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Maine : La polémique enfle autour du revirement de Janet Mills sur les casinos en ligne
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Il y a 40 jours

Maine : La polémique enfle autour du revirement de Janet Mills sur les casinos en ligne

Pourquoi la décision de Janet Mills sur l’iGaming divise-t-elle autant le Maine ?

La gouverneure du Maine, Janet Mills, fait face à une vague de critiques après son revirement sur la légalisation des casinos en ligne. L’NAAiG (Association nationale contre les jeux en ligne) dénonce un choix qui menace un modèle économique local florissant, avec des recettes fiscales dépassant les 500 millions de dollars en 15 ans. Entre risques économiques (1 200 emplois menacés), craintes sanitaires (+22 % de ludopathie prévue) et opposition publique massive (64 % des électeurs contre), cette décision soulève des questions sur l’équilibre entre innovation et préservation des acquis sociaux.

A retenir :

  • 500 millions de dollars de recettes fiscales générés par les casinos physiques en 15 ans, financant éducation et sécurité publique.
  • 30 % des revenus des casinos terrestres pourraient être siphonnés par l’iGaming d’ici 3 ans, selon le Maine Gambling Control Board.
  • 22 % d’augmentation prévue des cas de ludopathie chez les 18-35 ans, déjà touchés à 38 % par l’addiction aux paris sportifs.
  • 64 % des électeurs du Maine (dont 53 % des démocrates) s’opposent à l’iGaming, révélant un clivage transpartisan.
  • Les tribus amérindiennes, partenaires clés des casinos physiques, pourraient voir leurs retombées financières chuter de 15 à 20 %.

Un revirement politique qui surprend

En 2023, Janet Mills s’était fermement opposée à toute expansion des jeux en ligne dans le Maine, invoquant des risques sociaux et économiques. Pourtant, en avril 2025, elle a surpris en laissant passer un projet de loi autorisant l’iGaming (casinos en ligne), sans même soumettre la question à un référendum citoyen comme promis. Ce changement de cap a immédiatement déclenché une salve de critiques, menées par l’NAAiG (Association nationale contre les jeux en ligne), qui y voit un « mépris pour l’opinion publique ».

Pour comprendre ce revirement, il faut remonter à 2022, lorsque le Maine a légalisé les paris sportifs en ligne. À l’époque, Mills avait justifié sa décision par la nécessité de moderniser l’offre de jeux tout en encadrant strictement les acteurs. Mais les résultats ont été mitigés : si les recettes ont augmenté, les cas de ludopathie ont bondi de 15 % en deux ans, selon les tribunaux de l’État. Un précédent qui alarme aujourd’hui les opposants à l’iGaming.


Interrogée par The Portland Press Herald, la gouverneure a défendu son choix en évoquant un « équilibre entre innovation et protection ». Pourtant, ses détracteurs pointent un conflit d’intérêts potentiel : plusieurs lobbies des jeux en ligne, comme DraftKings et FanDuel, ont intensifié leurs campagnes de financement dans l’État depuis 2024. Une coïncidence qui interroge.

Un modèle économique local menacé

Depuis 15 ans, les deux casinos physiques du Maine – l’Oxford Casino et le Hollywood Casino Hotel & Raceway – ont généré plus de 500 millions de dollars de recettes fiscales. Ces fonds ont permis de financer des programmes clés :

  • 120 bourses d’études annuelles pour les étudiants défavorisés,
  • 15 programmes de prévention des addictions, en partenariat avec les hôpitaux locaux,
  • des subventions pour la sécurité publique, notamment dans les zones rurales.

Or, selon une étude du Maine Gambling Control Board publiée en mars 2025, l’iGaming pourrait siphonner 30 % des revenus des casinos terrestres d’ici 2028. Conséquence directe : 1 200 emplois (caissiers, croupiers, personnel hôtelier) seraient menacés, dans un État où le taux de chômage (3,2 % en 2024) reste supérieur à la moyenne nationale.


Les tribus amérindiennes, partenaires historiques des casinos, seraient aussi perdantes. Leur part des profits, indexée sur les revenus des établissements, pourrait chuter de 15 à 20 %. Pour le chef Clarence Keezer de la tribu Penobscot, cité par Bangor Daily News, cette décision « menace notre autonomie financière et nos programmes sociaux », comme les cliniques mobiles pour les communautés isolées.

Le système actuel de redistribution est pourtant souvent cité en exemple : 40 % des taxes sur les jeux reviennent aux municipalités, et 10 % aux nations tribales. Un modèle que l’iGaming, avec ses plateformes délocalisées, pourrait fragiliser durablement.

Santé publique : l’alerte des experts

Au-delà des enjeux économiques, c’est la santé des joueurs qui inquiète. Une étude de l’Université du Maine (2025) prévoit une hausse de 22 % des cas de ludopathie en deux ans si l’iGaming est légalisé. Les 18-35 ans, déjà surreprésentés dans les addictions aux paris sportifs (38 % des cas en 2024), seraient les plus exposés.

Le Dr. Emily Carter, psychiatre spécialisée dans les addictions comportementales, explique ce phénomène : « Les casinos en ligne sont accessibles 24h/24, sans le frein social d’un déplacement physique. Le risque de perte de contrôle est bien plus élevé. » Son service à l’hôpital de Portland a enregistré une augmentation de 40 % des consultations pour jeu compulsif depuis 2022.


Les données judiciaires confirment cette tendance. Les tribunaux du Maine ont traité 15 % de demandes d’aide en plus pour dettes liées aux jeux depuis la légalisation des paris sportifs. Un précédent qui fait craindre le pire avec l’iGaming, où les mises peuvent être 10 fois plus rapides qu’en casino physique, selon une étude de Harvard Medical School (2024).

L’opinion publique et les divisions politiques

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’opposition à l’iGaming n’est pas partisante. Un sondage UMass Poll (avril 2025) révèle que :

  • 64 % des électeurs probables y sont opposés,
  • 53 % des démocrates (le parti de Mills) rejettent le projet,
  • 47 % des partisans des casinos physiques craignent une « cannibalisation » des revenus locaux.

Même les syndicats de policiers, habituellement discrets sur ces sujets, ont exprimé leurs réserves. « Nous voyons déjà les conséquences des paris sportifs : vols, dettes, violences familiales. L’iGaming aggravera la situation », déclare le sergeant Mark O’Brien de la police de Bangor.


Face à cette grogne, Janet Mills a tenté de rassurer en promettant des « garde-fous stricts » : limites de dépôt, auto-exclusion obligatoire, et un fonds dédié à la prévention. Mais pour l’NAAiG, ces mesures sont « insuffisantes » : « En Europe, où l’iGaming est légal depuis des années, les cas de ludopathie ont explosé malgré les régulations », rappelle son porte-parole, Thomas Riley.

Et maintenant ? Les scénarios possibles

Trois issues semblent probables :

  1. Un veto de dernière minute : Sous la pression, Mills pourrait revenir sur sa décision, comme en 2021 avec un projet de casino près d’Augusta. Mais son crédibilité en prendrait un coup.
  2. Un référendum forcé : L’NAAiG et les tribus pourraient lancer une pétition pour soumettre la question au vote populaire. Il leur faudrait réunir 63 000 signatures d’ici novembre 2025.
  3. Une légalisation sous conditions : Le projet pourrait être amendé pour protéger les casinos physiques (ex : interdiction des jeux de table en ligne) et renforcer les mesures sociales (taxes supplémentaires pour la prévention).

Quel que soit le scénario, une chose est sûre : cette affaire a déjà fissuré l’image de Janet Mills, pourtant populaire pour sa gestion de la crise du COVID-19. Pour la première fois depuis 2019, son taux d’approbation est passé sous la barre des 50 % (sondage Pan Atlantic SMS, mai 2025).


Du côté des casinos physiques, on se prépare au pire. « Nous allons lancer une campagne pour fidéliser nos clients : événements exclusifs, programmes de récompenses… Mais sans soutien de l’État, ce sera difficile », confie Lisa Roberts, directrice marketing de l’Oxford Casino. Une bataille qui s’annonce longue.

Entre promesses économiques non tenues et risques sociaux avérés, le pari de Janet Mills sur l’iGaming ressemble de plus en plus à un coup de dés dangereux. Si les plateformes en ligne pourraient rapporter 50 à 70 millions de dollars annuels à l’État d’ici 2030 (estimation Moodys Analytics), le coût humain et la menace sur l’emploi local pourraient bien en faire un mauvais calcul. Dans un Maine déjà divisé, cette décision pourrait laisser des traces bien au-delà des tables de jeu.

Une chose est certaine : les prochains mois seront cruciaux. Entre batailles juridiques, mobilisations citoyennes et négociations avec les tribus, l’iGaming au Maine est loin d’être une partie gagnée.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Alors, tonton Janet, tu nous sors un coup de poker en ligne comme un pro du blackjack en mode ‘je sais pas comment j’ai fait’ ? Entre les lobbies qui te glissent des billets comme des jetons dans un casino et les tribus qui voient leurs cliniques mobiles se transformer en ‘NFT de santé publique’, ton ‘équilibre’ fait plus croquignolesque qu’un gâteau de la fête des mères. Et les 1 200 jobs en danger ? Okey, on va leur dire que c’est juste un ‘restructuring créatif’… comme quand ton ex te dit que ton canapé, c’est ‘un meuble design’. La santé mentale des jeunes ? Un détail. L’utopie du profit, c’est sacré. ‘Je suis comme un croupier : je fais tourner la roue, et vous, vous pariez sur votre vie.’"
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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