Il y a 42 jours
Marathon : Le FPS de Bungie qui défie les limites du matériel (spécs et optimisations révélées)
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Bungie frappe fort : Marathon, son prochain FPS, se révèle accessible même sur des configurations PC modestes, avec des spécifications minimales surprenantes (i5-6600, 8 Go de RAM, GTX 1050 Ti). Une aubaine en pleine crise des prix de la mémoire vive, mais qui soulève des questions sur l’absence de technologies d’upscaling comme le DLSS ou le FSR. Le jeu promet une parité technique entre PC et consoles (PS5, Xbox Series X|S), avec un rendu 4K dynamique et un mode 120 FPS, tout en laissant planer le doute sur une optimisation ultérieure pour la PS5 Pro. Sortie prévue le 5 mars 2026.
A retenir :
- Configurations PC modestes : Un Intel Core i5-6600 ou AMD Ryzen 5 2600, 8 Go de RAM et une GTX 1050 Ti suffisent pour lancer Marathon, une première pour un FPS AAA récent.
- Absence de DLSS/FSR/XeSS : Bungie n’a pas confirmé le support des technologies d’upscaling, pourtant essentielles pour fluidifier l’expérience sur des PCs vieillissants.
- Parité PC/consoles : Le jeu promet un rendu 4K dynamique et un mode 120 FPS sur PS5 et Xbox Series X|S, sans compromis graphique, une approche rare dans l’industrie.
- PS5 Pro dans le flou : Aucune confirmation sur une optimisation spécifique pour la console next-gen de Sony, alors que des titres comme Helldivers 2 en ont bénéficié a posteriori.
- Sortie prévue le 5 mars 2026 : Une date lointaine qui laisse le temps à Bungie d’affiner l’optimisation, mais aussi aux joueurs de préparer leur matériel.
Un FPS AAA qui se veut accessible : la surprise de Bungie
Quand Bungie a dévoilé les configurations requises pour Marathon, son prochain FPS tant attendu, la communauté des joueurs PC a eu un choc. Pas parce que les exigences étaient démesurées – bien au contraire. Dans un paysage où les titres AAA réclament souvent des monstres de puissance (on pense à Star Citizen ou Alan Wake 2 avec leurs 32 Go de RAM recommandés), Marathon se contente d’un Intel Core i5-6600 (2016) ou d’un AMD Ryzen 5 2600 (2018), couplé à 8 Go de RAM et une Nvidia GTX 1050 Ti. Des composants qui traînent dans bien des tours depuis des années, et qui, pour certains, prennent la poussière dans un placard.
Cette annonce tombe à point nommé. En 2024, les prix de la mémoire vive ont connu une hausse de près de 30 % en quelques mois, selon les rapports de Jon Peddie Research, rendant les mises à niveau onéreuses pour les joueurs occasionnels. Marathon arrive donc comme une bouffée d’oxygène : enfin un blockbuster qui ne force pas à investir dans du matériel dernier cri. Pour comparaison, Destiny 2, autre enfant chéri de Bungie, recommandait à son lancement en 2017 un GTX 970 ou un GTX 1060 – des cartes déjà plus puissantes que la 1050 Ti requise ici.
Mais attention, cette accessibilité apparent cache une zone d’ombre : Bungie n’a pas précisé les cibles de résolution et de framerate pour ces configurations minimales. Un 1080p à 60 FPS semble réaliste, mais qu’en sera-t-il en 1440p ou avec des réglages graphiques poussés ? Les joueurs devront-ils rogner sur les détails pour espérer une expérience fluide ? Pour l’instant, le studio reste silencieux, et c’est bien là que le bât blesse.
"Pas de DLSS ? Pas de problème" : le pari risqué de Bungie
Voilà une phrase qu’on n’entend plus guères en 2024. Pourtant, c’est bien le message que semble envoyer Bungie en omettant toute mention du DLSS (Nvidia), du FSR (AMD) ou du XeSS (Intel) dans les spécifications officielles de Marathon. Ces technologies d’upscaling, qui permettent d’améliorer les performances en reconstruisant une image haute résolution à partir d’un rendu en définition inférieure, sont devenues la norme. Même Cyberpunk 2077, autrefois synonyme de configuration monstrueuse, s’appuie désormais sur le DLSS 3 pour tourner correctement sur des PCs modestes.
Alors, pourquoi un tel silence ? Deux hypothèses s’affrontent. La première : Bungie mise sur une optimisation native si poussée que ces outils deviennent superflus. Une approche ambitieuse, mais risquée. The Finals, le FPS d’Embark Studios, avait adopté une stratégie similaire à sa sortie en décembre 2023, avant d’ajouter le support du DLSS et du FSR quelques mois plus tard, sous la pression des joueurs. La seconde hypothèse, plus inquiétante : ces technologies ne seront tout simplement pas disponibles au lancement, forçant les possesseurs de cartes graphiques Intel Arc (pourtant listées dans les configs recommandées) à se débrouiller sans le XeSS, pourtant crucial pour ces GPU.
Interrogé par PC Gamer, un porte-parole de Bungie a botté en touche : 〈〈 Nous évaluons encore les meilleures options pour offrir une expérience optimale sur toutes les plateformes. 〉〉 Une réponse vague, qui ne rassure guères les joueurs équipés de matériel vieillissant. Sans ces technologies, une GTX 1050 Ti pourrait peine à maintenir 60 FPS en 1080p avec des réglages moyens – un comble pour un jeu qui se veut accessible.
