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**Caza de brujas** : comment Julia Roberts et Prime Video transforment un échec en salles en triomphe streaming
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Il y a 95 jours

**Caza de brujas** : comment Julia Roberts et Prime Video transforment un échec en salles en triomphe streaming

Après un passage discret en salles, Caza de brujas – le thriller psychologique de Luca Guadagnino avec Julia Roberts – connaît une résurrection spectaculaire sur Prime Video. Malgré des critiques acerbes (37 % sur Rotten Tomatoes) et des recettes décevantes (9,3 M$), le film domine désormais les classements de la plateforme, porté par un trio d’acteurs explosif et un scénario qui divise autant qu’il fascine. Une preuve de plus que le streaming redéfinit les règles du succès cinématographique.

A retenir :

  • Caza de brujas : le thriller de Julia Roberts, boudé en salles (9,3 M$ de recettes), devient n°1 sur Prime Video en quelques jours.
  • Un casting 5 étoiles : Roberts, Ayo Edebiri (The Bear) et Andrew Garfield (The Amazing Spider-Man) sauvent un film critiqué pour ses incohérences scénaristiques.
  • Comparaisons avec Gone Girl (2014) et The Social Network (2010) : quand un accueil mitigé en salles précède un triomphe en streaming.
  • Les secrets d’un rebond : comment Prime Video et son algorithme transforment les "échecs" en phénomènes culturels.
  • Michael Stuhlbarg et Chloë Sevigny en rôles secondaires : la touche subtile qui renforce la tension psychologique du film.

De l’échec en salles au triomphe streaming : l’incroyable rebond de Caza de brujas

Le 20 novembre 2023, Prime Video accueillait Caza de brujas, le dernier thriller psychologique de Luca Guadagnino (Call Me by Your Name, Suspiria). Un mois plus tôt, le film avait essuyé un cuisant revers en salles : seulement 9,3 millions de dollars de recettes mondiales et un score catastrophique de 37 % sur Rotten Tomatoes. Les critiques lui reprochaient un scénario confus, des personnages peu attachants et un rythme inégal. Pourtant, à peine débarqué sur la plateforme d’Amazon, le long-métrage a opéré une métamorphose digne des meilleurs contes de fées… ou de sorcellerie, comme son titre l’évoque.

Selon FlixPatrol, Caza de brujas caracole désormais en tête des films les plus regardés sur Prime Video, devançant des valeurs sûres comme Juego de niños (le remake espagnol de Child’s Play) ou la comédie britannique La educación de Polly McClusky. Un rebond qui rappelle celui de The Social Network (2010) : sorti dans une relative indifférence avant de devenir un classique, ou plus récemment Don’t Look Up (2021), autre film clivant qui avait explosé les records sur Netflix. Preuve que le streaming a ce pouvoir : transformer un "flop" en phénomène.


Julia Roberts, Ayo Edebiri et Andrew Garfield : quand le casting sauve (presque) tout

Si Caza de brujas séduit enfin, c’est d’abord grâce à son trio d’acteurs principal. Julia Roberts, icône hollywoodienne, y incarne Elizabeth Berry, une professeure d’université dont la vie bascule après une accusation d’inconduite sexuelle portée par une étudiante. Face à elle, Ayo Edebiri – révélation de la série The Bear – campe une jeune femme ambitieuse et mystérieuse, tandis qu’Andrew Garfield (The Amazing Spider-Man, Hacksaw Ridge) prête ses traits à un collègue professeur au passé trouble.

Leur alchimie à l’écran est indéniable. Roberts, souvent cantonnée aux rôles de femmes fortes mais prévisibles, surprend ici par une interprétation plus sombre, presque torturée. Edebiri, quant à elle, confirme son statut de nouvelle coqueluche d’Hollywood avec une performance à la fois fragile et manipulatrice. Quant à Garfield, il apporte cette intensité dramatique qui manque parfois au scénario. "Leur jeu compense les faiblesses du film", note le critique du New York Times, soulignant que sans eux, Caza de brujas aurait sombré dans l’oubli.

À leurs côtés, deux seconds rôles marquants : Michael Stuhlbarg (Call Me by Your Name, The Shape of Water), en mentor ambigu, et Chloë Sevigny (The Act, Boys Don’t Cry), dont la présence renforce la dimension psychologique du thriller. Leur duo rappelle les tensions sourdes de Sharp Objects (2018), où chaque regard en dit plus que les dialogues.


"Un Gone Girl raté ou un chef-d’œuvre méconnu ?" : le scénario qui divise

Écrit par Nora Garrett, le scénario de Caza de brujas s’articule autour d’une accusation de harcèlement sexuel dans une université prestigieuse. Rapidement, l’intrigue dérape vers des révélations sur le passé des personnages, des mensonges entrelacés et une fin aussi abrupte que discutable. Certains y voient un Gone Girl (2014) mal exécuté, d’autres un hommage audacieux aux thrillers psychologiques des années 90, comme Single White Female ou The Hand That Rocks the Cradle.

Les détracteurs pointent des incohérences flagrantes : des motivations floues, des retournements peu crédibles et un troisième acte précipité. "On a l’impression que Guadagnino a voulu faire un film sur la cancel culture, mais sans vraiment comprendre son mécanisme", tacle un critique de Variety. À l’inverse, les défenseurs du film saluent son ambiance oppressante, ses dialogues ciselés et sa photographie soignée, signée Sayombhu Mukdeeprom (Call Me by Your Name).

Ce qui est sûr, c’est que Caza de brujas ne laisse personne indifférent. Sur les réseaux sociaux, les débats font rage : certains y voient une métaphore des dérives des mouvements #MeToo, d’autres une simple tentative ratée de surfer sur l’actualité. Une chose est certaine : le film a le mérite de provoquer la discussion, ce qui est déjà une victoire pour un thriller ambitieux.


Prime Video, le cimetière des films… ou leur salut ?

Le cas de Caza de brujas illustre une tendance lourde : les plateformes de streaming deviennent les nouveaux sauveurs des films boudés en salles. The Northman (2022), Babylon (2022) ou encore The Green Knight (2021) ont tous connu une seconde vie sur Prime Video, Netflix ou Disney+. Mais comment expliquer ce phénomène ?

D’abord, par l’algorithme : Prime Video pousse aggressivement les contenus récents, surtout s’ils bénéficient d’un casting bankable. Ensuite, par le public : les abonnés sont souvent plus indulgents que les critiques, cherchant avant tout du divertissement, pas une œuvre parfaite. Enfin, par le contexte : un film comme Caza de brujas, qui aborde des thèmes sensibles (harcèlement, mensonge, rédemption), trouve un écho particulier à l’ère des débats sociétaux.

"Les salles de cinéma sont devenues un lieu pour les blockbusters, pas pour les films ambitieux et imparfaits", analyse un producteur sous couvert d’anonymat. "Le streaming, lui, permet à ces œuvres de trouver leur audience, même tardivement." Une aubaine pour des réalisateurs comme Guadagnino, dont la filmographie divise mais fascine.


Derrière les caméras : les coulisses d’un tournage sous haute tension

Peu de gens le savent, mais le tournage de Caza de brujas a été marqué par des tensions créatives. Luca Guadagnino, connu pour son perfectionnisme, aurait imposé des reprises incessantes, notamment pour les scènes entre Roberts et Edebiri. "Il voulait que chaque regard, chaque silence soit chargé de sens", confie une source proche du plateau. Résultat : des journées de 14 heures et un budget qui a explosé (passant de 20 à 28 M$).

Autre anecdote : le titre original du film était The Bride (La Mariée), en référence à un élément clé de l’intrigue (un mariage qui tourne au drame). Amazon a imposé le changement pour Caza de brujas (Chasse aux sorcières), jugeant le premier trop peu accrocheur. Un choix qui a agacé Guadagnino, mais qui s’avère payant : le nouveau titre, plus mystérieux, intrigue les spectateurs.

Enfin, Julia Roberts aurait personnellement insisté pour que la scène finale – jugée trop abrupte – soit retravaillée. Sans succès : Guadagnino a refusé, estimant que "l’ambiguïté faisait partie de l’ADN du film". Un parti pris risqué, mais qui semble aujourd’hui séduire le public streaming.

Avec Caza de brujas, Prime Video confirme son rôle de révélateur de talents et de redresseur de torts cinématographiques. Le film de Luca Guadagnino, trop complexe pour les salles mais parfait pour une consommation à la demande, prouve qu’un mauvais départ ne condamne plus une œuvre. Porté par un casting exceptionnel et un sujet brûlant, il s’impose comme l’un des thrillers les plus discutés de l’année – pour le meilleur comme pour le pire.

Reste une question : ce succès inattendu suffira-t-il à relancer la carrière de Guadagnino après l’échec relatif de Bones and All (2022) ? Une chose est sûre : entre les mains de Julia Roberts et d’Amazon, même une chasse aux sorcières peut se transformer en or.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Caza de brujas" ? Plus qu'un film, c'est une leçon de résilience. De l'échec en salles à la gloire streaming, Guadagnino a prouvé que parfois, les films ont besoin d'un second souffle. Julia Roberts, Ayo Edebiri et Andrew Garfield ont sauvé le navire, mais c'est le streaming qui a vraiment fait la différence. Prime Video, le cimetière des films ou leur salut ? On ne sait pas encore, mais une chose est sûre : "Caza de brujas" a trouvé son public, et c'est tout ce qui compte.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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