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Gen Z vs GAFAM : pourquoi les jeunes fuient le code pour la santé et le public
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Il y a 39 jours

Gen Z vs GAFAM : pourquoi les jeunes fuient le code pour la santé et le public

La génération qui dit non à la Silicon Valley

A retenir :

  • 42 % des jeunes redoutent que l’IA ne les remplace – un record qui pousse 63 % des étudiant·e·s en tech à envisager une reconversion vers la santé ou l’artisanat.
  • Les inscriptions en informatique s’effondrent (-12 % en un an), tandis que les filières comme le BTP (+18 %) ou l’éducation explosent – un renversement historique depuis 2010.
  • Le secteur public devient le nouveau Graal : +31 % de candidatures en 2025, avec des CDI garantis et des primes comme les 5 000 € de "Code & Service Public" en France.
  • 1 jeune sur 4 ayant postulé chez Google ou Amazon a finalement signé dans la fonction publique – un camouflet pour Meta, où 40 % des postes pour jeunes diplômés restent vacants.
  • Derrière les chiffres, une génération en quête de sens : 79 % privilégient un lieu de travail fixe et une réputation d’employeur solide, loin des open spaces des GAFAM.

2015-2025 : du rêve tech à la désillusion générationnelle

Il fut un temps où les amphithéâtres des écoles d’ingénieurs déborlaient d’étudiant·e·s rêvant de devenir le prochain Mark Zuckerberg ou de coder pour Apple. En 2015, les formations en informatique caracolaient en tête des vœux sur Parcoursup, portées par des promesses alléchantes : salaires à six chiffres dès la sortie d’école, stock-options après deux ans d’ancienneté, et le prestige de travailler dans des campus futuristes où les baby-foot côtoyaient les salles de sieste. Dix ans plus tard, le décor a changé. Brutalement.

Selon l’étude Handshake 2025 (menée auprès de 2 687 étudiant·e·s issu·e·s de 616 établissements), la Génération Z a opéré un virage à 180 degrés. Exit les GAFAM et leurs mirages : aujourd’hui, 72 % des jeunes interrogé·e·s placent la stabilité de l’emploi en tête de leurs critères, devant le salaire (61 %) ou la "cool attitude" de l’entreprise (29 %, en chute libre). Un basculement qui s’explique par trois chocs successifs : la pandémie de COVID-19 (qui a révélé la précarité des contrats en tech), l’inflation galopante (+6,2 % en zone euro sur un an), et surtout, l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle.

42 % des jeunes craignent désormais d’être remplacé·e·s par une IA d’ici 2030 – une inquiétude loin d’être irrationnelle. Une étude de Goldman Sachs (2024) estime que 28 % des tâches en développement logiciel pourraient être automatisées dans les cinq prochaines années. Résultat ? Les inscriptions en écoles d’informatique ont chuté de 12 % en un an, une première depuis 2010. À l’inverse, les filières comme la santé (+18 %), l’éducation, ou même le BTP (+15 %) attirent de plus en plus de monde. "Mes parents m’ont toujours dit : ‘Trouve un métier où tu ne seras pas remplaçable’", confie Léa, 22 ans, ancienne étudiante en cybersécurité reconvertie en infirmière. "Avec l’IA, même les devs seniors sont menacés. Moi, je veux un boulot où on aura toujours besoin de mains humaines."

L’IA, ce monstre qui dévore ses propres créateurs

Le paradoxe est cruel : alors que les GAFAM investissent 15 milliards de dollars par an dans l’IA (selon Bloomberg 2025), ils peinent à recruter les talents capables de la maîtriser. Apple a dû reporter le lancement de trois projets majeurs en 2025, faute d’ingénieur·e·s qualifié·e·s. Meta, de son côté, voit 40 % de ses offres pour jeunes diplômés rester sans candidat·e – un taux inédit depuis sa création. "On forme des promo entières à l’IA, mais personne ne veut travailler dessus", constate Pierre, enseignant à l’EPITA. "Les étudiants nous disent : ‘À quoi bon passer cinq ans à apprendre un métier si une IA peut le faire mieux que moi dans deux ans ?’"

Cette défiance s’étend jusqu’aux startups, autrefois perçues comme des terreaux d’innovation. Station F, le plus grand campus de startups au monde, a enregistré une baisse de 30 % de candidatures en 2024. "Les jeunes ne veulent plus prendre de risques", analyse Roxanne Varza, sa directrice. "Ils préfèrent un CDI dans un hôpital ou une mairie qu’un contrat en CDD dans une boite qui peut fermer dans six mois." Un constat partagé par LinkedIn : en 2025, 1 jeune sur 4 ayant postulé chez Google ou Amazon a finalement signé dans le secteur public.

Pourtant, l’IA n’est pas le seul épouvantail. Les scandales à répétition chez les géants tech ont aussi laissé des traces : licenciements massifs chez Twitter (devenu X) en 2023, affaires de harcèlement chez Ubisoft ou Activision, burn-out chronique dans la Silicon Valley"On nous vendait le rêve californien, mais en réalité, c’est l’usine à burn-out", témoigne Thomas, 26 ans, ex-employé de Amazon reconverti dans l’enseignement. "Je gagnais bien ma vie, mais à quel prix ? 80 heures par semaine, des objectifs impossibles… Aujourd’hui, je préfère mon salaire de prof, même s’il est deux fois moins élevé."

"Code & Service Public" : quand l’État profite de la déroute des GAFAM

Dans ce paysage en mutation, un acteur sort grand gagnant : le secteur public. Longtemps boudé pour son manque de dynamisme, il connaît un regain d’attrait spectaculaire. Selon Handshake, les candidatures dans la fonction publique ont bondi de 31 % en 2025, contre seulement +5 % dans le privé. La raison ? Des avantages en béton armé :

  • 92 % des postes proposent un CDI dès l’embauche (contre 68 % dans la tech, source INSEE 2025),
  • Une localisation géographique stable (critère cité par 79 % des sondé·e·s),
  • Des grilles salariales prévisibles, un argument de poids dans un contexte d’inflation persistante.

Les gouvernements ont vite compris l’aubaine. En France, le ministère de la Transformation publique a lancé en 2024 le programme "Code & Service Public", qui offre une prime de 5 000 € aux informaticien·ne·s acceptant de travailler deux ans dans l’administration. "On a reçu 12 000 candidatures en trois mois", se félicite Stanislas Guerini, ministre concerné. "Des profils qui, il y a encore deux ans, auraient postulé chez Google sans hésiter."

L’Allemagne et les États-Unis ont emboîté le pas. Berlin a créé un "Corps numérique fédéral" pour attirer les talents tech dans ses ministères, tandis que la NSA américaine a multiplié les campagnes ciblées vers les étudiant·e·s en cybersécurité, avec des arguments chocs : "Protégez votre pays, pas les algorithmes d’une multinationale." Un discours qui porte : selon The Verge, le taux de rétention des jeunes diplômé·e·s dans le public atteint désormais 87 % après deux ans, contre 63 % dans le privé tech.

Derrière les chiffres, une quête de sens (et de sommeil)

Mais au-delà des données, c’est une véritable crise de sens qui se dessine. 68 % des jeunes interrogé·e·s par Deloitte (2025) estiment que les GAFAM ont "perdu leur âme" en devenant des machines à profit. "Je ne veux pas passer ma vie à optimiser des pubs pour Meta", explique Emma, 23 ans, qui a abandonné son master en data science pour se former au métier de sage-femme. "Au moins, là, je sais que mon travail a un impact réel."

Autre critère massif : la qualité de vie. Les open spaces bruyants, les réunions à 22h avec des collègues à l’autre bout du monde, ou les week-ends sacrifiés pour des deadlines impossibles n’attirent plus. 74 % des sondé·e·s veulent un lieu de travail fixe et des horaires stables – deux luxes que les GAFAM peinent à offrir, même avec leurs avantages en nature (repas gratuits, salles de sport…). "À 25 ans, je préfère un 35 heures dans un hôpital qu’un 60 heures chez Uber", assume Karim, ancien stagiaire chez Doordash aujourd’hui infirmier.

Enfin, il y a la question de la réputation. Les scandales à répétition (Cambridge Analytica pour Facebook, conditions de travail chez Amazon, licenciements abusifs chez Twitter…) ont terni l’image des géants tech. 58 % des jeunes estiment que travailler pour un GAFAM est aujourd’hui "moralement discutable" (sondage Ifop 2025). "Je ne veux pas être complice d’un système qui exploite les données ou les livreurs", justifie Sophie, qui a refusé une offre de Google pour rejoindre une ONG spécialisée dans l’éthique numérique.

Pour les GAFAM, l’urgence est double : reconstruire leur image et réinventer leurs modèles de travail. Certains tentent des pistes, comme Microsoft, qui a lancé un programme de "tech for good" pour attirer les jeunes en leur promettant de travailler sur des projets à impact social. Apple, de son côté, mise sur des contrats hybrides (télétravail + présence limitée) et des horaires flexibles. Mais est-ce suffisant ? "Ils arrivent trop tard", estime Léa. "Notre génération a compris une chose : le code, ça ne nourrit pas son homme… ou alors, au prix de sa santé mentale."

Et demain ? Trois scénarios pour 2030

Face à cette hémorragie de talents, trois futurs possibles se dessinent pour les GAFAM :

1. Le scénario "réinvention forcée"
Les géants tech pourraient radicalement changer leur modèle : moins de pression, plus de sens, et des garanties contre l’obsolescence. Google teste déjà des "contrats à vie" pour ses meilleur·e·s éléments, tandis que Amazon a annoncé un plan de requalification interne pour ses employé·e·s menacé·e·s par l’IA. "Si ils veulent survivre, ils n’ont pas le choix", analyse Éric Sadin, philosophe spécialiste du numérique.

2. Le scénario "désertification"
Si rien ne change, les GAFAM pourraient devenir des "usines à seniors", avec une main-d’œuvre vieillissante et un turnover record. D’ici 2030, 60 % de leurs effectifs pourraient avoir plus de 40 ans (projection McKinsey), avec un risque accru de déséquilibre générationnel et de perte d’innovation.

3. Le scénario "État 2.0"
Le secteur public pourrait devenir le premier employeur tech d’Europe, avec des laboratoires d’IA publics et des services numériques souverains. La France, avec son programme "Code & Service Public", et l’Allemagne, via son "Corps numérique fédéral", sont en pole position. "Imaginez un Google, mais sans les actionnaires et avec une mission d’intérêt général", rêve Stanislas Guerini.

Une chose est sûre : la Génération Z a sonné le glas du "travail comme religion" cher à la Silicon Valley. Entre stabilité, sens et équilibre vie pro/vie perso, les jeunes ont fait leur choix. Aux GAFAM de s’adapter… ou de disparaître.

Le message est clair : la Génération Z ne veut plus être le carburant des GAFAM. Entre la peur de l’IA, la lassitude des rythmes infernaux et l’appel du secteur public, les jeunes ont tranché. Les géants tech ont encore quelques cartes à jouer – réinventer leurs modèles, redonner du sens, ou laisser le champ libre à des acteurs publics plus attractifs. Mais une chose est certaine : l’ère où un salaire à six chiffres suffisait à attirer les talents est révolue. Aujourd’hui, il faut aussi offrir stabilité, éthique, et une raison de se lever le matin. Sinon, les hôpitaux, les écoles et les mairies se feront un plaisir de récupérer la relève.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
La tech, c’était le Diablo des années 90 : on y croyait dur comme fer, on dépensait des heures à optimiser ses stats, et puis un jour, le jeu nous a softlocked avec des bugs et des serveurs qui s’effondrent. Sauf que là, c’est pire : on a encore le save de notre vie pro à faire, mais les devs ont tous abandonné pour devenir infirmiers. Dommage, j’aurais bien aimé un final boss en IA à défoncer avec mon clavier mécanique. Les GAFAM, c’est comme Final Fantasy VII : tout le monde voulait être Cloud, mais personne ne voulait plus jouer à la fin. Maintenant, on préfère les quêtes sans TP (téléportation) et sans overleveling (salaire à 6 chiffres). Dommage, j’aurais bien aimé un Chocobo Farming dans l’administration… mais bon, au moins, pas de Midgar à gérer. Le secteur public, c’est le Pokémon des années 2000 : stable, prévisible, et surtout, pas de Gengar qui te remplace au dernier moment. Les jeunes, eux, ont compris que Pikachu en CDI, c’est plus cool que Mewtwo en burn-out. Et puis, au moins, tu peux attraper des Pokéballs sans stresser sur ton stock-options. L’IA, c’est le Tetris de la génération Z : tout le monde sait que c’est une question de temps avant que le jeu ne se termine tout seul. Sauf que là, c’est leur carrière qui s’effondre en mode game over. Dommage, j’aurais bien aimé un New Game+ dans le public… mais bon, au moins, pas de cheat code qui te licencie. Les GAFAM, c’est comme The Sims : tout le monde voulait construire sa vie parfaite, mais personne ne voulait gérer les bugs de la réalité. Maintenant, on préfère les maisons en briques (CDI) aux palais en verre (open spaces). Dommage, j’aurais bien aimé un Sims 4 avec des stock-options… mais bon, au moins, pas de neighbourhood watch qui te fait virer. Le "Code & Service Public", c’est le Mario Kart des métiers : tout le monde veut gagner, mais personne ne veut prendre les virages serrés (les GAFAM) ou les shells (les scandales). Maintenant, on préfère les circuits tranquilles (l’administration) aux drift à 200 km/h (les startups). Dommage, j’aurais bien aimé un Kart avec des power-ups en CDI… mais bon, au moins, pas de Bob-omb qui te remplace. Les jeunes, c’est comme Chrono Trigger : ils veulent vivre dans un monde où le temps s’arrête pour eux (stabilité), où les time loops (burn-out) sont interdits, et où Crono (leur carrière) ne meurt pas à cause d’une IA. Dommage, j’aurais bien aimé un final boss en Laguna Loon… mais bon, au moins, pas de time skip qui te fait vieillir avant l’heure.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen