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Mang0, légende de *Super Smash Bros. Melee*, tourne définitivement la page de la compétition après son bannissement
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Il y a 45 jours

Mang0, légende de *Super Smash Bros. Melee*, tourne définitivement la page de la compétition après son bannissement

Joseph "Mang0" Marquez, l'une des figures les plus emblématiques de *Super Smash Bros. Melee*, annonce son retrait définitif de la scène compétitive après son bannissement pour comportement inapproprié. Entre regrets, sobriété et désillusion face à l'esport, le "Melee God" tourne une page historique, laissant Hungrybox seul représentant des légendaires "Five Gods".

A retenir :

  • Mang0 confirme qu'il ne rejouera plus *Melee* en compétition, sauf en cas de besoin financier.
  • Son bannissement d'un an fait suite à des incidents lors de l'événement *Beerio Kart* de Ludwig, où il a harcelé plusieurs streamers.
  • Le joueur admet que sa sobriété lui pèse, mais refuse de lier son retour à une abstinence totale.
  • Avec son retrait, seul Hungrybox reste actif parmi les "Five Gods", marquant la fin d'une ère.
  • Mang0 se dit soulagé de quitter la pression des tournois, mais assume mal son statut d'"irrélevant" aux yeux du public.

La chute d'un dieu : quand l'alcool brise une légende de *Melee*

Le 12 juin 2025, la communauté *Super Smash Bros. Melee* a été secouée par l'annonce du bannissement de Joseph "Mang0" Marquez, l'un des cinq joueurs mythiques ayant dominé la scène compétitive dans les années 2000. Son exclusion fait suite à des incidents survenus lors de l'événement *Beerio Kart*, organisé par le streamer Ludwig Ahgren, où Mang0, en état d'ébriété avancée, a harcelé plusieurs personnalités, dont la streameuse ExtraEmily. Les images, devenues virales, ont révélé un comportement erratique, culminant avec un test d'alcootest transformé en running gag par Ludwig lui-même – une attitude qui lui a valu des accusations de complaisance envers l'ivresse de Mang0.

Cloud9, son équipe de l'époque, n'a pas tardé à réagir : le joueur a été immédiatement licencié, mettant fin à un partenariat qui durait depuis près de cinq ans. Dans un communiqué sobre, Mang0 a assumé l'entière responsabilité de ses actes, promettant de se consacrer à sa sobriété pendant la durée de son bannissement, fixé à un an. "Je ne cherche pas d'excuses. J'ai merdé, et je dois en payer le prix", avait-il déclaré à l'époque, dans un rare moment de lucidité.

Pourtant, derrière cette apparente résilience se cachait une réalité plus complexe. Mang0, dont le pseudonyme est inspiré du personnage de *Final Fantasy VII*, a toujours été un électron libre dans l'univers de *Melee*. Connu pour son style de jeu agressif et son charisme débridé, il incarnait une époque où l'esport était encore un terrain de jeu informel, loin des structures rigides actuelles. Mais cette liberté avait un prix : une relation tumultueuse avec l'alcool, qui a fini par rattraper le "Melee God".

Sobriété et désillusion : "Ma vie après *Melee* a été plutôt géniale"

Quelques mois après son bannissement, Mang0 a brisé le silence lors d'un stream Twitch, révélant des détails surprenants sur son état d'esprit. "Je n'ai aucune intention de rejouer à *Melee* en compétition", a-t-il lancé, avant d'ajouter une précision qui a glacé les fans : "Si vous me voyez dans un tournoi, ce sera uniquement parce que j'ai besoin d'argent." Une déclaration brutale, qui contraste avec l'image du compétiteur passionné qu'il a incarnée pendant plus d'une décennie.

Le joueur a expliqué que sa décision était motivée par plusieurs facteurs. D'abord, la précarité financière des tournois *Melee* : "Je ne vais pas dépenser de ma poche pour aller à un tournoi et gagner 80 dollars. C'est ridicule." Ensuite, son bien-être mental : "Ma santé mentale s'est beaucoup améliorée depuis que je ne voyage plus. Pendant dix ans, c'est tout ce que j'ai fait. Maintenant, je reste chez moi, et c'est plutôt cool."

