Skim-Gaming logo

Actualité

Ashes of Creation : L’Early Access à 50$ vaut-il le risque ? Ce que cache vraiment le MMORPG le plus ambitieux de la décennie
Actualité

Il y a 83 jours

Ashes of Creation : L’Early Access à 50$ vaut-il le risque ? Ce que cache vraiment le MMORPG le plus ambitieux de la décennie

Un MMORPG révolutionnaire… ou un chantier à 50$ ?

Ashes of Creation, le MMORPG sandbox d’Intrepid Studios, débarque en Early Access sur Steam le 11 décembre avec une promesse audacieuse : redéfinir le genre grâce à ses Nodes dynamiques, ses conflits territoriaux et ses dragons légendaires. Mais derrière l’hype se cache une réalité moins reluisante : un jeu en alpha avancée, vendu entre 42 et 50$, où bugs, mécaniques incomplètes et déséquilibres sont assumés. Les joueurs paieront-ils pour être des cobayes, ou pour façonner l’avenir d’un titre appelé à marquer l’histoire ?

A retenir :

  • 11 décembre 2024 : L’Early Access d’Ashes of Creation démarre sur Steam, avec un prix controversé (42-50$) pour un jeu encore en développement.
  • Système des Nodes : Villages et métropoles émergent ou s’effondrent selon les actions des joueurs, mais l’équilibrage reste "en cours" (source : Margaret Krohn, Intrepid Studios).
  • Contenu 2026 : Dragons, PvP ouvert et craft approfondi ne seront pleinement opérationnels qu’en 2026, d’après la roadmap interne.
  • Modèle communautaire : Le studio mise sur les retours des early adopters pour peaufiner le jeu, les transformant en bêta-testeurs rémunérés.
  • Risque financier : Les anciens packs à 500$ offraient des avantages exclusifs… aujourd’hui absents pour les nouveaux acheteurs.
  • Dilemme : Un pari sur la vision long terme d’Intrepid, ou une arnaque déguisée ? Les avis divergent sur Reddit et les forums spécialisés.

Un lancement en fanfare… mais sous le signe de l’inachevé

Le compte à rebours est lancé : dans quelques jours, Ashes of Creation ouvrira enfin ses portes en Early Access sur Steam, après neuf ans de développement chez Intrepid Studios. Depuis son annonce en 2015, le projet a accumulé les superlatifs : "le MMORPG qui va tuer WoW", "le sandbox ultime", "la révolution du genre". Pourtant, à J-1, le studio martèle un message bien moins glamour : ce 11 décembre ne sera pas un lancement, mais le début d’un test grandeur nature.

Steven Sharif, le directeur créatif, l’a répété lors de la dernière live dev : "Nous ne vendons pas un produit fini. Nous vendons une promesse, et l’opportunité de participer à sa construction". Une transparence louable, mais qui soulève une question brûlante : 50$ pour un jeu en alpha, est-ce raisonnable ? Sur les réseaux, les débats font rage. Certains y voient une arnaque déguisée, d’autres un investissement dans l’avenir du MMORPG. Une chose est sûre : Ashes of Creation ne ressemble à aucun autre Early Access.


Pour comprendre pourquoi, il faut plonger dans son ADN. Contrairement à des titres comme New World ou Lost Ark, qui arrivaient en Early Access avec un contenu déjà solide, Ashes of Creation mise tout sur son système dynamique de Nodes – une mécanique si complexe qu’elle nécessite des mois, voire des années, de tests en conditions réelles. "C’est comme construire une ville en Lego, mais où chaque pièce peut disparaître si les joueurs ne l’entretiennent pas", compare Margaret Krohn, lead designer chez Intrepid. Un concept fascinant… mais encore instable.

50$ pour être cobaye : le pari fou d’Intrepid Studios

Le prix de l’Early Access (42-50$ selon les packs) est le premier sujet de controverse. Pour ce tarif, les joueurs obtiennent :

  • Un accès au jeu sans avantages exclusifs (contrairement aux vagues de test précédentes, où des packs à 100$ ou 500$ offraient des montures ou des titres uniques).
  • Un titre truffé de bugs, avec des mécaniques de combat et de craft incomplètes.
  • Une expérience où les wipe (réinitialisations) sont probables, selon la roadmap.
  • La promesse de participer à façonner le jeu via des retours communautaires.

Sur Reddit, les réactions sont partagées. u/OldSchoolMMORPG tempête : "50$ pour un jeu où même les animations de base sont en cours ? Intrepid se fiche de nous." À l’inverse, u/NodeDreamer défend le studio : "Si vous voulez un jeu fini, attendez 2026. Là, vous payez pour être dans les coulisses de quelque chose d’historique."

Le vrai problème ? Le précédent des packs premium. En 2018-2020, Intrepid a vendu des accès anticipés à 500$, avec des récompenses cosmétiques et des avantages PvP. Aujourd’hui, ces privilèges ont disparu, et les nouveaux joueurs paient le même prix… pour moins de contenu. "C’est comme si on vous vendait un billet pour un concert, puis qu’on vous disait que la scène est encore en construction", résume Jehanne, une bêta-testeuse historique.


Pourtant, le studio assume ce choix. Dans une interview accordée à MMORPG.com, Steven Sharif explique : "Nous aurions pu attendre 2026 pour sortir un jeu 'parfait', mais nous préférons impliquer la communauté dès maintenant. Les early adopters ne sont pas des clients – ce sont des partenaires." Une philosophie noble, mais qui exige une tolérance exceptionnelle aux imperfections.

"Les Nodes vont changer le MMORPG"… quand elles marcheront

Au cœur d’Ashes of Creation se trouve son système de Nodes, une mécanique inédite où les villes naissent, grandissent et meurent selon les actions des joueurs. Par exemple :

  • Si une guilde contrôle un Node de niveau 3 (un village), elle peut le faire évoluer en cité (niveau 5) en accomplissant des quêtes ou en gagnant des guerres territoriales.
  • À l’inverse, si les joueurs négligent une zone, celle-ci régressera, perdant ses bâtiments et ses PNJ.
  • Les métropoles (niveau 6) débloquent des boss mondiaux (comme les dragons), mais leur chute peut plonger une région dans le chaos.

Sur le papier, c’est révolutionnaire. Dans la pratique, les testeurs actuels rapportent des problèmes majeurs :

  • Déséquilibres criants : Certaines guildes dominent les Nodes sans opposition, créant des monopoles.
  • Bugs de progression : Des villes disparaissent sans raison, ou bloquent à un niveau intermédiaire.
  • Manque de clarté : Les règles de croissance/décadence sont mal expliquées, selon 80% des retours sur les forums officiels.

Margaret Krohn reconnaît ces défauts : "Nous savons que le système est perfectible. Mais c’est précisément pour ça que nous avons besoin des joueurs maintenant. Une Node, c’est comme un organisme vivant – il faut des mois pour ajuster son métabolisme." Une métaphore poétique… qui n’efface pas le fait que les early adopters paient pour être des cobayes.

Dragons, PvP et craft : le vrai contenu arrive… en 2026

Si les Nodes sont le cœur d’Ashes of Creation, les autres piliers du gameplay brillent par leur… absence. Voici ce que les joueurs ne trouveront pas (ou peu) en Early Access :

  • Les combats de dragons : Présents dans les trailers, ils restent des proofs of concept. Les boss mondiaux actuels sont des placeholders (modèles temporaires).
  • Le PvP ouvert : Le système de corruption (où les joueurs deviennent des "outlaws" s’ils tuent trop de PNJ) est désactivé pour l’instant.
  • Le craft approfondi : Seules les bases sont implémentées. Les recettes légendaires et les ateliers de guilde arriveront plus tard.
  • Les donjons : Aucun donjon procédural n’est disponible. Les quelques instances existantes sont statiques.

La roadmap officielle (disponible sur le site d’Intrepid) confirme que ces éléments ne seront pleinement opérationnels qu’en 2026. En attendant, les joueurs auront droit à :

  • Un monde ouvert de 480 km² (soit 6 fois la taille de Skyrim), mais avec des zones encore vides.
  • Des quêtes dynamiques liées aux Nodes, mais avec des récompenses déséquilibrées.
  • Un système de classes hybrides (64 combinaisons possibles), mais avec des compétences manquantes.

"C’est comme acheter une maison en construction : vous avez les murs, mais ni la cuisine ni la salle de bain", résume Thomas, un streamer spécialisé dans les MMORPG. "Le pire ? On ne sait même pas si les fondations tiendront."

Derrière les bugs, une équipe qui mise tout sur la communauté

Alors, pourquoi Intrepid Studios prend-il ce risque ? La réponse tient en un mot : communauté. Contrairement à des géants comme Blizzard ou Amazon Games, qui développent leurs MMORPG à huis clos, Intrepid a choisi une approche radicalement transparente.

