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L'avenir d'Indiana Jones après *Indiana Jones and the Dial of Destiny* : Lucasfilm tourne-t-il la page ?
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Deux ans après le flop critique et commercial d'*Indiana Jones and the Dial of Destiny*, Lucasfilm semble marquer une pause dans l'univers du célèbre archéologue. Entre l'âge avancé d'Harrison Ford et les déclarations récentes de Kathleen Kennedy, l'avenir de la franchise reste incertain, mais son héritage, lui, est intouchable.
A retenir :
- Kathleen Kennedy confirme l'absence de projets immédiats pour une suite d'*Indiana Jones and the Dial of Destiny*, malgré l'attachement d'Harrison Ford au rôle.
- Le film a enregistré une perte estimée à 100 millions de dollars, un échec retentissant pour Disney et Lucasfilm.
- James Mangold, réalisateur du dernier opus, exclut catégoriquement de revenir sur la franchise, critiquant une approche trop centrée sur le *fanservice*.
- À 84 ans, Harrison Ford a officiellement annoncé qu'il ne reprendrait plus le rôle d'Indy, ouvrant la porte à un éventuel reboot avec un nouveau comédien.
- Malgré les échecs récents, l'héritage d'Indiana Jones reste un pilier du cinéma d'aventure, avec des projets dérivés toujours envisageables.
Un adieu en demi-teinte : pourquoi *Dial of Destiny* a marqué la fin d'une ère
Le 30 juin 2023, *Indiana Jones and the Dial of Destiny* sortait sur les écrans, clôturant officiellement le cycle d'un personnage devenu mythique depuis *Raiders of the Lost Ark* en 1981. Pourtant, malgré l'engouement initial, le film a rapidement été éclipsé par des critiques acerbes et des résultats en salle décevants. Avec un score de 69 % sur Rotten Tomatoes et une estimation de pertes s'élevant à 100 millions de dollars, l'opus final de la saga a laissé un goût amer aux fans comme aux studios.
Harrison Ford, qui incarnait Indy depuis plus de quatre décennies, avait pourtant insisté pour donner une conclusion digne à son personnage. Dans une interview accordée au *Wall Street Journal*, l'acteur avait expliqué son attachement viscéral au projet : *« Quand [Indy] avait subi les conséquences de la vie qu'il a menée, j'ai voulu lui donner une dernière chance de se relever, de secouer la poussière et de revenir à l'action, même s'il avait perdu une partie de sa vigueur. »* Une déclaration poignante, mais qui n'a pas suffi à sauver le film d'un accueil mitigé.
Pour Kathleen Kennedy, ancienne présidente de Lucasfilm, le bilan reste néanmoins positif. *« Je ne regrette rien, car Harrison voulait le faire plus que tout au monde »*, avait-elle confié à *Deadline* en avril 2024, confirmant par la même occasion son départ après 14 ans à la tête du studio. *« Ces films sont intemporels, et Indy ne disparaîtra jamais. »* Une phrase qui sonne comme un hommage, mais aussi comme un aveu : pour l'instant, la franchise est en pause.
James Mangold et le piège du *fanservice* : pourquoi le réalisateur a claqué la porte
Si Harrison Ford et Kathleen Kennedy ont défendu *Dial of Destiny*, le réalisateur James Mangold, lui, a adopté une position radicalement différente. Dans une interview accordée à *Variety* peu après la sortie du film, il avait été sans équivoque : *« Je refuse catégoriquement de continuer avec Indiana Jones. Je ne peux pas le faire. »* Une déclaration choc, qui révélait les tensions sous-jacentes autour de la production.
Mangold avait pointé du doigt un problème récurrent dans les franchises modernes : *« La quantité d'histoire, d'*easter eggs* et de *fanservice* devient antitétique à un moment donné. Ce n'est plus du storytelling, c'est de la publicité à grande échelle. »* Une critique qui résonne particulièrement dans le contexte actuel, où les studios privilégient souvent les références nostalgiques au détriment d'une narration originale.
Le réalisateur, connu pour des films comme *Logan* ou *Ford v Ferrari*, avait pourtant tenté d'apporter une touche personnelle à *Dial of Destiny*, notamment en intégrant un prologue en noir et blanc mettant en scène un Indy plus jeune, interprété par Anthony Ingruber. Une séquence saluée pour son audace, mais qui n'a pas suffi à sauver le film dans son ensemble. *« J'ai essayé de donner une dimension plus intime au personnage, mais le poids de la franchise était trop lourd »*, avait-il confié, laissant entendre que le projet avait été dicté par des impératifs commerciaux plutôt que par une vision artistique.
Harrison Ford à 84 ans : la fin d'un règne, mais pas d'une légende
Le 13 juillet 2024, Harrison Ford a fêté ses 84 ans, un âge où la plupart des acteurs ont depuis longtemps raccroché les gants. Pourtant, jusqu'à *Dial of Destiny*, l'acteur semblait déterminé à prolonger l'aventure Indiana Jones. *« Je ne voulais pas que Indy se termine avec la quatrième [sic] aventure »*, avait-il déclaré, faisant référence à *Kingdom of the Crystal Skull* (2008), souvent considéré comme le point faible de la saga.
Mais les temps ont changé. Dans une interview récente, Ford a admis que son âge et les exigences physiques du rôle avaient joué un rôle dans sa décision de ne plus reprendre le personnage. *« Je ne dis pas que c'est impossible, mais ce serait très difficile. Et honnêtement, je pense qu'il est temps de passer le flambeau. »* Une déclaration qui ouvre la porte à deux possibilités : un reboot avec un nouvel acteur, ou une adaptation sous forme de série télévisée, comme l'a suggéré Kathleen Kennedy.
Pourtant, remplacer Ford dans le rôle d'Indy s'annonce comme un défi colossal. Le personnage, avec son mélange d'humour, de courage et de vulnérabilité, est indissociable de l'acteur qui l'a incarné. Des rumeurs ont circulé sur des noms comme Chris Pratt ou Bradley Cooper, mais Disney et Lucasfilm restent discrets sur leurs intentions. *« Indy est un personnage unique, et le remplacer serait un pari risqué »*, estime Mark Harris, critique cinéma pour *Vulture*. *« Mais après tout, qui aurait cru que Robert Downey Jr. pourrait incarner Iron Man avec autant de succès ? »*
Le flop financier : comment *Dial of Destiny* a coûté 100 millions à Disney
Au-delà des critiques, c'est le bilan financier d'*Indiana Jones and the Dial of Destiny* qui a le plus choqué les observateurs. Avec un budget estimé à 295 millions de dollars (incluant les coûts de marketing), le film n'a rapporté que 384 millions de dollars au box-office mondial, un résultat bien en deçà des attentes pour une franchise aussi emblématique.
Selon des sources internes citées par *The Hollywood Reporter*, Disney aurait enregistré une perte nette de 100 millions de dollars sur le projet. Un échec cuisant, qui s'explique en partie par un contexte post-pandémie difficile pour le cinéma, mais aussi par un manque d'enthousiasme du public. *« Les spectateurs ont eu l'impression de voir un film de trop »*, analyse Anne Thompson, éditorialiste pour *IndieWire*. *« Après *Crystal Skull*, qui avait déjà déçu, *Dial of Destiny* n'a pas su convaincre qu'il apportait quelque chose de nouveau. »*
Pourtant, le film avait tout pour réussir : un réalisateur talentueux, un budget pharaonique, et la présence d'une star légendaire. Mais comme le souligne Scott Mendelson, contributeur pour *Forbes*, *« les franchises ont une durée de vie limitée, et Indiana Jones a peut-être atteint la sienne. »* Une réalité difficile à accepter pour les fans, mais qui pourrait expliquer la prudence actuelle de Lucasfilm.
Et maintenant ? L'héritage d'Indy et les pistes pour l'avenir
Si *Dial of Destiny* marque probablement la fin de l'ère Harrison Ford, il ne signe pas pour autant l'arrêt de mort de la franchise. Kathleen Kennedy a laissé entendre que des projets dérivés pourraient voir le jour, notamment sous forme de séries ou de films centrés sur d'autres personnages. *« Indy ne disparaîtra jamais »*, avait-elle affirmé, évoquant la possibilité d'explorer d'autres époques ou d'autres membres de la famille Jones.
Une piste souvent évoquée est celle d'un reboot avec un Indy plus jeune, à l'image de ce qui a été fait avec *Star Wars* et la série *Obi-Wan Kenobi*. *« Pourquoi ne pas raconter les aventures d'Indy dans les années 1920, avant *Raiders* ? »*, suggère Drew McWeeny, scénariste et critique pour *TheWrap*. *« Cela permettrait de conserver l'esprit de la saga tout en la renouvelant. »*
Une autre option serait de s'inspirer de l'univers étendu d'Indiana Jones, comme les jeux vidéo *Indiana Jones and the Fate of Atlantis* (1992) ou les romans *Young Indiana Jones Chronicles*. *« Ces œuvres ont exploré des facettes du personnage que les films n'ont jamais abordées »*, explique Laurent Aknin, historien du cinéma. *« Une série sur les jeunes années d'Indy, par exemple, pourrait séduire un nouveau public. »*
Quelle que soit la direction choisie, une chose est sûre : Indiana Jones reste un pilier de la culture populaire. Avec cinq films, des séries, des jeux et des centaines de produits dérivés, la franchise a marqué des générations de spectateurs. *« Indy, c'est plus qu'un personnage, c'est un symbole »*, résume Steven Spielberg, réalisateur des quatre premiers opus, dans une interview archivée. *« Un symbole d'aventure, de curiosité et de résistance. Et ça, ça ne disparaîtra jamais. »*
Deux ans après *Indiana Jones and the Dial of Destiny*, le bilan est mitigé : un film qui a divisé les fans, un échec commercial retentissant, et une franchise en suspens. Pourtant, malgré ces obstacles, l'héritage d'Indy reste intact. Que ce soit à travers un reboot, une série ou des projets dérivés, une chose est certaine : le monde n'a pas fini d'entendre parler du célèbre archéologue au chapeau fedora.
Pour l'instant, Lucasfilm semble vouloir prendre son temps. Mais dans un paysage cinématographique où les franchises dominent, il est peu probable qu'Indiana Jones reste dans l'ombre bien longtemps. *« Les héros ne meurent jamais vraiment »*, disait un jour George Lucas. Et Indy, plus que tout autre, incarne cette vérité.
En attendant, les fans peuvent se consoler en revisitant les classiques, ou en espérant que Disney saura, un jour, redonner à Indy la place qu'il mérite : celle d'une légende.

