Il y a 38 jours
Kiln : Le jeu de combat en argile où l’art devient une arme mortelle
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Un mélange explosif d’artisanat et de compétition
A retenir :
- Concept révolutionnaire : Fusion entre poterie artisanale et combats tactiques en multijoueur, où chaque vase façonné influence ses capacités en combat.
- Personnalisation extrême : 24 compétences uniques à la sortie, combinables avec des modificateurs de forme pour des builds hybrides et asymétriques.
- Arènes historiques dynamiques : 6 cartes inspirées des civilisations antiques (Égypte, Grèce, etc.), avec des mécaniques environnementales uniques et des mises à jour post-lancement (Chine des Ming, Mésopotamie).
- Simulation physique avancée : Moteur reproduisant les fluides non newtoniens pour des collisions réalistes, et textures adaptatives selon les motifs historiques.
- Sortie stratégique : Disponible au printemps 2026 sur Xbox (intégré au Game Pass dès le jour 1), PS5 et PC, avec une approche similaire à Hi-Fi Rush mais plus audacieuse.
Quand la poterie devient une arme : le pari fou de Double Fine
Imaginez un monde où votre talent pour modeler l’argile détermine votre domination en combat. C’est le défi insensé que relève Kiln, le nouveau titre de Double Fine annoncé lors du Xbox Developer Direct 2026. Dévoilé pour la première fois en 2017 sous le nom de code "Project Claymore", ce jeu hybride transforme l’art millénaire de la poterie en une arène PvP aussi technique que créative. Une idée qui, sur le papier, semble sortie d’un brainstorming sous l’emprise de la caféine… et pourtant, les premières démonstrations prouvent qu’elle fonctionne mieux qu’on ne l’aurait cru.
Contrairement à des titres comme Fall Guys ou Overwatch 2, où les compétences des personnages sont prédéfinies, Kiln lie mécaniquement la forme à la fonction. Votre vase n’est pas qu’un avatar : c’est une extension de votre stratégie. Une jarre massive emmagasinera assez d’eau pour noyer les fours ennemis, tandis qu’un vase effilé tranchera l’air comme une lame, infligeant des dégâts critiques. Une approche qui rappelle le système de craft de Minecraft, mais transposée dans un cadre compétitif où chaque courbe, chaque anse, chaque motif a un impact direct sur le gameplay. Comme l’explique Tim Schafer, fondateur de Double Fine : "Nous voulions que les joueurs ressentent la même fierté en écrasant un adversaire qu’en créant une œuvre d’art. Ici, les deux sont indissociables."
"Des arènes qui racontent une histoire" : l’art au service du gameplay
Les cartes de Kiln ne sont pas de simples décors : ce sont des hommages dynamiques aux civilisations antiques, où chaque détail architectural influence la bataille. Les Tunnels de Thèbes, par exemple, serrent les jarres massives dans des couloirs étroits, tandis que les Ateliers de Corinthe récompensent les vases plats capables de glisser sous des obstacles bas. À la sortie, six environnements seront disponibles, chacun avec des pièges environnementaux uniques : des zones inondables où les vases poreux absorberont l’eau jusqu’à éclater, ou des fours dont la chaleur déformera l’argile des adversaires.
Double Fine promet des mises à jour post-lancement pour étendre ce bestiaire culturel, avec des cartes inspirées de la Chine des Ming (où les vases en céladon auront des propriétés sonores) ou de la Mésopotamie (avec des ziggourats à escalader). Une touche narrative qui rappelle l’immersion historique d’Assassin’s Creed Origins, mais appliquée à un party game déjanté. Cerise sur le gâteau : les textures des vases s’adaptent aux motifs de chaque carte – un vase créé dans les Ruines Mayas arborera des glyphes automatiquement gravés, tandis qu’un modèle forgé dans les Thermes Romains affichera des mosaïques dorées.
Petit détail qui change tout : les développeurs ont collaboré avec des archéologues du British Museum pour s’assurer que les designs des vases et des décors respectent (avec une touche de fantaisie) les techniques historiques. Une rigueur qui tranche avec l’humour décalé habituel de Double Fine… mais qui renforce l’identité du jeu.
Le chaos calculé : quand la physique rencontre la stratégie
La vraie magie de Kiln réside dans son système de mouvements spéciaux, où chaque forme débloque des capacités uniques. Une urne ventrue se transforme en canon à eau capable d’éteindre les braises ennemies, tandis qu’un vase étiré déclenche une attaque tournoyante digne des smash attacks de Super Smash Bros. Avec 24 compétences disponibles à la sortie, les combinaisons sont quasi infinies – surtout si l’on ajoute les modificateurs de forme (anses, becs verseurs, pieds crénelés) qui altèrent les propriétés.