Exemples concrets :

  • Les patch notes sont publiées en temps réel sur Discord, avec les noms des développeurs responsables.
  • Les bugs majeurs sont discutés en direct lors des streams hebdomadaires.
  • Les joueurs peuvent voter pour les prochaines mises à jour via des sondages officiels.

Cette stratégie a un coût : le jeu est brut, inachevé, parfois frustant. Mais elle a aussi un avantage énorme : les early adopters deviennent des co-créateurs. "Quand un joueur signale un bug sur les Nodes, nous ne le corrigeons pas juste – nous lui expliquons pourquoi il est survenu, et comment nous allons l’éviter à l’avenir", détaille Jeffrey Bard, lead programmer.

Résultat : Ashes of Creation a déjà une communauté ultra-engagée, prête à pardonner les défauts pour peu que le studio écoute. "J’ai payé 50$ pour être un bêta-testeur officiel. Si dans deux ans, le jeu est à la hauteur, ce sera le meilleur investissement de ma vie", confie Léa, une joueuse française.


Pourtant, tous ne partagent pas cet optimisme. Nolife, le célèbre média gaming, pointe du doigt les retards accumulés : "Ashes of Creation était annoncé pour 2018. Six ans plus tard, on en est encore à l’alpha. À quel moment faut-il s’inquiéter ?"

Le dilemme des joueurs : génie ou arnaque ?

Alors, Ashes of Creation est-il un chef-d’œuvre en devenir ou une escroquerie à 50$ ? La réponse dépend de ce que vous cherchez :

Pour les optimistes :

  • C’est une chance unique de participer à la création d’un MMORPG révolutionnaire.
  • Le système de Nodes a un potentiel inégalé dans le genre.
  • Le studio écoute vraiment sa communauté (contrairement à des titres comme Star Wars Galaxies ou Crowfall).

Pour les sceptiques :

  • Payer 50$ pour un jeu inachevé est un mauvais précédent pour l’industrie.
  • Les wipes (réinitialisations) futures effaceront peut-être des mois de progression.
  • Rien ne garantit que le jeu tiendra ses promesses d’ici 2026.

Un élément clé à surveiller : l’évolution des Nodes après le 11 décembre. Si le système s’effondre sous le poids des joueurs, ou si les guildes dominantes verrouillent le contenu, la crédibilité d’Intrepid en prendra un coup. À l’inverse, si la communauté s’empare du jeu et que les mises à jour s’accélèrent, Ashes of Creation pourrait devenir le MMORPG de la décennie.

En attendant, une question persiste : combien de joueurs sont prêts à payer pour être des cobayes ? La réponse, nous l’aurons dès le 11 décembre.

Le 11 décembre marquera un tournant pour Ashes of Creation – et peut-être pour tout le genre MMORPG. Avec son Early Access à 50$, Intrepid Studios prend un risque colossal : transformer ses joueurs en bêta-testeurs passionnés, plutôt qu’en simples clients. Le pari est audacieux, presque fou… mais pas totalement dénué de sens. Si la communauté adhérera à cette vision, si les Nodes tiendront leurs promesses, et si les mises à jour arriveront à temps, alors oui, ces 50$ pourraient bien être le billet d’entrée pour la prochaine révolution du MMORPG.
À l’inverse, si les bugs persistent, si les guildes dominent sans contrôle, ou si le contenu tarde à arriver, Ashes of Creation risque de rejoindre la longue liste des MMORPG ambitieux morts-nés. Une chose est sûre : jamais un Early Access n’aura autant divisé – et fasciné – avant même son lancement. Le compte à rebours est lancé.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
C’est comme si on vous proposait de jouer à Diablo en version bêta, mais avec la carte du monde de Skyrim… et la promesse que les donjons seront finis dans trois ans. Le prix est raisonnable si vous aimez les jeux comme Star Wars Galaxies dans sa version "on va voir comment ça se passe", mais franchement, à 50 balles, j’attends au moins un niveau de bug comparable à EverQuest en 2000 , pas un monde ouvert où les villes s’effondrent comme des châteaux de cartes. Le vrai pari, c’est de savoir si la communauté va tenir le coup ou si ça finira comme Crowfall : un beau rêve qui s’évapore dans le vide.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

Ils en parlent aussi