Il y a 42 jours
Assassin’s Creed Hexe : Le scénariste de Valhalla aux commandes d’un projet sombre et mystérieux
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Un nouveau chapitre sombre pour Assassin’s Creed ?
Après quatre ans de silence, Assassin’s Creed Hexe refait parler de lui avec une annonce discrète mais lourde de sens : Christopher Grilli, le scénariste derrière Origins, Valhalla et Mirage, rejoint l’équipe d’Ubisoft Montréal pour façonner ce projet mystérieux. Plongé dans l’Europe des XVIᵉ-XVIIᵉ siècles, période noire de la chasse aux sorcières, le jeu promet de mêler Histoire et surnaturel comme jamais dans la saga. Entre inspirations horrifiques, mécaniques de gameplay inédites et une narration plus mature, Hexe pourrait bien marquer un tournant audacieux pour la licence… à condition de ne pas répéter les erreurs du passé.A retenir :
- Christopher Grilli (Origins, Valhalla, Mirage) prend les rênes du scénario d’Assassin’s Creed Hexe, promettant une narration plus cinématographique et immersive.
- Cadre historique inédit : l’Europe des XVIᵉ-XVIIᵉ siècles, entre guerres de religion et hystérie collective autour des sorcières, avec des éléments surnaturels inspirés du folklore.
- Inspirations gameplay : des mécaniques dynamiques réagissant à la "magie" perçue, des ennemis aux comportements mystérieux, et une ambiance proche de The Witcher 3 ou A Plague Tale.
- Un pari risqué : après les divisions causées par Unity et Mirage, Hexe devra trouver l’équilibre entre tradition (combats, parkour) et innovation (horreur, récit non linéaire).
- Une annonce qui relance les spéculations : Ubisoft miserait-il sur l’horreur historique pour renouveler l’intérêt autour d’une franchise en quête de souffle ?
Un scénariste star pour un projet fantôme
Depuis 2020, Assassin’s Creed Hexe — alors connu sous le nom de code Codename Hexe — alimentait les rumeurs sans jamais se dévoiler officiellement. Les joueurs n’avaient pour se raccrocher qu’à des fuites évoquant un cadre temporel sombre, des mécaniques inédites, et une ambiance résolument plus adulte que les derniers opus. Pourtant, un détail change tout : l’arrivée de Christopher Grilli, scénariste phare d’Ubisoft, confirmée discrètement via des mises à jour LinkedIn et des sources internes. Une nomination qui en dit long sur les ambitions du projet.
Grilli n’est pas un inconnu pour les fans. Son travail sur Assassin’s Creed Origins (2017) avait marqué un tournant pour la saga, avec une structure narrative plus cinématographique, des dialogues enrichis, et une immersion historique poussée. Avec Valhalla (2020), il avait approfondi cette approche en intégrant des arcs secondaires d’une profondeur rare, tout en jouant avec les légendes nordiques. Même Mirage (2023), malgré ses critiques, témoignait de sa capacité à équilibrer tradition (le retour aux racines de la licence) et modernité (un système de quêtes plus flexible).
Mais pourquoi Grilli ? Une piste se dessine dans une interview de 2022, où il évoquait son attrait pour les récits "où l’Histoire se frotte au mythe". Une déclaration qui résonne étrangement avec les spéculations autour d’Hexe… Coïncidence ? Peu probable. Ubisoft Montréal semble miser sur son expertise pour explorer une période historique méconnue de la saga, tout en y injectant une dose de surnaturel — une première depuis les séquences oniriques d’Odyssey ou les frontières mystérieuses d’Assassin’s Creed III.
1600 : l’Europe sous l’emprise de la peur
Si les fuites se confirment, Assassin’s Creed Hexe plongera les joueurs dans l’Europe des XVIᵉ-XVIIᵉ siècles, une époque où la chasse aux sorcières faisait rage, des Alpes suisses aux villages allemands, en passant par les campagnes françaises. Une période charnière, où superstition et pouvoir politique s’entremêlaient, offrant un terreau fertile pour un récit Assassin’s Creed. Imaginez : des procès expéditifs, des chasses à l’homme organisées par l’Église, et des légendes locales transformées en armes par les Templiers… ou les Assassins.
Pourtant, le vrai défi ne sera pas historique, mais atmosphérique. Comment concilier le réalisme cher à la licence avec des éléments horrifiques ou fantastiques ? Certains titres ont réussi ce pari, comme A Plague Tale: Innocence (2019), qui mêlait épidémies médiévales et surnaturel discret, ou The Witcher 3, où monstres et folklore slave cohabitaient avec un monde crédible. Hexe pourrait s’inspirer de ces modèles, en introduisant par exemple :
- Des environnements réactifs : des forêts qui semblent vivantes, des villages plongés dans une brume persistante, ou des églises dont les vitraux déforment la réalité.
- Des ennemis "maudits" : des soldats Templiers aux comportements anormaux, ou des civils possédés par une force invisible, à la manière des Nazgûl du Seigneur des Anneaux.
- Un système de réputation surnaturelle : plus le héros utilise des techniques perçues comme "magiques" (comme la Vision d’Aigle), plus les PNJ le craignent… ou le vénèrent.
