Il y a 41 jours
Divinity: Original Sin 2 pulvérise son record de joueurs… et son créateur regrette toujours un DLC culte !
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Neuf ans après sa sortie, Divinity: Original Sin 2 connaît une renaissance spectaculaire, dopé par l’annonce d’un nouveau volet et l’effet Baldur’s Gate 3. Avec plus de 27 000 joueurs simultanés sur Steam en janvier 2026, le RPG tactique de Larian Studios égale ses pics de 2017. Pourtant, son directeur, Swen Vincke, assume toujours un regret : celui d’avoir dû inclure Ser Lora, l’écureuil chevalier monté sur un chat squelettique, devenu malgré lui un phénomène culturel. Entre succès inattendu et anecdotes de développement, l’univers Divinity prouve une nouvelle fois sa résilience.
A retenir :
- Divinity: Original Sin 2 bat son record de joueurs avec 27 000 connectés simultanément en janvier 2026, un pic inégalé depuis son lancement en 2017, grâce à l’annonce du prochain opus et à l’effet Baldur’s Gate 3.
- Swen Vincke (Larian Studios) assume publiquement son aversion pour Ser Lora, le DLC écureuil chevalier, qu’il qualifie de « pire décision forcée par un publisher » – mais ce dernier reste adulé par les fans.
- Le système de builds libres et de loot aléatoire de DOS 2, absent de Baldur’s Gate 3, serait au cœur des innovations du prochain Divinity, confirmant la cohérence de la licence face à des concurrents comme The Witcher 3 ou Elden Ring.
- L’ironie de Ser Lora : conçu sous contrainte éditoriale, ce contenu initialement méprisé est devenu un symbole de la culture gaming, survivant à neuf ans de mises à jour et aux tentatives de suppression de son créateur.
Un retour en grâce historique : DOS 2 défie le temps
En janvier 2026, Divinity: Original Sin 2 a réalisé l’impensable : 27 000 joueurs simultanés sur Steam (source : SteamDB), un chiffre qu’il n’avait plus atteint depuis son lancement en septembre 2017. Pour un jeu âgé de neuf ans, dans un marché saturé de RPG tactiques et d’open-worlds ambitieux, une telle performance relève du miracle. Pourtant, elle s’explique par deux facteurs majeurs : l’annonce tant attendue d’un nouveau Divinity (officiellement confirmé par Larian Studios en décembre 2025), et l’effet collatéral de Baldur’s Gate 3, dont le succès planétaire (111 000 joueurs en pic le même mois) a ravivé l’intérêt pour les œuvres précédentes du studio.
Swen Vincke, directeur et figure emblématique de Larian, a d’ailleurs confirmé ce lien sur X (ex-Twitter) : « L’annonce du prochain Divinity a boosté les ventes de DOS 2 et de BG3. C’est rare qu’un jeu aussi ancien bénéficie d’un tel regain, mais ça prouve que notre univers a une âme. » Une âme qui repose sur des mécaniques uniques, comme le système de builds libres (permettant des combinaisons de compétences quasi infinies) ou le loot aléatoire, des éléments que le prochain opus promet d’approfondir. À l’inverse, Baldur’s Gate 3, bien que basé sur les règles D&D 5e, mise davantage sur une narration linéaire et des choix binaires – une différence qui explique pourquoi DOS 2 conserve une base de fans aussi fidèle.
Pour comparaison, même des monstres sacrés comme The Witcher 3 (CD Projekt Red) ou Elden Ring (FromSoftware) n’ont pas connu une telle longévité en termes de joueurs actifs. DOS 2, lui, résiste grâce à une communauté modding active (plus de 5 000 mods disponibles sur Nexus Mods) et à une réputation de jeu "sans limites", où chaque partie offre une expérience unique. Un exploit quand on sait que le titre a dû rivaliser avec des sorties comme Dragon Age: Dreadwolf (2024) ou Pathfinder: Wrath of the Righteous (2021).
