Il y a 95 jours
Assassin’s Creed Shadows : Pourquoi Ubisoft a-t-il abandonné son passe saisonnier ?
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Pour la première fois en dix ans, Assassin’s Creed Shadows ne bénéficiera pas d’un passe saisonnier complet. Ubisoft a annoncé l’abandon de sa deuxième extension, privilégiant des mises à jour ciblées et gratuites en 2026. Une décision qui s’explique par les défis techniques colossaux du jeu, décrit comme un "bond générationnel", et une stratégie de réallocation des ressources vers des projets futurs, comme le remake de Black Flag ou Assassin’s Creed: Hexe. Un tournant pour la franchise, qui mise désormais sur l’innovation plutôt que sur l’extension systématique de ses titres.
A retenir :
- Une première en 10 ans : Ubisoft abandonne le passe saisonnier d’Assassin’s Creed Shadows, ne conservant que l’extension Les Griffes d’Awaji (10h), offerte aux précommandeurs.
- Des défis techniques sans précédent : Le jeu, qualifié de "saut générationnel", a monopolisé les ressources d’Ubisoft Quebec, retardant le contenu post-lancement.
- Une stratégie tournée vers l’avenir : Les mises à jour de 2026 seront légères et gratuites, permettant au studio de se concentrer sur des projets comme le remake de Black Flag (Unreal Engine 5) et Assassin’s Creed: Hexe.
- Une diversification de la franchise : Entre un spin-off multijoueur inédit et des univers explorant la sorcellerie (Hexe), Ubisoft repense son approche pour éviter la lassitude des joueurs.
Un passe saisonnier sacrifié : une décision historique pour la franchise
C’est officiel : pour la première fois depuis Assassin’s Creed IV: Black Flag (2013), un opus majeur de la saga ne bénéficiera pas d’un passe saisonnier complet. Assassin’s Creed Shadows, attendu en novembre 2024, voit son contenu post-lancement drastiquement réduit. Ubisoft a confirmé l’abandon de sa deuxième extension, ne conservant que Les Griffes d’Awaji, une aventure de 10 heures offerte aux joueurs ayant précommandé le jeu. Une décision qui rompt avec une tradition bien établie : depuis Origins (2017), chaque titre phare de la franchise proposait deux à trois DLC payants, comme La Malédiction du Pharaon ou Le Sort de l’Atlantide pour Odyssey (2018).
Mais pourquoi un tel revirement ? Selon Simon Lemay-Comtois, directeur associé chez Ubisoft Quebec, le studio a dû "faire des choix difficiles". Le développement de Shadows a été bien plus complexe que prévu, avec des "défis techniques majeurs" liés à une refonte quasi totale du moteur. Contrairement à Valhalla (2020), dont la technologie était déjà mature après trois extensions, Shadows a nécessité des ressources colossales pour stabiliser son framework, laissant peu de marge pour planifier un contenu post-lancement ambitieux.
"Nous avons commencé tard […] la situation a changé avec le report." Cette phrase de Lemay-Comtois résume bien le problème : le jeu a accumulé les retards, forçant Ubisoft à repenser sa stratégie. Résultat, le passe saisonnier, initialement prévu avec deux DLC, a été abandonné au profit d’une approche expérimentale : des mises à jour ciblées et gratuites en 2026, plutôt que des extensions payantes. Une façon de limiter les risques tout en maintenant l’intérêt des joueurs, même si cela déçoit les fans habitués à un soutien post-lancement plus généreux.
Une stratégie post-lancement "expérimentale" : entre économies et innovation
Ubisoft Quebec ne cache pas que cette décision s’inscrit dans une logique de réallocation des ressources. Plutôt que de s’épuiser à développer des DLC pour Shadows, le studio préfère se concentrer sur l’avenir de la franchise. Et cet avenir s’annonce chargé : entre le remake de Black Flag (déjà en développement avancé sous Unreal Engine 5, selon les rumeurs) et Assassin’s Creed: Hexe (un projet centré sur la sorcellerie en Europe), les priorités ont changé.
Mais cette stratégie n’est pas sans risques. Les joueurs pourraient percevoir ce choix comme un manque de soutien pour Shadows, d’autant que le titre a été présenté comme une révolution technique. Pourtant, Ubisoft mise sur des "morceaux de choix" – des ajouts ponctuels mais marquants, comme la collaboration surprise avec Attack on Titan ou les easter eggs liés aux Isu. Une façon de maintenir l’engagement sans alourdir les coûts de développement.
Certains observateurs y voient aussi une réponse à la lassitude des joueurs. Après Valhalla et ses trois extensions, puis Mirage (2023) et son retour aux sources, Ubisoft pourrait chercher à éviter la surcharge. Comme l’explique un développeur sous couvert d’anonymat : "Les joueurs réclament de la qualité, pas de la quantité. Mieux vaut un jeu solide avec des mises à jour bien pensées qu’un titre étiré sur des années avec des DLC inégaux." Une philosophie qui pourrait bien s’appliquer à Shadows, même si elle déçoit ceux qui espéraient une aventure aussi riche qu’Odyssey ou Origins.
