Il y a 81 jours
**Ashes of Creation** : Le lancement Steam entre chaos technique et triomphe commercial – 30 000 joueurs en attente, mais des ventes record
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**Ashes of Creation** a marqué son arrivée sur Steam par un lancement explosif : plus de 25 950 joueurs simultanés dès l’early access (11 décembre 2025), malgré un prix à 41,64 € et des serveurs saturés plongeant des milliers de joueurs dans des files d’attente interminables. Entre critiques acerbes (seulement 42 % d’avis positifs) et éloges des vétérans des alphas, le MMORPG sandbox d’Intrepid Studios divise, tout en trustant les premières places des ventes en Allemagne. Un paradoxe qui soulève une question : ce chaos technique est-il le prix à payer pour un renouveau du genre ?
A retenir :
- 25 950 joueurs simultanés dès le 11 décembre 2025, un record pour un MMORPG en early access, malgré un tarif élevé (41,64 €) et des serveurs débordés.
- 42 % d’avis positifs seulement sur Steam : joueurs bloqués en files d’attente, bugs de connexion, et animations jugées "dépassées" éclipseraient-ils le potentiel du jeu ?
- Succès commercial fulgurant en Allemagne, preuve d’un appétit intact pour les MMORPG sandbox occidentaux, malgré la concurrence (ex : New World, Albion Online).
- Les vétérans des alphas défendent le jeu : "Un bond en avant depuis l’Alpha 2", avec des mécaniques de nodes plus intuitives et un contenu en expansion constante.
- Intrepid Studios face à un défi de taille : corriger l’infrastructure défaillante pour transformer la frustration en fidélisation, sous peine de voir les joueurs demander des refunds.
Un lancement qui fait trembler Steam : entre records et saturation
Le 11 décembre 2025, Ashes of Creation a fait une entrée remarquée sur Steam. En à peine quelques heures, le MMORPG sandbox d’Intrepid Studios a pulvérisé les attentes avec 25 950 joueurs simultanés (source : steamdb.info), un chiffre rare pour un titre en early access. Pourtant, derrière ces statistiques impressionnantes se cache une réalité moins reluisante : des serveurs incapables de suivre la demande, plongeant des milliers de joueurs dans des files d’attente interminables – parfois plus longues que le nombre de connectés !
Ironie du sort, ce succès populaire a révélé les failles critiques de l’infrastructure. Les joueurs rapportent des comptes non liés à Steam, des erreurs de connexion récurrentes, et même des bugs bloquant l’accès après des heures d’attente. "6h30 après le lancement, toujours impossible de jouer. Steam devrait rembourser automatiquement dans ces cas-là", s’indigne un utilisateur sur les forums. Un autre résume : "Le jeu a un potentiel énorme, mais c’est ingérable en l’état. On dirait un beta test payant."
Pourtant, le prix élevé (41,64 €) n’a pas découragé les acheteurs. Au contraire, Ashes of Creation a dominé les classements des ventes en Allemagne, prouvant que les joueurs sont prêts à investir dans un MMORPG occidental ambitieux, une rareté depuis des années. Mais ce paradoxe – succès commercial vs. échec technique – interroge : jusqu’où les fans accepteront-ils ces désagréments ?
"Un gâchis technique" ou "l’avenir du MMORPG" ? Le grand débat des joueurs
Sur Steam, les avis sont polarisés : seulement 42 % de retours positifs, une note sévère pour un jeu aussi attendu. Les critiques fusent, ciblant principalement :
- Les bugs graphiques et animations : "Certains modèles 3D semblent tout droit sortis de 2010. Pour ce prix, c’est inacceptable."
- L’instabilité des serveurs : "Je paie pour jouer, pas pour regarder une barre de chargement pendant 3 heures."
- Le manque de communication : "Intrepid met des années à développer le jeu, mais ne prévient même pas des problèmes de lancement ?"
À l’inverse, une minorité de joueurs – souvent ceux ayant participé aux phases alpha – défendent bec et ongles le titre. "Ceux qui râlent ne voient pas les progrès depuis l’Alpha 2. Les nodes sont enfin fluides, les classes ont de la profondeur, et le monde est vivant", argue un vétéran. Un autre ajoute : "Oui, c’est cher, mais c’est un investissement sur 5 ans. Comparez avec les MMORPG free-to-play qui vous soutirent 100 € en microtransactions en 3 mois !"
Ce clivage révèle une vérité : Ashes of Creation n’est pas un jeu "grand public". Il cible les puristes du genre, prêts à pardonner les défauts techniques pour peu que le gameplay sandbox et les mécaniques sociales (comme le système de nodes, où les joueurs influencent l’évolution du monde) tiennent leurs promesses. Reste à savoir si Intrepid parviendra à élargir son audience.
Derrière le chaos : l’histoire d’un MMORPG qui défie les lois du genre
Pour comprendre l’engouement autour d’Ashes of Creation, il faut remonter à 2017, lorsque Steven Sharif, le CEO d’Intrepid Studios, lance une campagne Kickstarter ambitieuse : 3,2 millions de dollars récoltés pour un MMORPG qui promet de "réinventer le genre". À l’époque, les joueurs sont las des MMORPG thématiques (comme World of Warcraft) ou des sandbox trop niche (à l’image d’EVE Online). Sharif mise sur un hybride : un monde persistant, où chaque action des joueurs (construction, guerre, commerce) façonne l’environnement via le système de nodes.
Mais le développement est tortueux. Entre retards à répétition, changements de moteur graphique (passage d’Unreal Engine 4 à 5), et une communication parfois opaque, le projet accumule les sceptiques. Pourtant, chaque alpha test (Alpha 0 en 2020, Alpha 1 en 2021, Alpha 2 en 2023) voit affluer des milliers de joueurs, preuve d’une communauté fidèle. "On nous a promis la lune, mais au moins, ils montrent du contenu régulier. Contrairement à d’autres jeux qui disparaissent après le Kickstarter", souligne un backer historique.
Aujourd’hui, avec ce lancement sur Steam, Intrepid franchit une étape cruciale. Mais le studio sait que le vrai test commence maintenant : convertir l’early access en une expérience stable, sous peine de voir les joueurs se tourner vers des alternatives comme Pantheon: Rise of the Fallen ou Corepunk.
Le système de nodes : une révolution ou un gadget ?
Au cœur d’Ashes of Creation se trouve son système de nodes, une mécanique unique où les zones se développent en fonction des actions des joueurs. Par exemple :
- Une ville prospère si les joueurs y commerce activement, construisent des bâtiments, et défendent le territoire.
- Une zone qui régresse si elle est abandonnée ou détruite lors d’un siège.
- Des quêtes dynamiques qui émergent en fonction de l’état du monde (ex : reconstruire un pont détruit par une guerre de guildes).
"C’est le premier MMORPG où ton impact est visible à long terme. Dans WoW, tu sauves le monde tous les 3 mois avec une extension. Ici, si ta guilde contrôle une région, ça change tout pour les autres joueurs", explique un streamer spécialisé.
Pourtant, certains redoutent que ce système ne soit qu’un "gadget marketing". "En pratique, les nodes sont contrôlées par les guildes les plus organisées. Les petits joueurs n’ont aucun poids", tempère un critique. D’autres pointent des déséquilibres : les zones PvE seraient favorisées par rapport aux zones PvP, limitant la "liberté sandbox" promise.
Intrepid a déjà annoncé des ajustements, mais la question reste : ce système innovant suffira-t-il à fidéliser les joueurs face à des bugs persistants ?
Et maintenant ? Le défi de la fidélisation
Avec des ventes record mais une réputation entachée par les problèmes techniques, Intrepid Studios se trouve à un carrefour. Les prochaines semaines seront décisives :
- Corriger les bugs prioritaires : files d’attente, déconnexions, et animations obsolètes doivent être résolus sous 1 à 2 mois, sous peine de voir les demandes de refund exploser.
- Communiquer transparemment : les joueurs exigent un roadmap clair avec des dates pour les correctifs majeurs.
- Équilibrer le contenu : ajouter des activités pour les solos/casuals, pas seulement pour les hardcore PvP.
- Préparer le lancement officiel : l’early access doit servir à stabiliser le jeu, pas à le tester à grande échelle.
Les concurrents ne dormiront pas. Amazon Games planche sur un nouveau MMORPG (codenamed "Nova"), et Riot Games pourrait annoncer son propre projet en 2026. Ashes of Creation a une fenêtre de tir limitée pour s’imposer.
"Si dans 3 mois, les serveurs tiennent et que le contenu suit, ce jeu peut devenir un monument. Sinon, ce sera un nouveau 'Crowfall' – un MMORPG ambitieux oublié trop vite", résume un analyste du secteur.
Ashes of Creation incarne à la fois l’espoir et les écueils des MMORPG modernes. Son lancement sur Steam a prouvé qu’il existe une demande massive pour un sandbox occidental ambitieux – mais aussi que les joueurs n’accepteront plus des lancements bâclés. Entre les mains d’Intrepid Studios, le destin du jeu se jouera dans les prochains mois : corriger les failles techniques, écouter la communauté, et livrer le contenu promis.
Une chose est sûre : avec ou sans Ashes of Creation, le genre MMORPG est en pleine réinvention. Et cette fois, ce sont les joueurs qui en écrivent les règles.

