Il y a 63 jours
**Innato** : Le thriller espagnol qui a pulvérisé les records de Netflix, avec Imanol Arias en tueur en série magnétique
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Pourquoi Innato est-il LE phénomène qui a éclipsé Stranger Things en Espagne ?
Avec 12,4 millions d’heures visionnées en 72h, ce thriller psychologique signé Netflix pulvérise les records locaux. Porté par le retour triomphal d’Imanol Arias – légende du cinéma espagnol – dans le rôle d’un tueur en série aussi charismatique que glaçant, Innato explore les cicatrices de l’après-franquisme à travers une famille déchirée. Entre duel acteurice avec Elena Anaya et réalisation électrisante, la série prouve que l’Espagne est devenue le nouveau terrain de jeu des thrillers ambitieux, loin des clichés scandinaves.
A retenir :
- Imanol Arias en Félix Garay : Un tueur en série magnétique et terrifiant, rôle le plus sombre de sa carrière, 20 ans après Los lunes al sol (Ours d’Or à Berlin).
- Duo explosif : La tension palpable entre Arias et Elena Anaya (La piel que habito), entre fascination et horreur, rappelle The Fall (Gillian Anderson vs Jamie Dornan).
- Record historique : 12,4M d’heures vues en 3 jours, dépassant Stranger Things en Espagne – un succès qui consacre Netflix comme leader des productions ibériques.
- L’Espagne post-franquiste en toile de fond : Un thriller qui évite le true crime classique pour plonger dans les traumatismes familiaux et sociaux.
- Réalisation nerveuse : Daniel Calparsoro (Cien años de perdón) signe des plans-séquences haletants et une lumière crue, renforçant l’oppression psychologique.
- Stratégie Netflix : Après La Casa de Papel et Élite, la plateforme mise sur des stars locales (Arias, Anaya) et des récits ancrés dans l’histoire espagnole.
Imanol Arias : Le retour d’un géant dans un rôle qui défie les attentes
Quand Netflix annonce qu’Imanol Arias – icône absolue du cinéma et de la télévision espagnols depuis Cuéntame cómo pasó (2001-2023) – incarnera un tueur en série dans Innato, le choc est immédiat. L’acteur, habitué aux personnages complexes mais rarement monstrueux, plonge ici dans l’abîme psychologique de Félix Garay, un père de famille au double visage. Charismatique en société, prédateur dans l’ombre, son interprétation oscille entre une froideur calculatrice et des éclats de violence d’une brutalité inattendue.
Ce rôle, Arias l’a préparé comme un marathon mental. Dans une interview pour El País, il confie avoir étudié des dossiers criminels réels et travaillé avec un psychologue pour comprendre la "dissociation" de Garay : "Félix n’est pas un monstre 24h/24. Il est un homme qui a appris à compartmenter, comme on range des chemises dans un tiroir. Sauf que ses tiroirs contiennent des cadavres." Une approche qui rappelle son rôle dans Los lunes al sol (2002, Ours d’Or à Berlin), où il jouait déjà un homme brisé par les mensonges – mais cette fois, le mensonge, c’est lui.
Le pari de Netflix est audacieux : miser sur une légende de 67 ans pour porter un thriller moderne. Pourtant, les premiers retours sont unanimes : Arias volerait presque la vedette à la série elle-même. Comme le note Variety, sa performance "rappelle celle de Mads Mikkelsen dans Hannibal, avec cette capacité à rendre un tueur… presque attachant." Un comeback qui pourrait bien lui ouvrir les portes de projets internationaux, 20 ans après son dernier grand rôle hors Espagne.
"Un face-à-face qui électrise" : Elena Anaya vs Imanol Arias, le duel qui fait trembler Innato
Si Arias domine l’affiche, c’est Elena Anaya qui lui donne la réplique dans un duel acteurice d’une intensité rare. Elle incarne Sara Garay, la fille de Félix, déchirée entre l’amour filial et l’horreur de découvrir la vérité sur son père. Leur dynamique, filmée en plans serrés oppressants, rappelle les affrontements psychologiques de The Fall (Gillian Anderson vs Jamie Dornan), avec cette différence majeure : ici, le tueur est aussi un père.
Anaya, habituée aux rôles complexes et sombres (La piel que habito d’Almodóvar, Wonder Woman), apporte une vulnérabilité déchirante à Sara. Dans une scène clé (ép. 3), son personnage confronté aux preuves des crimes de Félix passe par toutes les émotions en 90 secondes : déni, colère, effondrement. "Travailler avec Imanol était à la fois terrifiant et grisant, explique-t-elle à Fotogramas. On savait qu’on tenait quelque chose de spécial quand, après une prise, l’équipe restait silencieuse… comme sonnée."
Leur alchimie à l’écran est telle que certains critiques évoquent déjà une "meilleure performance de l’année" pour Anaya. Mais c’est leur jeu de regards qui marque les esprits : Félix, maître des silences, observe Sara comme une proie, tandis qu’elle cherche désespérément la faille dans le masque paternel. Un ballet de tensions qui porte la série bien au-delà du simple thriller.
Pourquoi l’Espagne est devenue le nouveau roi du thriller sur Netflix
Avec Innato, Netflix confirme une stratégie claire : l’Espagne est son nouveau laboratoire créatif. Après les succès planétaires de La Casa de Papel et Élite, la plateforme mise sur des productions 100% locales, avec des budgets et une ambition dignes des blockbusters américains. Résultat ? 12,4 millions d’heures visionnées en 72h (source : FlixPatrol), un record pour un thriller non anglophone, qui relègue Stranger Things à la deuxième place des tops espagnols.
Le secret de ce succès ? Un mélange explosif :
- Des stars locales : Imanol Arias et Elena Anaya attirent un public fidèle, tandis que des jeunes talents comme Álvaro Cervantes (El Ministerio del Tiempo) élargissent l’audience.
- Un ancrage historique : L’ombre de l’après-franquisme plane sur l’intrigue, avec des références aux années de plomb et aux crimes impunis de l’époque. Un angle rare dans les thrillers.
- Une réalisation audacieuse : Daniel Calparsoro (Cien años de perdón) utilise des plans-séquences haletants et une lumière crue pour accentuer le malaise.
Mais Innato va plus loin que ses prédécesseurs. Là où La Casa de Papel misait sur l’action et Élite sur le drame adolescent, ce thriller explore les fractures familiales avec une profondeur psychologique inédite. Comme l’explique le showrunner Pablo Remón (Las leyes de la frontera) : "On ne voulait pas d’un énième true crime nordique. On voulait parler de l’Espagne d’aujourd’hui, où les fantômes du passé resurgissent dans les familles, les couples, les amis."
"On savait qu’on avait un truc spécial" : Les coulisses d’un tournage sous haute tension
Tourner Innato n’a pas été une partie de plaisir. Entre les scènes de violence psychologique et les séquences en plans-séquences (certaines durent jusqu’à 7 minutes sans coupe), l’équipe a dû faire face à un défi de taille : maintenir la tension sans basculer dans le mélodrame.
Daniel Calparsoro, le réalisateur, a imposé des règles strictes :
- Pas de musique sur le plateau : Pour que les acteurs "entendent leurs propres silences".
- Des répétitions en costume : Arias et Anaya ont vécu une semaine en immersion dans leur personnage avant le tournage.
- Un décor unique : La maison des Garay a été construite en studio, avec des pièces qui se rétrécissent au fil des épisodes pour symboliser l’étau qui se referme.
Un détail marquant ? La scène du dîner familial (ép. 2), où Félix et Sara s’affrontent indirectement. Tournée en un seul plan, elle a nécessité 14 prises – et c’est la dernière, improvisée en partie par Anaya, qui a été gardée. "Elena a ajouté cette réplique : 'Tu mens même quand tu respires', raconte Calparsoro. Ça a tout changé. Imanol a réagi comme si on lui avait planté un couteau dans le dos. C’était… magique."
Le phénomène Innato : Pourquoi cette série divise (déjà) autant
Si les chiffres sont sans appel, Innato ne fait pas l’unanimité. Certains critiques saluent une "œuvre mature, loin des clichés" (El Mundo), tandis que d’autres pointent des longueurs dans les épisodes centraux. Voici les débats qui agitent les réseaux :
- Le rythme : Les 3 premiers épisodes sont électrisants, mais certains trouvent que la saison "s’essouffle après l’épisode 5" (Twitter).
- La violence : Certaines scènes (comme celle du chien, ép. 4) ont choqué. "Trop gratuit", selon des associations de protection animale.
- La fin : Sans spoiler, le dernier épisode divise. Certains y voient un "chef-d’œuvre de tension", d’autres un "deus ex machina trop facile".
Pourtant, un point fait consensus : Innato marque un tournant. Comme l’écrit Cinemanía : "Netflix a enfin compris que pour conquérir l’Europe, il faut miser sur des histoires locales, mais universelles. Et ça, c’est révolutionnaire." Avec une saison 2 déjà commandée, une chose est sûre : Félix Garay n’a pas fini de hanter nos écrans.
Entre retour triomphal d’Imanol Arias, duel acteurice explosif et succès historique pour Netflix Espagne, Innato s’impose comme le thriller à ne pas manquer en 2024. Plus qu’une série, c’est un phénomène culturel : celui d’une Espagne qui assume ses démons, entre héritage franquiste et modernité décomplexée. Et si la saison 2 confirme cette ambition, Félix Garay pourrait bien devenir l’un des tueurs en série les plus marquants de la décennie.
Une chose est sûre : après La Casa de Papel, Netflix a trouvé son nouveau joyau ibérique. Et cette fois, le trésor est taché de sang.