Pourtant, la sobriété, qu'il avait initialement présentée comme une renaissance, commence à lui peser. "Je prévois de recommencer à boire un jour", a-t-il avoué, répondant à des fans inquiets. "Certaines choses sont mieux avec de l'alcool. Un anniversaire ? Je ne veux pas fêter ça sobre pour le reste de ma vie. Mon Noël en famille ? J'ai dit : 'Je préférerais boire.'" Des propos qui ont relancé les débats sur sa capacité à concilier compétition et mode de vie, surtout dans un milieu où l'alcool est souvent omniprésent lors des événements.

Mang0 a toutefois nuancé ses propos : "Je vais tenir un an sans alcool, comme prévu. Et jusqu'à présent, cette expérience a été révélatrice. J'ai appris que tout ne nécessite pas un verre, mais que certaines activités pourraient en bénéficier." Une prise de conscience qui, selon lui, ne suffira pas à le ramener vers *Melee*. "Je pense que je resterais sobre si je revenais, mais je ne reviendrai pas. Je suis juste chez moi, maintenant."

L'ère des Five Gods s'éteint : Hungrybox, dernier survivant d'une légende

La nouvelle du retrait de Mang0 a provoqué une onde de choc dans la communauté *Melee*, déjà marquée par les départs successifs des autres membres des "Five Gods". Ce groupe, composé de Mang0, Armada, PPMD, Mew2King et Hungrybox, a dominé la scène compétitive entre 2007 et 2015, établissant des standards de jeu qui influencent encore les joueurs aujourd'hui. Avec le retrait de Mang0, seul Hungrybox, sous les couleurs de Team Liquid, reste actif en compétition – une situation qui symbolise la fin d'une époque.

Armada, considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de l'histoire de *Melee*, a pris sa retraite en 2018 après une carrière ponctuée de victoires légendaires, dont deux titres consécutifs à l'*EVO* (2017 et 2018). PPMD, connu pour son style technique et son approche méthodique, a quitté la scène en 2016 en raison de problèmes de santé mentale. Mew2King, le "Robot" de *Melee*, a progressivement réduit sa participation aux tournois avant de se retirer définitivement en 2021, se concentrant sur le développement de mods pour le jeu.

La réaction des fans à l'annonce de Mang0 a été mitigée. Certains ont exprimé leur tristesse de voir une légende quitter la compétition, tandis que d'autres ont critiqué son manque de professionnalisme, rappelant que son comportement avait déjà causé des polémiques par le passé. Sur les réseaux sociaux, les clips de son stream ont rapidement gagné en visibilité, poussant Mang0 à réagir sur X (anciennement Twitter) : "Voir tout le monde discuter de moi et de mes projets d'avenir me fait rire maintenant. Passer d'une personne sous le feu des projecteurs toute sa vie à un type irrelevant qui stream… C'est probablement pour ça que je ne reviendrai pas. Gérer les weirdos d'Internet, c'est WEIRD."

Derrière le rideau : les coulisses d'une carrière hors norme

Pour comprendre la trajectoire de Mang0, il faut remonter aux origines de *Super Smash Bros. Melee*, sorti en 2001 sur GameCube. Contrairement à son successeur, *Super Smash Bros. Brawl* (2008), *Melee* n'a jamais été conçu pour l'esport. Son gameplay ultra-rapide, ses mécaniques de mouvement complexes (comme le *wavedash* ou le *L-canceling*) et son absence de support officiel de Nintendo en ont fait un phénomène underground, porté par une communauté passionnée et inventive.

Mang0 a émergé dans ce contexte, aux côtés de joueurs comme Isai, qui dominait la scène avant l'ère des Five Gods. Son style de jeu, caractérisé par une agressivité débridée et une capacité à improviser sous pression, l'a rapidement distingué. Mais c'est en dehors des tournois que Mang0 est devenu une icône : ses streams, souvent ponctués de blagues, de rires et d'interactions spontanées avec le public, ont contribué à populariser *Melee* bien au-delà des cercles compétitifs.

Pourtant, cette proximité avec les fans a aussi été sa faiblesse. Contrairement à des joueurs comme Hungrybox, qui a toujours maintenu une image professionnelle, Mang0 a cultivé une persona de "bad boy" de l'esport, assumant ses excès et ses provocations. "Je ne suis pas un modèle, je suis juste un gars qui aime jouer à *Melee*", avait-il déclaré en 2015, lors d'une interview pour *ESPN*. Une philosophie qui, avec le recul, semble avoir atteint ses limites.

