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For Honor sur Steam : Pourquoi ces deux prix ? La communauté s’amuse, Ubisoft s’explique (ou pas)
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Il y a 72 jours

For Honor sur Steam : Pourquoi ces deux prix ? La communauté s’amuse, Ubisoft s’explique (ou pas)

Un bug typographique qui fait jaser : sur Steam, For Honor s’affiche en double avec deux prix différents selon… sa casse. Entre explications hilarantes de la communauté et pratiques commerciales opaques d’Ubisoft, cette anecdote en dit long sur les tensions persistantes entre l’éditeur et ses joueurs. Décryptage d’un phénomène qui mêle humour, regional pricing et frustrations.

A retenir :

  • Double affichage mystérieux : For Honor apparaît deux fois sur Steam, avec des prix variables (0,82 $ vs 1,49 $) selon qu’il est écrit en minuscules ou majuscules.
  • La communauté s’emballe : entre théories absurdes ("les majuscules usent le clavier") et analyses sérieuses, les joueurs transforment ce bug en phénomène viral.
  • Ubisoft et ses zones d’ombre : ce dysfonctionnement révèle une gestion floue des versions régionales, déjà critiquée (suppressions de jeux, politiques tarifaires incompréhensibles).
  • Un symbole de plus : pour 60 centimes de différence, c’est toute la relation tendue entre l’éditeur et ses joueurs qui resurgit.

Quand la typographie fait le prix : l’énigme des deux For Honor sur Steam

Imaginez la scène : vous surfez tranquillement sur les soldes Steam, tombant par hasard sur For Honor, le jeu de combat médiéval d’Ubisoft affiché à -95 %. Soudain, votre œil est attiré par un détail étrange. Le titre apparaît deux fois dans la liste, avec une différence de taille… ou plutôt de casse. La première version, sobrement écrite "For Honor", s’affiche à 1,49 $. La seconde, criarde avec ses "FOR HONOR" en majuscules, propose le même jeu pour… 0,82 $.
Un joueur a partagé cette découverte sur les réseaux, déclenchant une avalanche de réactions. Comment expliquer ce dédoublement ? Erreur technique ? Stratégie marketing cachée ? Ou simplement un caprice de l’algorithme de Steam ?

En creusant, on découvre que ce phénomène n’est pas isolé. D’autres titres Ubisoft, comme Assassin’s Creed Valhalla, ont déjà connu des variations de prix similaires selon les régions. Mais ici, c’est la présentation visuelle qui intrigue : pourquoi Steam affiche-t-il ces deux versions à un même utilisateur, comme si elles étaient distinctes ? Mystère.

"Les majuscules, ça s’use" : quand la communauté Steam s’empare du débat

Face à cette énigme, les joueurs n’ont pas tardé à laisser libre cours à leur imagination. Les théories les plus farfelues ont fleuri dans les commentaires :

  • "La version en majuscules inclut des cris de guerre plus forts" – parce que, visuellement, "FOR HONOR" hurle littéralement à l’écran.
  • "C’est une édition collector : les lettres capitales sont en or massif" (d’où le surcoût de 0,67 $, bien sûr).
  • "Ubisoft facture l’usure du clavier" : "Appuyer sur Maj, ça use les touches, donc ça se paie", ironise un utilisateur.
  • "La version minuscule est pour les lâches" – une référence humoristique à l’univers ultra-compétitif du jeu.

Derrière ces blagues se cache une réalité moins drôle : ce bug d’affichage serait lié aux versions régionales du jeu. La version en minuscules correspondrait à l’édition globale (prix aligné sur l’Europe), tandis que la version en majuscules serait destinée aux marchés de la CEI (Communauté des États Indépendants) et de la Chine, où les tarifs sont ajustés au pouvoir d’achat local. Un phénomène connu sous le nom de regional pricing, mais rarement aussi visible… et aussi mal géré.

Le problème ? Steam ne devrait pas afficher les deux versions simultanément à un utilisateur donné. Soit un bug de la plateforme, soit une erreur de configuration chez Ubisoft. Dans les deux cas, le résultat est le même : une confusion totale pour les joueurs, et une nouvelle occasion de moquer l’éditeur.

Ubisoft, roi des controverses : quand un bug devient symbole

Cette histoire de majuscules pourrait prêter à sourire… si elle ne s’inscrivait dans une longue série de décisions contestées de la part d’Ubisoft. L’éditeur français, déjà critiqué pour avoir retiré des jeux des bibliothèques (comme The Crew ou Assassin’s Creed Liberation), se retrouve une fois de plus sous le feu des projecteurs. Cette fois, ce n’est pas une suppression pure et simple, mais une superposition de prix inexplicable qui alimentent les frustrations.

Pire : cette confusion intervient dans un contexte où Ubisoft multiplie les initiatives impopulaires. On se souvient encore de l’obligation de "détruire" des jeux délaissés pour libérer des licences – une pratique courante dans l’industrie, mais qui a ulcéré une communauté déjà méfiante. Entre bugs d’affichage, politiques tarifaires floues et communications souvent maladroites, l’éditeur semble peiner à rassurer.
Comme le résume un joueur sur Reddit : "Pour 60 centimes de différence, Ubisoft arrive à nous rappeler pourquoi on ne lui fait plus confiance." Un détail anodin, donc, qui cristallise bien plus que une simple erreur technique.

Derrière l’humour, une question sérieuse : le regional pricing est-il équitable ?

Au-delà des blagues et des memes, cette affaire soulève un débat plus large : celui de la justice des prix régionaux. Le regional pricing, qui consiste à adapter les tarifs au pouvoir d’achat local, est une pratique courante dans l’industrie du jeu vidéo. Elle permet à des joueurs de pays moins riches d’accéder aux mêmes titres, tout en maximisant les profits des éditeurs dans les marchés plus aisés.

Mais quand cette logique devient visible de manière aussi flagrante – deux versions du même jeu affichées côte à côte, avec des prix différents pour une simple question de typographie –, elle interroge. Certains y voient une transparence involontaire : enfin, les joueurs comprennent concrètement comment les prix varient selon les régions. D’autres, en revanche, dénoncent une opacité persistante : pourquoi Steam n’affiche-t-il pas systématiquement la version la moins chère à l’utilisateur ? Pourquoi Ubisoft ne clarifie-t-il pas cette situation ?

Un utilisateur russe, interrogé sur les réseaux, explique : "Chez nous, les jeux coûtent souvent trois fois moins cher qu’en Europe. Mais voir les deux prix affichés en même temps, c’est comme si on nous rappelait : ‘Hey, vous payez moins parce que vous êtes pauvres’. C’est un peu humiliant." Une réaction qui montre à quel point une simple erreur technique peut avoir des conséquences symboliques bien plus lourdes.

Et si c’était volontaire ? La théorie du "test A/B" qui dérange

Parmi les explications les plus cyniques, certains avancent que ce dédoublement pourrait être un test A/B déguisé. Une méthode utilisée par les marketeurs pour évaluer les réactions des consommateurs face à différents prix. Dans ce cas, les majuscules ne seraient qu’un prétexte pour mesurer l’élasticité de la demande : combien de joueurs choisiraient la version la moins chère, même pour une différence minime ?

Une hypothèse qui, si elle était avérée, serait particulièrement mal perçue. Les joueurs n’aiment pas se sentir comme des cobayes, surtout quand il s’agit de leur portefeuille. Ubisoft, contacté par plusieurs médias, n’a pour l’instant pas répondu à ces accusations. Mais dans un climat déjà tendu, une telle pratique – même non confirmée – suffirait à enflammer les réseaux.

Comme le note un analyste du secteur : "Les éditeurs sous-estiment souvent l’intelligence des communautés. Un bug apparent peut cacher une stratégie, et les joueurs le savent. Dans le doute, ils préfèrent toujours croire au pire." Une méfiance qui, une fois installée, est difficile à dissipier.

Le mot de la fin : quand un jeu devient meme

Ironie de l’histoire : cette affaire de majuscules a donné à For Honor un coup de projecteur inattendu. Alors que le jeu, sorti en 2017, n’est plus vraiment sous les feux de l’actualité, le voici propulsé en tête des tendances Steam, grâce à un simple bug. Les memes ont envahi Twitter et Reddit, avec des montages comparant les deux versions à des produits de luxe ("FOR HONOR : l’édition Supreme") ou des parodies de publicités ("Payez plus, criez plus fort !").

Ubisoft, de son côté, n’a toujours pas réagi officiellement. Un silence qui en dit long. Dans l’industrie du jeu vidéo, où la communication est reine, une absence de réponse peut parfois être plus dommageable qu’une mauvaise explication. Les joueurs, eux, ont déjà tranché : pour eux, cette histoire est bien plus qu’un bug. C’est le symbole d’une relation de défiance, où chaque détail – même une majuscule – devient prétexte à critique.

Reste une question : Steam corrigeera-t-il ce problème ? Et si oui, laquelle des deux versions disparaîtra ? Les parieurs misent sur la version en majuscules… parce que, après tout, "les majuscules, ça s’use".

Ce qui aurait pu n’être qu’une anecdote technique s’est transformé en un nouveau chapitre des relations houleuses entre Ubisoft et sa communauté. Entre humour potache et frustrations légitimes, l’affaire des deux For Honor révèle bien plus qu’un simple bug : elle met en lumière les défauts structurels d’un système où les joueurs se sentent trop souvent floués.
Pour 60 centimes de différence, c’est toute la crédibilité d’un éditeur qui est remise en question. Et si Ubisoft ne réagit pas vite, les majuscules de "FOR HONOR" risquent de résonner comme un cri de colère bien plus fort que celui des guerriers du jeu.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
Ah, Ubisoft et ses gonades marketing qui font dans le "jeu de mots" à la OSS117 en mode "c’est pas moi, c’est le bug". Entre le regional pricing qui pue le colonialisme logiciel et cette typo qui claque comme un coup de massue sur la tête d’un joueur en mode "pourquoi pas une version FOR HONOR: ÉDITION 'JE SUIS UNE PUTE'" à 0,01$, on se demande si le studio a jamais lu Grandia et compris que la typographie, c’est sacré. Le pire ? Steam, qui devrait être le pote qui te fait gagner du temps, se transforme en tonton qui te fait acheter deux fois le même jeu en te faisant croire que c’est un choix. Fatalement, la prochaine étape, c’est qu’ils vendent For Honor en version "avec ou sans épées".
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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