"Ser Lora, ce cauchemar qui ne veut pas mourir" : la malédiction d’un DLC culte
Si Divinity: Original Sin 2 brille par son gameplay, il doit aussi une partie de sa légende à… un écureuil. Ser Lora, chevalier monté sur un chat squelettique, est né d’une contrainte éditoriale imposée par l’ancien publisher du jeu (Bandai Namco). Swen Vincke n’a jamais caché son dégoût pour ce personnage, qu’il décrit comme « un non-sens absolu, un gadget sans queue ni tête ». Pourtant, contre toute attente, Ser Lora est devenu un phénomène culturel, au point que Vincke a ironisé en 2026 : « Il est comme une mauvaise herbe. On essaie de l’arracher, mais il revient toujours. »
La quête de Ser Lora, centrée sur la "Grande Glande" (une divinité parodique), mélange humour absurde et références méta. Les joueurs doivent aider l’écureuil à récupérer des « noix sacrées » pour sauver son royaume, dans un scénario volontairement décalé. À l’époque, les critiques avaient moqué ce DLC, le qualifiant de « remplissage cheap » (GameSpot, 2017). Mais avec le temps, Ser Lora a gagné le statut de mème vivant, cité dans des streams, des fanarts, et même des tatouages. Asmongold, streamer star, a d’ailleurs déclaré en 2025 : « Si vous n’avez pas fait la quête de Ser Lora, vous n’avez pas vraiment joué à DOS 2. »
L’ironie ? Vincke a tenté à plusieurs reprises de supprimer Ser Lora, notamment lors des mises à jour de 2020 et 2023. Mais la communauté s’y est opposée, forçant le studio à conserver ce contenu… détesté par son propre créateur. « C’est le seul cas où j’ai perdu contre les joueurs, avoue-t-il. Et franchement, ça me hante. » Un aveu qui en dit long sur la relation complexe entre les développeurs et leur public, où un contenu imposé peut devenir, malgré tout, une icône.
L’héritage de DOS 2 : entre innovation et nostalgie
Au-delà des anecdotes, Divinity: Original Sin 2 reste un modèle du genre pour plusieurs raisons :
- Un système de combat tactique : Contrairement à BG3, où les dés jouent un rôle central, DOS 2 mise sur une physique environnementale (feu, glace, électricité) qui transforme chaque affrontement en puzzle. Exemple : geler une flaque d’eau pour électrocuter plusieurs ennemis d’un coup.
- Une narration réactive : Les choix ont un impact visible, comme dans Mass Effect, mais avec une liberté rare. Tuer un PNJ clé peut bloquer des quêtes… ou en débloquer de nouvelles.
- Un multijoueur coopératif : Jusqu’à 4 joueurs en ligne, avec des interactions uniques (comme se voler des objets entre alliés). Une fonctionnalité que peu de RPG modernes osent proposer.
Ces atouts expliquent pourquoi le jeu est encore utilisé comme référence dans les écoles de game design (citée par l’GDC en 2024). Pourtant, DOS 2 a aussi ses limites : un équilibrage perfectible (certains sorts sont surpuissants) et une direction artistique datée face à des titres comme Starfield (2023). Mais comme le souligne Julien Chièze (journaliste chez Canard PC) : « DOS 2 prouve qu’un bon gameplay vieillit mieux que des graphismes. »
Et maintenant ? L’avenir de la licence Divinity
Avec l’annonce du prochain Divinity (nom de code : Project Adder, selon les rumeurs), Larian Studios se retrouve à un carrefour. Le studio doit-il :
- Capitaliser sur l’ADN de DOS 2 (liberté, humour, systèmes profonds) au risque de décevoir les fans de BG3 ?
- Innover radicalement (comme avec le turn-based hybride évoqué dans les leaks) et aliéner sa base historique ?
- Trouver un équilibre, en gardant ce qui fait la magie de Divinity (les builds fous, l’interactivité) tout en modernisant l’approche narrative ?
Une chose est sûre : après Baldur’s Gate 3 (vendu à plus de 15 millions d’exemplaires), les attentes sont immenses. Et si Ser Lora revient dans le prochain opus, Vincke aura peut-être enfin le dernier mot… ou devra s’incliner une fois de plus devant la volonté des joueurs.
En attendant, Divinity: Original Sin 2 continue de prouver qu’un jeu peut marquer l’histoire bien après sa sortie. Entre records battus, DLC maudits et mécaniques intemporelles, il incarne une rare alchimie : celle d’un titre qui refuse de vieillir.

