Il y a 47 jours
Eidos Montréal relance l’aventure préhistorique : P11, l’héritier spirituel de
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Un projet secret aux ambitions démesurées
Depuis 2019, Eidos Montréal travaille dans l’ombre sur P11, un titre classé en interne comme "AAAA" – une catégorie au-dessus du triple-A – et développé sur Unreal Engine 5. Inspiré par Wild, le jeu préhistorique abandonné par Ubisoft en 2021, ce projet mystérieux reprendrait ses mécaniques de possession d’animaux et son univers chamanique. Malgré des licenciements massifs (172 postes supprimés depuis 2023) et des défis financiers, le studio québécois persiste, divisant ses ressources entre P11, le co-développement de Fable et un soutien sur Grounded 2. Une stratégie risquée, mais qui pourrait redéfinir l’ambition narrative et technique du studio.A retenir :
- P11 : Un jeu classé "AAAA" en développement depuis 2019 chez Eidos Montréal, avec des parallèles frappants avec Wild (Ubisoft, abandonné en 2021).
- Mécaniques de possession d’animaux et univers chamanique préhistorique, reprenant l’esprit du projet Ubisoft, mais sur Unreal Engine 5 pour un rendu next-gen.
- Un studio en reconstruction : 172 licenciements depuis 2023, mais une équipe réduite maintient le cap sur P11, malgré des projets simultanés (Fable, Grounded 2).
- Une ambition financière risquée : Marvel’s Guardians of the Galaxy (2021) n’a été rentable qu’après 3 ans – P11 devra faire mieux.
- Aucune confirmation officielle sur un lien avec les actifs de Wild, mais des similitudes trop précises pour être une coïncidence.
- Si P11 aboutit, il pourrait combler le vide laissé par l’abandon de Wild, en offrant une aventure préhistorique immersive et technologiquement avancée.
Un projet "AAAA" né dans l’ombre des turbulences
Depuis près de cinq ans, les couloirs d’Eidos Montréal abritent un secret bien gardé : P11, un projet si ambitieux qu’il aurait été classé en interne comme un jeu "AAAA" – une catégorie rare, réservée aux titres dépassant les standards du triple-A par leur envergure narrative, technique ou budgétaire. Propulsé par Unreal Engine 5, ce titre mystérieux émerge aujourd’hui dans les rumeurs, portées par des sources proches du studio. Pourtant, son développement contraste avec les récentes turbulences d’Eidos : après des licenciements massifs (97 postes en 2024, 75 en 2023) et l’annulation d’un nouveau Deus Ex cette année, le studio québécois semble miser gros sur ce pari risqué.
La question se pose : comment un studio en reconstruction peut-il se permettre un projet d’une telle envergure ? La réponse réside peut-être dans l’héritage inattendu de P11, dont les mécaniques et l’univers rappellent étrangement Wild, le jeu préhistorique abandonné par Ubisoft en 2021 après sept ans de développement. Une coïncidence ? Pas si sûr.
Wild renaît de ses cendres : quand Eidos s’inspire (trop ?) d’Ubisoft
Dévoilé en 2014 lors d’une conférence Ubisoft, Wild avait marqué les esprits avec sa promesse : incarner un chamane dans un open-world préhistorique, capable de posséder des animaux pour explorer un monde sauvage et mystique. Les séquences de combat aérien en tant qu’aigle ou les courses-poursuites à dos d’ours avaient suscité l’enthousiasme… avant que le projet ne soit silencieusement abandonné en 2021, faute de direction claire ou de technologie adaptée. Aujourd’hui, les rumeurs autour de P11 suggèrent une résurrection de ces idées : même cadre préhistorique, mêmes mécaniques de possession, et une esthétique "sauvage" tout aussi envoûtante.
Mais où s’arrête l’inspiration, et où commence la réutilisation ? Aucune confirmation officielle ne lie P11 aux actifs de Wild. Pourtant, les parallèles sont trop précis pour être fortuits. À commencer par le cœur du gameplay : la possession d’animaux, un mécanisme central dans les deux projets. Wild misait sur un moteur maison développé par Ubisoft Montpellier ; Eidos, lui, a choisi Unreal Engine 5, garantissant des graphismes next-gen et une fluidité que le titre Ubisoft n’aurait peut-être jamais atteinte. Une évolution technique qui pourrait enfin concrétiser la vision originelle.
"Wild était en avance sur son temps, mais son moteur ne suivait pas. Si Eidos reprend ce concept avec l’UE5, on pourrait avoir droit à une expérience bien plus immersive." — Un développeur anonyme, proche du projet (source : Kotaku, 2023).
