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Meta et le Métavers : 70 milliards de dollars perdus, un rêve en stand-by et un virage vers l’IA
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Il y a 84 jours

Meta et le Métavers : 70 milliards de dollars perdus, un rêve en stand-by et un virage vers l’IA

En 2021, Mark Zuckerberg rebaptisait Facebook en Meta, promettant une révolution avec le métavers. Quatre ans et 70 milliards de dollars de pertes plus tard, le constat est sans appel : les utilisateurs boude les casques VR, Horizon Worlds reste un désert numérique, et Meta enterre progressivement son rêve. À la place, l’entreprise mise tout sur l’intelligence artificielle, avec des lunettes connectées et des algorithmes toujours plus intrusifs. Un échec retentissant, mais une leçon pour l’industrie tech : et si l’avenir n’était pas (encore) virtuel ?

A retenir :

  • 70 milliards de dollars engloutis dans le métavers depuis 2021 : un record d’échec pour Meta, qui bat des records… mais pas ceux espérés.
  • Horizon Worlds, le fer de lance de Meta, peine à attirer : moins de 200 000 utilisateurs actifs mensuels en 2023, selon The Verge.
  • Meta annonce un plan de restructuration radical : budget réduit de 30 % d’ici 2026, licenciements massifs, et adieu aux ambitions démesurées du métavers.
  • L’IA prend le relais : les lunettes Ray-Ban Meta (avec assistant IA intégré) voient leurs ventes tripler, mais les jeunes restent sceptiques.
  • Les investisseurs applaudissent : +4 % pour l’action Meta après l’annonce du recentrage, preuve que la rentabilité prime sur les rêves futuristes.
  • Le métavers, trop en avance sur son temps ? Entre casques VR encombrants et expériences sociales limitées, les utilisateurs préfèrent… leurs smartphones.
  • Et maintenant ? Meta parie sur l’IA générative pour ses réseaux sociaux, mais le spectre du métavers hante toujours Zuckerberg.

2021 : quand Zuckerberg voulait remplacer Internet par le métavers

Le 28 octobre 2021, Mark Zuckerberg frappait un grand coup : Facebook devenait Meta, et le monde découvrait son ambition folle : remplacer les écrans par des mondes virtuels immersifs. Le métavers devait être "la prochaine frontière des interactions humaines", un espace où travailler, jouer, socialiser… sans quitter son casque VR. Oculus Quest (racheté en 2014), Horizon Worlds (la plateforme sociale de Meta), et des milliards en R&D : tout était prêt pour une révolution.

Sauf que… personne n’a suivi. Quatre ans plus tard, les chiffres sont accablants :
Moins de 200 000 utilisateurs actifs mensuels sur Horizon Worlds en 2023 (source : The Verge), contre 3 milliards pour Facebook.
Les casques Meta Quest (ex-Oculus) se vendent à 10 millions d’exemplaires depuis 2020 (IDC) – un score honorable, mais loin des 1,5 milliard de smartphones écoulés chaque année.
70 milliards de dollars de pertes depuis 2021 (Bloomberg), soit plus que le PIB de la Luxembourg.

Pire : les retours utilisateurs sont catas. Sur Reddit ou Trustpilot, les plaintes pleuvent : "Horizon Worlds est vide et buggé", "Les avatars ont l’air sortis d’un jeu PS2", "Pourquoi mettre un casque alors que mon téléphone fait tout ?". Le métavers, vendu comme l’avenir du social, ressemble surtout à un Second Life bis – un échec que même Zuckerberg ne peut plus ignorer.

2024 : le grand ménage (et les licenciements)

Face à l’hémorragie, Meta a sorti la tronçonneuse. En novembre 2023, l’entreprise annonce un plan de restructuration historique :
Budget réduit de 30 % d’ici 2026 pour la division Reality Labs (métavers + VR).
Licenciements massifs dès janvier 2024, touchant aussi bien les ingénieurs logiciels que les designers d’Horizon Worlds.
Abandon des projets "too futuristic", comme les lunettes AR haut de gamme (projet Nazaré).

Ironie de l’histoire : les marchés ont applaudit. Le 9 novembre 2023, l’action Meta bondissait de +4 %, signe que les investisseurs préfèrent une entreprise rentable à une entreprise visionnaire. "Enfin, ils arrêtent de brûler de l’argent pour un truc que personne ne veut", résumait un analyste de Goldman Sachs sous couvert d’anonymat.

Mais le plus surprenant ? Zuckerberg lui-même semble lâcher prise. Lors de la dernière conférence earnings, il a à peine mentionné le métavers, préférant vanter les mérites de… l’IA. Un aveu de défaite en creux.