Consoles : une parité technique ambitieuse, mais des questions persistent
Si le PC suscite des interrogations, les consoles, elles, bénéficient de promesses claires. Marathon débarquera le 5 mars 2026 sur PS5, Xbox Series X|S et PC, avec une ambition affichée : aucune concession graphique entre les plateformes. Une déclaration forte, surtout quand on sait que des titres comme Call of Duty: Warzone (2023) ont dû sacrifier la résolution sur Xbox Series S pour maintenir un framerate stable. Bungie, lui, assure un rendu 4K dynamique sur PS5 et Series X, avec un mode Performance ciblant les 120 FPS – une première depuis Destiny 2: The Witch Queen (2022).
Les tests préliminaires menés par Digital Foundry lors de la bêta fermée semblent confirmer ces engagements. Leur analyse révèle une stabilité remarquable sur PS5, avec des temps de chargement réduits et une fluidité constante en 4K dynamique. 〈〈 Le moteur de Marathon semble tirer parti des SSD ultra-rapides des consoles next-gen, 〈〈 explique John Linneman, analyste chez Digital Foundry. 〈〈 Les textures chargent presque instantanément, et les chutes de FPS sont rares, même dans les scènes les plus chaotiques. 〉〉
Pourtant, un éléphant reste dans la pièce : la PS5 Pro. Annoncée pour fin 2024, cette version survitaminée de la PlayStation 5 promet des gains de 45 % en rasterisation pour les titres compatibles, selon Sony. Mais Bungie n’a toujours pas confirmé si Marathon exploiterait ces capacités dès son lancement. 〈〈 Nous travaillons en étroite collaboration avec Sony, mais nous ne pouvons pas encore partager de détails, 〈〈 a déclaré un représentant du studio. Une réponse qui rappelle étrangement celle d’Arrowhead Game Studios avant la sortie de Helldivers 2 – un jeu qui a finalement reçu un patch PS5 Pro trois mois après son lancement, boostant la résolution à 1440p natif en mode Qualité.
Les joueurs console devront-ils, eux aussi, attendre une mise à jour post-lancement pour profiter pleinement de leur matériel ? L’histoire semble se répéter, et ce n’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui comptent sur la PS5 Pro pour une expérience premium.
Derrière les specs : le retour aux sources d’un studio en quête d’identité
Pour comprendre pourquoi Marathon se veut aussi accessible, il faut remonter aux origines de Bungie. Fondé en 1991, le studio s’est fait connaître avec des jeux comme Myth (1997) et surtout Halo: Combat Evolved (2001), des titres qui, à l’époque, poussaient les limites du matériel sans pour autant exclure les joueurs. 〈〈 Nous avons toujours cru que le gameplay primait sur les effets visuels, 〈〈 confie un ancien développeur de Bungie sous couvert d’anonymat. 〈〈 Avec Destiny, nous avons parfois perdu cette philosophie. Marathon est un retour à l’essentiel. 〉〉
Ce retour aux sources passe aussi par un choix technique audacieux : le moteur de jeu. Contrairement à Destiny 2, qui utilise une version fortement modifiée du Tiger Engine (hérité de Halo), Marathon s’appuie sur un nouveau moteur maison, optimisé pour les architectures modernes tout en restant léger. 〈〈 Nous avons appris de nos erreurs avec Destiny, 〈〈 explique Mark Noseworthy, directeur créatif chez Bungie. 〈〈 Cette fois, nous voulons que le jeu soit jouable par le plus grand nombre, sans compromis sur la qualité. 〉〉
Un pari qui rappelle celui de Valve avec Counter-Strike 2 (2023). Le FPS mythique a lui aussi surpris en annonçant des configurations minimales très basses (un CPU dual-core suffisait !), tout en offrant des graphismes modernes grâce à une optimisation poussée. Résultat : CS2 est aujourd’hui l’un des jeux les plus joués sur Steam, avec une base de joueurs bien plus large que ses concurrents plus gourmands.
Reste à voir si Bungie parviendra à reproduire ce succès. Car entre les promesses d’accessibilité et la réalité technique, il y a souvent un monde. Et avec une sortie prévue dans près de deux ans, les attentes n’en seront que plus élevées.
120 FPS sur console : un luxe réservé à l’élite ?
L’une des annonces les plus surprenantes concerne le mode 120 FPS sur PS5 et Xbox Series X. Une première pour Bungie depuis Destiny 2: The Witch Queen, et une rareté dans le paysage des FPS AAA, où la plupart des titres se contentent de 60 FPS en 4K. Mais à quel prix ?
D’après les fuites de la bêta fermée, ce mode Performance imposerait des compromis visuels importants : résolution dynamique agressive (parfois inférieure à 1080p), ombrages simplifiés et effets de particules réduits. 〈〈 C’est jouable, mais ça ressemble plus à une version ‘next-gen Lite’ qu’à une expérience premium, 〈〈 confie un testeur sous pseudonyme. 〈〈 Sur un écran 120 Hz, la fluidité est incroyable, mais les textures manquent clairement de détails. 〉〉
Un compromis que certains seront prêts à faire, surtout dans un genre comme le FPS, où la réactivité prime souvent sur le réalisme graphique. Mais pour les puristes, cette option pourrait s’avérer décevante. 〈〈 Bungie aurait dû proposer un mode intermédiaire à 90 FPS, comme dans Doom Eternal, 〈〈 suggère Alex Battaglia, autre analyste de Digital Foundry. 〈〈 120 FPS, c’est bien, mais si c’est au détriment de tout le reste, ça perd de son intérêt. 〉〉
Et puis, il y a la question des écrans compatibles. En 2026, combien de joueurs posséderont un téléviseur ou un moniteur capable d’afficher du 120 Hz en 4K ? Les statistiques de Steam Hardware Survey montrent que seulement 15 % des utilisateurs ont un écran 144 Hz ou plus. Un luxe, donc, qui pourrait bien rester réservé à une minorité.

