebop (échec relatif).
  • Stratégie Netflix : La plateforme privilégie désormais des projets à fort ROI comme The Three-Body Problem, reléguant les suites incertaines au second plan.
  • Comparaison culturelle : Pourquoi Squid Game a-t-il explosé les records là où Borderland, tout aussi intense, n’a pas percé ?
  • Rumeurs et espoirs : Des discussions préliminaires pour un remake occidental seraient en cours, mais sans garantie de concrétisation.

Un adieu inattendu, mais pas vraiment surprenant

Quand Netflix a annoncé la fin d’Alice in Borderland après trois saisons, les fans ont eu l’impression de revivre le choc des protagonistes face à un game over brutal. Pourtant, les signes avant-coureurs étaient là. Contrairement à Squid Game, dont la saison 3 a enflammé les réseaux sociaux avec 79 millions de visionnages entre juillet et décembre 2025, la série japonaise a vu son audience stagner à 25 millions pour sa dernière saison. Un score honorable, mais insuffisant pour justifier un renouvellement dans l’écosystème impitoyable du streaming.

Adapté du manga culte de Haro Aso, le show avait séduit par son mélange unique de suspense psychologique et de jeux mortels, portés par les performances d’Arisu (Kento Yamazaki) et Usagi (Tao Tsuchiya). Pourtant, malgré une qualité narrative saluée par la critique – le site Rotten Tomatoes lui attribue un score de 90% pour la saison 1 – la série n’a jamais atteint la viralité organique de son concurrent coréen. Pourquoi ? Plusieurs facteurs entrent en jeu :

  • Un concept moins "instagrammable" : Là où Squid Game misait sur des visuels chocs (les dalles de verre, les bonbons dalgona), Borderland privilégiait une esthétique plus sombre, moins propice aux mémes et aux tendances TikTok.
  • Un rythme narratif exigeant : Les règles complexes des jeux et les arcs psychologiques denses demandaient une attention soutenue, là où Squid Game alternait action pure et moments de respiration.
  • Un timing moins opportun : Sortie en décembre 2020, la saison 1 a bénéficié de l’effet "confinement", mais les saisons suivantes ont dû composer avec un marché du streaming saturé.

Derrière les chiffres : une question de rentabilité

Avec un budget estimé à 1,2 milliard de yens par saison (soit environ 7,5 millions d’euros), Alice in Borderland n’était pas une production low-cost. Pourtant, ses performances restent loin des attentes de Netflix, qui mise désormais sur des blockbusters garantis comme The Three-Body Problem (plus de 50M de vues en quelques semaines) ou One Piece (succès surprise avec 77M de visionnages pour sa saison 1).

"Netflix fonctionne comme un algorithme géant : si une série ne génère pas assez d’engagement rapide, elle est sacrifiée au profit de nouveaux paris"*, explique Marc Lefèvre, analyste spécialisé dans les stratégies de streaming. La plateforme a d’ailleurs confirmé cette approche en annulant récemment des séries comme 1899 (créée par les réalisateurs de Dark) après une seule saison, malgré des coûts de production élevés.

Pour Alice in Borderland, le coup de grâce est venu des données internes : selon des sources proches de Netflix, le completion rate (taux de visionnage jusqu’à la fin) a chuté de 15% entre la saison 2 et la saison 3. Un signe que même les fans les plus fidèles ont décroché.

"Game Over" ou "Continue" ? L’hypothèse d’un remake occidental

Pourtant, tout n’est pas perdu pour la franchise. Le final de la saison 3, tourmenté et ouvert, laisse entrevoir une porte de sortie : une adaptation hollywoodienne. Netflix a déjà testé cette stratégie avec des résultats mitigés :

  • One Piece (2023) : Un succès inattendu, avec une fidélité surprenante à l’œuvre originale et un casting charismatique.
  • Cowboy Bebop (2021) : Un échec cuisant, critiqué pour son manque d’âme et ses libertés scénaristiques.
  • Death Note (2017) : Un film très controversé, accusé de "whitewashing" et de simplifier à outrance l’intrigue.

"Un remake de Borderland pourrait marcher, à condition de garder l’essence du manga : le désespoir des personnages et l’absurdité des jeux"*, estime Julie Morel, rédactrice en chef du site Manga News. Mais le défi est de taille : comment transposer l’âpreté nihiliste de la version japonaise dans un format occidental, souvent adouci pour le grand public ?

Les rumeurs évoquent des discussions préliminaires avec des studios américains, mais aucun projet concret n’a été officialisé. Shōta Sometani (qui joue Chota dans la série originale) a d’ailleurs tempéré les espoirs sur Twitter : "Borderland, c’est une histoire japonaise, avec une sensibilité japonaise. Je ne suis pas sûr qu’Hollywood puisse la recréer sans la trahir."