L’IA, le nouveau pari (risqué) de Meta

Si le métavers est en train de mourir, l’intelligence artificielle prend le relais. Meta mise désormais sur :
Les lunettes Ray-Ban Meta (en partenariat avec EssilorLuxottica), dotées d’un assistant IA capable de répondre aux messages ou traduire en temps réel. Résultat ? Ventes triplées en un an (UploadVR), mais toujours marginales face à l’iPhone.
L’IA générative intégrée à Facebook, Instagram et Threads, pour personnaliser les fils d’actualité ou générer des images (via Emu, leur modèle maison).
Les chatbots "célébrités", comme celui de Tom Brady ou Snoop Dogg, censés rendre l’IA plus "humaine".

Problème : les jeunes ne veulent pas de ces gadgets. Une étude Pew Research révèle que 63 % des 18-29 ans trouvent les lunettes connectées "inutiles ou flippantes". "Je ne vais pas porter des Ray-Ban qui enregistrent tout ce que je vois", confie Léa, 22 ans, étudiante à Paris. Même son de cloche pour l’IA sur les réseaux : "Instagram me propose déjà trop de trucs, je n’ai pas besoin d’un bot qui invente des posts pour moi".

Pourtant, Zuckerberg reste optimiste. Dans une note interne fuite par The Information, il écrit : "L’IA va transformer nos produits comme le mobile l’a fait il y a 10 ans. Cette fois, on ne ratera pas le coche." Un discours qui rappelle étrangement… celui du métavers en 2021.

"Le métavers était une erreur" : et si tout le monde avait raison ?

Aujourd’hui, une question brûle les lèvres : le métavers était-il condamné dès le départ ? Plusieurs experts le pensent.

1. Un problème de timing : "Meta a voulu imposer une révolution alors que la technologie n’était pas prête", explique Jean-Marc Denis, professeur en innovation à HEC Paris. "Les casques VR sont lourds, chers, et les expériences sociales y sont pauvres. Comparez avec un smartphone : léger, polyvalent, et déjà dans toutes les poches."

2. Un manque d’usage clair : "À quoi sert le métavers ?" résume Amélie, 30 ans, cheffe de projet digital. "Pour jouer ? J’ai ma PS5. Pour bosser ? Teams fait très bien l’affaire. Pour draguer ? Non merci." Contrairement au smartphone (qui a remplacé appareil photo, GPS, et baladeur), le métavers n’a pas tué de "vieil usage".

3. La concurrence des géants : Apple avec son Vision Pro (7000 $, réservé aux pros), Microsoft avec Mesh (pour les entreprises), et même Fortnite (qui fait du métavers sans en avoir l’air) ont grignoté des parts. Meta, lui, a voulu tout faire, trop vite.

Résultat ? Le métavers est devenu un meme. Sur Twitter, les moqueries pleuvent : "Mon NFT dans Horizon Worlds prend la poussière", "J’ai acheté un terrain virtuel à 10 000 $. Aujourd’hui, il vaut 0 $. Comme mon portefeuille crypto." Même Elon Musk s’y est mis : "Le métavers, c’est comme un meeting Zoom, mais en pire et avec un casque sur la gueule."

Et maintenant ? Trois scénarios pour l’avenir de Meta

Alors, le métavers est-il mort et enterré ? Pas tout à fait. Trois pistes se dessinent :

1. Le métavers "light" : Meta pourrait garder une version allégée d’Horizon Worlds, ciblant les jeux (comme Beat Saber) ou les événements virtuels (concerts, conférences). "Un métavers utile, pas un métavers omniprésent", résume Benedict Evans, analyste tech.

2. L’abandon pur et simple : Certains rumours (via Bloomberg) évoquent une vente des activités VR à un concurrent comme Sony ou Valve. "Ils garderaient les brevets et licencieraient la tech", confie une source proche du dossier.

3. Le grand pivot vers l’IA : Le scénario le plus probable. Meta a déjà démantelé une partie de ses équipes métavers pour les redéployer sur l’IA. "L’objectif ? Devenir le leader de l’IA sociale, comme ils l’ont été pour le mobile", décrypte Mary-Meeker, ex-KPCB.

Une chose est sûre : l’ère du "Move Fast and Break Things" est terminée. Après avoir cassé 70 milliards de dollars, Meta doit maintenant réparer – et vite.

Le métavers de Meta restera dans les annales comme l’un des plus gros paris manqués de la tech. Entre ambition démesurée, mauvaise exécution et manque d’adhésion du public, le projet a coûté une fortune sans jamais décoller. Aujourd’hui, Meta tourne la page – ou presque. Car si les casques VR finissent au placard, l’ADN du métavers (avatars, mondes persistants) pourrait resurgir dans les jeux, les réseaux sociaux, ou même… l’IA.
Une leçon, toutefois : la technologie ne suffit pas. Encore faut-il qu’elle réponde à un besoin. Et pour l’instant, personne n’a besoin du métavers. Pas même Mark Zuckerberg.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Le métavers de Zuckerberg, c'était un peu comme si on avait voulu remplacer le téléphone fixe par un walkman. Les gens préfèrent les smartphones, et les casques VR, c'est juste un gadget de plus.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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