Il y a 33 jours
Forza Horizon 6 : 120€ pour un jeu déjà à 70€ ? Le scandale qui enflamme les joueurs
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Pourquoi la Premium Edition de Forza Horizon 6 à 119,99 € fait-elle autant grincer des dents ? Entre une hausse de prix justifiée par Microsoft, des promesses floues et une stratégie financière agressive, les joueurs s’interrogent : cette édition vaut-elle vraiment son coût, ou s’agit-il d’une nouvelle tentative de monétiser l’impatience des fans ?
A retenir :
- 119,99 € pour la Premium Edition : Un prix quasi doublé par rapport à la version standard (69,99 €), avec un contenu partiellement indéfini.
- 59,99 € pour le Premium Upgrade Bundle : Réservé aux abonnés Game Pass, il offre un accès anticipé de 4 jours et des extensions… dont les détails restent vagues.
- Stratégie Microsoft : Une marge bénéficiaire visée à 30 % (contre 16 % chez PlayStation), expliquant cette hausse et des licenciements récents.
- Comparaison avec Gran Turismo 7 : Son édition anniversaire à 89,99 € incluait 25 voitures et 3M de crédits dès le lancement – du concret, contrairement aux promesses de Forza.
- Réactions des joueurs : Entre boycott et résignation, les réseaux sociaux s’embrasent, avec des appels à attendre une baisse de prix ou une inclusion "gratuite" dans le Game Pass.
Un prix qui fait tiquer : 120€ pour jouer 4 jours plus tôt ?
Le 19 mai 2026, Forza Horizon 6 débarquera avec une ambition démesurée… et un prix à l’avenant. La Premium Edition, affichée à 119,99 €, frôle le double de la version standard (69,99 €), tandis que le Premium Upgrade Bundle – réservé aux abonnés Xbox Game Pass – coûte 59,99 € pour un accès anticipé dès le 15 mai. Une hausse de 10 € par rapport à Forza Horizon 5 (2021), qui passe mal auprès des fans. Sur Reddit et les forums, les réactions fusent : "On paie pour du vent", "Microsoft se moque de nous", ou encore "À ce prix-là, j’attends le Game Pass".
Le problème ? Une partie du contenu promis reste floue. Le passe voitures (30 modèles déblocables progressivement) et le pack Italian Passion (sans date précise) sont inclus, tout comme deux extensions futures… dont on ignore tout. À titre de comparaison, Gran Turismo 7 (2022) proposait son Anniversary Edition à 89,99 € avec 25 voitures supplémentaires et 3 millions de crédits dès le lancement. Ici, Playground Games mise sur l’anticipation – une stratégie risquée quand on sait que les promesses de Forza Horizon 5 avaient mis des mois à se concrétiser.
"On nous prend pour des porte-monnaie" : la colère des joueurs
Sur les réseaux, la grogne est palpable. Certains joueurs, comme @XboxFan4Life sur Twitter, dénoncent une "arnaque déguisée" : "Pour 120 balles, je veux du contenu SOLIDE, pas des promesses en l’air !". D’autres, plus pragmatiques, rappellent que le jeu finira probablement dans le Game Pass d’ici 6 à 12 mois… sans surcoût. "Pourquoi payer maintenant ce qu’on aura gratuitement plus tard ?", s’interroge LeStream dans une vidéo récente.
Pire : certains craignent un précédent. "Si on accepte ça, demain tous les jeux Xbox coûteront 120 €", s’alarme un utilisateur de JeuxVideo.com. La comparaison avec Call of Duty: Modern Warfare III (119,99 € en édition Ultimate) est fréquente – un jeu critiqué pour son manque d’innovation malgré son prix élevé. "Forza Horizon 6 risque de devenir le nouveau symbole de l’avidité des éditeurs", résume un modérateur sur ResetEra.
Derrière les prix, la main invisible de Microsoft et ses 30 % de marge
Cette hausse s’explique par une stratégie financière agressive de Microsoft. Selon Bloomberg, le géant aurait imposé un objectif de 30 % de marge bénéficiaire à ses studios Xbox – un chiffre bien au-dessus de la moyenne du secteur (17-22 %). Pour comparaison, PlayStation affiche un taux de 16 % (T1 2025), tandis qu’Xbox oscillait entre 10 et 20 % ces dernières années.
Cette pression, instaurée fin 2023 par l’ex-CFO Amy Hood, coïncide avec :
- L’acquisition d’Activision Blizzard (68,7 milliards de dollars),
- Une vague de licenciements (1 900 employés chez Xbox en 2024),
- L’annulation de projets comme Fable Legends ou Scalebound.
Le paradoxe Xbox : entre exclusivités et monétisation à outrance
Ironie du sort : alors que Forza Horizon 6 se veut une exclusivité Xbox (du moins temporairement), cette stratégie tarifaire interroge sur l’avenir des exclus. "Si même leurs jeux phares deviennent inaccessibles, à quoi bon avoir une Xbox ?", s’interroge un streamer sur Twitch.
Certains y voient une tactique pour pousser vers le Game Pass – un abonnement qui, lui, voit son prix augmenter régulièrement (passé de 9,99 € à 12,99 €/mois en 2 ans). "Microsoft veut nous faire payer deux fois : d’abord via l’abonnement, ensuite via les éditions premium", dénonce un joueur sur Reddit.
Pourtant, des voix plus nuancées rappellent que Playground Games a toujours livré des jeux de qualité. "Forza Horizon 5 était exceptionnel, mais là, ils abusent", tempère un testeur de Gamekult. Reste une question : cette stratégie va-t-elle aliéner les fans ou, au contraire, renforcer les revenus à court terme ?
Et si c’était (aussi) une question de timing ?
Un détail intrigue : Forza Horizon 6 sortira en mai 2026, soit 5 ans après le précédent opus (contre 2-3 ans habituellement). Ce délai s’explique par :
- Un changement de moteur graphique (passage à l’Unreal Engine 5),
- Une refonte complète de l’open-world (inspiré du Japon et de l’Amérique du Sud),
- Des retards liés à la restructuration de Microsoft.
Enfin, certains observateurs notent que Sony et Nintendo évitent (pour l’instant) ces dérapages. Gran Turismo 7 et Mario Kart 8 Deluxe proposent des contenus additionnels… sans multiplier les éditions à 100 €+. "Microsoft joue avec le feu", prévient un économiste du jeu vidéo.
Le mot de la fin : faut-il craquer ou boycotter ?
Face à cette polémique, trois options s’offrent aux joueurs :
- Acheter la Premium Edition (pour les inconditionnels prêts à payer pour l’accès anticipé et les promesses de contenu),
- Opter pour la version standard (69,99 €) et attendre les extensions en promo,
- Attendre le Game Pass (gratuit pour les abonnés existants, ou à 12,99 €/mois pour les nouveaux).
Reste une question : et si, cette fois, les joueurs disaient "non" ?

