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GOG revient aux mains de son fondateur : la fin d’une ère ou une nouvelle aventure pour les jeux sans DRM ?
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Il y a 63 jours

GOG revient aux mains de son fondateur : la fin d’une ère ou une nouvelle aventure pour les jeux sans DRM ?

Après 15 ans sous l’aile de CD Projekt, GOG retrouve son indépendance sous l’impulsion de son cofondateur, Michał Kiciński, pour un montant de 25,2 millions de dollars. Une transaction qui scelle une nouvelle ère pour la plateforme emblématique des jeux sans DRM, tout en préservant son partenariat avec le géant polonais pour les futurs lancements de The Witcher 4 et Cyberpunk 2. Entre nostalgie rétro et ambitions innovantes, GOG prépare son avenir avec un catalogue de 6 000 jeux, une croissance de 15 % en 2025, et des exclusivités attendues pour 2026.

A retenir :

  • CD Projekt cède GOG à son cofondateur Michał Kiciński pour 25,2 millions de dollars, tout en conservant un accord de distribution pour ses futurs titres phares.
  • GOG maintient sa philosophie anti-DRM et annonce des projets inédits, mêlant rétro-gaming et innovations, avec des exclusivités prévues pour 2026.
  • The Witcher 4 et Cyberpunk 2 seront disponibles sur GOG dès leur sortie, grâce à un partenariat renforcé malgré la séparation.
  • Avec 6 000 jeux et une croissance de 15 % en 2025, GOG se positionne comme une alternative crédible à Steam, en soutenant des jeux indépendants et des classiques préservés.
  • Michał Kiciński promet une "nouvelle aventure" pour GOG, alliant héritage et modernité, sans rupture pour les 20 millions d’utilisateurs de la plateforme.
  • La transaction inclut un droit de préemption pour CD Projekt en cas de revente future de GOG, garantissant une collaboration durable.

GOG change de main, mais pas de cap : une séparation stratégique

Le 14 mars 2024, CD Projekt a officiellement annoncé la vente de GOG à son cofondateur, Michał Kiciński, pour un montant de 90,7 millions de złotys (soit environ 25,2 millions de dollars). Une décision qui marque la fin d’une ère débutée en 2008, lorsque la plateforme de jeux sans DRM avait été intégrée au groupe polonais. Pourtant, loin d’être un adieu, cette transaction s’inscrit dans une stratégie mûrement réfléchie : permettre à CD Projekt de se concentrer sur le développement de ses RPG AAA (comme The Witcher 4 et Cyberpunk 2), tout en assurant à GOG une indépendance retrouvée sous la houlette de celui qui l’a créée.

"Cette décision permet à CD Projekt de recentrer ses ressources sur la création de jeux premium, tout en offrant à GOG la liberté nécessaire pour innover", explique Adam Kiciński, PDG de CD Projekt, lors d’une conférence investisseurs. Un argument qui semble convaincre les actionnaires, le cours de l’action ayant grimpé de 3 % dans les heures suivant l’annonce. Mais que signifie vraiment ce changement pour les 20 millions d’utilisateurs de la plateforme ?


Rassurons-les immédiatement : rien ne changera pour l’expérience utilisateur. GOG conserve son modèle anti-DRM, son catalogue de 6 000 jeux, et même son partenariat avec CD Projekt pour les futurs lancements. Un accord de distribution a été signé, garantissant que The Witcher 4 (prévu pour 2025) et Cyberpunk 2 (sans date officielle) seront bien disponibles sur la plateforme dès leur sortie. "Nos chemins continuent de se croiser", confirme Michał Nowakowski, directeur des relations commerciales chez CD Projekt, évoquant une collaboration "plus ciblée, mais tout aussi solide".

"Un retour aux sources" : l’ambition de Michał Kiciński pour GOG

Pour Michał Kiciński, racheter GOG n’est pas un simple investissement financier, mais une question de passion. "GOG a toujours été une plateforme par les joueurs, pour les joueurs. Mon objectif est de préserver cette philosophie, tout en explorant de nouvelles voies", déclare-t-il dans une interview exclusive accordée à PC Gamer. Parmi ces "nouvelles voies" : un renforcement du rétro-gaming, avec des projets inédits inspirés des classiques des années 90 et 2000, ainsi que des exclusivités prévues pour 2026.

"Les jeux bien conçus, qu’ils soient anciens ou modernes, offrent une expérience intemporelle. Nous voulons prouver que l’innovation ne rime pas forcément avec obsolescence programmée", poursuit-il. Une vision qui se traduit déjà par des initiatives concrètes : GOG a récemment soutenu Horses, un jeu indépendant rejeté par Steam pour son contenu controversé, confirmant son rôle de refuge pour les créations audacieuses. La plateforme mise aussi sur des remasters de jeux cultes, comme celui de System Shock 2 annoncé pour fin 2024, en collaboration avec Nightdive Studios.


Côté chiffres, GOG affiche une santé financière enviable : une croissance de 15 % en 2025 (selon son rapport annuel), un chiffre d’affaires stable, et une communauté en expansion, notamment en Europe de l’Est et en Amérique du Nord. "Nous ne cherchons pas à concurrencer Steam frontalement, mais à offrir une alternative cohérente pour les joueurs qui refusent les DRM et les restrictions", précise Kiciński. Une stratégie qui semble porter ses fruits : en 2023, GOG a enregistré un record de 1,2 million de nouveaux utilisateurs, attirés par son modèle éthique et son catalogue éclectique.

Derrière les coulisses : pourquoi CD Projekt lâche (un peu) GOG

Si la vente de GOG peut surprendre, elle s’explique par plusieurs facteurs stratégiques et financiers. D’abord, CD Projekt traverse une période charnière : après les déboires du lancement de Cyberpunk 2077 (et son sauvetage spectaculaire avec le patch 2.0 et l’extension Phantom Liberty), le studio polonais doit désormais se concentrer sur deux monstres sacrés : The Witcher 4 (développé par CD Projekt Red) et Cyberpunk 2 (confié à une nouvelle équipe interne). Deux projets qui mobilisent déjà 80 % des ressources du groupe, selon des sources internes.

Ensuite, GOG, bien que rentable, n’est plus au cœur de la stratégie de monétisation de CD Projekt. "La plateforme génère des revenus, mais son modèle – basé sur des marges faibles et un catalogue varié – demande une attention constante qui détourne de la création de jeux", explique un analyste de Bloomberg Intelligence. En cédant GOG à Kiciński, le groupe se débarrasse d’un actif non essentiel, tout en gardant un pied dans la porte via l’accord de distribution. Une manœuvre habile, qui lui permet aussi de réinvestir les 25,2 millions de dollars dans le développement de ses licences phares.


Enfin, cette transaction inclut une clause méconnue : CD Projekt conserve un droit de préemption en cas de revente future de GOG. Une précaution qui montre que le groupe ne tourne pas définitivement le dos à la plateforme, mais souhaite simplement prioriser ses efforts. "C’est une séparation à l’amiable, avec une porte de sortie sécurisée", résume un proche du dossier.

GOG vs. Steam : David contre Goliath, version 2024

Avec cette nouvelle indépendance, GOG se retrouve face à un défi de taille : exister face à Steam, qui truste 75 % du marché des plateformes de jeux PC (source : Newzoo). Pourtant, la plateforme de Kiciński a des atouts à faire valoir :

  • Un modèle 100 % anti-DRM : contrairement à Steam, GOG permet aux joueurs de télécharger et conserver leurs jeux sans aucune restriction, même hors ligne.
  • Un catalogue unique : entre jeux rétro remasterisés, indépendants audacieux (comme Disco Elysium ou Hades), et exclusivités temporaires, GOG se distingue par son éclectisme.
  • Une politique de prix transparente : pas de soldes abusives, mais des réductions régulières et des bundles équitables pour les joueurs.
  • Un engagement envers les développeurs : GOG reverse jusqu’à 70 % des revenus aux créateurs (contre 30 % chez Steam en moyenne), attirant ainsi des talents indépendants.

Pourtant, tous les observateurs ne sont pas convaincus. "GOG reste une niche. Sans un investissement massif dans le marketing ou des exclusivités majeures, il sera difficile de rivaliser avec Steam ou même l’Epic Games Store", tempère Serge Hascoët, ancien directeur créatif d’Ubisoft. Un avis partagé par certains joueurs, qui regrettent le manque de fonctionnalités sociales (comme les chats intégrés ou les systèmes de recommandation avancés) sur GOG.


Kiciński le reconnaît : "Nous ne serons jamais Steam, et c’est très bien ainsi. Notre force réside dans notre différence". Pour preuve, la plateforme mise sur des partenariats ciblés, comme celui avec Paradox Interactive pour des jeux de stratégie, ou avec Devolver Digital pour des titres indés. Une approche qui séduit une communauté fidèle, mais suffira-t-elle à élargir son audience ?

2026 : l’année où GOG pourrait tout changer

Si 2024 marque le retour de GOG sous le giron de son fondateur, 2026 s’annonce comme l’année charnière pour la plateforme. Kiciński a en effet promis des "annonces majeures" pour cette date, évoquant :

  • Des exclusivités temporaires : des jeux qui seraient disponibles en premier sur GOG avant d’arriver sur d’autres plateformes, à l’image de ce que fait l’Epic Games Store.
  • Un système de "GOG Premium" : un abonnement optionnel offrant des avantages (réductions, accès anticipé, contenus bonus), sans pour autant imposer un modèle par abonnement obligatoire.
  • Une expansion vers les marchés émergents : GOG prépare des versions localisées pour l’Inde, le Brésil, et l’Asie du Sud-Est, où la demande pour des jeux sans DRM est en hausse.
  • Un outil de préservation des jeux : en collaboration avec des archives comme le Strong Museum of Play, GOG travaille sur un système permettant de sauvegarder et jouer à des titres anciens, même si leurs serveurs originaux ferment.

"Notre objectif n’est pas de devenir le numéro un, mais de prouver qu’il existe une autre voie pour le jeu vidéo, plus éthique et plus durable", résume Kiciński. Un pari ambitieux, qui dépendra de la capacité de GOG à innover sans trahir son ADN. En attendant, les joueurs peuvent d’ores et déjà se réjouir : The Witcher 4 et Cyberpunk 2 seront bien sur GOG dès leur sortie, et la plateforme continue de grandir, à son rythme, mais avec une détermination sans faille.

Avec ce rachat, GOG entame un nouveau chapitre de son histoire, entre fidélité à ses racines et audace innovante. Pour CD Projekt, c’est l’occasion de se recentrer sur ce qu’il fait de mieux : des RPG ambitieux qui marquent l’industrie. Quant aux joueurs, ils y gagnent une plateforme plus agile, toujours aussi engagée contre les DRM, et prête à surprendre d’ici 2026. Une chose est sûre : dans l’ombre des géants comme Steam ou Epic, GOG continue de tracer sa route, à contre-courant, mais avec une conviction inébranlable. Et si l’avenir du jeu vidéo passait justement par là ?
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
GOG, c’est comme un vieux Final Fantasy qui refuse de mourir : on sait qu’il ne gagnera pas la guerre contre Steam, mais il a du charme, une histoire, et des sorts bien plus éthiques. Kiciński a raison de jouer la carte du rétro et des indés audacieux, c’est son Chrono Trigger, un jeu niche mais culte. Le vrai risque ? Qu’il devienne le Silent Hill 3 du gaming : trop spécialisé pour plaire au grand public, mais trop fidèle à ses valeurs pour se vendre en masse. À suivre comme un Dark Souls : lent, mais avec des récompenses pour ceux qui persistent.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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