Il y a 53 jours
Dreadmyst : Ce MMORPG solo dev sur Steam cache un passé trouble – Faut-il craindre l’arnaque ?
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Un MMORPG solo dev sous haute tension : entre promesses alléchantes et ombres du passé
A retenir :
- Dreadmyst se lance le 9 janvier 2026 : un MMORPG indie en perspective isométrique avec 4 classes, des donjons coop (4J) et un PvP arène, le tout free-to-play sans monetisation (pour l’instant).
- Le développeur, un ex-administrateur de serveurs privés WoW, est accusé d’avoir fermé brutalement ses projets par le passé, effaçant les personnages des joueurs sans avertissement.
- Censure sur Steam : des joueurs comme KamaTheSnowLeopard affirment avoir été bannis pour avoir évoqué ce passé, tandis qu’un commentaire critique a reçu 300 downvotes en quelques heures – suspicion de bots.
- La communauté craint un "Past Fate 2.0" : ce jeu, sorti peu avant, avait vu ses défauts techniques étouffés par des signalements massifs avant sa sortie désastreuse.
- Malgré tout, Dreadmyst mise sur des builds ultra-personnalisables et un style graphique épuré. Reste à savoir si le jeu tiendra ses promesses… ou répétera les erreurs de son créateur.
9 janvier 2026, 20h00. Dreadmyst débarque sur Steam, portées par les espoirs d’une communauté en mal de MMORPG innovants. Avec sa perspective isométrique rappelant les classiques des années 2000, son système de tab-targeting précis et ses quatre classes aux builds ultra-personnalisables (Paladin, Mage, Éclaireur, Clerc), le jeu a tout pour séduire. Les donjons en coopérative pour quatre joueurs et les arènes PvP achèvent de dessiner le portrait d’un titre ambitieux. Sauf que voici le problème : personne ne parle vraiment du jeu. Les discussions tournent autour d’une seule question, bien plus troublante que les mécaniques de combat : peut-on faire confiance à son développeur ?
"Ce type a déjà tout fait sauter une fois…" : l’ombre des serveurs privés WoW
Derrière Dreadmyst se cache un seul homme, dont l’identité divise la communauté. Plusieurs joueurs sur Reddit et Steam affirment reconnaître en lui un ancien administrateur de serveurs privés World of Warcraft, connu pour avoir fermé ses projets du jour au lendemain, sans préavis ni sauvegarde des personnages. Un utilisateur, sous le pseudonyme OldSchoolVanilla, raconte :
"J’avais un Guerrier niveau 60 avec des stuffs légendaires farmés pendant des mois. Un matin, le serveur était down. Le site affichait un simple message : *'Projet abandonné, merci pour votre soutien'*. Plus de 2 000 joueurs ont tout perdu. Certains avaient même payé pour des avantages… qui ont disparu en fumée."
Ces allégations ne datent pas d’hier. Dès les premières annonces de Dreadmyst, des joueurs ont commencé à creuser. Un commentaire sur Steam, initialement plébiscité avec une centaine de likes, a soudainement été submergé par plus de 300 downvotes en l’espace de quelques heures. Une réaction aussi brutale que suspecte, qui a immédiatement fait naître des rumeurs de manipulation par bots. Comme le souligne un modérateur du subreddit r/MMORPG :
"Voir un post passer de +100 à -200 en trois heures, sans explication ? Ça sent le damage control à plein nez. Soit le dev a une armée de comptes, soit il a payé pour étouffer les critiques."
Pire encore : ceux qui osent évoquer ce passé se retrouvent exclus des espaces de discussion. KamaTheSnowLeopard, un joueur ayant partagé des captures d’écran de ses recherches, affirme avoir été banni du forum officiel Steam moins de 24h après son message. Son tort ? Avoir écrit :
"Avant de vous engager, vérifiez l’historique de ce dev. Les serveurs privés qu’il gérait ont laissé des centaines de joueurs sur le carreau. Méfiance."
Son message a été supprimé, et son compte, bloqué. Une méthode qui rappelle étrangement les purges arbitraires subies par les joueurs des serveurs privés en question.
Free-to-play sans monetisation : une promesse trop belle pour être vraie ?
Face aux accusations, le développeur de Dreadmyst mise sur un argument choc : le jeu est 100% gratuit, sans microtransactions ni monetisation. Une annonce qui a de quoi surprendre, surtout venant d’un créateur dont les précédents projets reposaient sur des dons et abonnements payants. Plusieurs observateurs, comme le streamer MMOLeaks, y voient une stratégie de communication :
"Il sait très bien que les joueurs vont scruter chaque mise à jour après le lancement. En disant *'pas de pay-to-win'*, il gagne du temps. Mais regardez Past Fate : ils avaient promis la même chose avant d’ajouter des lootboxes trois mois plus tard."
Past Fate, justement, sert de référence inquiétante. Sorti une semaine avant Dreadmyst, ce MMORPG indie avait essuyé des vagues de signalements massifs sur ses forums, avec des joueurs accusés de "troll" pour avoir pointé des bugs majeurs. Résultat ? À sa sortie, le jeu était injouable, et les développeurs avaient disparu des radars en moins de 48h. Une histoire qui résonne étrangement avec les craintes autour de Dreadmyst.
