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Anthem renaît de ses cendres : un développeur relance le MMORPG abandonné par BioWare
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Il y a 37 jours

Anthem renaît de ses cendres : un développeur relance le MMORPG abandonné par BioWare

Un phénix vidéo-ludique ? Après la fermeture officielle des serveurs d’Anthem le 12 janvier 2026, des passionnés s’attaquent à l’impossible : faire revivre le MMORPG maudit de BioWare. Entre défis techniques titanesques et espoir ténu, découvrez comment une poignée de développeurs amateurs tente de redonner vie à ce jeu condamné – et pourquoi leur combat pourrait inspirer toute une génération de joueurs abandonnés par l’industrie.

A retenir :

  • Premier miracle technique : seulement 7 jours après la fermeture, le développeur And799 prouve que le multijoueur d’Anthem peut fonctionner via un serveur privé, avec une vidéo montrant deux joueurs en interaction.
  • Un casse-tête sans fin : sans SDK officiel ni documentation, l’équipe doit reconstruire manuellement chaque fonctionnalité, des profils joueurs aux mécaniques sociales, une tâche estimée à plusieurs années.
  • Course contre l’oubli : les données résiduelles du jeu risquent de se corrompre avec le temps, rendant certains assets graphiques ou scripts de quête définitivement illisibles.
  • Comparaison cruelle : contrairement à Destiny 2 ou Warframe, BioWare n’a jamais publié d’outils pour moddeurs, forçant les bénévoles à travailler "à l’aveugle".
  • Métaphore saisissante : un membre du projet compare leur travail à "monter un avion avec une notice de vélo", illustrant l’ampleur du défi.

Le jour où Anthem a refusé de mourir

Le 12 janvier 2026, à minuit pile, les serveurs d’Anthem se sont éteints pour de bon. Ou du moins, c’est ce qu’Electronic Arts et BioWare avaient prévu. Car dans l’ombre, une poignée de rebelles du code refusaient cette fin silencieuse. And799, développeur indépendant au pseudonyme sobre, a été le premier à allumer une étincelle d’espoir. Une semaine seulement après l’arrêt officiel, il publiait une vidéo montrant l’impensable : deux Javelins (les exosquelettes emblématiques du jeu) évoluant côte à côte dans un monde qui n’aurait jamais dû revivre. Le multijoueur fonctionnait. En partie.

Pour comprendre l’ampleur de cet exploit, il faut se replonger dans le désastre initial. Lancé en février 2019 après des années de développement chaotique, Anthem avait été un échec retentissant : bugs à répétition, contenu vide, promesses non tenues. EA avait finalement jeté l’éponge en 2021, annonçant l’arrêt des mises à jour. Puis, en 2025, le coup de grâce : la fermeture définitive des serveurs. Un jeu "live-service" conçu pour évoluer en permanence se retrouvait condamné à devenir un fantôme numérique, un titre fantôme que personne ne pourrait plus jouer légalement.

C’est dans ce contexte que la vidéo d’And799 a fait l’effet d’une bombe. Sur Reddit, les réactions ont été immédiates : "Je n’arrive pas à y croire… C’est comme voir un dinosaure marcher dans la rue", écrivait un utilisateur. Mais derrière l’enthousiasme, une question persistait : comment diantre ont-ils fait ?

"Décrypter Anthem, c’est comme percer un coffre-fort sans la combinaison"

La réponse, donnée par Next-Atmosphere9202 (un autre membre clé du projet) sur les forums communautaires, est aussi technique que décourageante : "Ce que vous voyez est un squelette fonctionnel. Rien de plus." Le problème ? Anthem était conçu pour dépendre presque entièrement des serveurs de BioWare. Contrairement à la plupart des jeux solo où les données sont stockées localement, ici, même les progrès des joueurs étaient gérés en ligne. Résultat : sans les serveurs officiels, le jeu devenait aussi utile qu’une coquille vide.

