Il y a 79 jours
No Law : Le cyberpunk brut de Neon Giant, l’anti-Cyberpunk 2077 qui mise sur l’humain
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Pourquoi No Law pourrait bien devenir le cyberpunk qui manquait à l’industrie
Après The Ascent, Neon Giant surprend avec No Law, un RPG-FPS en monde ouvert où le cyberpunk se fait intimiste, brut et profondément humain. Oubliez les mégalopoles écrasantes : Port Desire, ville portuaire saturée de néons, se parcourt à l’échelle d’un homme ordinaire, Grey Harker, ancien soldat reconverti en jardinier malgré lui. Entre survie urbaine, combats improvisés et choix narratifs lourds de conséquences, le studio suédois promet une expérience sans filet, optimisée pour tourner en 120 FPS/4K (PS5/XSX) grâce à l’Unreal Engine 5 et au DLSS 3.5. Un pari risqué : et si le vrai cyberpunk n’était pas celui qu’on attendait ?A retenir :
- Un cyberpunk réaliste et humain : Port Desire, ville à taille réduite mais dense, évite l’écrasement visuel de Night City pour privilégier l’immersion narrative et sociale.
- Grey Harker, l’anti-héros improbable : Ancien soldat traumatisé devenu jardinier, il incarne un réalisme rare, loin des mercenaires surpuissants, avec des compétences de survie (botanique, bricolage) aussi cruciales que son arsenal.
- Gameplay "bricolé" : Système de modification d’armes en temps réel inspiré de Deus Ex, mais avec une approche artisanale qui colle au background du personnage.
- Technologie au service de l’expérience : 120 FPS en 4K (PS5/XSX), Lumen pour un éclairage dynamique, et DLSS 3.5 pour une fluidité même sur PC milieu de gamme – sans ray tracing imposé.
- Une narration sans compromis : Aucun multijoueur, aucun grind, juste une aventure solo où chaque choix compte, avec une rejouabilité basée sur des approches radicalement différentes (infiltration vs. assaut frontal).
- Le défi de Neon Giant : Se démarquer de Cyberpunk 2077 en misant sur l’intimité et la crédibilité, là où CD Projekt Red a choisi la démesure.
Un cyberpunk qui sent la rouille et la sueur
Quand Neon Giant a dévoilé The Ascent en 2021, le studio suédois avait marqué les esprits avec son shoot’em up isométrique ultra-coloré, mélange explosif de cyberpunk et de roguelite. Trois ans plus tard, la surprise est totale : avec No Law, le petit studio abandonne les néons criards et les vagues d’ennemis pour un RPG-FPS en monde ouvert, sombre, ancré dans un réalisme social qui tranche avec les standards du genre. Port Desire, leur nouvelle ville futuriste, n’est pas une mégalopole asphyxiante comme Night City – c’est un port ouvrier, sale, où les néons clignotants éclairent des ruelles étroites et des visages burinés par la misère. "On voulait un cyberpunk qui sente la transpiration, pas le parfum de luxe", explique Torbjörn Andersson, directeur créatif du studio.
La différence saute aux yeux : là où Cyberpunk 2077 noie le joueur sous des gratte-ciels futuristes et des quêtes secondaires à n’en plus finir, No Law mise sur l’échelle humaine. Pas de courses-poursuites sur des autoroutes surélevées, mais des trajets à pied dans des marchés clandestins où chaque regard en coin peut déclencher un conflit. Pas de corporations toutes-puissantes à renverser, mais des syndicats corrompus et des voisins prêts à vous poignarder pour un repas chaud. Le studio promet une densité narrative rare : "Chaque bâtiment a une histoire, chaque PNJ a un motif – même les plus insignifiants", précise Andersson. Une approche qui rappelle Disco Elysium, mais transposée dans un FPS dynamique.
Grey Harker : le jardinier qui en savait trop
Si Port Desire est le corps de No Law, Grey Harker en est l’âme – et quelle âme tourmentée. Ce n’est pas un mercenaire badass comme V (Cyberpunk 2077), ni un hacker génial comme Adam Jensen (Deus Ex). C’est un ancien soldat, brisé par une guerre dont on ignore encore les contours, qui survit en cultivant des légumes sur un toit-terrasse. "Un type normal, jeté dans un monde qui ne l’est pas", résume le studio. Son arsenal ? Des compétences de survie aussi vitales que ses talents de combat : botanique pour cultiver des plantes médicinales, bricolage pour réparer des armes de fortune, négociation pour éviter les conflits inutiles.
Le gameplay reflète cette dualité. D’un côté, des séquences d’infiltration tactique où le silence et l’observation priment ; de l’autre, des affrontements brutaux, improvisés avec ce qui traîne (un tuyau rouillé, une scie circulaire détournée). Le système de modification d’armes en temps réel, révélé dans le trailer, est particulièrement révélateur : pas de nanotechnologies futuristes, mais des pièces récupérées assemblées à la hâte, comme un pistolet dont la crosse est fabriquée avec une planche de bois. "On a voulu que chaque arme raconte une histoire", explique un développeur. Une approche qui rappelle le "gunplay artisanale" de Far Cry 2, mais transposée dans un univers cyberpunk.
Le réalisme de Grey Harker divise déjà. Certains y voient une bouffée d’air frais dans un genre souvent dominé par des archétypes surhumains ; d’autres craignent un personnage "trop passif", loin du charisme d’un Geralt de Riv ou d’un Kratos. "Un héros ordinaire dans un monde extraordinaire, ça peut être génial… ou ennuyeux", résume Jérémie "Dom" Duval, streamer spécialisé dans les RPG. Réponse dans quelques mois.
"120 FPS en 4K ? On a relevé le défi"
Techniquement, No Law mise gros. Le jeu tourne sous Unreal Engine 5, avec un usage poussé du Lumen (éclairage dynamique) pour rendre les néons de Port Desire à la fois beaux et oppressants. Mais la vraie surprise vient des performances : 120 FPS en 4K sur PS5 et Xbox Series X, un exploit rare pour un RPG en monde ouvert. "On a optimisé chaque asset pour éviter le ray tracing forcé", explique l’équipe technique. Résultat : même les joueurs sur PC milieu de gamme (RTX 3060 / Ryzen 5) devraient profiter d’une expérience fluide grâce au DLSS 3.5, en partenariat avec NVIDIA.
Krafton, l’éditeur (connu pour PUBG), y voit un argument majeur : "Le cyberpunk ne doit pas être réservé à une élite technique". Une philosophie qui tranche avec les problèmes de performance ayant plombé le lancement de Cyberpunk 2077 en 2020. "On a appris des erreurs des autres", glisse un porte-parole. Preuve de cette ambition : le jeu sera compatible avec les manettes DualSense (retours haptiques pour les sensations de tir) et les écrans 21:9, une première pour un titre de cette envergure.
L’ombre de Cyberpunk 2077 : un défi impossible ?
No Law arrive dans un contexte délicat. Après le fiasco initial de Cyberpunk 2077 (bugs, promesses non tenues) et son redemption spectaculaire avec les mises à jour et l’extension Phantom Liberty, les joueurs sont méfiants. "Un autre cyberpunk ? Sérieusement ?", peut-on lire sur les forums. Neon Giant le sait : "On ne concurrencera pas CD Projekt Red sur la taille ou le budget. Notre force, c’est l’authenticité".
Pour y parvenir, le studio mise sur :
- Une narration "sans filet" : Pas de quêtes secondaires remplies de contenu générique, mais des histoires interconnectées où chaque choix a un impact visible. "Si vous aidez un PNJ à survivre, il peut réapparaître des chapitres plus tard… ou trahir votre confiance".
- Un monde réactif : Les factions (syndicats, milices, corporations locales) évoluent en fonction de vos actions. Sauvez un quartier de la famine, et ses habitants vous soutiendront… ou vous haïront si vous avez dû sacrifier d’autres zones.
- Une rejouabilité organique : Le jeu encourage des approches radicalement différentes – pacifiste (en misant sur la diplomatie et la botanique), brutale (en chargeant tête baissée), ou stealth (en infiltrant les zones hostiles).
Reste une question : ce parti pris "humain" suffira-t-il ? Cyberpunk 2077 a mis la barre très haut en termes de détails visuels et de liberté. No Law répond par une profondeur narrative et sociale, mais le risque est réel : et si les joueurs préféraient finalement la démesure à l’intimité ? "Le cyberpunk, c’est aussi une question de rêve et d’évasion. Port Desire en offre-t-il assez ?", s’interroge Marie-Laure Ryan, critique pour Canard PC.
Derrière les néons : l’histoire secrète de Port Desire
Saviez-vous que Port Desire est inspiré d’un vrai port suédois des années 1980 ? "Göteborg avait ces docks industriels, ces bars de marins où tout le monde se connaissait… et où tout pouvait basculer en une seconde", raconte Torbjörn Andersson. Le studio a passé des mois à interviewer d’anciens dockers et contrebandiers pour capturer "l’âme des lieux". Même les graffitis du jeu sont des reproductions de tags réels des années 1990, scannés et retravaillés pour coller à l’esthétique cyberpunk.
Autre détail savoureux : le système de botanique de Grey Harker est basé sur des recherches en permaculture urbaine. "On a travaillé avec un jardinier de Stockholm qui cultive des légumes sur les toits. Ses techniques sont directement dans le jeu", révèle un développeur. Même les plantes médicinales que Grey utilise pour se soigner existent bel et bien – comme la consoude, utilisée depuis des siècles pour cicatriser les blessures.
Enfin, la bande-son, composée par Jukio Kallio (connu pour Control), mélange synthés analogiques et enregistrements de champs (bruits de pas sur des tôles, vents dans les câbles électriques). "On voulait que Port Desire ait une identité sonore unique, pas juste une copie de la BO de Blade Runner", explique le compositeur. Le résultat ? Une ambiance à la fois mélancolique et tendue, comme un cœur qui bat trop vite dans une cage thoracique en métal rouillé.
No Law vs. Cyberpunk 2077 : le match des philosophies
Comparer No Law et Cyberpunk 2077, c’est opposer deux visions du genre : Critère Cyberpunk 2077 No Law Échelle Mégalopole écrasante (Night City) Ville portuaire à taille humaine (Port Desire) Protagoniste Mercenaire customisable (V) Ancien soldat reconverti en jardinier (Grey Harker) Gameplay Action/RPG avec implants cybernétiques FPS tactique avec bricolage et survie Narration Quêtes principales + contenu secondaire massif Histoires interconnectées, choix impactants Technologie Ray tracing poussé (exigeant) 120 FPS/4K optimisés (DLSS 3.5) Ambiance Glamour et décadence (corporations, stars) Réalisme social (syndicats, survie quotidienne)
Alors, lequel choisir ? Tout dépend de ce que vous cherchez. Si vous voulez l’évasion, le spectacle et la liberté absolue, Cyberpunk 2077 (surtout avec Phantom Liberty) reste imbattable. Si vous préférez l’immersion, les dilemmes moraux et un héros crédible, No Law pourrait bien vous surprendre. "Ce n’est pas un jeu pour ceux qui veulent sauver le monde. C’est un jeu pour ceux qui veulent juste survivre… et peut-être comprendre pourquoi ça en vaut la peine", résume Andersson.
Sortie prévue en 2025 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S. D’ici là, une question persiste : le cyberpunk a-t-il encore besoin de géants, ou est-ce aux "petits" studios comme Neon Giant de redéfinir le genre ?

