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**Light of Motiram vs. Horizon : Le "clon" de Tencent effacé après un accord secret avec Sony**
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Il y a 75 jours

**Light of Motiram vs. Horizon : Le "clon" de Tencent effacé après un accord secret avec Sony**

Un jeu controversé disparaît dans l’ombre

Light of Motiram, le titre de Tencent accusé de copier Horizon Zero Dawn, a été retiré de toutes les plateformes après une plainte de Sony. Malgré les arguments du géant chinois sur les "tropes partagés", un accord secret a scellé son sort. Une affaire qui interroge : où s’arrête l’inspiration, où commence le plagiat ?

A retenir :

  • Light of Motiram : un jeu chinois accusé de reproduire l’univers, les personnages et les mécaniques d’Horizon Zero Dawn, jusqu’au design de l’héroïne et de son accessoire emblématique.
  • Sony attaque en justice en juillet 2025, présentant des preuves visuelles accablantes (paysages, créatures, interface) devant un tribunal californien. Tencent contre-attaque en évoquant des "ingrédients génériques", sans succès.
  • Un accord confidentiel signé le 17 décembre met fin au litige : le jeu disparaît de Steam et de l’Epic Games Store sans explication, ses pages redirigées vers les accueils des plateformes.
  • Contrairement à Genshin Impact (inspiré de Zelda: Breath of the Wild mais ayant survécu grâce à des ajustements), Light of Motiram n’a pas su se réinventer. Une victoire silencieuse pour Sony, évitant un procès médiatique.
  • L’affaire relance le débat sur les limites légales de l’inspiration dans le jeu vidéo : quand un hommage devient-il un vol ? Les précédents (Far Cry, Enslaved) montrent que la frontière est ténue.

Un "Horizon" chinois trop fidèle : les preuves qui accusent

Juillet 2024. Les joueurs découvrent avec stupeur les premières images de Light of Motiram, un titre développé par Tencent pour le marché chinois. Les réactions sont immédiates : le jeu semble copier-coller des éléments majeurs d’Horizon Zero Dawn, le chef-d’œuvre de Guerrilla Games sorti en 2017. Au-delà d’un simple univers post-apocalyptique avec des créatures mécaniques – un thème partagé par d’autres franchises –, c’est l’accumulation de détails qui choque.

L’héroïne, une archère rousse aux traits anguleux, rappelle étrangement Aloy, la protagoniste d’Horizon. Son accessoire, un dispositif fixé à l’oreille, évoque le Focus, l’outil high-tech permettant à Aloy de scanner son environnement. Les paysages, mélange de ruines anciennes et de nature luxuriante, semblent directement sortis des terres sauvages du jeu de Sony. Même les animations de combat et l’interface utilisateur présentent des similitudes troublantes.

Face à la polémique grandissante, Sony réagit rapidement. En juillet 2025, le géant japonais dépose une plainte pour violation de droits d’auteur devant un tribunal de Californie. Les documents judiciaires, partiellement divulgués, révèlent des captures d’écran comparatives mettant en évidence des ressemblances allant bien au-delà d’une simple inspiration. Pour les observateurs, le cas est clair : Light of Motiram ne s’inspire pas d’Horizon… il le reproduit.


"Juste des tropes partagés" : la défense boiteuse de Tencent

Dans sa réponse juridique, Tencent adopte une stratégie audacieuse : et si Horizon Zero Dawn lui-même était un assemblage de tropes déjà existants ? Le géant chinois cite pêle-mêle Enslaved: Odyssey to the West (pour son mélange de science-fiction et de mythologie), Far Cry (pour ses environnements ouverts et ses créatures hostiles), et même The Legend of Zelda (pour son système de progression et d’exploration).

