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**Joker 2 : Pourquoi Warner Bros. défend-il ce flop à 200 millions ?**
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Il y a 46 jours

**Joker 2 : Pourquoi Warner Bros. défend-il ce flop à 200 millions ?**

**Un échec artistique assumé : quand l’audace se heurte au box-office**

Avec 200 millions de dollars de budget et une ambition démesurée, Joker : Folie à Deux a déçu aussi bien le public (207 M$ de recettes) que la critique. Pourtant, Warner Bros. défend ce choix risqué, saluant une œuvre qui refuse les compromis. Entre comédie musicale psychologique et drame judiciaire, le film de Todd Phillips divise, mais marque l’histoire comme l’un des flops les plus coûteux du studio, aux côtés de The Flash ou The Little Mermaid.

A retenir :

  • Un budget record : 200 M$ (contre 104 M$ pour le premier Joker), avec des cachets pharaoniques pour Joaquin Phoenix (20 M$) et Lady Gaga (10 M$).
  • Un échec commercial cuisant : 207 M$ de recettes mondiales (vs 1,074 milliard pour le premier volet), soit un ratio recettes/budget de 1,03.
  • Une défense inattendue : Warner Bros. assume ce "parcours artistique", malgré des critiques acerbes (38 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes) et l’absence de récompenses majeures.
  • Un parti pris radical : mélange de comédie musicale et de procès spectaculaire, loin du réalisme sombre du premier film.
  • Comparaisons accablantes : pire performance que The Marvels (206 M$ pour 270 M$ de budget), malgré un univers DC déjà fragile.

**Folie à Deux : quand l’audace artistique se transforme en désastre financier**

Il y a des échecs qui font du bruit, et puis il y a Joker : Folie à Deux. Sorti en octobre 2024, le film de Todd Phillips avait tout pour surprendre : un budget quasi doublé par rapport au premier volet (200 M$ contre 104 M$ en 2019), une star oscarisée en Joaquin Phoenix, et une Lady Gaga en pleine reconversion cinématographique. Pourtant, avec 207 millions de dollars de recettes mondiales – à peine plus que son coût de production –, le film s’est écrasé au box-office, devenant l’un des pires flops de l’histoire de Warner Bros.

Pourtant, contre toute attente, les dirigeants du studio défendent bec et ongles ce choix artistique. Pamela Abdy et Michael De Luca, à la tête de Warner, ont même qualifié le film de "parcours courageux", saluant une œuvre qui "refuse la facilité". Une position d’autant plus surprenante que Folie à Deux a été boudé par la critique (38 % sur Rotten Tomatoes) et ignoré par les cérémonies majeures, à l’exception d’un Golden Globe pour Lady Gaga. Alors, pourquoi un tel soutien ? Plongeons dans les coulisses d’un échec à la fois prévisible et fascinant.


**Un budget pharaonique pour une ambition déconnectée**

Le premier Joker avait marqué les esprits en 2019 avec son réalisme brut, son portrait psychologique glaçant d’Arthur Fleck, et un succès commercial historique (1,074 milliard de dollars). Logiquement, Warner Bros. a vu en Folie à Deux une opportunité de réitérer l’exploit. Sauf que Todd Phillips avait une autre vision : transformer la suite en comédie musicale psychologique, mêlée à un drame judiciaire inspiré des grands procès hollywoodiens.

Résultat ? Un film hybride et déroutant, où les numéros chantés (chorégraphiés par Jennifer White, de La La Land) côtoient des scènes de tribunal grandiloquentes. Un mélange qui a coûté une fortune :

  • 200 M$ de budget (dont 30 M$ rien que pour les droits musicaux et les chorégraphies),
  • 20 M$ pour Joaquin Phoenix et 10 M$ pour Lady Gaga, selon Variety,
  • Des décors de tribunal reconstruits à l’identique des grands procès américains,
  • Une bande-son originale composée par Hildur Guðnadóttir (oscarisée pour le premier Joker).

Problème : si l’ambition était là, le public n’a pas suivi. Là où le premier Joker avait séduit par son réalisme et son côté "film d’auteur déguisé en blockbuster", Folie à Deux a été perçu comme trop expérimental, voire prétentieux. "On dirait un mélange entre Chicago et Twelve Angry Men, mais sans la cohérence de l’un ni l’intensité de l’autre", résumait un critique du Hollywood Reporter.


**Le public et la critique en désamour : pourquoi un tel rejet ?**

Avec seulement 38 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes et une note moyenne de 5,2/10 sur IMDb, Folie à Deux a déçu même les fans du premier volet. Plusieurs raisons expliquent ce rejet :

  • Un ton incohérent : passer d’un drame psychologique ultra-réaliste à une comédie musicale survoltée a perdu une partie de l’audience.
  • Un scénario bancal : entre le procès d’Arthur Fleck et sa relation avec Harley Quinn (Lady Gaga), le film peine à trouver son équilibre.
  • Des attentes trop hautes : après le triomphe du premier Joker, les spectateurs espéraient une suite à la hauteur.
  • Un marketing trompeur : les bandes-annonces mettaient en avant le côté "thriller psychologique", masquant la dimension musicale.

