Il y a 63 jours
Ghouls & Ghostbusters : Les classiques **ET** le remake sur Disney+ !
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Deux visions des Ghostbusters enfin réunies sur Disney+
Le géant du streaming propose désormais les deux époques de la saga Ghostbusters : le classique intemporel de 1984 et son reboot féminin de 2016. Un face-à-face entre nostalgie et modernité, où l’humour décalé et les effets spéciaux se confrontent. Malgré des critiques mitigées pour la version 2016, la franchise a su renaître avec Ghostbusters: Afterlife (2021), prouvant que ces chasseurs de spectres ont encore de l’avenir. Disney+ offre ainsi une plongée complète dans l’univers, des origines cultes aux réinventions récentes.
A retenir :
- Ghostbusters (1984) et son reboot de 2016 débarquent sur Disney+ pour un duel générationnel.
- Le remake féminin, porté par Melissa McCarthy et Kristen Wiig, a divisé : 229M$ de recettes pour un budget de 144M$.
- Les effets visuels du reboot (Sony Pictures Imageworks) ont été salués, mais l’humour a manqué de spontanéité.
- Ghostbusters: Afterlife (2021) relance la saga avec succès : 204M$ de recettes pour 75M$ de budget.
- Le film original reste une référence du cinéma familial, tandis que le reboot a souffert d’un scénario trop proche de l’original.
- Disney+ propose désormais un voyage complet dans la franchise, des racines cultes aux innovations récentes.
Quand deux époques de chasseurs de fantômes se rencontrent sur Disney+
Imaginez un soir d’automne, un bol de pop-corn à la main, et soudain, l’icône du fantôme barré d’un cercle rouge s’affiche à l’écran. Disney+ vient d’exaucer un vœu de fan en réunissant sur sa plateforme deux visions radicalement différentes des Ghostbusters : le chef-d’œuvre intemporel de 1984, qui a marqué toute une génération, et son remake controversé de 2016. Deux films, deux ambiances, mais une même promesse : rire devant des chasseurs de spectres aussi maladroits qu’héroïques.
Le premier, réalisé par Ivan Reitman, est un monument du cinéma des années 80. Avec Bill Murray, Dan Aykroyd et Harold Ramis en trio comique explosif, il a redéfini la comédie fantastique. Le second, signé Paul Feig, mise sur un quatuor 100% féminin – Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones – pour moderniser la formule. Résultat ? Un choc des cultures cinématographiques, désormais accessible en un clic.
Pour les puristes, c’est l’occasion de (re)découvrir le film qui a popularisé le Stay-Puft Marshmallow Man et les blagues cinglantes de Peter Venkman. Pour les curieux, c’est la chance de juger par eux-mêmes ce remake qui a tant divisé. Et pour Disney+, c’est une manière astucieuse de capitaliser sur la nostalgie tout en attirant un public plus jeune, avide de contenus féminins et inclusifs.
2016 : un reboot ambitieux, mais un pari risqué
Quand Sony annonce un reboot des Ghostbusters avec un casting entièrement féminin, l’information fait l’effet d’une bombe. Les réseaux sociaux s’embrasent : pour certains, c’est une révolution nécessaire ; pour d’autres, un sacrilège. Le film sort en juillet 2016, avec un budget pharaonique de 144 millions de dollars et une campagne marketing aussi massive qu’agressive. Pourtant, malgré des stars comme Melissa McCarthy (alors reine de la comédie américaine) et Kristen Wiig, le résultat déçoit.
Les critiques sont sans appel : le scénario, écrit par Paul Feig et Katie Dippold, reprend trop d’éléments de l’original sans jamais trouver sa propre voix. Les gags, souvent forcés, manquent de la spontanéité qui faisait le charme du premier volet. Même les caméos de Bill Murray (en sceptique misogyne) et Dan Aykroyd (en chauffeur de taxi) ne suffisent pas à sauver l’ensemble. "On dirait une copie pâle, comme si les scénaristes avaient eu peur de prendre des risques"*, résume Le Monde dans sa critique.
Côté box-office, les chiffres confirment l’échec relatif : 229 millions de dollars de recettes mondiales, soit à peine plus que son budget. Un score bien loin des 240M$ (ajustés de l’inflation) du film de 1984. Pourtant, tout n’est pas à jeter : les effets visuels, signés Sony Pictures Imageworks, sont salués pour leur modernité, notamment les séquences de combat contre les entités spectrales. Et Kate McKinnon, dans le rôle de l’excentrique Jillian Holtzmann, vole la vedette avec son énergie déjantée.
Le vrai problème ? Le film arrive à un moment où les reboots sont légion, et où le public commence à en avoir assez des recyclages nostalgiques. "Pourquoi refaire Ghostbusters alors qu’on pourrait inventer quelque chose de nouveau ?", s’interrogeait déjà en 2016 le critique Mark Kermode. Une question qui résonne encore aujourd’hui.
"Qui vous allez appeler ?" – La franchise trouve son second souffle
Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, le semi-échec du reboot de 2016 n’a pas enterré la saga. Bien au contraire. En 2021, Jason Reitman – fils du réalisateur original, Ivan Reitman – prend les rênes de Ghostbusters: Afterlife, un film qui parvient l’exploit de raviver la flamme sans tomber dans les pièges du passé.
Avec un budget plus modeste (75 millions de dollars), le film mise sur une nouvelle génération de chasseurs de fantômes, incarnée par Finn Wolfhard (de Stranger Things) et Mckenna Grace. L’histoire se déroule dans une petite ville rurale, loin de New York, et explore les liens familiaux tout en rendant hommage aux origines de la franchise. Les fans sont aux anges : les références à l’original sont légion, mais jamais gratuites. Et surtout, le film ose innover, notamment avec une intrigue plus émotionnelle et des effets spéciaux qui mélangent nostalgie (les fantômes "rétro" des années 80) et modernité.
Résultat : 204 millions de dollars de recettes mondiales, soit presque trois fois son budget. La critique est cette fois bien plus clémente, saluant un équilibre parfait entre hommage et renouvellement. "Afterlife prouve qu’on peut faire du neuf avec du vieux, à condition d’y mettre du cœur"*, écrit Première. Preuve que la franchise a encore de beaux jours devant elle, surtout avec un Ghostbusters: Frozen Empire prévu pour 2024.
Derrière les proton packs : les coulisses d’une saga culte
Saviez-vous que le concept original des Ghostbusters était bien plus sombre ? À l’origine, Dan Aykroyd imaginait un film d’horreur où des chasseurs de fantômes voyageaient dans le temps pour combattre des entités maléfiques. C’est Ivan Reitman qui a insisté pour en faire une comédie, estimant que le potentiel comique du scénario était bien plus fort. Et il avait raison : le ton léger, mêlé à des effets spéciaux révolutionnaires pour l’époque (les fantômes en go motion, une technique proche de l’animation image par image), a fait des Ghostbusters un phénomène culturel.
Autre anecdote méconnue : le célèbre logo du fantôme barré a été dessiné en… 5 minutes par le graphiste Michael C. Gross, sur un coin de table. Il touchera pour cela un chèque de 1 000 dollars – une somme dérisoire au vu de l’impact durable de son création. Quant à la chanson thème, Ray Parker Jr. l’a composée en une nuit, après que Ivan Reitman lui ait passé un coup de fil en urgence. Le morceau deviendra un tube planétaire, nominé aux Oscars.
Le remake de 2016, lui, a été marqué par des tensions sur le plateau. Paul Feig a révélé dans une interview que certaines scènes ont dû être tournées jusqu’à 20 fois pour trouver le bon ton comique. Melissa McCarthy, habituée à improviser, a parfois eu du mal avec le scénario très écrit. À l’inverse, Kate McKinnon a improvisé la plupart de ses répliques, donnant à son personnage une folie qui a sauvé plusieurs séquences.
Disney+ : une plateforme idéale pour (re)découvrir la saga
Avec l’arrivée de ces deux films sur Disney+, la plateforme s’impose comme le lieu idéal pour explorer l’évolution des Ghostbusters. Le classique de 1984, avec ses dialogues cultes ("Il ne faut surtout pas croiser les flux !") et son humour absurde, reste un modèle du genre. Le remake de 2016, malgré ses défauts, offre une lecture intéressante sur la manière dont Hollywood tente (parfois maladroitement) de moderniser ses franchises.
Pour les abonnés, c’est aussi l’occasion de faire des comparaisons passionnantes :
- L’humour : spontané et naturel en 1984, plus travaillé (voire forcé) en 2016.
- Les effets spéciaux : révolutionnaires pour l’époque dans le premier, ultra-polies mais moins surprenants dans le second.
- La dynamique d’équipe : une alchimie immédiate entre Murray, Aykroyd et Ramis, contre une chimie plus laborieuse (mais pas inexistante) chez les héroïnes de 2016.
Et pour ceux qui voudraient aller plus loin, Disney+ propose aussi Ghostbusters II (1989), moins inspiré que l’original mais toujours divertissant, ainsi que la série animée Les Vrais Ghostbusters (1986-1991), culte pour les enfants des années 90. De quoi faire un marathon complet, en attendant la sortie de Ghostbusters: Frozen Empire l’année prochaine.
Pourquoi ces films continuent de nous fasciner
Au-delà des effets spéciaux ou des gags, les Ghostbusters touchent quelque chose de universel : l’idée que des loser(s) peuvent devenir des héros. Que ce soit Peter Venkman, scientifique cynique mais charismatique, ou Abby Yates (Melissa McCarthy), passionnée mais marginalisée, ces personnages incarnent une forme de rédemption par l’absurde. Ils combattent des fantômes avec des outils bricolés, improvisent des solutions farfelues, et finissent toujours par sauver la journée… malgré eux.
C’est aussi une franchise qui joue avec nos peurs enfantines (les monstres sous le lit, les maisons hantées) pour mieux les désamorcer par le rire. "La comédie, c’est la tragédie plus le temps"*, disait Steve Martin. Les Ghostbusters poussent cette idée plus loin : et si la tragédie, c’était juste une blague qu’on n’a pas encore comprise ?
Enfin, ces films sont un miroir de leur époque. Celui de 1984 reflète l’optimisme décomplexé des années Reagan, où la technologie (les proton packs) et l’individualisme triomphant sauvaient le monde. Celui de 2016, plus cynique, interroge la place des femmes dans un univers traditionnellement masculin. Quant à Afterlife, il parle de transmission, de nostalgie, et de la manière dont on hérité (ou pas) des combats des générations précédentes.
Et avec Ghostbusters: Frozen Empire à l’horizon, la saga n’a pas fini de hanter nos écrans.

