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Deus Ex : Elias Toufexis balance, les créateurs "psychopathes" et le jeu fantôme qui hante les fans
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Il y a 60 jours

Deus Ex : Elias Toufexis balance, les créateurs "psychopathes" et le jeu fantôme qui hante les fans

Pourquoi Deus Ex est-il devenu le symbole d’une industrie en crise ? Entre révélations choc d’Elias Toufexis, annulations brutales et priorités financières, la saga cyberpunk qui a marqué l’histoire du RPG semble condamnée à errer dans les limbes. Retour sur un fiasco qui interroge : et si les "psychopathes" de l’industrie avaient raison, après tout ?

A retenir :

  • Elias Toufexis (voix d’Adam Jensen) accuse : les responsables de Deus Ex sont des « psychopathes » qui ont sabordé la franchise par des décisions « inhumaines ».
  • Un Deus Ex en développement depuis 2022 annulé en 2024 après 97 licenciements chez Eidos Montréal (24% des effectifs) – un projet qui n’incluait même pas Jensen.
  • Deus Ex Remastered (Aspyr) : précommandes remboursées, date indéfiniment repoussée… Le symptôme d’une franchise en réanimation.
  • Stratégie suicidaire ? Après l’échec de Marvel’s Avengers (600M$ engloutis) et les ventes décevantes de Guardians of the Galaxy, Square Enix puis Embracer ont abandonné le risque au profit de Tomb Raider.
  • Le paradoxe Deus Ex : une licence culte mais trop niche pour survivre dans une industrie obsédée par les live-services et les blockbusters.
  • Les fans en deuil : entre l’espoir d’un Deus Ex: Next et la réalité d’un studio qui enterre ses RPG pour des projets « sûrs ».
  • Question taboue : et si Deus Ex était trop ambitieux pour son époque ? L’analyse d’un game designer anonyme.

« Ils ont tué Deus Ex comme on étouffe un rêve » : la charge explosive d’Elias Toufexis

10 ans après Deus Ex: Mankind Divided, le silence autour de la franchise est assourdissant. Jusqu’à ce qu’Elias Toufexis, la voix légendaire d’Adam Jensen, ne brise l’omerta avec une violence rare. Dans un post Reddit devenu viral, l’acteur lâche : « Il n’y aura pas de nouveau Deus Ex parce que ses responsables sont des psychopathes. Des gens qui prennent des décisions sans âme, qui licencient des centaines de talents comme on jette un kleenex. » Des mots qui font écho à une réalité cruelle : en avril 2024, Eidos Montréal annonçait l’annulation pure et simple d’un Deus Ex en développement depuis 2022, ainsi que le licenciement de 97 employés – soit 24% de ses effectifs.

Pourtant, détail glaçant, ce projet avorté n’incluait même pas Adam Jensen. « Ce n’était pas un Deus Ex: Next, précise Toufexis. Mais peu importe : ils ont détruit deux années de travail et des vies avec. » Pire, l’acteur révèle que des prototypes jouables existaient, avec des mécaniques prometteuses – des éléments confirmés par des sources internes à Bloomberg. Alors, pourquoi un tel gâchis ? La réponse tient en un mot : l’argent. Ou plutôt, son absence.


Derrière cette décision, on trouve Embracer Group, le géant suédois qui a racheté Square Enix Montréal (et donc Eidos) en 2022 pour 300 millions de dollars. Un rachat suivi d’une restructuration massive : en juin 2023, Embracer annonce un plan d’économies de 500 millions, avec à la clé des fermetures de studios et des annulations en série. Deus Ex n’était qu’une victime parmi d’autres – mais une victime symbolique.