Un tel virage ne serait pas sans risque. Assassin’s Creed Unity (2014) avait divisé les fans avec son ambiance plus sombre et son gameplay revu, tout comme Mirage en 2023. Hexe devra donc doser avec précision ses innovations pour éviter l’écueil d’un public dérouté.
"La sorcière et l’Assassin" : quand le mythe rencontre la lame cachée
Au-delà du cadre historique, c’est la thématique d’Hexe qui intrigue. La chasse aux sorcières n’est pas qu’un décor : c’est un miroir des peurs humaines, où la religion, le pouvoir et l’ignorance s’entremêlent pour créer des monstres… réels ou imaginaires. Un terrain idéal pour Assassin’s Creed, une saga qui a toujours joué avec les zones grises de l’Histoire.
Plusieurs pistes narratives se dessinent :
- Un héros accusé de sorcellerie : un Assassin traqué pour ses capacités (Vision d’Aigle, agilité surhumaine), forcé de se cacher parmi les persécutés.
- Une conspiration Templière : et si la chasse aux sorcières était une arme politique, utilisée pour éliminer les opposants sous couvert de purifier la société ?
- Un artefact maudit : une Pomme d’Éden ou un autre Fragmente d’Éden corrompu, dont les pouvoirs déforment la réalité et alimentent les légendes locales.
"Les meilleurs récits Assassin’s Creed sont ceux qui brouillent la frontière entre vérité et légende." Cette phrase, prononcée par Grilli en 2021, prend tout son sens avec Hexe. Le jeu pourrait ainsi explorer des mécaniques de "folie collective" : plus les joueurs s’enfoncent dans les mystères, plus le monde semble se déformer, à l’image de Bloodborne ou Darkwood. Une approche qui demanderait une direction artistique forte, entre réalisme historique et onirisme gothique.
Le défi d’Ubisoft : innover sans trahir
Avec Hexe, Ubisoft Montréal se retrouve face à un dilemme : comment renouveler une franchise vieillissante sans aliéner ses fans ? Les derniers opus ont montré les limites des formules répétitives (Odyssey, Valhalla), tout comme les dangers d’un retour aux sources trop brutal (Mirage).
Plusieurs éléments seront scrutés par les joueurs :
- Le gameplay : Hexe conservera-t-il le parkour fluide et les combats tactiques de la saga, ou optera-t-il pour un système plus lent, proche de Dark Souls ou The Witcher ?
- La narration : Grilli parviendra-t-il à éviter les écueils de Valhalla (quêtes répétitives) et de Mirage (scénario trop linéaire) ?
- L’équilibre entre Histoire et fantastique : le surnaturel sera-t-il une métaphore (comme dans A Plague Tale) ou une réalité assumée (comme dans Castlevania) ?
Un détail encourageant : selon des sources proches du projet, Ubisoft aurait consulté des historiens spécialistes de la chasse aux sorcières, ainsi que des experts en folklore européen, pour éviter les anachronismes et donner une crédibilité aux éléments surnaturels. Une démarche similaire à celle d’Origins, où des égyptologues avaient été sollicités.
Enfin, la question qui fâche : Hexe sera-t-il un jeu solo ou un "live service" déguisé ? Après les critiques sur la monétisation de Valhalla et Odyssey, les joueurs espèrent un retour à une expérience cohérente et complète, sans contenus artificiellement étirés.
Dans l’ombre de Grilli : les secrets d’un développement discret
Pourquoi un tel silence autour d’Hexe ? Contrairement à d’autres projets Ubisoft, comme Assassin’s Creed Red (Japon) ou Jade (Chine), Hexe a été volontairement gardé dans l’ombre. Plusieurs hypothèses circulent :
- Un projet expérimental : Ubisoft testerait des mécaniques risquées avant de les valider pour d’autres jeux.
- Une réaction aux critiques : après l’accueil mitigé de Mirage, le studio préférerait attendre d’avoir un produit abouti avant de communiquer.
- Un partenariat secret : des rumeurs évoquent une collaboration avec FromSoftware (Dark Souls) ou CD Projekt Red (The Witcher) pour les combats ou l’ambiance.
Une chose est sûre : l’arrivée de Grilli suggère que le scénario est désormais verrouillé, et que le jeu entre dans sa phase finale de développement. Une annonce officielle pourrait survenir dès 2025, avec une sortie prévue pour 2026 — soit six ans après le début du projet, un délai inhabituel même pour Ubisoft.
En attendant, les fans peuvent se raccrocher à une certitude : si Hexe tient ses promesses, il pourrait bien être le premier Assassin’s Creed à faire vraiment peur… et pas seulement à cause de ses bugs.
Avec Christopher Grilli aux commandes et un cadre historique aussi riche que terrifiant, Assassin’s Creed Hexe a tout pour devenir l’un des opus les plus ambitieux — et les plus risqués — de la saga. Entre horreur gothique, intrigues politiques et gameplay innovant, le jeu pourrait enfin offrir ce que les fans réclament depuis des années : une expérience mature, loin des formules éculées, tout en restant fidèle à l’ADN de la licence.
Reste une question : Ubisoft osera-t-il franchir le pas vers un vrai renouveau, ou Hexe ne sera-t-il qu’un Assassin’s Creed de plus, habillé de noir et de brume ? La réponse dans quelques années… en espérant que la chasse aux sorcières ne tourne pas à la chasse aux joueurs déçus.

