Il y a 46 jours
Anthem n'est peut-être pas mort : la lueur d'espoir d'un retour inattendu
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Un ancien producteur de BioWare révèle que le code source d'Anthem pourrait encore permettre une résurrection du jeu, malgré l'arrêt officiel des serveurs prévu pour 2026. Entre espoirs de serveurs privés et projets solo ambitieux, le destin du shooter maudit reste incertain.
A retenir :
- Anthem, le shooter en ligne de BioWare, a été officiellement abandonné par EA en 2021, avec une fermeture des serveurs prévue pour 2026.
- Mark Darrah, ancien producteur exécutif du jeu, a révélé l'existence d'un code permettant d'exécuter des serveurs locaux, ouvrant la porte à une résurrection par la communauté.
- Darrah propose une version solo d'Anthem avec des graphismes modernisés et des coéquipiers contrôlés par IA, mais EA n'est pas prêt à investir les 10 millions de dollars nécessaires.
- La communauté gaming a déjà réussi à ressusciter plusieurs jeux abandonnés, comme *Star Wars Galaxies* ou *City of Heroes*, grâce à des serveurs privés.
- Le futur d'Anthem dépend désormais de l'engagement des joueurs et des moddeurs, mais aussi de la volonté d'EA de libérer les droits du jeu.
Le dernier adieu : quand les joueurs ont dit au revoir à Anthem
Le 22 février 2021, Electronic Arts (EA) annonçait officiellement l'arrêt du développement d'Anthem, mettant fin à deux années de tentatives infructueuses pour sauver le shooter en ligne de BioWare. Lancé en février 2019 dans un climat d'attentes démesurées, le jeu avait rapidement déçu, plombé par des bugs techniques, un contenu répétitif et une narration en dessous des standards de la franchise Mass Effect ou Dragon Age. Pourtant, malgré son échec commercial et critique, Anthem a continué de hanter les esprits des joueurs, notamment ceux qui y avaient investi des centaines d'heures.
En 2023, la nouvelle est tombée comme un couperet : les serveurs du jeu seraient définitivement fermés début 2026. Une décision qui a poussé les derniers fans à se rassembler une dernière fois en ligne pour un ultime adieu. Mais dans l'univers du gaming, les histoires ne s'achèvent pas toujours comme prévu. La communauté a déjà prouvé à maintes reprises qu'elle pouvait redonner vie à des titres abandonnés, comme Star Wars Galaxies ou City of Heroes, grâce à des serveurs privés et une détermination sans faille. Et si Anthem était le prochain sur la liste ?
Le code fantôme : la révélation qui pourrait tout changer
La clé de cette résurrection potentielle se cache dans une vidéo publiée par Mark Darrah, ancien producteur exécutif de BioWare et figure centrale du développement d'Anthem. Dans cet entretien, Darrah lève le voile sur les coulisses chaotiques du projet, révélant un détail crucial : "Anthem avait, en fait, le code pour exécuter des serveurs locaux dans un environnement de développement jusqu'à quelques mois avant le lancement", explique-t-il. "Je ne sais pas s'il fonctionne encore, mais le code est là, prêt à être récupéré."
Cette déclaration a immédiatement enflammé la communauté des moddeurs et des développeurs indépendants. Si le code est toujours opérationnel, il pourrait permettre de contourner la fermeture des serveurs officiels en créant des serveurs privés, une solution déjà adoptée pour d'autres jeux abandonnés. Mais Darrah va plus loin : il propose une refonte complète du jeu, transformant Anthem en une expérience solo avec des graphismes modernisés et des coéquipiers contrôlés par une intelligence artificielle avancée. Un projet ambitieux, estimé à 10 millions de dollars, mais qui se heurte à un obstacle de taille : la réticence d'EA à investir dans un titre qui a déjà coûté des centaines de millions sans jamais trouver son public.
Interrogé sur la probabilité qu'EA soutienne une telle initiative, Darrah répond sans détour : "Est-ce qu'EA va faire ça ? Presque certainement pas." Une réponse qui sonne comme un aveu d'échec, mais qui ne ferme pas totalement la porte à une résurrection communautaire.
Anthem 2.0 : le rêve impossible d'une renaissance solo
L'idée d'une version solo d'Anthem n'est pas nouvelle. Dès 2020, des rumeurs circulaient sur un projet interne baptisé Anthem Next, une refonte complète du jeu visant à corriger ses défauts les plus criants. Le concept reposait sur trois piliers : une campagne narrative plus aboutie, un système de combat repensé et, surtout, un passage en mode solo avec des coéquipiers contrôlés par IA. Un virage radical pour un jeu initialement conçu comme un live service, mais qui aurait pu sauver la mise.
Pourtant, malgré les promesses et les espoirs, Anthem Next a été abandonné en février 2021, victime des priorités changeantes d'EA et des résultats décevants du jeu original. Aujourd'hui, Darrah relance l'idée, mais avec une approche différente : plutôt que de miser sur un live service, il propose un jeu solo, plus proche de l'ADN de BioWare. "Imaginez un Anthem avec des graphismes next-gen, une histoire plus immersive et des coéquipiers IA capables de réagir dynamiquement à vos actions", explique-t-il. "Ce serait une expérience unique, bien loin du jeu en ligne raté de 2019."