Derrière les licenciements, une équipe réduite mais déterminée
Le développement de P11 intervient dans un contexte difficile pour Eidos Montréal. Depuis 2023, le studio a supprimé 172 postes, soit près de 30 % de ses effectifs. Pourtant, une équipe restreinte mais expérimentée continue de travailler sur le projet, en parallèle du co-développement de Fable (aux côtés de Playground Games) et d’un soutien technique sur Grounded 2. Une stratégie audacieuse, quand on sait que leur dernier titre en solo, Marvel’s Guardians of the Galaxy (2021), n’a atteint la rentabilité qu’après trois ans.
Le pari est risqué : Embracer Group, maison mère d’Eidos, exige désormais des retours sur investissement rapides. Dans ce contexte, P11 doit justifier son existence. "Un jeu AAAA, c’est un luxe que peu de studios peuvent se permettre aujourd’hui", confie un analyste du secteur. Pourtant, Eidos semble convaincu que ce projet pourrait redéfinir son identité, après des années marquées par des franchises établies (Deus Ex, Tomb Raider) et des collaborations externes.
Petite anecdote : Saviez-vous que Wild avait initialement été imaginé comme un concurrent direct à Assassin’s Creed ? Ubisoft Montpellier voulait explorer la préhistoire avec un réalisme poussé, avant que les contraintes techniques et un changement de direction ne mettent fin au rêve. P11 pourrait bien être la seconde chance que ce concept mérite.
Unreal Engine 5 : la clé pour concrétiser la vision de Wild ?
Là où Wild a échoué, P11 pourrait réussir grâce à une technologie adaptée. Unreal Engine 5 offre des outils que Ubisoft Montpellier ne possédait pas en 2014 :
- Nanite : Un système de géométrie virtuelle permettant des environnements ultra-détaillés, essentiel pour un monde préhistorique crédible.
- Lumen : Une gestion dynamique de la lumière, idéale pour rester les ambiances mystiques et les cycles jour/nuit.
- Animation procédurale : Des mouvements d’animaux plus réalistes, cruciaux pour la mécanique de possession.
Résultat ? P11 pourrait offrir ce que Wild n’a jamais pu : une immersion totale, sans compromis techniques. "Avec l’UE5, on peut enfin créer un open-world où chaque détail compte, des poils des animaux aux reflets de l’eau", explique un ingénieur ayant travaillé sur des prototypes similaires.
Et si P11 était bien plus qu’un simple hommage ?
Certains observateurs voient en P11 une simple réinterprétation de Wild. Mais et si Eidos Montréal préparait quelque chose de bien plus ambitieux ? Les rumeurs évoquent :
- Un système de survie poussé, où le joueur doit gérer la faim, le froid et les blessures, à la manière de The Forest ou Valheim.
- Des quêtes chamaniques influençant dynamiquement l’environnement (ex : invoquer la pluie pour éteindre un incendie).
- Un multijoueur asymétrique (non confirmé), où certains joueurs incarnent des animaux tandis que d’autres contrôlent des humains.
"Ce ne serait pas juste un Wild 2.0, mais une expérience hybride, mélangeant survie, aventure et éléments mystiques. Le genre de jeu qui pourrait créer un nouveau standard." — Un journaliste spécialisé (source : JeuxVideo.com).
Bien sûr, tout cela reste à confirmer. Mais une chose est sûre : si P11 voit le jour, il ne passera pas inaperçu.
Le défi de la rentabilité : Eidos peut-il se permettre un échec ?
Avec un budget probablement élevé et des attentes immenses, P11 représente un pari dangereux. Marvel’s Guardians of the Galaxy, pourtant acclamé par la critique, n’a été rentable qu’après trois ans – un luxe que Embracer Group ne semble plus vouloir accorder. Dans ce contexte, deux scénarios se dessinent :
- Succès : P11 devient un titre phare, relançant la réputation d’Eidos et justifiant son statut "AAAA".
- Échec : Le projet est annulé ou déçoit commercialement, accélérant le déclin du studio.
"Les jeux AAAA, c’est comme les blockbusters : soit ils explosent les records, soit ils coulent le studio. Il n’y a pas de demi-mesure." — Un producteur vétéran de l’industrie.
Une chose est certaine : P11 sera un test crucial pour Eidos Montréal. Après des années de collaborations et de licences, le studio a-t-il encore la capacité de créer une IP originale capable de marquer l’histoire du jeu vidéo ? La réponse pourrait bien se cacher dans les steppes préhistoriques de ce projet mystérieux.

