Il y a 42 jours
LoL MMORPG : Raymond Bartos rejoint Riot – La hype est-elle justifiée ou un leurre de plus ?
h2
Un vétéran de Blizzard pour sauver le MMORPG de League of Legends ?
A retenir :
- Raymond Bartos, ex-Lead Producer de World of Warcraft, rejoint Riot pour son MMORPG – un signal fort après des années de silence.
- Le projet a été rebooté en 2024 après 3 ans de développement, alimentant la méfiance des joueurs malgré cette embauche prestigieuse.
- Aucun teaser ni gameplay n’a fuité : l’opacité de Riot maintient le doute sur une sortie réaliste (2027 au plus tôt).
- L’univers de Runeterra, popularisé par Arcane, pourrait offrir une base solide… si le studio évite un nouveau faux départ.
- Les réactions sur Reddit oscillent entre espoir ("Enfin un expert !") et cynisme ("Combien de reboots avant l’abandon ?").
Un coup de projecteur inattendu sur le MMORPG fantôme de Riot
Après des années de rumeurs et de silence radio, Riot Games a remis le MMORPG de League of Legends sous les projecteurs d’une manière inattendue : en recrutant Raymond Bartos, ancien Lead Producer de World of Warcraft chez Blizzard. L’annonce, faite le 15 janvier 2025 sur X (ex-Twitter), a immédiatement enflammé les discussions. Pour les fans, c’est un signe que le projet – pourtant rebooté de zéro en 2024 après trois ans de développement – n’a pas été abandonné. Mais pour les sceptiques, c’est surtout une nouvelle promesse creuse dans une longue liste de faux espoirs.
Le timing est d’autant plus intrigant que Riot n’a jamais montré la moindre image du jeu. Pas de teaser, pas de gameplay, pas même un concept art officiel. Juste un nom prestigieux pour relancer la machine à hype… et les questions. "Est-ce qu’ils ont enfin quelque chose de concret à nous montrer, ou est-ce juste une opération de communication ?", s’interroge un joueur sur Reddit. La méfiance est palpable, surtout après le reboot brutal de 2024, où trois années de travail avaient été jetées à la poubelle.
"Un vétéran de Blizzard peut-il sauver Runeterra ?" – Le parcours de Raymond Bartos
Raymond Bartos n’est pas un inconnu dans l’industrie. Avec 15 ans d’expérience, dont une grande partie chez Blizzard en tant que Lead Producer sur World of Warcraft, il apporte une expertise rare dans le domaine des MMO. Son passage chez Daybreak Game Company (où il a travaillé sur H1Z1 et Just Survive) montre aussi sa capacité à gérer des projets multijoueurs ambitieux – et parfois chaotiques.
Mais est-ce suffisant pour rassurer ? Pas forcément. Comme le souligne un développeur anonyme contacté par Dexerto, "Un bon producteur ne peut pas compenser un manque de vision claire. Si Riot ne sait toujours pas ce qu’ils veulent faire de leur MMO, même Bartos ne pourra pas faire de miracle." D’autant que le studio a déjà prouvé qu’il était capable de tout recommencer depuis zéro sans sourciller.
Pourtant, son arrivée coïncide avec une période charnière pour Riot. Après le succès critique d’Arcane et l’expansion de l’univers de Runeterra via les jeux dérivés (Legends of Runeterra, Valorant), le terrain semble plus fertile que jamais pour un MMO. "Si quelqu’un peut unifier tout ça, c’est bien un vétéran de WoW", estime un analyste de Newzoo. Reste à voir si Riot lui donnera les moyens de ses ambitions.
2024 : L’année où Riot a tout effacé (et pourquoi les joueurs n’ont pas oublié)
Pour comprendre le scepticisme actuel, il faut revenir en 2024. Cette année-là, Riot a annulé trois ans de développement sur son MMORPG, reconnaissant que le projet ne répondait pas à ses attentes. "Nous voulons un jeu à la hauteur de l’univers de League of Legends, et ce n’était pas le cas", avait expliqué un porte-parole à l’époque. Un aveu rare, mais qui a laissé des traces.
Sur les forums, les joueurs comparent cette situation à celle d’Amazon Games avec New World : un développement laborieux, des reboots à répétition, et au final, un jeu qui peine à convaincre. "Riot a les moyens de se permettre des erreurs, mais jusqu’à quand ?", demande un streamer spécialisé dans les MMO. D’autres rappellent le cas de Star Wars Galaxies, un MMO prometteur sabordé par des changements de direction constants – un scénario que personne ne souhaite voir se répéter.
Pourtant, certains éléments jouent en faveur de Riot. Contrairement à beaucoup de studios, la société dispose d’un univers déjà établi (Runeterra), d’une communauté ultra-engagée, et d’une expérience prouvée en games-as-a-service (avec League of Legends et Valorant). "Ils ont toutes les cartes en main… s’ils arrivent à se décider", résume un ancien employé de Riot sous couvert d’anonymat.
Arcane et les jeux dérivés : Le MMO peut-il capitaliser sur cet élan ?
Si le MMORPG de League of Legends reste un mystère, une chose est sûre : l’univers de Runeterra n’a jamais été aussi populaire. Grâce à Arcane (la série Netflix acclamée par la critique), mais aussi à des titres comme Legends of Runeterra ou Ruined King, Riot a réussi à étendre sa lore bien au-delà du MOBA original. Une aubaine pour un éventuel MMO, qui pourrait s’appuyer sur des décennies de contenu déjà existant.
"Imaginez un MMO où vous pouvez explorer Piltover et Zaun comme dans Arcane, ou affronter les horreurs des Îles des Ombres…", rêve un fan sur Twitter. Le potentiel est énorme, mais encore faut-il que Riot parvienne à le concrétiser. Et c’est là que le bât blesse : aucun détail n’a filtré sur la direction artistique ou le gameplay. Même les rumeurs les plus folles (un système de classes basé sur les champions, une économie inspirée de TFT) restent… des rumeurs.
Certains observateurs pointent aussi un risque : celui d’un MMO trop "safe", calqué sur WoW ou Final Fantasy XIV pour plaire au plus grand nombre. "Riot a l’occasion de réinventer le genre, pas de faire un WoW 2.0 avec des skins de LoL", avertit un designer de jeux interrogé par PC Gamer. Une critique qui résonne particulièrement après l’échec relatif de New World, souvent accusé de manquer d’originalité.
2027 : Une date réaliste ou un nouveau mirage ?
Les plus optimistes évoquent une sortie vers 2027. Un délai qui peut sembler long, mais qui serait cohérent avec l’ampleur d’un MMO moderne. Pour comparaison, Final Fantasy XVI a mis cinq ans à sortir, et Starfield en a pris près de dix. "Si Riot commence vraiment le développement maintenant, 2027 est envisageable… à condition qu’ils ne rebootent pas une nouvelle fois", tempère un expert en gestion de projets jeux vidéo.
Mais les joueurs, eux, commencent à perdre patience. "On nous parle de ce MMO depuis 2020. En 2027, ça fera sept ans d’attente pour… peut-être un jeu moyen", s’agace un utilisateur de ResetEra. D’autres rappellent que des projets comme The Elder Scrolls VI ou Dragon’s Dogma 2 ont aussi traîné pendant des années, mais au moins avec des mises à jour régulières. Riot, de son côté, reste muet.
Une chose est sûre : si le studio veut éviter un nouveau backlash, il devra communiquer davantage dans les mois à venir. Ne serait-ce que pour prouver que le jeu existe bel et bien. "Un simple concept art officiel calmerait déjà 80% des critiques", estime un modérateur de la communauté LoL sur Discord. En attendant, les joueurs n’ont d’autre choix que de croiser les doigts… et de surveiller les prochaines embauches.
Derrière les coulisses : Pourquoi Riot a-t-il tant de mal à accoucher de son MMO ?
Plusieurs sources internes (sous anonymat) évoquent un problème récurrent chez Riot : l’incapacité à trancher entre innovation et tradition. D’un côté, les dirigeants veulent un MMO "révolutionnaire", capable de concurrencer WoW et FFXIV. De l’autre, les équipes de développement craignent de s’éloigner trop de la formule éprouvée du genre.
"Ils ont testé des mécaniques de combat en temps réel comme dans Guild Wars 2, puis ils sont revenus à un système plus classique par peur de perdre les fans de LoL", révèle une source proche du projet. Résultat : des années perdues en tergiversations. Un scénario qui rappelle étrangement le développement chaotique de Diablo Immortal, où Blizzard a mis près de six ans à sortir un jeu qui a finalement déçu une grande partie de sa base.
Autre obstacle : la pression interne. League of Legends reste la vache à lait de Riot, et chaque euro dépensé sur le MMO est un euro en moins pour le MOBA ou les esports. "Les actionnaires veulent des résultats rapides, pas un pari risqué sur un genre aussi exigeant que le MMO", confie un investisseur. Une tension qui pourrait expliquer pourquoi le projet a été rebooté en 2024 : pour éviter de gaspiller des ressources sans garantie de retour sur investissement.
Pourtant, Raymond Bartos pourrait bien être la pièce manquante du puzzle. Son expérience chez Blizzard, où il a dû gérer des équilibres similaires entre innovation et héritage, pourrait aider Riot à trouver un compromis viable. "S’il arrive à convaincre les dirigeants de lui laisser les coudées franches, on pourrait enfin voir quelque chose de concret d’ici 2026", espère un développeur.

