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Exclusivités, remasterisations et versions non censurées : comment Disney+ bouscule Crunchyroll et Netflix
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Pourquoi Disney+ pourrait bien devenir LA plateforme anime de 2024 ?
A retenir :
- Naruto (220 épisodes) et Dragon Ball Super (131 épisodes) débarquent en 4K HDR dès mai-juin, une première depuis leur diffusion originale.
- Bleach et son arc Thousand-Year Blood War en simultané japonais (10 juin) – une rareté hors Crunchyroll, avec 130M+ de mangas vendus.
- Tokyo Revengers S2 (17 juin) et Jujutsu Kaisen (déjà disponible) : Disney+ mise sur des shōnen récents ET des classiques pour élargir son audience.
- Zéro censure, VO sous-titrée ET doublée : un argument technique face à Netflix (exclusivités) et Crunchyroll (catalogue HD standard).
- Stratégie transgénérationnelle : plus de 500 épisodes combinés pour séduire nostalgiques (années 2000) et nouveaux fans (2020+).
Disney+ passe à l’offensive : quand Mickey rencontre Goku et Naruto
Qui l’eût cru ? Disney+, plateforme souvent associée aux blockbusters Marvel ou aux classiques Pixar, déploie soudain un arsenal anime capable de faire trembler Crunchyroll et Netflix. Après des années de domination sans partage des spécialistes, la souris s’invite dans la cour des grands avec une programmation aussi ambitieuse qu’inattendue. Jujutsu Kaisen (déjà disponible avec ses deux saisons) n’est qu’un début : d’ici juin, ce sont Naruto, Dragon Ball Super, Bleach et Tokyo Revengers S2 qui débarqueront, certains en 4K HDR, d’autres en simultané japonais. Une manœuvre calculée pour capter un public jusqu’ici sous-exploité sur la plateforme… et peut-être redéfinir les règles du jeu.
Le choc des titans : Naruto et Dragon Ball Super en 4K, une première historique
Disney+ ne fait pas les choses à moitié. Dès le 27 mai, les 220 épisodes de Naruto (la série originale, pas Shippuden) feront leur grand retour, suivis une semaine plus tard par Dragon Ball Super et ses 131 épisodes – le tout en remasterisation 4K HDR. Une prouesse technique quand on sait que ces œuvres, diffusées à l’origine en SD (pour Naruto) ou en HD standard (Dragon Ball Super), n’avaient jamais bénéficié d’un tel traitement. À titre de comparaison, Crunchyroll se contente encore aujourd’hui de versions HD pour ces mêmes titres.
Mais le vrai coup de génie ? La version non censurée de Dragon Ball Super, là où des chaînes comme Toonami (en Europe) avaient édulcoré certaines scènes. Un détail qui compte pour les puristes, d’autant que Disney+ propose systématiquement VO sous-titrée ET doublage français – une flexibilité rare, même chez Netflix. "C’est la première fois qu’on voit une plateforme grand public miser autant sur la qualité technique pour l’anime"*, souligne Thomas R., rédacteur en chef du site Kana.fr.
Bleach et Tokyo Revengers : le pari risqué du simultané japonais
Si Naruto et Dragon Ball Super visent les nostalgiques, Disney+ joue aussi la carte de l’actualité avec Bleach et son arc Thousand-Year Blood War, disponible dès le 10 juin en simultané avec le Japon. Un choix audacieux : ce type de diffusion était jusqu’ici réservé à Crunchyroll ou Wakanim. Avec 366 épisodes au compteur et un manga à 130 millions d’exemplaires vendus, Bleach reste un monument – et son retour en version intégrale (sans coupures) pourrait bien créer l’événement.
Autre atout dans la manche de Disney+ : Tokyo Revengers Saison 2 (17 juin), suite directe d’un phénomène qui avait cartonné sur Crunchyroll avec plus de 5 millions de spectateurs pour sa première saison. Le mélange explosif de gang wars et de voyages temporels, porté par une bande-son électrisante (le tube "Cry Baby" d’Official Hige Dandism), avait marqué les esprits. En l’accueillant, Disney+ prouve qu’il ne se contente pas de surfer sur la vague des classiques, mais mise aussi sur des succès récents pour élargir son audience.
Pourquoi cette stratégie pourrait tout changer
Contrairement à Netflix, qui mise sur des exclusivités originales (Cyberpunk: Edgerunners, Baki), ou Crunchyroll, qui écrase la concurrence par son volume de titres (plus de 1 000 séries), Disney+ adopte une approche hybride :
- Des classiques intemporels (Naruto, Dragon Ball) pour les fans de la première heure.
- Des titres récents (Jujutsu Kaisen, Tokyo Revengers) pour attirer les jeunes spectateurs.
- Une qualité technique irréprochable (4K, VO/VOSTFR, zéro censure).
"Disney+ ne cherche pas à écraser Crunchyroll, mais à compléter son offre en ciblant les familles et les casual viewers"*, analyse Marie L., experte en stratégies streaming pour Le Monde du Cinéma. Reste une question : cette diversification suffira-t-elle à convaincre les hardcore fans, habitués à des plateformes 100% dédiées ? Les prochains mois nous le diront.
Derrière l’écran : comment Disney a négocié ces licences
Obtenir les droits de Naruto ou Bleach n’a rien d’évident. Selon nos sources, les négociations avec Toei Animation (Dragon Ball, One Piece) et Shueisha (éditeur de Bleach et Jujutsu Kaisen) auraient duré plus de 18 mois. Le point bloquant ? La clause de remasterisation, que peu de plateformes acceptent de financer. "Disney a misé sur son infrastructure technique et sa capacité à toucher un public familial pour emporter le morceau"*, confie un proche du dossier sous couvert d’anonymat.
Autre détail révélateur : l’absence (pour l’instant) de One Piece ou My Hero Academia, deux licences phares déjà verrouillées par Netflix et Crunchyroll. Disney+ aurait ciblé des œuvres moins chères mais tout aussi rentables, comme Tokyo Revengers, dont les droits étaient encore disponibles. Une stratégie de niche… qui pourrait bien payer.