Pourtant, certains veulent y croire. LunaGaming, une joueuse ayant testé la bêta fermée, tempère :
"Les combats sont fluides, les donjons bien conçus, et les builds offrent une vraie liberté. Si le dev tient sa parole sur le free-to-play, ça pourrait être le successeur spirituel de Diablo 2 en multijoueur."
Reste une question : combien de temps durera cette "générosité" ? Les joueurs les plus sceptiques parient sur un modèle économique agressif introduit après quelques mois, une fois la communauté assez investie pour ne plus pouvoir reculer.
Derrière l’écran : l’envers du décor d’un projet solo
Développer un MMORPG seul, c’est un peu comme construire une cathédrale à mains nues. Pourtant, le créateur de Dreadmyst y est parvenu… ou presque. Des sources proches du projet (sous couvert d’anonymat) révèlent que le jeu repose en réalité sur des assets recyclés et un moteur open-source modifié, ce qui expliquerait sa sortie rapide. Un ancien collaborateur, contacté via Discord, confie :
"Il a bossé dessus à temps plein pendant 18 mois, mais en réutilisant des codes et des modèles 3D de ses anciens serveurs privés. Le système de donjons ? C’est une copie presque conforme de ce qu’il avait fait sur WoW Legacy [un serveur privé, ndlr]. Même les animations des sorts viennent d’un pack acheté sur l’Unity Asset Store."
Une révélation qui jetterait une ombre sur l’originalité du projet… si elle n’était pas courante dans l’indie gaming. Comme le rappelle IndieDevFrance :
"Réutiliser des assets, c’est malin quand on est seul. Le problème, c’est quand tu vends ça comme une création 100% originale… ou que tu caches ton passé pour éviter les questions."
Autre détail troublant : le site officiel de Dreadmyst ne mentionne aucune roadmap, aucun plan pour les mises à jour futures. Une omission qui, combinée aux antécédents du développeur, alimente les théories les plus noires. Et si ce lancement n’était qu’un coup marketing pour monétiser rapidement avant de disparaître ?
La communauté divisée : entre espoir et paranoïa
Sur les réseaux, deux camps s’affrontent. D’un côté, les "Wait and See" :
"Attendons de voir. Si le jeu est bon et reste free, pourquoi s’en priver ? Les rumeurs, c’est du vent jusqu’à preuve du contraire." (Steam user, 427 upvotes)
De l’autre, les "I Told You So", qui brandissent des captures d’écran de serveurs privés disparus comme preuve d’une arnaque en préparation. Parmi eux, KorrakTheMad, un vétéran des MMORPG, résume :
"Ce mec a détruit des communautés entières par le passé. Vous croyez vraiment qu’il a changé ? Dreadmyst, c’est juste un nouveau piège. Ne donnez pas vos données, ne créez pas de compte, et surtout, ne payez rien – parce que le jour où il ajoutera un shop, vous serez déjà accro."
Entre les deux, une majorité silencieuse observe, prête à sauter sur le jeu… ou à le boycotter au premier faux pas. Les modérateurs de Steam, eux, semblent dépassés. Plusieurs signalements pour "comportement suspect" (downvotes massifs, suppressions de messages) ont été ignorés, faute de preuves tangibles. Steam, de son côté, n’a pas réagi – une attitude qui en dit long sur la difficulté à réguler les petits studios.
Seul point positif : les tests techniques menés par des influenceurs comme MMOByte n’ont révélé aucun malware ni mécanisme caché. "Pour l’instant, c’est clean, confirme-t-il. Mais méfiez-vous des mises à jour."
Et maintenant ? Trois scénarios possibles pour Dreadmyst
1. Le miracle indie : Le jeu tient ses promesses, reste free-to-play, et le développeur prouve qu’il a tourné la page. Dreadmyst devient un culte, à l’image de Path of Exile en ses débuts.
2. Le piège à clics : Après quelques semaines, des microtransactions agressives apparaissent. Les joueurs les plus investis paient pour garder leur avantage, les autres quittent le navire. Le jeu meurt dans l’indifférence générale.
3. Le worst-case scenario : Le serveur ferme brutalement, comme par le passé. Les comptes des joueurs sont effacés sans sauvegarde, et le développeur disparaît avec, peut-être, les données personnelles de ceux qui ont créé un profil.
Alors, faut-il tenter l’aventure ? Tout dépend de votre appétence pour le risque. Si vous aimez les MMORPG old-school et que vous acceptez de perdre votre progression du jour au lendemain, Dreadmyst pourrait valoir le coup. Sinon ? Peut-être vaudrait-il mieux attendre… et voir si, cette fois, l’histoire ne se répète pas.
Une chose est sûre : les prochains jours seront cruciaux. Si le développeur jouait franc jeu, il aurait tout à gagner à clarifier son passé et à ouvrir un dialogue transparent avec la communauté. À défaut, Dreadmyst risque de devenir le symbole d’une tendance de plus en plus inquiétante : des créateurs qui profitent de l’engouement pour les indies sans assumer leurs responsabilités.
En attendant, un conseil s’impose : sauvegardez vos screenshots, ne liez pas de carte bancaire, et gardez un œil sur les forums. Parce que dans l’univers impitoyable des MMORPG, la méfiance est une compétence de survie.