Pour aggraver les choses, BioWare n’a jamais publié de kit de développement (SDK) pour Anthem. À titre de comparaison :

  • Destiny 2 : Bungie a offert des outils limités aux moddeurs pour créer des serveurs privés.
  • Warframe : Digital Extremes a autorisé l’accès à certaines API, facilitant les projets communautaires.
  • Anthem : Rien. Nada. Que dalle. Les développeurs amateurs doivent tout reconstruire à partir de zéro, comme des archéologues recréant une civilisation disparue avec seulement quelques poteries cassées.

Next-Atmosphere9202 enfonce le clou : "Sans documentation, c’est comme essayer de monter un avion avec une notice de vélo. On sait que les pièces devraient s’emboîter, mais personne ne sait dans quel ordre ni pourquoi." Une métaphore qui résume parfaitement le calvaire des moddeurs. Chaque ligne de code doit être analysée, testée, parfois réécrite entièrement. Et même quand une fonctionnalité est rétablie (comme le multijoueur basique), dix autres restent hors de portée : les profils en ligne, les quêtes dynamiques, les événements mondiaux… La liste est longue.

La malédiction des jeux "live-service" : quand l’oubli devient une menace physique

Mais le pire ennemi d’Anthem, aujourd’hui, n’est pas le manque de documentation. C’est le temps. Les jeux modernes, surtout ceux conçus pour le "live-service", reposent sur des architectures complexes où les données sont souvent liquées (compressées et encryptées) pour des raisons de performance ou de sécurité. Sans les bibliothèques logicielles d’EA pour les décoder, certains fichiers pourraient devenir définitivement illisibles.

C’est un problème récurrent dans le monde de la préservation vidéo-ludique. Des projets comme la recréation de Star Wars Galaxies ou de City of Heroes ont buté sur les mêmes écueils : des années de travail pour, au final, obtenir une version incomplète, instable, ou pire – un jeu qui s’effrite petit à petit, comme un vieux film dont la pellicule se dégrade. "On est dans une course contre la montre", confirme Next-Atmosphere9202. "Plus on attend, plus les données se corrompent. Un jour, il sera peut-être trop tard."

Ironiquement, c’est cette même architecture qui avait été vantée comme une révolution par EA en 2019. "Anthem est conçu pour évoluer pendant 10 ans", avait déclaré un porte-parole à l’époque. Cinq ans plus tard, le jeu n’a même pas tenu cinq ans… et ses survivants doivent maintenant le reconstruire pierre par pierre pour lui offrir une seconde chance.

Pourquoi tant d’efforts pour un jeu aussi critiqué ?

Voilà la question qui taraude beaucoup d’observateurs : pourquoi dépenser autant d’énergie pour un jeu aussi mal aimé ? Anthem, rappelons-le, avait été un désastre critique et commercial. Métacritic lui avait collé un 54/100 à sa sortie, et les joueurs l’avaient surnommé "Destiny, mais en pire". Alors, pourquoi cette obstination ?

La réponse tient en trois mots : l’amour des mondes. Malgré ses défauts, Anthem avait un univers visuel époustouflant. Les Javelins, ces exosquelettes customisables, offraient une liberté de mouvement rare dans les jeux de tir. Le monde ouvert, bien que vide, avait une beauté mélancolique, avec ses tempêtes éternelles et ses ruines anciennes. "C’était comme voler dans un tableau de science-fiction", se souvient Marie-Lou, une joueuse française qui suit le projet de près. "Bien sûr, le jeu était bancal. Mais il avait une âme. Et cette âme mérite d’être sauvée."

Il y a aussi une dimension symbolique. Anthem est devenu le symbole des jeux "live-service" abandonnés par leurs éditeurs. En le faisant revivre, les moddeurs envoient un message clair à l’industrie : "Même quand vous nous lâchez, on ne lâche pas nos mondes." Un message qui résonne particulièrement en 2026, alors que des rumeurs persistent sur la fermeture prochaine des serveurs de Battlefield 2042 ou d’Apex Legends.