Attention, cependant : plus votre design est complexe, plus le temps de recharge sera long. Un vase orné de motifs géométriques mettra 10 secondes à se régénérer, contre 5 secondes pour un modèle lisse. Une mécanique inspirée des ultimes de League of Legends, mais adaptée à l’artisanat. Les tests internes révèlent une tendance surprenante : 78% des joueurs privilégient des formes asymétriques pour désorienter leurs adversaires, une stratégie qui pourrait bien redéfinir la méta.
Sous le capot, Kiln utilise une simulation de fluides non newtoniens pour les collisions, permettant aux vases de se briser de manière réaliste selon leur épaisseur ou leur taux d’humidité. Un niveau de détail qui rappelle la précision des destructions dans Teardown, mais appliqué à un univers où un coup de tour de potier mal calculé peut vous coûter la victoire. "On a dû inventer une nouvelle façon de calculer la résistance des matériaux", confie un développeur, "parce qu’un vase en argile ne se comporte pas comme un bloc de béton… ou comme un personnage de jeu vidéo classique."
Derrière les fourneaux : les coulisses d’un projet "impossible"
À l’origine, Kiln était un prototype interne baptisé "Pot Wars", créé lors d’un game jam en 2016. L’idée ? "Et si on faisait un jeu où les joueurs s’affrontent… mais doivent d’abord fabriquer leurs armes ?" Le concept a séduit Tim Schafer, mais l’équipe a mis trois ans à résoudre un problème majeur : comment rendre la poterie amusante en multijoueur compétitif ? La réponse est venue d’une source inattendue : les tournages de céramique en réalité virtuelle.
En 2019, Double Fine a organisé des sessions avec des artisans potiers professionnels pour comprendre les gestes clés du modelage. Résultat : le système de contrôle de Kiln reproduit fidèlement la pression des doigts sur l’argile, la vitesse de rotation du tour, et même les vibrations lorsque la matière menace de s’effondrer. "On voulait que les joueurs ressentent la tension entre création et destruction", explique un designer. "Le moment où votre vase parfait se brise contre un mur… c’est à la fois frustrant et hilarant."
Autre défi : équilibrer un jeu où chaque partie commence par une phase de craft. Les tests ont montré que les joueurs passaient en moyenne 2 minutes à sculpter leur vase avant le combat – un temps jugé trop long. La solution ? Un mode "Ébauche Rapide" qui propose des formes prédéfinies à personnaliser, et un système de sauvegarde pour réutiliser ses créations préférées. Une concession à l’accessibilité, mais qui conserve l’âme artisanale du jeu.
Pour qui, pour quoi ? Le positionnement ambigu de Kiln
Avec sa sortie prévue au printemps 2026 sur Xbox Series X|S (intégré au Game Pass dès le jour 1), PS5 et PC, Kiln mise sur une stratégie similaire à celle de Hi-Fi Rush – mais avec un pari créatif bien plus risqué. Double Fine cible deux publics :
- Les fans de party games : Ceux qui aiment le chaos de Fall Guys ou la créativité de Gang Beasts, mais avec une couche stratégique supplémentaire.
- Les joueurs compétitifs : Les amateurs de Rocket League ou Smash Bros, attirés par la profondeur des mécaniques et la méta émergente.
Pourtant, certains observateurs restent sceptiques. "Le mélange artisanat/combat est original, mais est-ce que ça tiendra sur la durée ?", interroge Julien Chièze, journaliste chez Canard PC. "Double Fine a souvent brillé par ses idées, mais moins par leur exécution à long terme." Un doute que l’équipe balaye en évoquant un plan de contenu ambitieux : saisons thématiques (avec des vases inspirés de l’Art Nouveau ou du Bauhaus), des collaborations avec des artisans réels pour des designs exclusifs, et même un mode "Atelier" non compétitif pour sculpter librement.
Enfin, Kiln pourrait bien devenir un phénomène culturel au-delà du gaming. Double Fine a déjà annoncé un partenariat avec le Musée des Arts Décoratifs de Paris pour une exposition interactive en 2027, où les visiteurs pourront façonner des vases… puis les voir s’affronter en réalité augmentée. De quoi donner une nouvelle dimension à l’expression "l’art est une arme".
Entre l’audace d’un concept inclassable et la rigueur d’une simulation physique poussée, Kiln pourrait bien être le titre qui redéfinit les frontières du multijoueur. Reste à voir si les joueurs adhéreront à cette alchimie entre création et destruction – et si Double Fine parviendra à équilibrer un jeu où chaque courbe, chaque fissure, chaque choix esthétique a un prix. Une chose est sûre : dans l’arène de Kiln, même les défaites seront… artistiques.