L’argument ? Ces éléments sont des "ingrédients génériques" du jeu vidéo, et personne ne peut en revendiquer la propriété exclusive. Une position qui rappelle étrangement celle de miHoYo lors des accusations de plagiat contre Genshin Impact, lui aussi comparé à Zelda: Breath of the Wild. Sauf que dans ce cas précis, les ajustements esthétiques et mécaniques de Genshin avaient permis au jeu de se distinguer suffisamment pour éviter un retrait pur et simple.

Pour Light of Motiram, rien de tel. Les modifications apportées après les premières critiques (comme un redesign mineur de l’héroïne) n’ont pas suffi à effacer l’impression d’un démarquage grossier. Pire : certaines comparaisons montraient que des assets 3D (modèles de créatures, textures) semblaient directement recyclés depuis Horizon, avec seulement quelques retouches de couleur ou de taille.

"C’est comme si quelqu’un avait pris une photo d’Aloy, l’avait passée dans Photoshop pour lui donner un autre style de cheveux, et avait prétendu que c’était une nouvelle création"*, résume Marcus "DuskGolem", un journaliste spécialisé dans les fuites gaming, sur Twitter. Un avis partagé par une partie de la communauté, pour qui Tencent a cette fois franchi la ligne rouge.


17 décembre 2025 : l’accord secret qui enterre le jeu

Après des mois de procédures, l’affaire prend un tournant inattendu. Le 17 décembre 2025, les avocats de Sony et de Tencent paraphe un accord à l’amiable, dont les termes restent strictement confidentiels. Aucune indemnité n’est rendue publique, aucune déclaration officielle ne détaille les concessions faites par chaque partie. Seule certitude : Light of Motiram disparaît.

En quelques heures, les pages du jeu sont retirées de Steam et de l’Epic Games Store. Ceux qui tentent d’y accéder sont redirigés vers les accueils des plateformes, comme si le titre n’avait jamais existé. Les joueurs ayant précommandé le jeu reçoivent un remboursement automatique, sans explication. Du côté de Tencent, un silence radio. Même les comptes sociaux dédiés au projet sont désactivés, effaçant toute trace de son passage.

Une victoire à la Pyrrhus pour Sony ? Pas vraiment. En évitant un procès, la firme japonaise limite les risques de mauvaise publicité (un procès aurait pu révéler des détails embarrassants sur le développement d’Horizon) tout en faisant disparaître un concurrent trop proche de sa licence phare. Pour Tencent, en revanche, c’est un camouflet. Le géant chinois, habitué à dominer son marché local, se voit contraint de battre en retraite face à un studio occidental.

"Ce n’est pas la première fois qu’un jeu est accusé de plagiat, mais c’est rare qu’il soit retiré aussi rapidement et sans bruit. D’habitude, les éditeurs préfèrent négocier des modifications plutôt que de tout abandonner"*, analyse Jeanne Sorel, avocate spécialisée dans le droit du numérique. "Ici, Tencent a probablement calculé que le jeu coûtait plus cher en image qu’il ne rapportait."


Plagiat ou hommage ? Quand l’industrie du jeu joue avec le feu

L’affaire Light of Motiram relance un débat récurrent : où placer la limite entre l’inspiration et le vol pur et simple ? Le jeu vidéo, comme le cinéma ou la musique, puise dans un réservoir de tropes et de clichés partagés. Mais à partir de quel moment une œuvre devient-elle un dérivé illégal ?

Les exemples ne manquent pas :

  • Genshin Impact (2020) : accusé d’avoir copié Zelda: Breath of the Wild, mais ayant survécu grâce à des mécaniques de gacha et un style artistique distinct.
  • Fortnite : régulièrement attaqué pour ses danses "empruntées" à des célébrités (comme le "Carlton Dance" de Fresh Prince), mais jamais condamné grâce à des accords financiers.
  • Candy Crush : accusé de plagier Bejeweled, avant que les tribunaux ne tranchent en faveur de King (l’éditeur) en estimant que les différences étaient suffisantes.