Techniquement, le projet est loin d'être irréalisable. BioWare dispose déjà des assets du jeu, et les moteurs comme Unreal Engine 5 permettraient de moderniser les graphismes sans repartir de zéro. Le véritable défi réside dans la volonté d'EA de débloquer les fonds nécessaires. Avec un budget estimé à 10 millions de dollars, le studio pourrait relancer Anthem sous une forme entièrement nouvelle, mais le risque financier reste élevé. "EA a déjà perdu beaucoup d'argent sur ce jeu", souligne un analyste du secteur. "Pourquoi investir à nouveau dans un titre qui a déjà échoué ?"
La communauté gaming : le dernier espoir d'Anthem
Si EA refuse de relancer Anthem, la communauté gaming pourrait bien prendre les choses en main. Les exemples de jeux ressuscités par les joueurs ne manquent pas : Star Wars Galaxies, fermé en 2011, a été relancé en 2017 grâce à des serveurs privés ; City of Heroes, abandonné en 2012, a connu une seconde vie en 2019 grâce à des moddeurs passionnés. Dans les deux cas, les développeurs originaux ont fermé les yeux sur ces initiatives, voire les ont encouragées.
Pour Anthem, la situation est plus complexe. Le jeu repose sur une architecture serveur-client, ce qui signifie que sans accès au code source complet, les moddeurs ne pourront pas recréer une expérience en ligne fidèle. Cependant, la révélation de Darrah sur l'existence d'un code pour serveurs locaux change la donne. "Si ce code est toujours fonctionnel, il pourrait servir de base à une version hors ligne du jeu", explique un développeur indépendant spécialisé dans le reverse engineering. "Les joueurs pourraient alors explorer le monde d'Anthem en solo, sans dépendre des serveurs d'EA."
Reste une question cruciale : EA autorisera-t-elle une telle initiative ? Jusqu'à présent, le géant du jeu vidéo a adopté une position ambiguë face aux projets de résurrection communautaire. Dans certains cas, comme SimCity 4, la société a toléré les serveurs privés ; dans d'autres, comme Battlefield Heroes, elle a menacé de poursuites judiciaires. Pour Anthem, tout dépendra de la valeur que EA accorde encore au jeu. "Si le studio considère qu'Anthem n'a plus aucun potentiel commercial, il pourrait laisser la communauté tenter sa chance", estime un expert en droit du gaming. "Mais si EA voit une opportunité de monétiser à nouveau le jeu, les choses pourraient se compliquer."
Le futur d'Anthem : entre nostalgie et innovation
Que Anthem renaisse sous la forme d'un jeu solo ou grâce à des serveurs privés, une chose est sûre : son héritage reste marqué par l'échec. Pourtant, le jeu n'était pas dénué de qualités. Son système de vol, inspiré de Destiny, offrait une liberté de mouvement inédite, tandis que son univers, mêlant science-fiction et fantasy, avait un potentiel inexploité. "Anthem avait des idées intéressantes, mais elles ont été noyées sous les problèmes techniques et le manque de contenu", analyse un journaliste spécialisé. "Avec plus de temps et de ressources, le jeu aurait pu devenir une référence du genre."
Aujourd'hui, le destin d'Anthem repose entre les mains de trois acteurs : EA, qui détient les droits du jeu ; BioWare, qui pourrait être tenté de relancer le projet en interne ; et la communauté, prête à tout pour sauver son titre préféré. Si les deux premiers semblent peu enclins à agir, la troisième pourrait bien être la clé d'une résurrection inattendue. "Les joueurs ont déjà prouvé qu'ils pouvaient accomplir l'impossible", rappelle un moddeur anonyme. "Avec un peu de chance et beaucoup de travail, Anthem pourrait encore avoir une seconde chance."
En attendant, les fans du jeu peuvent toujours se consoler en revisitant les archives de Anthem, ou en espérant que Mark Darrah et d'autres anciens développeurs de BioWare partagent davantage de détails sur les coulisses du projet. Car dans l'industrie du jeu vidéo, les histoires les plus surprenantes sont souvent celles qui semblent déjà terminées.
Anthem reste l'un des échecs les plus retentissants de l'histoire récente du jeu vidéo, mais son histoire est loin d'être terminée. Entre les révélations de Mark Darrah sur un code source potentiellement récupérable et les projets ambitieux de refonte solo, le jeu pourrait encore connaître une seconde vie, que ce soit grâce à EA ou à la communauté. Cependant, le temps presse : avec la fermeture des serveurs prévue pour 2026, chaque jour compte pour ceux qui espèrent sauver le shooter de BioWare.
Si EA refuse de relancer le projet, les moddeurs et les joueurs devront prendre les choses en main, comme ils l'ont fait pour d'autres titres abandonnés. Mais même dans ce cas, le succès n'est pas garanti : sans accès complet au code source et aux assets du jeu, recréer une expérience fidèle à l'original sera un défi de taille. Pourtant, l'histoire du gaming regorge d'exemples où la passion a triomphé des obstacles techniques et juridiques.
Quoi qu'il advienne, Anthem restera un cas d'école, un rappel des risques du développement de jeux en tant que live service, mais aussi une lueur d'espoir pour tous les titres abandonnés. Car dans l'univers du jeu vidéo, même les échecs les plus cuisants peuvent parfois renaître de leurs cendres.