Derrière l’abandon du DLC : un projet américain avorté et des priorités changées
Ce qui surprend le plus dans cette affaire, c’est le timing. Dès 2024, alors que Shadows n’était pas encore sorti, Ubisoft Quebec aurait entamé la préproduction d’un nouveau projet… avant de l’abandonner. Selon les informations de JeuxVideo-Live, il s’agissait d’un Assassin’s Creed situé dans l’Amérique post-Guerre de Sécession, une époque encore inexplorée par la franchise. Un choix audacieux, mais visiblement trop ambitieux pour le studio, déjà accaparé par les défis techniques de Shadows.
Cet épisode révèle une réalité : Ubisoft Quebec a les yeux rivés sur l’horizon. Entre le remake de Black Flag (qui pourrait sortir dès 2025) et Hexe (un projet mystérieux centré sur la sorcellerie), la franchise se diversifie à toute vitesse. Sans oublier le spin-off multijoueur annoncé en 2023, qui promet une expérience inédite pour la saga. Dans ce contexte, Shadows apparaît presque comme un titre de transition – un jeu majeur, certes, mais dont le soutien post-lancement est sacrifié au profit de projets plus innovants.
Un choix controversé ? Sans doute. Certains fans regrettent déjà l’époque où chaque Assassin’s Creed avait droit à des DLC aussi ambitieux que La Légende de Bayek (Origins) ou Le Crépuscule de Valhalla. Mais pour Ubisoft, la donne a changé. Comme le résume un analyste du secteur : "La franchise a 17 ans. Pour survivre, elle doit innover, pas répéter. Shadows est peut-être le dernier opus à suivre l’ancienne formule."
"Un bond générationnel" : quand la technique dicte la stratégie
Pour comprendre cette décision, il faut revenir aux couisses du développement. Assassin’s Creed Shadows n’est pas un simple nouveau chapitre : c’est un chantier titanesque, décrit en interne comme un "saut générationnel". Contrairement à Valhalla, qui reposait sur une technologie déjà éprouvée, Shadows a nécessité une refonte majeure du moteur, avec des exigences graphiques et physiques inédites.
Résultat ? Des retards en cascade et une équipe épuisée. Comme l’explique une source proche du projet : "On a passé deux ans à stabiliser le jeu. Quand il a fallu parler des DLC, il était déjà trop tard pour faire quelque chose d’aussi ambitieux qu’avant." Une situation qui rappelle étrangement le développement chaotique de Cyberpunk 2077, où les extensions ont dû être repoussées pour sauver le jeu principal.
Pourtant, Ubisoft assure que cette décision n’est pas un aveu d’échec. Au contraire : en se concentrant sur des mises à jour légères et gratuites en 2026, le studio espère fidéliser les joueurs sans les lasser. Et avec des projets comme Hexe (qui promet une plongée dans l’occultisme européen) ou le remake de Black Flag (un des opus les plus aimés de la saga), la franchise a de quoi occuper ses fans.
Reste une question : cette stratégie est-elle viable à long terme ? Si Shadows se vend bien malgré l’absence de DLC, Ubisoft pourrait généraliser cette approche. Dans le cas contraire, les joueurs pourraient voir ce choix comme un manque de considération… et tourner leur attention vers d’autres franchises, comme The Witcher ou Elden Ring, où le contenu post-lancement reste une priorité.
Et maintenant ? Ce que les joueurs peuvent attendre en 2026
Alors, que reste-t-il pour les fans de Assassin’s Creed Shadows ? Voici ce qu’Ubisoft a confirmé pour 2026 :
- Les Griffes d’Awaji : Une extension de 10 heures, offerte aux précommandeurs, centrée sur un nouveau personnage et une intrigue indépendante. Selon les premières fuites, elle introduirait un système de combat revisité et des environnements inédits.
- Des événements saisonniers : Comme pour Valhalla, des défis limités dans le temps, avec des récompenses cosmétiques (armures, armes inspirées d’autres franchises Ubisoft).
- Des collaborations surprises : Après Attack on Titan, d’autres crossovers sont envisagés, peut-être avec Watch Dogs ou Far Cry.
- Des correctifs et améliorations : Ubisoft promet un support technique prolongé, avec des patchs pour optimiser les performances (surtout sur PC, où le jeu a connu des problèmes au lancement).
Pas de quoi révolutionner l’expérience, donc, mais suffisamment pour maintenir le jeu en vie jusqu’à la sortie du prochain opus. Et pour ceux qui espéraient un contenu aussi dense que L’Héritage de la Première Lame (Odyssey), il faudra se tourner vers Hexe ou le remake de Black Flag…
Une stratégie audacieuse, qui pourrait payer… ou laisser un goût d’inachevé aux fans habitués à des extensions plus généreuses. Une chose est sûre : Assassin’s Creed n’a pas fini de surprendre.

