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"Hellslayer" : Le FPS maudit de John Romero, entre héritage DOOM et annulation brutale
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Il y a 63 jours

"Hellslayer" : Le FPS maudit de John Romero, entre héritage DOOM et annulation brutale

Un DOOM moderne sacrifié sur l’autel des bilans

Hellslayer, le projet secret de Romero Games, promettait de fusionner la furie de DOOM avec le game design implacable de Hotline Miami. Porté par John Romero, co-créateur du mythique FPS de 1993, ce shooter gore et ultra-rapide aurait dû sortir en 2025... si Microsoft n’avait pas tout stoppé net. Entre licenciements massifs, scandales chez Activision Blizzard, et une logique financière impitoyable, découvrez comment un jeu qui aurait pu réinventer le FPS rétro a fini dans les limbes du développement.

A retenir :

  • Hellslayer : Un mélange explosif entre DOOM (1993) et Hotline Miami (2012), avec un système de recommencement instantané et une esthétique pixel art sanglante.
  • Un prêtre exorciste comme protagoniste, affrontant des légions démoniaques dans des arènes conçues pour la maîtrise technique et la punition des erreurs.
  • Inspiré par Ultrakill et Dusk, le jeu misait sur une identité visuelle unique, entre néons cyberpunk et gore excessif.
  • Annulation brutale en 2024 : Microsoft coupe les fonds dans le cadre de 1 900 licenciements, malgré le rachat d’Activision Blizzard pour 68,7 milliards de dollars.
  • Un projet victime des scandales internes (harcèlement, culture toxique) et d’une stratégie financière agressive, étouffant l’innovation au profit des "synergies".
  • Une ironie tragique : un jeu où le héros envoie les démons en enfer... annulé par une décision qui en vient tout droit.

L’héritage maudit de DOOM : quand Romero voulait réinventer le FPS

Imaginez un univers où DOOM (1993) et Hotline Miami (2012) fusionnent dans un cauchemar gore, rapide, et implacable. C’est exactement ce que proposait Hellslayer, le projet secret de Romero Games, révélé par Insider Gaming après son annulation brutale. À sa tête ? John Romero, le légendaire co-créateur de DOOM, Quake, et Wolfenstein 3D – un CV qui suffisait à attirer l’attention des fans de FPS old school.

Le concept était simple, mais diablement efficace : incarner un prêtre exorciste luttant contre des hordes démoniaques dans un enfer pixelisé et ultra-violent. Chaque mort entraînait un recommencement instantané du niveau, une mécanique directement inspirée de Hotline Miami, mais transposée dans un cadre bien plus métal et chaotique. Les joueurs devaient maîtriser les patterns ennemis, les trajectoires de projectiles, et les arènes conçues comme des défis techniques – une philosophie proche de DOOM Eternal (2020), mais avec une touche rogue-lite qui aurait pu tout changer.

Côté esthétique, Hellslayer misait sur un mélange détonant : des néons cyberpunk rappelant Dusk (2018), une saturation visuelle proche du gore excessif d’Ultrakill (2020), et une bande-son probablement aussi agressive que celle de DOOM 2016. Un parti pris qui aurait pu le distinguer dans un marché déjà saturé de FPS rétro, mais avec une identité bien à lui. Comme l’explique un ancien développeur sous couvert d’anonymat : "C’était DOOM, mais en plus vicieux, avec une touche de jeu d’arcade. Chaque seconde comptait, et chaque erreur était fatale."


Pourtant, malgré ce potentiel, le projet n’a jamais vu le jour. Et la faute en revient à un acteur inattendu : Microsoft.

Microsoft et l’année noire du gaming : quand les licences tombent comme des mouches

2024 restera comme une année noire pour Microsoft Gaming. Après le rachats pharaonique d’Activision Blizzard pour 68,7 milliards de dollars – une opération censée "renforcer le catalogue Xbox" –, le géant a paradoxalement amorcé un virage ultra-austère. Résultat ? 1 900 licenciements dans le secteur, dont des équipes entières sacrifiées : Alpha Dog Games (Mighty Doom), Tango Gameworks (Hi-Fi Rush), et donc... Romero Games.

Le pire ? Ces coupes claires sont intervenues alors que les scandales chez Blizzard (accusations de harcèlement systémique, culture toxique) continuaient de faire trembler les fondations du groupe. Un contexte explosif qui a visiblement poussé Microsoft à "serrer la vis", même sur des projets innovants comme Hellslayer. Ironie suprême : alors que le jeu promettait de "ressusciter l’esprit DOOM" dans une formule moderne, c’est bien la logique financière qui a eu le dernier mot.

Comme le souligne Jason Schreier (Bloomberg), spécialiste des coulisses de l’industrie : "Microsoft a acheté Activision pour ses franchises, pas pour ses risques créatifs. Quand les bilans serrent, ce sont les projets marginaux qui trinquent en premier." Et Hellslayer, malgré son pedigree, était apparemment trop "niche" pour survivre.


Mais au-delà des chiffres, c’est toute une philosophie du jeu vidéo qui prend un coup. Car Hellslayer n’était pas qu’un simple FPS de plus : c’était une tentative de réconcilier l’héritage des années 90 avec les attentes modernes.

"Un jeu qui envoyait les démons en enfer... annulé par une décision qui en vient tout droit"

Il y a une ironie tragique dans l’histoire de Hellslayer. Un jeu où le héros, un prêtre guerrier, passe son temps à "purger les démons"... et qui se fait lui-même "exorciser" par une décision corporate. Comme si Microsoft avait joué le rôle du grand méchant dans cette histoire, bien plus redoutable que les créatures infernales imaginées par Romero.

Pourtant, les joueurs auraient pu y trouver leur compte. Entre :

  • Un gameplay ultra-dynamique, où chaque seconde compte et chaque erreur est punie.
  • Une direction artistique audacieuse, mélangeant pixel art, gore, et néons.
  • Une bande-son probablement metal/industrielle, dans la lignée de Mick Gordon (DOOM 2016).
  • Un système de scoring inspiré des jeux d’arcade, pour encourager la maîtrise technique.

Bref, tout ce qu’il fallait pour en faire un culte instantané, à l’image d’Ultrakill ou de Dusk. Mais voilà : dans l’industrie du jeu vidéo en 2024, même les légendes comme John Romero ne sont pas à l’abri des décisions comptables.


Alors, Hellslayer aurait-il pu vraiment rivaliser avec les géants du FPS ? Ou était-ce un projet trop ambitieux, condamné dès le départ ? Une chose est sûre : son annulation laisse un goût amer, et une question en suspens : combien de jeux innovants disparaîtront encore au nom des "synergies" ?

Et maintenant ? L’avenir incertain des FPS "old school"

L’annulation de Hellslayer pose une question plus large : quel avenir pour les FPS rétro dans un marché dominé par les AAA et les live services ? Des jeux comme Ultrakill, Dusk, ou Amid Evil prouvent qu’il existe une demande forte pour des expériences arcade, techniques, et sans compromis. Pourtant, les grands éditeurs semblent de plus en plus réticents à financer ce type de projets.

Heureusement, des alternatives existent :

  • Le crowdfunding (Kickstarter, Patreon) permet à des studios indés de contourner les éditeurs traditionnels.
  • L’early access (comme pour Ultrakill) donne une seconde chance aux jeux de niche.
  • Les plateformes comme itch.io ou Steam Next Fest offrent une visibilité aux petits projets.

Peut-être qu’un jour, Hellslayer ressuscitera sous une autre forme – comme un mod, un spiritual successor, ou même un jeu indépendant financé par les fans. En attendant, son histoire rappelle une vérité cruelle : dans le jeu vidéo moderne, même les démons ont plus de chances de survivre que les idées originales.

Hellslayer restera comme un fantôme dans l’histoire du FPS – un jeu qui aurait pu révolutionner le genre, mais qui s’est heurté à la réalité impitoyable de l’industrie. Entre l’héritage de DOOM, l’audace de Hotline Miami, et la vision unique de John Romero, il avait tout pour devenir un classique. Pourtant, comme tant d’autres avant lui, il a été sacrifié sur l’autel des bilans.

Son annulation n’est pas qu’une simple mauvaise nouvelle pour les fans de FPS gore et ultra-rapides : c’est un symbole des dérives d’une industrie où la créativité doit désormais justifier son existence en termes de retour sur investissement. Alors que Microsoft continue de miser sur des franchises sûres (Call of Duty, Halo), des projets comme Hellslayer rappellent que le jeu vidéo a aussi besoin de folie, de risque, et de passion.

Reste une lueur d’espoir : dans l’ombre des géants, des studios indés continuent de porter haut l’étendard des FPS old school. Peut-être qu’un jour, un autre jeu reprendra le flambeau de Hellslayer. En attendant, une chose est sûre : les démons, eux, n’ont pas fini de hanter les couloirs de l’industrie.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"OSS 117, t’as vu ça ? Microsoft a plus de gonades que le dernier boss de DOOM 2016 après trois secondes de combat. Hellslayer, c’était notre chance de voir Romero transformer l’enfer en arcade, et paf, annulé comme un boss too easy dans un jeu de plateforme. Dommage, parce que là, on a juste droit à des licornes en peluche et des live services qui nous vendent des skins pour sauver le monde. Tonton Microsoft, t’as vraiment dobé l’âme du gaming en un coup de crayon. Bravo, l’artiste."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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