Pire encore, le film a été ignoré par les Oscars, alors que le premier avait raflé 11 nominations. Lady Gaga, pourtant favorite pour son interprétation d’Harley Quinn, n’a même pas été nominée – une première depuis A Star Is Born (2018). "C’est comme si Hollywood avait décidé de faire comme si ce film n’existait pas", confiait un journaliste de Deadline.


**Warner Bros. dans la tourmente : pourquoi défendre un tel échec ?**

Dans un monde où les studios fuient les risques, la position de Warner Bros. est pour le moins surprenante. Pourtant, Pamela Abdy et Michael De Luca assument : "Todd Phillips et Scott Silver ont pris un risque énorme. Peu de réalisateurs osent bousculer les codes après un succès comme Joker. Nous soutenons cette vision, même si elle ne plaît pas à tout le monde."

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette défense :

  • Un pari sur le long terme : Warner mise sur une réévaluation future, comme ce fut le cas pour Blade Runner ou The Big Lebowski.
  • Une stratégie de niche : le studio table sur un public "cult" qui redécouvrira le film plus tard.
  • Un message aux créateurs : montrer que Warner soutient les projets audacieux, malgré les échecs.
  • L’orgueil du studio : après les déboires de The Flash et Black Adam, abandonner Folie à Deux aurait été un aveu de faiblesse.

Reste que, financièrement, la pilule est dure à avaler. Avec un ratio recettes/budget de 1,03 (contre 10,3 pour le premier Joker), le film se classe parmi les pires désastres de l’histoire du cinéma, aux côtés de Cutthroat Island (1995) ou John Carter (2012). "C’est un rappel brutal que même les géants comme Warner peuvent se planter royalement", analysait un économiste de Forbes.


**Lady Gaga et Joaquin Phoenix : entre résilience et amertume**

Si Warner Bros. joue les optimistes, les acteurs principaux ont adopté des positions plus nuancées. Lady Gaga, interrogée en janvier 2025, a livré une réflexion presque philosophique : "Être artiste, c’est accepter que certaines œuvres ne trouvent pas leur public. Ce film était une expérience unique, et je ne le renie pas." Une déclaration qui contraste avec les rumeurs de tensions sur le tournage, notamment autour de ses scènes de chant, jugées "trop théâtrales" par certains membres de l’équipe.

De son côté, Joaquin Phoenix est resté silencieux pendant des mois avant de lâcher, lors d’une rare interview pour The New Yorker : "Je savais que ce ne serait pas facile. Mais je crois en Todd et en cette histoire. Parfois, il faut accepter que le public ne suive pas." Une position qui rappelle étrangement celle de Marlon Brando après l’échec de One-Eyed Jacks (1961), autre film maudit devenu culte avec le temps.


**Et maintenant ? L’avenir de l’univers Joker en question**

Avec un tel échec, l’avenir de la franchise Joker est plus qu’incertain. Plusieurs scénarios sont envisagés :

  • Un reboot complet : Warner pourrait relancer la saga avec un nouveau réalisateur et un Arthur Fleck plus jeune.
  • Un spin-off centré sur Harley Quinn : Lady Gaga a laissé entendre qu’elle serait partante pour explorer d’autres facettes du personnage.
  • Un abandon pur et simple : après The Flash et Black Adam, Warner pourrait décider de tourner la page sur les projets DC ambitieux.
  • Une sortie en série : une rumeur évoque une adaptation en mini-série pour HBO Max, avec des scènes inédites.

Une chose est sûre : Folie à Deux restera comme un cas d’école. Un film trop en avance sur son temps ? Trop déconnecté des attentes ? Ou simplement mal exécuté ? L’histoire tranchera. En attendant, une chose est certaine : dans l’industrie du cinéma, l’audace ne paie pas toujours.

Joker : Folie à Deux est un ovni cinématographique – un mélange détonant de génie et d’hubris, où l’ambition artistique s’est heurtée à une réalité implacable : le public n’était pas prêt. Pourtant, dans ce fiasco financier se cache peut-être une œuvre maudite, destinée à être redécouverte. Comme le disait Orson Welles, "Un film n’est jamais fini, il est seulement abandonné". Et si Folie à Deux n’était qu’un film en avance sur son époque ?

Une chose est sûre : entre les 200 millions de dollars engloutis, les réactions passionnées (pour ou contre) et la défense inattendue de Warner, ce deuxième Joker a déjà marqué l’histoire. Pas forcément pour les bonnes raisons… mais il l’a marquée.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Alors, ce Joker 2, c’est comme si OSS117 avait tenté de faire un film d’amour avec un gorille en pyjama : on voit le concept, mais le résultat, c’est juste… apathique. Warner a mis 200 balles dans un truc qui sentait le baliverne ambiant, et le public a répondu comme un fan de Grandia face à un FPS en 2D : "Non mais c’est quoi ce délire ?" Le pire ? Même les Oscars ont fait la sourde oreille, comme si le studio avait sorti un RPG avec des quêtes impossibles à finir. Folie à Deux, c’est le Joker qui aurait rencontré The Room en boîte de nuit : trop de disruption, zéro pote pour danser dessus."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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