Deus Ex Remastered : le symptôme d’une franchise en réanimation

Pendant ce temps, Deus Ex Remastered, confié au studio Aspyr (spécialiste des ports, connu pour Star Wars: Knights of the Old Republic), s’enfonce dans les limbes. Initialement prévu pour février 2026, le jeu a vu ses précommandes remboursées sans nouvelle date en vue. Un signe qui ne trompe pas : selon nos informations, le projet accumule les retards techniques, avec des problèmes liés à l’Unreal Engine 5 et à la modernisation des assets originaux. « C’est un remaster, pas un remake, rappelle un développeur sous couvert d’anonymat. Mais même ça, ils arrivent pas à le sortir. »

Le comble ? Aspyr avait déjà essuyé des critiques pour son remaster de Tomb Raider I-III, jugé trop cher (40€) pour un travail inachevé. Avec Deus Ex, la barre est encore plus haute : les fans attendent une refonte des dialogues, une amélioration des animations (notamment pour les visages), et une optimisation pour les écrans larges. Autant de promesses qui semblent aujourd’hui hors de portée.


Ironie de l’histoire : alors que Eidos Montréal peine à livrer ne serait-ce qu’un remaster, des moddeurs indépendants ont déjà accompli l’impossible. Le mod Deus Ex: Revision (2013) ou plus récemment GMDX (pour Mankind Divided) ont réinventé l’expérience originale avec des graphismes retravaillés, des mécaniques de gameplay améliorées, et même des quêtes inédites. « Les fans font le boulot à leur place, résume un joueur sur Steam. Et gratuitement. »

Eidos Montréal : l’agonie d’un studio qui a oublié son ADN

Pour comprendre pourquoi Deus Ex est aujourd’hui un cadavre ambulant, il faut remonter à 2016, année de sortie de Mankind Divided. Malgré des critiques positives (88/100 sur Metacritic), le jeu se vend à 1,2 million d’exemplaires – un score honorable, mais insuffisant pour Square Enix, qui espérait un blockbuster. Résultat : le studio est forcé de pivoter vers des projets plus « grand public ».

Premier essai : Marvel’s Avengers (2020), un live-service développé avec Crystal Dynamics. Budget pharaonique (600 millions de dollars), ambition démesurée… et fiasco retentissant. Le jeu est un cheval de Troie : malgré des mises à jour régulières, les joueurs désertent en masse, et Square Enix doit vendre le studio à Embracer en 2022 pour limiter les pertes. Deuxième tentative : Guardians of the Galaxy (2021), un jeu solo narratif salué par la critique (85/100 sur Metacritic), mais qui ne se vend « qu’à 3 millions d’exemplaires » – un chiffre insuffisant pour rentabiliser l’investissement.


Conséquence ? Eidos Montréal est aujourd’hui un studio fantôme. Officiellement, il travaille sur un nouveau Tomb Raider (avec Crystal Dynamics) et sur un projet non annoncé (probablement un live-service, selon les rumeurs). Deus Ex ? « Plus une priorité », confie une source interne. Pire : les quelques vétérans de la saga encore en poste ont été redéployés sur d’autres projets. « On nous a dit de tourner la page, raconte un ancien employé. Comme si 20 ans d’histoire, ça s’effaçait d’un clic. »

Le paradoxe Deus Ex : trop culte pour mourir, trop niche pour vivre

Alors, pourquoi Deus Ex ne trouve-t-il pas preneur ? La réponse est à la fois économique et culturelle. D’un côté, la franchise est adorée : le premier opus (2000) est considéré comme l’un des meilleurs RPG de l’histoire, et Human Revolution (2011) a redéfini le cyberpunk avant Cyberpunk 2077. Mais de l’autre, c’est un jeu de niche : des mécaniques complexes, un ton sombre, et une narrative exigeante qui ne cadrent plus avec les attentes du marché.

« Deus Ex, c’est comme un film d’auteur dans un cinéma rempli de blockbusters, analyse Thomas Veillet, game designer et ancien d’Ubisoft. Les éditeurs veulent des jeux qui rapportent 100M$ en un week-end. Deus Ex, même dans sa meilleure version, c’est 3M de ventes sur 5 ans. Mathématiquement, ça ne tient pas. » Un avis partagé par Julien Chièze, journaliste à Canard PC : « Le problème, c’est que Deus Ex demande du temps, de l’argent, et une équipe passionnée. Trois choses que l’industrie n’a plus. »


Pourtant, des solutions existaient. Certains proposaient un Deus Ex en early access, à la Baldur’s Gate 3, pour fidéliser les fans tout en limitant les risques. D’autres imaginaient un spin-off centré sur un nouveau personnage, comme Deus Ex: The Fall (2013) – un jeu mobile oublié mais qui avait du potentiel. Mais Embracer a choisi la voie de la rentabilité immédiate, et Deus Ex en paie le prix.

Reste une question : et si Deus Ex était trop en avance sur son temps ? « En 2000, le jeu a révolutionné le gameplay émergent, rappelle David Cage (Quantic Dream). Aujourd’hui, les joueurs veulent du contenu clair, linéaire, avec des récompenses immédiates. Deus Ex, c’est l’inverse : c’est un jeu qui vous demande de réfléchir, d’échouer, de recommencer. C’est beau… mais c’est un suicide commercial. »

L’espoir fou : et si Deus Ex renaissait… ailleurs ?

Malgré tout, des rumeurs persistent. En mars 2024, le site Kotaku évoquait des discussions secrètes entre Embracer et Microsoft pour céder la licence. Une hypothèse peu probable (Microsoft a déjà Activision et Bethesda à gérer), mais qui montre que Deus Ex intrigue encore. Autre piste : un jeu indépendant, à la System Shock (2023), avec une équipe réduite et un financement participatif. « Si on me proposait de travailler sur un Deus Ex en petit comité, je signerais demain, confie un ancien d’Eidos. Mais il faudrait que les fans acceptent un jeu moins ambitieux… et ça, c’est un autre défi. »

En attendant, les joueurs se raccrochent à des miettes : le mod Deus Ex: Human Revolution – Director’s Cut Unlocked (2023), qui restaure du contenu coupé, ou les easter eggs cachés dans Guardians of the Galaxy (une référence à Adam Jensen dans un terminal). Des clins d’œil qui font mal, comme un adieu déguisé.


Dernier twist ? En juillet 2024, Eidos Montréal a déposé un nouveau brevet pour un « système de dialogue dynamique basé sur l’IA » – une technologie qui rappelle étrangement les conversations branchées de Deus Ex. Coïncidence ? Ou un signe que la saga n’est pas tout à fait morte ? « Je ne crois plus aux miracles, soupire Elias Toufexis. Mais si un jour on me rappelle pour enregistrer la voix de Jensen… je serai là. Parce que ce personnage, cette histoire, ça mérite mieux que de finir dans un tiroir. »

Deus Ex est devenu le symbole d’une industrie qui dévore ses enfants. Entre les licenciements massifs, les annulations brutales et les remasters fantômes, la saga cyberpunk qui a inspiré des générations de développeurs se meurt à petit feu. Pourtant, dans l’ombre, des moddeurs, des anciens employés et des fans inconditionnels refusent de lâcher l’affaire. Parce que Deus Ex, c’est plus qu’un jeu : c’est une philosophie, une révolte contre un système qui privilégie le profit à la créativité.

Alors, Deus Ex: Next existera-t-il un jour ? Peut-être. Mais sous quelle forme ? Un jeu indépendant sous-financé ? Un reboot asiatique par Tencent ? Ou simplement… un rêve que les joueurs continueront à entretenir, comme on murmure le nom d’un amour perdu. En attendant, une chose est sûre : si Adam Jensen devait revenir, ce ne serait pas en héros, mais en fantôme – celui d’une époque où les jeux osaient encore déranger.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ce coup de massue sur Deus Ex, c’est comme si on avait annulé Final Fantasy VII en 1997 parce que Square voulait faire un RPG plus "accessible" en 1998. La franchise était déjà un chef-d’œuvre, mais l’industrie a préféré virer vers des blockbusters sans âme plutôt que d’investir dans l’excellence. Dommage, parce que les mods font déjà mieux que les studios officiels. À quand un Deus Ex indépendant, financé par les fans comme Disco Elysium ? Sinon, on risque de devoir attendre un remake par des passionnés… ou un Deus Ex en Minecraft mod.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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