Il y a 47 jours
Fatal Fury : Le DLC de
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Un pied manquant, une moto déformée… et des questions sans réponse.
La sortie de la bande-annonce du DLC Saison 2 de Fatal Fury: City of the Wolves a déclenché une tempête chez les fans. Entre Geese Howard amputé d’un pied, une Yamaha V-Max méconnaissable et des tenues changeantes pour Kim Jae Hoon, les incohérences visuelles sont trop flagrantes pour passer inaperçues. Pire : elles ressemblent étrangement aux artifacts typiques des outils d’IA générative comme Stable Diffusion. Alors que SNK reste muet, la communauté s’embrase et pose une question brûlante : le studio a-t-il utilisé l’IA pour accélérer la production, au risque de trahir l’héritage artistique de la saga ?A retenir :
- Geese Howard sans pied gauche : une erreur de modélisation ou la preuve d’un recours à l’IA ? Les joueurs relèvent des symétries brisées et des contours flous suspects.
- La moto de Blue Mary, habituellement une Yamaha V-Max, arbore un design incohérent et incomplet, comme si des pièces avaient été "oubliées" par un algorithme.
- Kim Jae Hoon change de tenue entre les cinématiques et les combats – un détail qui rappelle les bugs de continuité fréquents dans les assets générés par IA.
- SNK, connu pour son travail artisanal (comme les sprites redessinés à la main de Garou: Mark of the Wolves), est aujourd’hui accusé de sacrifier la qualité pour des gains de temps.
- La communauté dissectionne la bande-annonce image par image sur Reddit, où un thread cumule 12 000 commentaires en 48h – un record pour un jeu de combat.
- Des précédents comme The Day Before (annulé) ou Clair Obscur: Expedition 33 (récompenses retirées) montrent que l’IA divise – et peut coûter cher.
- Larian Studios (Baldur’s Gate 3) a reculé après des critiques, promettant d’abandonner l’IA pour Divinity. SNK suivra-t-il l’exemple ?
Un pied dans le vide : quand les détails trahissent une production bâclée
La bande-annonce du DLC Saison 2 de Fatal Fury: City of the Wolves aurait dû être un moment de liesse pour les fans. À la place, elle a viré au cauchemar. Dès les premières secondes, un détail a sauté aux yeux : Geese Howard, le boss emblématique de la saga, apparaît sans pied gauche. Pas une amputation narrative (le personnage n’a jamais perdu de membre), mais une erreur visuelle grossière, comme si son modèle 3D avait été mal assemblé. Pire, en y regardant de plus près, on distingue des défauts de symétrie sur ses vêtements et des ombrages incohérents – des artifacts que les joueurs attribuent sans détour à une génération par IA.
Mais ce n’est pas tout. La moto de Blue Mary, censée être une Yamaha V-Max fidèle à l’univers du jeu, semble tout droit sortie d’un mauvais rêve. Le guidon est déformé, les pièces mécaniques manquent ou sont placées n’importe comment, et le design global n’a rien à voir avec les versions précédentes. Sur les forums, les comparaisons avec des images générées par MidJourney ou Stable Diffusion fusent. Un utilisateur de Reddit, spécialisé dans l’analyse d’assets, souligne : "Les erreurs ne sont pas aléatoires. Elles suivent des patterns typiques des outils d’IA, comme les répétitions de textures ou les proportions cassées."
Enfin, Kim Jae Hoon, autre figure majeure de la série, arbore des tenues différentes entre les cinématiques et les phases de combat. Un problème de continuité qui, là encore, rappelle les bugs fréquents lorsque des éléments sont générés séparément par des algorithmes, sans supervision humaine rigoureuse.
Face à ces anomalies, la question se pose : SNK a-t-il utilisé l’IA pour produire une partie des assets du DLC ? Le studio, réputé pour son attention méticuleuse aux détails (comme en témoignent les sprites redessinés à la main de Garou: Mark of the Wolves), se retrouve aujourd’hui sous le feu des critiques. Et son silence radio n’arrange rien.
"On dirait du copier-coller mal fichu" : la communauté s’embrase
Sur les réseaux, la réaction est immédiate. Le thread Reddit dédié à la bande-annonce explose : 12 000 commentaires en 48h, un record pour un jeu de combat. Les joueurs y dissèquent chaque image, relevants des contours flous, des reflets anormaux et des proportions défaillantes. Un modérateur résume : "Ça ressemble à du travail bâclé en urgence. Soit c’est de l’IA, soit c’est un stagiaire qui a merdé. Dans les deux cas, c’est inacceptable pour une licence comme Fatal Fury."
Les comparaisons avec d’autres jeux accusés d’utiliser l’IA pleuvent. The Day Before, annulé en 2023 après des révélations similaires, est cité en exemple. Tout comme Clair Obscur: Expedition 33, dont les récompenses ont été retirées après la découverte d’assets créés via MidJourney par Sandfall Interactive. Un joueur ironise : "SNK va-t-il finir comme eux ? Parce que là, on est en train de virer au meme."
Certains défendent le studio, arguant que ces erreurs pourraient être des bugs de dernière minute ou des problèmes de compression vidéo. Mais l’argument peine à convaincre. Comme le note un artiste 3D sur Twitter : "Quand tu vois des incohérences aussi flagrantes sur plusieurs personnages, ce n’est pas un accident. C’est soit de l’IA, soit une équipe en burn-out qui n’a plus les moyens de vérifier son travail."
L’IA dans le jeu vidéo : une bombe à retardement
Le cas de Fatal Fury: City of the Wolves n’est pas isolé. Selon une étude GDC 2025, 62 % des développeurs avouent tester l’IA dans leur pipeline de production, mais seulement 18 % l’assument publiquement. Un décalage qui en dit long sur la méfiance ambiante. Les joueurs, eux, sont de plus en plus vigilants. Après les polémiques autour de Call of Duty: Black Ops 7 (où Activision a reconnu un usage "encadré" de l’IA) ou Battlefield 6 (accusé d’art généré par algorithmes), la défiance est à son comble.
Pourtant, certains studios tentent de rassurer. Larian Studios, après des expérimentations en concept art pour Baldur’s Gate 3, a fait machine arrière. Son PDG, Swen Vincke, a annoncé que l’IA serait bannie pour le prochain Divinity, preuve que la pression des joueurs peut payer. Mais tous ne suivent pas cette voie. Squanch Games, par exemple, a dû clarifier l’usage "limité" de l’IA dans High on Life après un tollé.
Le problème ? L’IA génère des économies de temps, mais au prix de la qualité. Comme l’explique un ancien employé de SNK sous couvert d’anonymat : "Quand tu dois sortir un DLC tous les trois mois pour garder les joueurs engagés, les tentations sont grandes. Mais à un moment, ça se voit. Et les fans de Fatal Fury, eux, connaissent chaque pixel de la saga par cœur."
Le syndrome Garou : quand l’héritage artistique de SNK est en jeu
Ce qui rend la polémique encore plus amère, c’est le contraste avec le passé de SNK. Le studio a toujours été salué pour son travail artisanal, notamment sur Garou: Mark of the Wolves (2000), où chaque sprite était redessiné à la main avec une précision maniaque. Un héritage que les fans chérissent – et que les erreurs du DLC semblent piétiner.
Un ancien animateur de SNK, contacté par nos soins, confie : "À l’époque, on passait des semaines sur un seul personnage. Aujourd’hui, avec les deadlines et les attentes des éditeurs, c’est une autre histoire. Mais utiliser l’IA, ce serait trahir tout ce qu’on a construit. Je n’y crois pas." Pourtant, les preuves s’accumulent.
Certains espèrent encore une explication de SNK. Peut-être s’agit-il d’une version pré-alpha mal optimisée ? D’un problème technique ponctuel ? Mais comme le résume un streamer spécialisé dans les jeux de combat : "S’ils ne réagissent pas vite, la réputation de Fatal Fury va en prendre un coup. Et dans notre communauté, la réputation, c’est tout."
Et maintenant ? Trois scénarios possibles pour SNK
1. Le déni et l’enfouissement : SNK pourrait choisir de ne rien dire, en espérant que la polémique s’éteigne d’elle-même. Risqué, surtout avec une communauté aussi investie.
2. La transparence forcée : Sous la pression, le studio pourrait admettre un usage limité de l’IA, comme l’a fait Squanch Games. Mais après les promesses de qualité passées, cela pourrait être perçu comme une trahison.
3. Le mea culpa et la correction : La solution la plus audacieuse serait de reconnaître l’erreur, de retravailler les assets incriminés et de les proposer en mise à jour gratuite. Un geste fort, mais qui pourrait sauver la face.
Dans tous les cas, une chose est sûre : SNK ne peut plus ignorer le problème. Parce que dans l’ère des réseaux sociaux, les détails tuent – surtout quand ils concernent un pied manquant.

