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Les Custodes féminines dans Warhammer 40K : révolution ou coup marketing raté ?
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Il y a 40 jours

Les Custodes féminines dans Warhammer 40K : révolution ou coup marketing raté ?

Pour la première fois en 35 ans d’histoire, Games Workshop brise un tabou en introduisant des Adepta Custodes féminines dans Warhammer 40,000. Une décision qui, malgré des modèles d’une qualité sculpturale exceptionnelle, soulève une tempête de critiques. Entre enthousiasme des collectionneurs et colère des puristes, le débat révèle une fracture profonde : et si le géant du jeu de figurines sacrifiait peu à peu son lore au profit du merchandising ?

A retenir :

  • Première historique : Après 35 ans de lore exclusivement masculin, Games Workshop introduit des Custodes féminines, une décision qui divise radicalement la communauté.
  • Un rétroactif mal assumé : Contrairement aux évolutions lore réussies (comme celle des Necrons), cette modification repose sur une simple phrase : *"Elles ont toujours existé"*, sans construction narrative crédible.
  • Des figurines sublimes, un background bâclé : Les nouveaux modèles, techniquement supérieurs (armures ultra-détaillées, poses dynamiques), contrastent avec un lore réduit à une note de bas de page.
  • Sisters of Silence vs. Custodes : Pourquoi créer des Custodes féminines alors que les Sisters of Silence – élite féminine anti-psyker – existent déjà ? Un choix qui interroge.
  • Merchandising vs. cohérence : La communauté craint une dérive où les ventes priment sur la profondeur de l’univers, pilier historique de Warhammer 40K.
  • Occasions manquées : Games Workshop aurait pu intégrer cette idée via une découverte de l’Adeptus Mechanicus ou une révélation dans un Codex, comme pour les Necrons en 2003.

Une annonce qui fait l’effet d’une bombe

Le 1er janvier 2024, Games Workshop a marqué l’histoire de Warhammer 40,000 en dévoilant ses premières Adepta Custodes féminines. Pour les néophytes, les Custodes sont l’élite absolue de l’Empereur : des guerriers surhumains, génétiquement modifiés, chargés de protéger le Trône d’Or. Jusqu’ici, ces "demi-dieux" étaient exclusivement masculins, recrutés parmi les *"fils des maisons nobles"*, comme le précisait encore le Codex Imperialis de 1993. Alors pourquoi ce revirement soudain ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

Sur le papier, l’idée n’est pas mauvaissse. Warhammer 40K a toujours été un univers riche, en perpétuelle évolution, où les réécritures du lore ne sont pas rares. Pourtant, cette fois, quelque chose cloche. Contrairement aux grandes refontes passées – comme celle des Necrons, transformés en 2003 de simples esclaves en seigneurs galactiques grâce à une campagne narrative complète –, l’arrivée des Custodes féminines ressemble à un coup de force. Pas de livre, pas de campagne, pas même un extrait de codex pour justifier ce changement. Juste un post sur Warhammer Community et des figurines à vendre.


*"Elles ont toujours existé, mais les archives impériales les avaient oubliées."* Voici, en substance, l’argument avancé par Games Workshop. Une explication qui laisse dubitatif, surtout quand on sait à quel point l’Imperium vénère ses traditions. Les fans les plus engagés, ceux qui ont passé des années à décortiquer chaque paragraphes des Codex, se sentent trahis. *"C’est comme si on nous disait que les Space Marines ont toujours eu des wingsuits, mais que personne ne s’en était rendu compte"*, ironise un utilisateur sur Reddit. Le problème n’est pas l’inclusion en soi – après tout, les Sisters of Battle et les Sisters of Silence existent depuis longtemps –, mais bien la manière dont elle est imposée.

Des figurines à couper le souffle… et un lore en miettes

Paradoxalement, les nouveaux modèles sont techniquement irréprochables. Les sculpts des armures, d’une finesse rare, rivalisent avec les meilleures réalisations de Games Workshop. Les poses, dynamiques et variées, donnent l’impression d’un mouvement saisi sur le vif. Même les lances-bolters, armes emblématiques des Custodes, ont été retravaillées avec un niveau de détail qui fait pâlir d’envie les anciennes versions masculines. *"Je vais remplacer mes vieux Custodes, c’est dire"*, avoue un joueur sur le forum DakkaDakka.

Pourtant, ce succès esthétique ne suffit pas à éteindre la polémique. Bien au contraire : il la ravive. Car comment expliquer que des modèles aussi aboutis soient accompagnés d’un lore aussi bâclé ? Games Workshop a pourtant prouvé par le passé qu’il savait faire les choses en grand. Quand les Necrons ont été repensés en 2003, leur nouvelle identité s’appuyait sur des années de développement : des romans comme "The Infinite and the Divine" de Robert Rath, des campagnes tabletop épiques, et une refonte complète de leur Codex. Ici, rien. Juste une phrase en passant, comme si l’entreprise avait honte de sa propre décision.


*"Si Games Workshop voulait vraiment intégrer des Custodes féminines, ils auraient pu le faire avec panache"*, explique Marc "Ghorza", un streamer spécialisé dans le lore de 40K. *"Imaginez un scénario où l’Adeptus Mechanicus découvre des archives génétiques perdues, révélant que l’Empereur avait prévu des Custodes des deux sexes… Ça aurait été une révélation majeure, avec des implications sur tout l’Imperium !"* À la place, les fans ont droit à un rétroactif mal digéré, qui donne l’impression d’un coup marketing plutôt que d’une évolution narrative réfléchie.

"Pourquoi pas les Sisters of Silence, alors ?"

L’un des arguments les plus récurrents contre les Custodes féminines est simple : les Sisters of Silence existent déjà. Ces guerrières, aussi redoutables que les Custodes, forment une élite anti-psyker au service de l’Empereur. Leur particularité ? Elles sont des "Blanks", des êtres sans présence psychique, capables de neutraliser les pouvoirs des sorciers. Une caractéristique qui les distingue radicalement des Custodes, conçus pour être des demi-dieux parfaits, aussi puissants que les Primarques.

*"Les Sisters of Silence sont déjà les 'Custodes féminines' de l’univers"*, souligne Elise Novacek, autrice du blog "Lorehammer". *"Elles ont leur propre histoire, leur propre rôle dans l’Imperium. Ajouter des Custodes femmes, c’est comme créer une deuxième version des Space Marines, mais en moins intéressante."* D’autant que les Sisters of Silence ont bénéficié d’un traitement lore bien plus soigné, avec des romans comme "The Silent War" et des figurines régulièrement mises à jour.


Certains fans y voient même une opportunité manquée. *"Au lieu de réinventer la roue, Games Workshop aurait pu développer les Sisters of Silence"*, propose un joueur sur le subreddit r/Warhammer40k. *"Donner leur des règles plus compétitives, sortir de nouveaux modèles, les intégrer davantage dans les campagnes… Il y avait tellement de pistes !"* À la place, l’entreprise a choisi la voie la plus controversée : modifier un pilier du lore sans véritable justification.

Le symptôme d’un problème plus large ?

Au-delà du débat sur les Custodes féminines, c’est toute la stratégie narrative de Games Workshop qui est remise en question. Depuis quelques années, les fans dénoncent une tendance inquiétante : le merchandising semble prendre le pas sur la cohérence de l’univers. Les sorties de figurines s’enchaînent à un rythme effréné, souvent accompagnées de règles déséquilibrées ou de lore minimaliste. *"On a l’impression que Games Workshop ne pense plus qu’aux ventes"*, déplore un vétéran du jeu.

Prenez l’exemple des Leagues of Votann, une faction introduite en 2022. Malgré un design original, leur intégration dans le lore a été critiquée pour son manque de profondeur. Ou encore les Genestealer Cults, dont les dernières sorties ont été accusées de recycler des idées sans apporter de vraie nouveauté. *"Avant, chaque nouvelle unité avait une histoire, une raison d’être"*, se souvient un joueur. *"Maintenant, on a droit à des figurines magnifiques… et c’est tout."*


Les Custodes féminines cristallisent cette frustration. *"Ce n’est pas contre les femmes dans 40K"*, précise un utilisateur sur Twitter. *"C’est contre le fait que Games Workshop traite son propre univers comme un simple support de vente. Si demain ils sortent des Orks féminins sans explication, est-ce que ça passera aussi ?"* La question reste en suspens.

Et si c’était (aussi) une bonne nouvelle ?

Malgré les critiques, certains voient dans cette polémique un signe positif. *"Ça prouve que les fans se soucient encore du lore"*, estime Thomas "Vaul", un peintre professionnel de figurines. *"Si personne ne réagissait, ce serait bien plus grave. Ça veut dire que Warhammer 40K compte encore pour ses joueurs."*

D’autres soulignent que Games Workshop a déjà corrigé le tir par le passé. Après les critiques sur les Primaris Marines en 2017 (accusés d’être un simple "reboot" des Space Marines), l’entreprise a fini par développer leur lore via des romans comme "Dark Imperium" et des campagnes comme "Psychic Awakening". *"Peut-être que les Custodes féminines auront droit au même traitement"*, espère un joueur.


Enfin, pour les collectionneurs, l’essentiel reste la qualité des figurines. *"Je m’en fiche du lore, moi je veux des modèles qui déboîtent"*, assume un utilisateur sur Instagram. Et force est de constater que, sur ce point, Games Workshop a réussi son coup. Les Custodes féminines sont parmi les plus belles figurines jamais produites pour 40K. Reste à savoir si leur héritage narratif sera à la hauteur.

Le mot de la fin : une occasion ratée ?

En 2019, Games Workshop avait surpris tout le monde en annonçant le retour des World Eaters, une légion de Space Marines disparue depuis des décennies. La révélation avait été accompagnée d’une campagne événementielle, de nouveaux codex, et même d’un roman dédié. Quatre ans plus tard, les Custodes féminines arrivent comme un cheveu sur la soupe. *"C’est dommage"*, résume Jean-Michel "JM", un ancien employé de Games Workshop. *"Ils avaient tous les outils pour en faire un moment historique. Au lieu de ça, ils ont choisi la facilité."*

Alors, scandale ou révolution ratée ? Peut-être un peu des deux. Ce qui est sûr, c’est que cette polémique révèle une tension croissante entre les attentes des fans et la stratégie de Games Workshop. Dans un univers où le lore a toujours été aussi important que les règles de jeu, chaque modification compte. Et celle-ci, visiblement, a laissé des traces.

Les Custodes féminines resteront probablement comme un tournant dans l’histoire de Warhammer 40,000 – mais pas forcément pour les bonnes raisons. Entre un design qui fait l’unanimité et un lore traité avec désinvolture, cette sortie illustre les forces et les faiblesses actuelles de Games Workshop. Une chose est sûre : la communauté ne se contentera plus de belles figurines. Elle exige aussi des histoires à la hauteur de l’univers qu’elle aime. Et sur ce point, le géant britannique a encore des progrès à faire.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Alors, les Custodes féminines, c’est comme si on avait annoncé que les Space Marines avaient enfin des gonades après des millénaires de silence… mais qu’on nous avait oublié de préciser pourquoi l’Empereur les avait cachées sous un tapis de baliverne. Le lore, c’est comme un bon RPG : soit tu le construis comme un château de cartes avec des fondations solides, soit tu le fais s’effondrer en mode ‘désolé, c’est juste pour vendre des figurines’ , et là, on a le deuxième cas. Dommage, parce que les sculpts, eux, ils sont aussi oniriques que les rêves d’un Space Marine après trois jours sans café. Mais bon, faut pas tout mélanger : le design, c’est du zeubi pur, le lore, c’est du ‘tonton, j’ai oublié de te dire’."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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