Derrière les caméras, Mang0 était aussi un pionnier dans l'art de monétiser sa passion. Bien avant que les plateformes comme Twitch ne deviennent la norme, il a été l'un des premiers à comprendre le potentiel du streaming, transformant sa personnalité en une marque à part entière. Ses collaborations avec des sponsors comme Cloud9 ou HyperX ont ouvert la voie à une génération de joueurs professionnels, prouvant qu'il était possible de vivre de *Melee* – à condition de savoir se vendre.

Et maintenant ? L'avenir incertain de Mang0 et de *Melee*

Alors que Mang0 semble déterminé à tourner la page de la compétition, une question persiste : que reste-t-il pour *Super Smash Bros. Melee* ? Le jeu, qui fête ses 23 ans en 2024, continue d'attirer des milliers de joueurs chaque année, grâce à une scène compétitive dynamique et des tournois comme *Genesis* ou *The Big House*, qui attirent régulièrement plus de 2 000 participants. Pourtant, l'absence des Five Gods se fait cruellement sentir, et la communauté peine à trouver de nouvelles figures capables de les remplacer.

Pour Mang0, l'avenir semble se dessiner loin des projecteurs. "Je ne sais pas ce que je vais faire, mais je sais que je ne veux plus de cette vie", a-t-il confié lors de son stream. Son retour à *Melee* n'est pas totalement exclu – après tout, l'histoire du jeu est jalonnée de retours inattendus, comme celui de Armada en 2017, après une première retraite en 2015. Mais pour l'instant, Mang0 semble se satisfaire de son nouveau rôle : celui d'un streamer parmi d'autres, libéré des attentes et des pressions qui ont défini une décennie de sa vie.

Reste une dernière interrogation : que se passera-t-il si Nintendo décide enfin de soutenir *Melee* officiellement ? Le géant japonais a longtemps ignoré le jeu, préférant promouvoir *Super Smash Bros. Ultimate* (2018) et *Super Smash Bros. for Wii U* (2014). Pourtant, avec l'annonce récente d'un nouveau *Smash* en développement pour la Switch 2, certains espèrent un changement de stratégie. Si tel était le cas, Mang0 pourrait-il résister à l'appel des tournois ? "Peut-être", a-t-il répondu, avec un sourire en coin. "Mais ne comptez pas là-dessus."

Une chose est sûre : l'histoire de Mang0 est loin d'être terminée. Qu'il choisisse de rester dans l'ombre ou de revenir sous les feux des projecteurs, son héritage dans *Super Smash Bros. Melee* est déjà gravé dans le marbre – pour le meilleur et pour le pire.

Le retrait de Mang0 marque un tournant dans l'histoire de *Super Smash Bros. Melee*. Plus qu'un simple départ, c'est la fin symbolique d'une ère, celle des Five Gods, qui ont façonné le jeu et sa communauté pendant près de quinze ans. Si son bannissement a été perçu comme une sanction nécessaire par certains, il a aussi révélé les limites d'un esport encore largement amateur, où les excès et les manquements sont souvent tolérés au nom de la passion.

Pour Mang0, cette page tournée est aussi l'occasion d'une renaissance. Libéré des contraintes de la compétition, il peut désormais se consacrer à ce qui l'a toujours animé : le plaisir de jouer, sans pression ni attentes. Reste à voir si cette liberté retrouvée suffira à combler le vide laissé par *Melee*, ou si, comme il l'a lui-même suggéré, l'appel des tournois finira par le rattraper.

Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : l'histoire de *Melee* ne s'arrête pas avec Mang0. Le jeu, porté par une communauté toujours aussi dévouée, continuera d'évoluer, même si ses légendes ne sont plus là pour en écrire les prochains chapitres. Et qui sait ? Peut-être qu'un jour, un nouveau "Five Gods" émergera, prêt à reprendre le flambeau d'une époque révolue.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ah, Mang0, le Melee God qui a transformé son bannissement en un épisode de The Simpsons version esports. Entre son alcootest transformé en sketch et ses "certaines choses sont mieux avec de l'alcool", on dirait qu’il a mixé Breaking Bad et Mario Kart en mode "chaos contrôlé". La scène perd un fou, mais au moins, il nous a offert des moments dignes d’un Looney Tunes des années 90. Dommage qu’il ait choisi de quitter la compétition plutôt que de jouer les Donkey Kong et de gérer son addiction en mode "slow motion". Un peu comme si Sonic avait abandonné les courses pour se lancer dans la pâtisserie… et puis s’était mis à en manger toute la production.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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