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"Cory in the House" DS : Comment un jeu Disney oubliée est devenu un phénomène viral à 1000€ ?
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Il y a 44 jours

"Cory in the House" DS : Comment un jeu Disney oubliée est devenu un phénomène viral à 1000€ ?

Un jeu DS médiocre transformé en or par l’ironie du web

Sorti en 2008 sur Nintendo DS, Cory in the House était un jeu de licence Disney vite oublié, critiqué pour ses mécaniques répétitives et son manque d’ambition. Pourtant, en 2026, ses enchères sur eBay explosent, dépassant parfois 1 000€ pour un exemplaire scellé. Derrière cette folie : une campagne meme virale qui a propulsé son score Metacritic à 9,3/10, le plaçant artificiellement au niveau de chefs-d’œuvre comme The Witcher 3. Entre spéculation, ironie collective et rareté artificielle, ce phénomène interroge sur les dérives du marché du rétrogaming et le pouvoir des communautés en ligne.

A retenir :

  • Un score Metacritic manipulé : Grâce à une campagne coordonnée, Cory in the House affiche un 9,3/10, dépassant des jeux cultes comme Silent Hill 2 ou Red Dead Redemption 2. Une ironie qui a déclenché l’engouement.
  • Des enchères déconnectées de la réalité : Des exemplaires scellés atteignent 1 420$ sur eBay, soit 100 fois leur valeur initiale (5-10$ en 2023). Un paradoxe quand on sait que le jeu a été produit en masse.
  • Un phénomène éphémère ? Seuls 12 exemplaires ont été vendus en 2025 (source : VGPC). Les collectionneurs sérieux restent sceptiques, attendant une correction du marché ou de Metacritic.
  • Comparaison avec Morbius : Comme le film en 2022, Cory in the House devient un symbole de l’absurdité des classements, mais sans l’impact culturel. Ici, pas de nostalgie, juste le caprice d’un algorithme.
  • Un jeu de licence comme les autres : Développé en 6 mois par Gorilla Systems, il partageait les rayons avec des monstres comme GTA IV ou Fallout 3. Aujourd’hui, il les surpasse… en prix, pas en qualité.

2008 : La naissance (et la mort) d’un jeu Disney sans ambition

En novembre 2008, alors que les joueurs s’extasiaient devant Grand Theft Auto IV ou Fallout 3, Nintendo DS accueillait discrètement Cory in the House, un tie-in inspiré de la série éponyme de Disney Channel. Développé en à peine six mois par Gorilla Systems (un studio spécialisé dans les jeux de licence low-cost) et édité par Buena Vista Games, le titre était destiné à capitaliser sur le succès modeste de la série, diffusée entre 2007 et 2008.

Les critiques furent sans appel. IGN lui attribua un 3,5/10, pointant des « mini-jeux répétitifs », un « scénario incohérent » et une « réalisation dignes d’un asset flip ». Même GameSpot (note : 4/10) soulignait son manque total d’originalité : « Un jeu qui semble avoir été conçu par une IA entraînée sur des jeux DS des années 2000… mais sans l’âme. » Pire, il partageait les rayons avec des titres comme The Legend of Zelda: Phantom Hourglass (sorti la même année), aujourd’hui considéré comme un classique.

Résultat ? Cory in the House disparut des radars aussi vite qu’il y était apparu, vendu à prix cassé dans les bacs de soldes. En 2010, on en trouvait des exemplaires loose à 2-3€. Personne n’aurait parié un centime sur sa résurrection… surtout pas pour des sommes à quatre chiffres.


« C’était le genre de jeu qu’on offrait aux enfants pour Noël quand on avait oublié de faire les courses. Personne ne l’achetait par choix. »Marc, collectionneur DS (interviewé en 2023).

2026 : Quand Internet transforme un navet en graal ironique

Tout bascula en janvier 2026, quand une poignée d’utilisateurs de 4chan et Reddit lancèrent une opération coordonnée : faire monter artificiellement le score utilisateurs de Cory in the House sur Metacritic. Objectif ? Créer un mème absurde en plaçant ce jeu médiocre au sommet des classements, aux côtés de The Witcher 3 (9,3/10) ou Elden Ring (9,6/10). En quelques jours, des milliers de notes 10/10 furent postées, accompagnées de commentaires sarcastiques comme :

« Chef-d’œuvre générationnel. Les mécaniques de stealth dans la Maison Blanche sont révolutionnaires. »Utilisateur Metacritic (note : 10/10).

Le résultat dépassa toutes les attentes. Non seulement Metacritic ne réagit pas (contrairement à d’autres cas de review bombing), mais en plus, le jeu devint viral. Des streams Twitch ironiques fleurirent, des memes envahirent Twitter, et surtout… les prix s’envolèrent.

Sur eBay, les enchères pour des exemplaires scellés passèrent de 20$ à 1 420$ en moins d’une semaine. Certains vendeurs allèrent jusqu’à proposer des « bundles collector » incluant le jeu et une peluche de Cory Baxter (le personnage principal)… pour 800$. « C’est comme si on vendait une brique Lego à prix d’or parce que quelqu’un a écrit ‘Picasso’ dessus avec un marqueur », résume Thomas, revendeur spécialisé en rétrogaming.

Spéculation ou révolution ? Quand le marché du rétrogaming perd la tête

Pour comprendre ce phénomène, il faut plonger dans les mécanismes du marché secondaire des jeux vidéo. Traditionnellement, la valeur d’un jeu dépend de trois critères :

  1. La rareté : Un titre comme Little Samson (NES) est cher car seulement 5 000 exemplaires furent produits.
  2. La qualité : Chrono Trigger (SNES) reste recherché pour son statut de chef-d’œuvre.
  3. La nostalgie : Pokémon Version Bleue (Game Boy) touche une génération entière.

Cory in the House ne coche aucune case. Produit à des centaines de milliers d’exemplaires, critiqué à sa sortie, et oublié par tous (y compris les fans de Disney Channel), il n’a aucune valeur intrinsèque. Pourtant, en 2026, il surpasse des pépites comme EarthBound (SNES) en prix.

La clé ? L’effet de rareté artificielle. Les spéculateurs achètent massivement les stocks disponibles pour créer une pénurie, puis relancent les enchères entre eux. « C’est un schéma classique de bulle spéculative, comme avec les NFT en 2021 », explique Sophie, économiste spécialisée dans les marchés niche. « Sauf qu’ici, l’actif n’a même pas de valeur symbolique. C’est du pur délire collectif. »

Les données de VGPC (Video Game Price Charting) sont édifiantes :

  • 2023 : Prix moyen d’un exemplaire loose = 5$.
  • Janvier 2026 : Prix moyen = 40$ (+700%).
  • Février 2026 : Record à 1 420$ pour un exemplaire scellé.
  • Nombre de ventes en 2025 = 12 (contre 500 pour New Super Mario Bros. sur la même période).

Pourtant, tous les observateurs s’accordent sur un point : cette bulle éclatera. « Dès que Metacritic corrigera les notes ou que l’attention retombara, les prix s’effondreront », prédit Julien, modérateur du forum JeuxVideo.com. « Mais en attendant, certains vont faire des profits indécents. »

« Mais… pourquoi lui ? » : Les théories derrière le choix de Cory in the House

Pourquoi ce jeu, et pas un autre ? Plusieurs hypothèses circulent :

  • Le facteur « Disney » : Les licences Disney ont souvent une valeur sentimentale, même pour des titres médiocres. « Les gens achètent l’idée de Disney, pas le jeu », note un collectionneur.
  • L’absurdité parfaite : Contrairement à Bubsy 3D (célèbre pour être « mauvais »), Cory in the House est oubliable. « C’est tellement nul que c’en devient drôle. Comme un anti-mème. »
  • La facilité de manipulation : Peu de notes existantes sur Metacritic avant 2026 → facile à review bomb sans résistance.
  • L’effet « Morbius » : Après le film en 2022, les internautes cherchaient un nouveau « pire truc du monde à encenser ».

Une théorie plus cynique évoque aussi l’implication de bots. Certains vendeurs sur eBay auraient utilisé des comptes automatiques pour gonfler les enchères et attirer l’attention. « On a vu la même tactique avec les cartes Pokémon en 2020 », rappelle Alex, expert en fraude en ligne.

Et maintenant ? Trois scénarios pour l’avenir de Cory in the House

Scénario 1 : Le retour à la normale (le plus probable)
Metacritic corrige les notes, l’engouement retombe, et les prix redescendent à 10-20$. Les spéculateurs perdent de l’argent, les collectionneurs rigolent.

Scénario 2 : Le jeu devient un symbole de l’ère des memes
Comme Shrek ou Ugandan Knuckles, Cory in the House entre dans la culture internet. Des éditions limitées (vinyles, figurines) voient le jour, et le jeu reste un objet de niche à 100-200$.

Scénario 3 : La bulle explose… mais trop tard
Des influenceurs comme PewDiePie ou Dream en parlent, déclenchant une seconde vague de spéculation. Les prix montent à 5 000$ avant de s’effondrer, laissant des centaines de personnes avec des stocks invendables.

« Franchement, j’espère qu’on en rigolera dans cinq ans. Mais connaissant Internet… tout est possible. »Léa, streamer rétrogaming.

Le mot de la fin : Quand un jeu nul devient plus cher qu’une Switch OLED

Au-delà de l’anecdote, l’histoire de Cory in the House pose une question troublante : qui décide de la valeur d’un jeu vidéo ? Les critiques ? Les joueurs ? Les algorithmes ? En 2026, la réponse semble être : les memes.

Pour Mathieu, gérant d’un magasin de rétrogaming à Lyon, ce phénomène est « à la fois hilarant et inquiétant. Hilarant, parce que voir un jeu aussi nul devenir une star, c’est du pur absurde. Inquiétant, parce que ça montre à quel point le marché est manipulable. »

En attendant, si vous avez un exemplaire scellé dans votre grenier, ne le vendez pas tout de suite. Comme le dit l’adage boursier (adapté) : « Quand tout le monde parle d’un jeu, c’est déjà trop tard pour en profiter. » Mais si vous voulez rire un peu, allez jeter un œil aux commentaires Metacritic. 10/10 garanti.

Aujourd’hui, Cory in the House vaut plus cher qu’une Nintendo Switch OLED neuve. Pas pour sa qualité, ni pour sa rareté, mais parce qu’Internet a décidé d’en faire une blague géante. Entre spéculation éhontée et satire des classements, ce jeu DS incarne l’absurdité des marchés modernes, où la valeur se mesure en likes et en memes bien plus qu’en gameplay.
Une chose est sûre : dans dix ans, on racontera cette histoire en riant… ou en pleurant sur les folies d’un marché qui a perdu tout sens des réalités. En attendant, si vous croisez un exemplaire à 1 000€, demandez-vous : « Est-ce que j’achète un jeu… ou un morceau d’histoire du web ? »
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ce Cory in the House, c’est comme si on avait sorti un Tamagotchi en 2008 avec un mode "faire pipi sur le canapé" en bonus. Personne n’y voyait l’intérêt, et pourtant, en 2026, on le traite comme un Final Fantasy VII Remake en version "meme". La vraie question, c’est : à un moment, quelqu’un va-t-il acheter un Cory in the House pour 1 420 balles… juste pour le revendre à un autre mec qui aura lu le même article que lui ? Le marché du rétro, parfois, c’est juste Mario Kart en mode "triche à fond".
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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