Skim-Gaming logo

Actualité

"Hell of a Summer" : Le film surprise de Finn Wolfhard qui défie HBO Max (et les critiques !)
Actualité

Il y a 62 jours

"Hell of a Summer" : Le film surprise de Finn Wolfhard qui défie HBO Max (et les critiques !)

Pourquoi ce slasher déjanté de Finn Wolfhard cartonne-t-il malgré des critiques en demi-teinte ? Décryptage d’un phénomène HBO Max qui marie nostalgie des années 80, humour gras et horreur low-cost – et qui prouve qu’un film peut plaire sans plaire à tout le monde.

A retenir :

  • 2ᵉ position sur HBO Max : Verano infernal talonne Leonardo DiCaprio avec un mélange explosif de comédie et d’horreur, malgré un 49 % sur Rotten Tomatoes.
  • Finn Wolfhard & Billy Bryk (Stranger Things) passent derrière la caméra pour un premier film hommage aux slasher des années 80, entre Vendredi 13 et teen movie débridé.
  • Un casting éclectique (Adam Pally, Rosebud Baker, Fred Hechinger) et des effets pratiques tournés en forêt ontarienne pour un budget serré de 8 millions de dollars.
  • L’audace du scénario absurde (hallucinations en forêt, humour potache) divise la critique mais séduit un public en quête de divertissement sans prétention.
  • Un succès inattendu qui rappelle l’esprit DIY des films de Kevin Smith ou des productions Troma : l’authenticité avant les moyens.
  • La preuve que les plateformes streaming peuvent propulser des projets niche, même mal notés, grâce à un marketing ciblé et une communauté engagée.

Un ovni cinématographique s’invite dans le top HBO Max

Alors que 2023 s’achève sur des blockbusters attendus, c’est un petit film hybride qui crée l’événement. Verano infernal (titre original : Hell of a Summer), réalisé par Finn Wolfhard et Billy Bryk – les deux compères de Stranger Things – s’est hissé à la 2ᵉ place des contenus les plus regardés sur HBO Max, juste derrière le dernier opus de Leonardo DiCaprio. Un exploit d’autant plus surprenant que le long-métrage cumule un 49 % de critiques positives sur Rotten Tomatoes, preuve que l’alchimie entre un film et son public échappe souvent aux pronostics.

Comment expliquer ce succès ? D’abord par son ton unique : un mélange détonant de comédie potache et d’horreur slasher, le tout saupoudré d’une nostalgie assumée pour les films des années 80. Ensuite, par son positionnement malin : HBO Max l’a mis en avant comme un "divertissement sans prise de tête", un argument massue pour des spectateurs en quête d’évasion légère. Enfin, par l’aura de Finn Wolfhard, star de Stranger Things, dont la fanbase fidèle a joué un rôle clé dans la viralité du projet.


Derrière la caméra : deux enfants de Stranger Things en terrain connu

Finn Wolfhard et Billy Bryk ne sont pas des novices en matière de cinéma d’horreur. Le premier a grandi sous les projecteurs de Stranger Things, série culte où l’horreur le dispute à l’amitié adolescente ; le second a coécrit des épisodes de la même série. Leur passage à la réalisation avec Verano infernal était donc presque une évidence. Leur approche ? "On voulait faire un film qui nous aurait fait kiffer à 16 ans : du gore, des blagues débiles, et une ambiance forêt maudite", confie Bryk dans une interview à Variety.

Le scénario, coécrit par le duo, suit un groupe d’amis dont les vacances tournent au cauchemar après avoir ingéré des champignons hallucinogènes. Entre trip psychédélique et meurtres en série, le film joue la carte de l’absurde plutôt que de la tension pure, avec des dialogues volontairement clichés et des situations roulant à l’exagération. Une recette qui rappelle les slasher B-movies des années 80, comme Le Territoire des morts-vivants ou Sleepaway Camp, où l’humour noir le disputait aux effets spéciaux approximatifs.

Pourtant, ce parti pris divise. Certains critiques, comme Peter Bradshaw du Guardian, y voient un "fatras d’idées mal assemblées", tandis que d’autres, à l’image de Katie Rife (A.V. Club), saluent son "audace rafraîchissante dans un paysage horrifique trop souvent sérieux". Une chose est sûre : le film ne laisse personne indifférent.


"On a tourné ça comme une bande de potes" : le making-of low-cost qui surprend

Avec un budget estimé à 8 millions de dollars – une misère pour Hollywood –, l’équipe de Verano infernal a dû faire preuve d’ingéniosité. Le tournage s’est déroulé en Ontario (Canada), dans des forêts isolées qui rappellent étrangement les décors de Stranger Things. "On avait accès à des paysages incroyables, mais il a fallu composer avec la météo et les animaux locaux… dont un ours qui a failli gagner la course contre notre équipe de sécurité !", raconte Finn Wolfhard dans les bonus du film.

Les effets spéciaux, volontairement low-tech, sont un autre point fort. Pas de CGI surutilisé ici, mais des prothèses en latex, du maquillage artisanal, et des pièges mécaniques dignes des films de Tom Savini (le maître des effets gore des années 80). Une approche DIY qui rappelle les débuts de Kevin Smith avec Clerks ou les productions Troma, où la créativité compensait le manque de moyens. "On voulait que le film ait une texture organique, comme si tu tombais sur une vieille cassette VHS oubliée dans un grenier", explique le directeur de la photo, Jarin Blaschke (connue pour son travail sur The Lighthouse).

Même la bande-son participe à cette ambiance rétro, avec des morceaux inspirés des synthés des années 80 et une BO signée Michael Stein (un vétéran des musiques de jeux vidéo, ayant travaillé sur Celeste). Résultat : une immersion totale dans un univers où le kitsch le dispute au sincère.


Un casting qui joue le jeu (et la comédie)

Si Finn Wolfhard est la tête d’affiche, le film mise sur un casting éclectique pour porter son énergie déjantée. À ses côtés, on retrouve :

  • Adam Pally (The Mindy Project), en mentor déjanté et légèrement alcoolique, qui vole presque la vedette avec ses répliques cultes ("Les champignons, c’est comme les ex : ça te revient toujours en pleine gueule").
  • Rosebud Baker, stand-up comedienne révélée par Netflix, qui incarne la sarcastique du groupe avec un timing comique impeccable.
  • Fred Hechinger (The White Lotus), en adolescent maladroit dont les malheurs enchaînés rappellent les héros de John Hughes.
  • D’Pharaoh Woon-A-Tai (Reservation Dogs), qui apporte une touche de gravité bienvenue dans ce chaos organisé.
  • Abby Quinn (Landline), dont le personnage de "final girl" revisitée est l’un des plus aboutis du film.

La magie opère grâce à une chimie évidente entre les acteurs, renforcée par des scènes d’improvisation. "Finn nous a laissé une grande liberté, surtout dans les dialogues. Certaines blagues du film sont nées sur le plateau, comme la scène du hot-dog géant qui part en vrille", révèle Adam Pally. Un choix risqué, mais qui paie : le film évite ainsi le piège du scénario trop écrit, pour un résultat naturel et spontané.


Pourquoi ça plaît (ou pas) ? Le débat qui agite les réseaux

Sur les réseaux sociaux, Verano infernal fait l’objet de réactions passionnées. Du côté des fans :

  • "Enfin un film qui assume son côté trash sans complexe !" (Twitter, @HorrorJunkie)
  • "L’humour est con, mais c’est exactement ce qu’on attend d’un slasher des années 80. Les références à Vendredi 13 sont hilarantes." (Reddit, r/horror)
  • "Le duo Wolfhard/Bryk a capté l’esprit des teen movies : des potes, des conneries, et un tueur masqué. Que demander de plus ?" (TikTok, #HellOfASummer)

À l’inverse, les détracteurs pointent :

  • Un scénario décousu, où les ellipses narratives frustrent ("On passe de la comédie à l’horreur sans transition, comme si le film ne savait pas ce qu’il voulait être", IndieWire).
  • Des personnages stéréotypés, malgré un casting attachant ("On a l’impression de voir des archétypes des années 90 recyclés sans originalité", The Hollywood Reporter).
  • Un rythme inégal, avec des longueurs dans la première moitié, avant un final plus nerveux.

Pourtant, c’est précisément cette imperfection assumée qui séduit. Comme le souligne Jordan Peele (réalisateur de Get Out) dans une interview pour Empire : "Les films qui divisent sont souvent ceux qui marquent. Verano infernal a le mérite de ne pas être lisse, et ça, c’est rare aujourd’hui."


Et maintenant ? L’avenir de Finn Wolfhard derrière la caméra

Avec ce premier essai, Finn Wolfhard et Billy Bryk ont prouvé qu’ils savaient capter l’esprit d’une époque tout en y apportant leur patte. Alors, quel avenir pour ce duo ?

D’après Deadline, un projet de série anthologique horrifique serait en développement, toujours dans la veine du slasher humoristique. Par ailleurs, Wolfhard a évoqué en interview son envie de réaliser un film "plus sombre, inspiré des œuvres de David Lynch" – un virage à 180° qui surprendrait, mais qui montrerait sa volonté de ne pas se cantonner à un seul genre.

Une chose est sûre : Verano infernal a ouvert des portes. Et si le film ne restera peut-être pas comme un chef-d’œuvre, il a déjà accompli quelque chose de rare : redonner le sourire aux fans de cinéma d’horreur décomplexé.

Verano infernal est le genre de film qui n’aurait probablement pas survécu dans les salles obscures, mais qui trouve son public sur une plateforme comme HBO Max. Entre hommage nostalgique et audace générationnelle, il prouve qu’un projet peut cartonner sans faire l’unanimité – et que parfois, les défauts deviennent des atouts. À l’heure où Hollywood mise sur des blockbusters aseptisés, ce slasher low-cost, bordélique et sincère rappelle une évidence : le cinéma, avant d’être une industrie, est d’abord une aventure collective. Et celle-ci, visiblement, donne envie d’y repartir.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"OSS 117, si tu devais résumer ce film en trois mots, ce serait : 'champignons + gore + OSS 117 en pyjama'. Le truc, c’est qu’ils ont réussi à faire un truc croquignolesque qui sent le ketchup et la nostalgie à plein nez, comme si Stranger Things avait fait un coming-out slasher en regardant Bill & Ted’s Bogus Journey en boucle. Les haters râleront sur le scénario décousu, mais franchement, c’est comme critiquer un burger parce qu’il n’a pas la texture d’un steak tartare : on est dans le fast-food de l’horreur, pas dans la cuisine étoilée. Et puis, avouons-le, quand Finn Wolfhard joue un ado en sueur en hurlant "C’EST L’OURS !" comme s’il venait de découvrir le multivers, on est fatalement accro. Le seul vrai crime ? Avoir prouvé que l’utopie d’un blockbuster low-cost mais hype était possible. Pote, on a gagné."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic