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"Arknights: Endfield" : Le scandale des prélèvements fantômes qui a failli tout faire exploser
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Il y a 37 jours

"Arknights: Endfield" : Le scandale des prélèvements fantômes qui a failli tout faire exploser

Un lancement en fanfare transformé en cauchemar financier

Le 22 janvier 2026, Arknights: Endfield débarquait enfin, promettant de révolutionner le genre avec son mélange d'action-RPG en monde ouvert et de mécaniques gacha. Mais derrière l'enthousiasme des joueurs se cachait un bug catastrophique : des prélèvements non autorisés sur des comptes PayPal, parfois en devises étrangères, ont frappé près de 1 200 utilisateurs. Avec 45 000 € siphonnés en quelques heures, Hypergryph a dû réagir en urgence pour éviter un désastre. Retour sur une crise qui aurait pu coûter cher au studio chinois, et sur la manière dont ils ont (presque) tout sauvé.

A retenir :

  • 1 200 joueurs touchés : Des prélèvements en boucle (jusqu’à 387 €) en USD, JPY ou EUR, sans achat réel
  • Réaction éclair : Hypergryph suspend les transactions en 2h et rembourse 68 % des victimes sous 24h
  • Bug technique profond : L’API PayPal en cause, avec des "interférences entre devises" similaires à l’incident de Honkai: Star Rail (2024)
  • Comparaison sectorielle : Un taux de résolution bien supérieur à Fate/Grand Order (2023) ou Diablo Immortal (2022)
  • 12 millions de dollars de recettes en 48h malgré le scandale – un record qui pose question
  • Enquête en cours : Un rapport technique attendu sous 72h, avec la collaboration directe de PayPal

Un lancement sous haute tension : quand le rêve tourne au cauchemar

Imaginez la scène : après des mois d’attente, Arknights: Endfield est enfin disponible. Les joueurs se ruent sur ce qui s’annonce comme le concurrent direct de Genshin Impact, avec son système de combat simultané à quatre personnages et son monde ouvert à explorer. Les premières critiques sont dithyrambiques, les streams explosent sur Twitch, et les recettes s’envolent – 12 millions de dollars en à peine 48 heures.

Mais très vite, les réseaux sociaux s’embrasent. Des joueurs postent des captures d’écran de leurs relevés PayPal, montrant des prélèvements en cascade : 19,99 €, puis 59,99 €, puis 187 €… et parfois jusqu’à 387 € en devises variées (USD, JPY, EUR). Pire : certains de ces prélèvements ne correspondent à aucun achat in-game, comme si le système avait perdu tout contrôle. Le mot-dièse #EndfieldScam devient viral en quelques heures.

Pour un jeu dont l’économie repose en grande partie sur les microtransactions (skins, personnages, ressources), c’est un coup dur. Les joueurs, déjà méfiants envers les mécaniques gacha, voient leurs pires craintes confirmées : et si leurs données bancaires n’étaient pas en sécurité ? La confiance, si difficile à construire dans le secteur du free-to-play, menace de s’effondrer en un instant.


Selon les données compilées par les modérateurs du subreddit r/Endfield, près de 1 200 comptes auraient été affectés, pour un montant total estimé à 45 000 €. Un chiffre qui peut sembler dérisoire face aux recettes du jeu, mais qui représente une crise majeure de communication : comment expliquer à des joueurs qu’on leur a prélevé de l’argent sans leur consentement ?

Hypergryph contre-attaque : une gestion de crise modèle ?

Contrairement à d’autres studios qui ont tardé à réagir face à des scandales similaires (on pense à Diablo Immortal en 2022, où les remboursements avaient pris des semaines), Hypergryph a agi avec une rapidité impressionnante. En moins de deux heures après les premiers signalements, une communication officielle était publiée sur X (ex-Twitter), reconnaissant le problème et détaillant les mesures immédiates :

  • Suspension instantanée de toutes les transactions suspectes via PayPal
  • Remboursement intégral sous 24h pour les joueurs lésés
  • Création d’un canal dédié sur Discord pour le suivi des réclamations
  • Collaboration avec PayPal pour identifier la source du bug

Une transparence qui a surpris les observateurs, habitués aux silences radio ou aux réponses évasives de certains éditeurs. D’autant que Hypergryph a aussi partagé des données concrètes : selon leurs chiffres, 68 % des joueurs touchés avaient déjà été remboursés sous 24h, un taux bien supérieur à celui de Fate/Grand Order en 2023 (42 % sous 48h) ou de Honkai: Star Rail en 2024 (où seulement 0,3 % des transactions avaient été affectées, mais avec des délais de résolution bien plus longs).

Pourtant, tous les joueurs ne sont pas convaincus. Sur Reddit, @ShadowKitsune raconte : "J’ai été débité de 387 € en trois transactions différentes, alors que je n’avais acheté qu’un pack à 19,99 €. Le support m’a remboursé en 6h, mais comment être sûr que ça ne recommencera pas ? Je ne me sens plus en sécurité." Un sentiment partagé par les 15 % de joueurs encore en attente de résolution, selon un sondage non officiel mené sur Discord.


Le plus inquiétant ? Certaines captures d’écran montrent des prélèvements non liés à des achats in-game, comme si l’API PayPal avait généré des transactions fantômes. Hypergryph a évoqué une possible "interférence entre les devises et les requêtes de validation", un scénario qui rappelle étrangement l’incident de Honkai: Star Rail en 2024, où des conversions monétaires erronées avaient affecté des milliers de joueurs.

Derrière le bug : un problème systémique des paiements en ligne ?

Ce scandale soulève une question plus large : les systèmes de paiement des jeux mobiles sont-ils suffisamment sécurisés ? Avec l’explosion des jeux free-to-play et des microtransactions, les studios dépendent de plus en plus d’API externes comme PayPal, Stripe ou Alipay. Mais ces solutions, bien que pratiques, ne sont pas infaillibles.