Et maintenant ? Le long chemin vers une résurrection (partielle)

Alors, Anthem peut-il vraiment renaître ? La réponse est : peut-être, mais pas comme vous l’imaginez. Les développeurs communautaires sont réalistes : ils ne restaureront jamais le jeu à 100%. Leur objectif est plus modeste :

  • Étape 1 : Stabiliser le multijoueur de base (déjà en cours).
  • Étape 2 : Réimplémenter les mécaniques de progression (niveaux, loot).
  • Étape 3 : Recréer les événements mondiaux statiques (sans IA dynamique).
  • Étape 4 (utopique) : Ajouter du contenu inédit… si des anciens devs de BioWare acceptent de les aider officieusement.

Le plus gros obstacle reste l’aspect légal. Techniquement, ce que font And799 et son équipe est dans une zone grise : ils ne vendent rien, mais ils contournent les protections d’EA. "On espère qu’ils feront preuve de clémence", confie Next-Atmosphere9202. "Après tout, ils ont abandonné le jeu eux-mêmes. Mais on sait jamais…"

En attendant, la communauté s’organise. Un Discord dédié a été créé, rassemblant déjà plus de 5 000 membres. Des artistes proposent leurs services pour recréer des assets manquants. Des programmeurs vétérans, ayant travaillé sur des projets similaires (comme No Man’s Sky avant sa renaissance), offrent leurs conseils. "C’est comme une fourmilière", décrit Marie-Lou. "Chacun apporte sa pierre à l’édifice, même si on sait que le château sera peut-être toujours en ruine."

Et si, contre toute attente, ce projet aboutissait ? "Ce serait un miracle", sourit Next-Atmosphere9202. "Mais surtout, ce serait la preuve que les joueurs peuvent reprendre le contrôle. Même face à des géants comme EA."

Les serveurs d’Anthem se sont éteints, mais pas sa flamme. Dans l’atelier numérique d’And799 et de ses comparses, quelque chose de bien plus grand que du simple code est en train de naître : l’espoir que les mondes virtuels, une fois créés, n’appartiennent pas seulement à leurs éditeurs. Bien sûr, le chemin est semé d’embûches – techniques, légales, voire philosophiques. Et même si le projet échoue, il aura déjà accompli l’essentiel : rappeler à l’industrie que les joueurs ne sont pas des consommateurs passifs, mais des gardiens de mémoire. Pour suivre l’aventure (ou y contribuer), le serveur Discord du projet attend les volontaires. Après tout, comme le dit un proverbe de Fort Tarsis : "Les tempêtes finissent toujours par passer. Il suffit de tenir bon."
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
Ah, donc maintenant on nous refile Anthem comme un vieux vinyle craquelé qu’on a oublié dans le grenier, mais qui a toujours son côté "nostalgique" ? Franchement, c’est comme si OSS117 avait décidé de faire revivre Le Choc des mondes en version moddeuse : on a deux Javelins qui se font face, mais le reste du décor ressemble à un champ de ruines après une partie de Fallout en mode "apocalypse zombie". Le vrai problème, c’est que ces mecs ont plus de patience que les joueurs de GTA Online en attente d’une mise à jour depuis 2018. "On va tout reconstruire à la main, même les bugs !" , bravo, tonton, t’as l’âme d’un archéologue qui tente de ressusciter un pharaon en Lego. Le pire ? EA va probablement regarder ça en buvant un café, comme si c’était un stream de Minecraft en mode créatif. "Oh, regardez, des gamins qui jouent avec nos débris !" , et hop, ils se font un petit sourire en coin avant de lancer un autre Star Wars en 2027. Mais bon, au moins, ces moddeurs ont plus de gamerspirit que les devs de Anthem n’en avaient à l’époque : eux, ils avaient promis un monde vivant, et ils nous ont balancé un sandbox vide comme un RPG sans dialogue. Fatalement, la communauté a dû se prendre en main, parce que personne d’autre ne le ferait. Et là, on a droit à une utopie : un jeu qui renaît de ses cendres, mais en version beta éternel, comme un Final Fantasy qui n’a jamais fini sa quête. Okey, on va pas se plaindre… mais on garde les Javelins pour le décor.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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