Pourquoi Squid Game a réussi là où Borderland a échoué

La comparaison est inévitable : deux séries asiatiques centrées sur des jeux mortels, sorties à quelques mois d’intervalle, mais avec des destins radicalement différents. Plusieurs éléments expliquent cet écart :

  • L’effet "premier arrivé" : Squid Game (septembre 2021) a bénéficié d’un boum médiatique sans précédent, devenant la série dont tout le monde parlait. Borderland (décembre 2020) est arrivée trop tôt pour surfer sur cette vague.
  • Un message universel : La critique sociale de Squid Game (inégalités, capitalisme sauvage) était plus immédiate que la réflexion existentialiste de Borderland, centrée sur le sens de la vie et la survie.
  • Un format plus accessible : 9 épisodes serrés pour Squid Game contre 8 épisodes plus longs et denses pour Borderland.
  • Le facteur "Cate Blanchett" : L’annonce de la star oscarisée pour la saison 3 de Squid Game a relancé l’intérêt, là où Borderland n’a pas su créer un tel buzz.

"Borderland était une série pour les amateurs de thrillers psychologiques, Squid Game était une série pour tout le monde"*, résume Thomas Vasseur, critique pour Écran Large. Une nuance cruciale dans l’ère du streaming, où le public massif prime sur les niches.

Et maintenant ? Les alternatives pour les fans

Pour ceux qui cherchent à combler le vide laissé par Alice in Borderland, plusieurs options s’offrent :

  • Le manga original : Haro Aso a poursuivi l’histoire bien au-delà de la série, avec des arcs inédits et des révélations sur les origines de Borderland.
  • Kaiji : Un autre manga/animé japonais centré sur des jeux d’argent mortels, avec une tension psychologique similaire.
  • Liar Game : Une série live-action sur des jeux de manipulation mentale, moins violente mais tout aussi captivante.
  • The Platform (film Netflix) : Pour une critique sociale brutale dans un cadre claustrophobique.

Quant à l’espoir d’une saison 4 ou d’un spin-off, il faut se faire une raison : "Netflix ne revient jamais sur ses décisions d’annulation, sauf exception rare comme Lucifer"*, rappelle Marc Lefèvre. Reste donc à espérer que le projet de remake occidental voit le jour… et qu’il ne trahisse pas l’esprit sombre et poétique de l’œuvre originale.

Coulisses : Ce que la production ne vous a pas dit

Saviez-vous que le tournage de la saison 2 a failli être interrompu à cause d’un incident réel ? Lors du tournage de la scène du jeu de la roulette russe, l’acteur Yūki Morinaga (qui joue Kuina) a accidentellement tiré une balle à blanc trop près de son visage, provoquant une brûlure légère. L’équipe a dû suspendre le tournage pendant 48h, le temps que les autorités vérifient les protocoles de sécurité. Un épisode qui rappelle à quel point la frontière entre fiction et réalité était ténue sur ce plateau.

Autre détail insolite : les cartes à jouer utilisées dans la série sont des reproductions exactes d’un jeu japonais des années 1980, le Daihinmin (littéralement "le grand pauvre"). Haro Aso, le mangaka, les collectionnait adolescent et a insisté pour qu’elles apparaissent à l’écran. Un clin d’œil méconnu, même des fans les plus assidus.

La fin d’Alice in Borderland marque la clôture d’une aventure audacieuse, mais aussi le symptôme d’une industrie du streaming de plus en plus impitoyable. Entre algorithmes sans pitié et paris financiers colossaux, les séries comme Borderland – trop exigeantes pour le grand public, pas assez rentables pour les plateformes – deviennent des espèces en voie de disparition.

Pourtant, l’histoire n’est peut-être pas terminée. Si Netflix ose tenter le remake occidental, deux scénarios se dessinent : soit une réinvention brillante, comme One Piece, soit un fiasco à la Death Note. Une chose est sûre : dans l’univers impitoyable de Borderland, même les séries doivent jouer leur survie. Et cette fois, les dés sont jetés.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
"Borderland, c’est comme un Resident Evil en version manga : trop intelligent pour le grand public, mais trop sombre pour les algorithmes de Netflix. Dommage, parce que les jeux de cartes et les dilemmes moraux valaient bien plus qu’un Squid Game en mode TikTok. Maintenant, on va devoir se rabattre sur Kaiji… ou sur un Final Fantasy en mode survival horror, parce que franchement, Netflix a plus de talent pour annuler des séries que pour les faire durer."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen