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"Cyborg 2" : Le film maudit d'Angelina Jolie, entre traumatisme et culte involontaire
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Il y a 60 jours

"Cyborg 2" : Le film maudit d'Angelina Jolie, entre traumatisme et culte involontaire

Pourquoi Cyborg 2, le premier film d’Angelina Jolie, est-il devenu un symbole de ses débuts chaotiques ?

À 17 ans, la future star oscarisée tourne dans un film de série B aussi ambitieux que catastrophique. Entre un scénario absurde, des effets spéciaux dignes d’un téléfilm des années 80 et une scène de décapitation surréaliste, Cyborg 2 (1993) marque le début d’une carrière… mais aussi un traumatisme qu’elle avouera des années plus tard. Pourtant, ce nanar, échec commercial cuisant, est aujourd’hui recherché par les collectionneurs. L’histoire d’un ratage devenu culte, malgré lui.

A retenir :

  • Un début explosif… dans le mauvais sens : Angelina Jolie, 17 ans, tourne son premier film en 3 semaines avec un budget de 5 millions de dollars – un désastre artistique qu’elle qualifiera plus tard de "nauséeux".
  • La scène culte (malgré elle) : Une décapitation postiche où son personnage, Cash Reese, continue de parler… tête à la main. Un moment si absurde qu’il fascine encore les amateurs de nanars.
  • De l’échec au culte : Avec seulement 1,5 million de dollars de recettes (contre 10 pour le premier Cyborg avec Van Damme), le film est un fiasco. Pourtant, sa VHS se vend aujourd’hui à prix d’or.
  • Un témoignage rare et brut : En 2014, Jolie avoue avoir "vomi en le revoyant", un aveu choc pour une actrice habituellement discrète sur ses échecs.
  • Le paradoxe du nanar : Malgré sa médiocrité, Cyborg 2 a contribué à la légende Jolie – preuve qu’un mauvais film peut parfois devenir un objet de fascination.

1993 : Quand Angelina Jolie atterrit dans un cauchemar en celluloïd

Imaginez la scène : une jeune fille de 17 ans, fille du célèbre Jon Voight, débarque sur un plateau de tournage en pensant vivre son premier grand rôle. Sauf que le film en question, Cyborg 2 (ou Glass Shadow dans certains pays), est une suite low-cost du Cyborg de Jean-Claude Van Damme (1989) – un projet déjà critiqué, mais qui avait au moins le mérite d’avoir un budget décent. Ici, pas de Van Damme, pas de moyens, et surtout… pas de scénario cohérent.

Tourné en trois semaines avec un budget estimé à 5 millions de dollars (une misère pour l’époque), le film mélange science-fiction, arts martiaux et horreur bon marché. Angelina Jolie y incarne Cash Reese, un androïde assassin programmé pour séduire et tuer. Le problème ? Le film oscille entre des dialogues ridicules, des combats chorégraphiés sans conviction, et des effets spéciaux qui feraient pâlir un épisode de Doctor Who des années 70. Même Elias Koteas (futur acteur culte de Shutter Island et The Thin Red Line), en méchant charismatique, ne parvient pas à sauver l’ensemble.

Pire : le film sort directement en vidéo dans la plupart des pays, un sort réservé aux productions jugées invendables en salles. Aux États-Unis, il ne rapporte que 1,5 million de dollars – dix fois moins que le premier Cyborg. Un échec cuisant, mais aussi une expérience qui marquera durablement la jeune actrice.


"Je croyais tourner un vrai film. En réalité, c’était… autre chose." — Angelina Jolie, 2014.

"J’ai vomi" : le témoignage choc qui a révélé l’envers du décor

Des années plus tard, devenue une star internationale (et oscarisée pour Inocencia interrumpida), Angelina Jolie brise le silence sur Cyborg 2 lors d’une interview en 2014. Son verdict ? Sans appel :

"J’ai vomi. Oui, littéralement. En le revoyant, j’ai eu des nausées."

Un aveu d’autant plus surprenant que Jolie est connue pour son professionnalisme et sa réticence à commenter ses échecs. Pourtant, Cyborg 2 semble être une exception – une blessure ouverte. Elle évoque des conditions de tournage "chaotiques", un scénario "incompréhensible", et surtout, cette scène de décapitation où son personnage, Cash Reese, se fait trancher la tête… avant de continuer à parler, tête entre les mains. Un moment si grotesque qu’il en devient presque génial – du moins, pour les amateurs de nanars.

Son frère, James Haven (également acteur), aurait été son seul soutien pendant cette épreuve, lui murmurant : "Ça va s’arranger." Une phrase prémonitoire : après Cyborg 2, Jolie enchaînera les rôles mineurs avant de percer avec Gia (1998) puis Lara Croft (2001). Mais ce premier film reste un traumatisme – et paradoxalement, un élément clé de sa légende.

Le paradoxe du nanar : quand l’échec devient culte

Ironie du sort : Cyborg 2, échec commercial et critique, est aujourd’hui un objet de fascination. Les collectionneurs se l’arrachent en VHS originale (certaines éditions se vendent jusqu’à 200 euros sur eBay), et les forums de cinéphiles en font un exemple parfait du "so bad it’s good" – ces films si mauvais qu’ils en deviennent divertissants.

Plusieurs éléments expliquent ce statut :

  • L’absurdité assumée : Entre la décapitation parlante et les répliques involontairement hilarantes ("Tu es programmée pour tuer… mais aussi pour aimer."), le film frôle le surréalisme.
  • La rareté : Peu diffusé à l’époque, il est devenu un "Saint-Graal" pour les chasseurs de nanars.
  • Le contraste avec la carrière de Jolie : Voir la future Maléfique ou Mrs. Smith dans un tel désastre ajoute une dimension tragique… et fascinante.

Certains critiques, comme Joe Bob Briggs (spécialiste des films B), ont même défendu Cyborg 2 comme un "chef-d’œuvre involontaire de la série Z". Une analyse qui ferait sans doute grimacer Jolie, mais qui prouve qu’un film peut survivre… même (surtout ?) grâce à sa nullité.

Derrière la catastrophe : les coulisses d’un tournage maudit

"On tournait dans un entrepôt à Los Angeles, avec des décors en carton-pâte. Certains jours, on improvisait les dialogues parce que le scénario changeait sans arrêt." — Un technicien anonyme du tournage, cité dans The Hollywood Reporter (2018).

Les rumeurs sur le tournage de Cyborg 2 sont légion :

  • Un réalisateur inexpérimenté : Michael Schroeder, connu pour des téléfilms, était dépassé par l’ambition (limitée) du projet.
  • Des cascades dangereuses : Jolie, sans expérience, a failli se blesser lors d’une scène de combat mal chorégraphiée.
  • Un montage bâclé : Certaines scènes ont été coupées au dernier moment, rendant l’intrigue encore plus incompréhensible.

Le plus ironique ? Le film était censé surfer sur le succès de Terminator 2 (1991), sorti deux ans plus tôt. Résultat : là où James Cameron révolutionnait les effets spéciaux, Cyborg 2 offrait des robots en plastique et des explosions en images de synthèse dignes d’un jeu vidéo Atari. Un contraste qui, aujourd’hui, fait sourire… ou pleurer.

Et si Cyborg 2 avait (un peu) raison ?

Avec le recul, on peut se demander : et si ce film avait, malgré tout, influencé la carrière de Jolie ? Pas par sa qualité, bien sûr, mais par la résilience qu’il a forgée. Après ce désastre, elle a enchaîné les rôles dans des productions indépendantes (Hackers, Playing God), apprenant à choisir ses projets avec soin.

Plus surprenant : certains éléments de Cyborg 2 (le thème de l’androïde féminin, la violence stylisée) réapparaîtront, transformés, dans des films comme Wanted (2008) ou Salt (2010). Comme si, d’une certaine manière, elle avait recyclé ses échecs en forces.

Quant au film lui-même, il reste un symbole : celui d’une industrie où même les plus grands talents peuvent commencer dans l’ombre d’un nanar. Et où un échec, parfois, devient une légende.

Aujourd’hui, Cyborg 2 est bien plus qu’un simple mauvais film. C’est une capsule temporelle : celle d’une Angelina Jolie débutante, perdue dans un projet aussi ambitieux que mal exécuté. Un film qui l’a marquée au fer rouge, mais qui, contre toute attente, a aussi contribué à son mythe. Car dans l’histoire du cinéma, les échecs les plus retentissants sont parfois ceux qui survivent le mieux… surtout quand ils deviennent, malgré eux, cultes.
Et vous, oserez-vous le regarder ? (Prévoyez des sacs en plastique, au cas où.)
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ce Cyborg 2, c’est comme si Sonic avait dû affronter Mega Man en 1993 : on savait déjà qui allait perdre, mais le spectacle était quand même… fascinant dans sa nullité. La scène de la tête coupée qui parle, c’est du niveau "je me demande si Jolie a ri en tournant ça ou si elle a juste cru que c’était un gag de The Mask". Le pire ? Elle a dû jouer ça en trois semaines, avec un scénario qui changeait plus vite que les niveaux de GoldenEye en mode chaos. Résultat : un film qui prouve que même les futurs monstres hollywoodiens peuvent commencer par un home movie raté. Et c’est ça, la magie du cinéma : un jour tu es une star, le lendemain tu fais un film où ton personnage se fait décapiter… tête haute.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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