La différence avec Light of Motiram ? "Le cumul des emprunts", explique Thomas "Elpsy" Congé, game designer. "Pris séparément, une héroïne rousse ou des robots dinosaures, ce n’est pas protégeable. Mais quand tout est réuni dans un même jeu, avec une ambiance et des mécaniques quasi identiques, ça devient problématique. C’est comme si quelqu’un recopiait un livre en changeant juste les noms des personnages."

Pour les petits studios, cette affaire sonne comme un avertissement. "Tencent a les moyens de se permettre des risques juridiques, mais nous, non"*, confie Amélie Leroy, cofondatrice du studio indépendant Black Salt Games. "Si on s’inspire trop d’une licence existante, on peut se retrouver avec un retrait pur et simple, sans même avoir les ressources pour se défendre."


Et maintenant ? Les leçons d’un jeu fantôme

Aujourd’hui, Light of Motiram n’existe plus que sous forme d’archives sur des sites comme Wayback Machine ou dans les mémoires des joueurs ayant pu y jouer en version bêta. Pourtant, son histoire laisse des traces.

Pour Sony, c’est une confirmation : Horizon est une franchise suffisamment forte pour être défendue bec et ongles. La sortie prochaine d’Horizon 3 (annoncée pour 2026) bénéficiera sans doute de cette protection accrue contre les imitations.

Pour Tencent, c’est un rappel que même un géant peut trébucher. Le studio chinois, connu pour ses clones mobiles (comme Honor of Kings, inspiré de League of Legends), découvre que les règles du jeu changent quand on s’attaque à des licences AAA sur PC et consoles. "Ils ont sous-estimé la réaction des joueurs et de Sony"*, estime Xavier "Shiro" Dang, analyste chez Niko Partners. "En Chine, les plagiats sont souvent tolérés tant qu’ils restent locaux. Mais sur la scène internationale, c’est une autre paire de manches."

Quant aux joueurs, certains regrettent de ne pas avoir pu juger par eux-mêmes. "J’aurais aimé voir jusqu’où allait le plagiat. Est-ce que c’était vraiment si flagrant, ou juste une exagération des médias ?"*, s’interroge Léa M., joueuse et streamuse. D’autres, comme Jérémie "Jey" Novik, y voient une occasion manquée : "S’ils avaient assumé l’inspiration et ajouté leur propre touche, ça aurait pu être un bon jeu. Là, c’est juste une tache sur leur réputation."

Une chose est sûre : dans l’industrie du jeu vidéo, où l’inspiration croisée est monnaie courante, Light of Motiram restera comme un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Une leçon à 100 millions de dollars (le budget estimé du projet) pour Tencent… et un soulagement pour les fans d’Horizon, qui peuvent dormir sur leurs deux oreilles : leur univers préféré reste unique.

Les pages de Light of Motiram se sont refermées aussi vite qu’elles s’étaient ouvertes. Entre un géant chinois habitué à dominer son marché et un studio occidental déterminé à protéger sa propriété intellectuelle, le combat était inégal. Pourtant, au-delà des enjeux juridiques, c’est toute la question de la créativité dans le jeu vidéo qui resurgit.

Alors, plagiat ou simple malchance ? Une chose est certaine : dans un secteur où les remakes, reboots et hommages pullulent, la frontière entre inspiration et copie reste floue. Mais quand un jeu disparaît du jour au lendemain, sans laisser de trace, la réponse semble évidente. Pour les joueurs, il ne reste plus qu’à attendre… et à espérer que la prochaine "inspiration" saura se faire plus discrète.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Alors là, Tencent, t’as vraiment dobé le niveau ‘OSS117 en mode ‘je copie-pâte sans même vérifier si le patron est dans le coin’. Aloy en version ‘low-cost’ avec un Focus en kit Lego ? Même les clones de Final Fantasy dans les années 90 avaient plus de dignité. Résultat ? Un jeu qui a disparu plus vite qu’un PNJ dans un Dark Souls… et une leçon de droit d’auteur qui fera pleurer les avocats de Genshin Impact. Bravo l’artiste."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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