En 2023, Fate/Grand Order avait connu un bug similaire, avec des doubles prélèvements sur des cartes bancaires. En 2022, c’était au tour de Diablo Immortal de faire face à une vague de réclamations pour des achats non autorisés. Et en 2024, Honkai: Star Rail avait dû gérer des problèmes de conversion de devises, entraînant des surcoûts pour les joueurs.

Pour Arknights: Endfield, le problème semble lié à une mauvaise gestion des devises dans l’API PayPal. Comme l’explique un développeur anonyme contacté par JeuxVideo.com : "Quand un jeu propose des achats en plusieurs devises, l’API doit convertir les montants en temps réel. Si la validation échoue mais que la transaction est déjà initiée, cela peut créer des prélèvements en double, voire des boucles infinies."

Hypergryph a promis un rapport technique détaillé sous 72h, en collaboration avec PayPal. Une démarche rare dans l’industrie, où les explications techniques sont souvent gardées sous silence. Mais sera-ce suffisant pour rassurer les joueurs ? Certains, comme @GamerSceptic sur Twitter, restent dubitatifs : "Ils disent qu’ils ont tout réglé, mais comment être sûr qu’ils ne cachent pas une faille plus grave ?"

"On a frôlé la catastrophe" : le témoignage d’un modérateur de la communauté

Pour comprendre l’ampleur de la crise, nous avons contacté Marc L., modérateur du subreddit r/Endfield et joueur depuis le premier Arknights. Son témoignage est édifiant :

"Dès les premières heures, on a été submergés de messages de joueurs paniqués. Certains avaient vu leur compte PayPal vidé en quelques minutes. D’autres recevaient des notifications de prélèvements en yen ou en dollars, alors qu’ils n’avaient jamais quitté l’euro. La situation était ingérable."

Marc explique que la communauté a dû s’organiser en urgence pour centraliser les preuves (captures d’écran, relevés bancaires) et faire pression sur Hypergryph : "Sans notre mobilisation, je ne suis pas sûr qu’ils auraient réagi aussi vite. On a créé un Google Sheet avec tous les cas signalés, et on l’a envoyé directement aux devs. Ça a accéléré les choses."

Pour lui, la gestion de crise d’Hypergryph a été "globalement bonne, mais pas parfaite" : "Ils ont remboursé rapidement, c’est vrai. Mais ils n’ont toujours pas expliqué pourquoi certains prélèvements n’étaient liés à aucun achat. Et puis, 15 % des joueurs attendent encore… C’est 15 % de trop."

Un avis partagé par @EndfieldLeaks, un compte Twitter connu pour ses fuites sur le jeu : "Hypergryph a évité le pire, mais ils doivent être plus transparents. Les joueurs veulent des réponses, pas juste des remboursements."

Et maintenant ? L’avenir d’Endfield en question

Malgré le scandale, Arknights: Endfield continue de cartonner. Avec 12 millions de dollars de recettes en 48h, le jeu prouve que sa formule plaît. Mais la confiance des joueurs a été ébranlée, et la réputation d’Hypergryph est en jeu.

Plusieurs scénarios sont possibles :

  • Le meilleur cas : Hypergryph publie un rapport technique complet, corrige définitivement le bug, et offre des compensations (ressources in-game, skins gratuits) pour regagner la confiance.
  • Le scénario intermédiaire : Le bug est résolu, mais sans explications claires, laissant planer un doute sur la sécurité des paiements.
  • Le pire cas : De nouveaux prélèvements frauduleux apparaissent, déclenchant une hémorragie de joueurs et une chute des recettes.

Pour l’instant, Hypergryph semble déterminé à éviter le troisième scénario. Leur dernière communication promet "des mesures supplémentaires pour sécuriser les transactions", ainsi qu’un audit externe de leur système de paiement. Une première dans l’industrie du mobile gaming, où les audits sont généralement internes.

Reste une question : ce scandale va-t-il freiner l’ascension d’Endfield ? Pour @MobileGuru, analyste spécialisé dans les jeux mobiles, la réponse est nuancée : "À court terme, non. Les joueurs sont trop accrochés au gameplay. Mais si un nouveau bug survient, ce sera la catastrophe. Hypergryph n’a pas droit à l’erreur."

Le lancement d’Arknights: Endfield restera dans les annales comme un cas d’école en gestion de crise. D’un côté, une réaction exemplaire d’Hypergryph, avec des remboursements rapides et une communication transparente. De l’autre, un bug technique grave qui rappelle les failles récurrentes des systèmes de paiement dans le gaming.

Pour les joueurs, la question est simple : peut-on encore faire confiance aux microtransactions ? Avec des scandales à répétition (Diablo Immortal, Fate/Grand Order, Honkai: Star Rail…), l’industrie doit urgemment repenser la sécurité de ses transactions. Hypergryph a évité le pire cette fois, mais la prochaine crise pourrait être bien plus dévastatrice.

Une chose est sûre : Endfield a le potentiel pour devenir un monument du genre. À condition que ses développeurs tirent les bonnes leçons de ce fiasco. Les joueurs, eux, attendent des actes – et surtout, plus jamais de prélèvements fantômes.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Hypergryph a fait mieux que Diablo Immortal en 2022, où les remboursements traînaient comme un Final Fantasy VII en 1997 sans patch. Ici, ils ont réagi vite, mais le vrai test, c’est de prouver qu’ils ont vraiment compris le problème. Un audit externe, ça sent le Silent Hill 2 version "on a enfin compris le vrai monstre". À suivre, mais pour l’instant, ils ont évité le pire, comme un Sonic qui évite les pièges de Tails en mode expert.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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