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Meta et le Métavers : 73 milliards d’euros en fumée ? L’ascension et la chute de Zuckerberg en 5 ans
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Il y a 36 jours

Meta et le Métavers : 73 milliards d’euros en fumée ? L’ascension et la chute de Zuckerberg en 5 ans

En 2021, Mark Zuckerberg annonçait un tournant historique : Facebook devenait Meta, et le métavers était présenté comme l’avenir du numérique. Cinq ans et 73 milliards d’euros plus tard, le bilan est accablant. Entre licenciements massifs, abandon de projets phares comme Workrooms ou Supernatural, et un silence assourdissant du PDG, le rêve s’est transformé en cauchemar. Aujourd’hui, Zuckerberg mise tout sur les lunettes connectées – mais ce nouveau pari suffira-t-il à sauver Meta d’un déclin annoncé ?

A retenir :

  • 73 milliards d’euros engloutis : l’investissement colossal de Meta dans le métavers se solde par des licenciements massifs et l’abandon de projets comme Workrooms ou Supernatural (rachetée 400 millions de dollars).
  • Des graphismes "dépassés" (comparés à la PS3) et des partenariats sabordés : studios VR comme Armature (Resident Evil 4 VR) ou Twisted Pixel (Marvel’s Deadpool VR) évincés, symbole d’une stratégie erratique.
  • Les lunettes Ray-Ban Meta, dernier espoir de Zuckerberg, peinent à décoller (300 000 unités vendues en un an) face à la concurrence d’Apple Vision Pro et aux craintes sur la vie privée.
  • Un virage vers l’IA et la réalité augmentée : mais après l’échec du métavers, Meta ne répète-t-elle pas les mêmes erreurs en misant sur un marché déjà dominé par les géants tech ?
  • Le silence de Zuckerberg : d’un discours visionnaire en 2021 ("le métavers est la prochaine frontière") à une stratégie de repli, le PDG de Meta semble avoir perdu son pari – et peut-être sa crédibilité.

2021 : quand Zuckerberg promettait de "réinventer internet"

Le 28 octobre 2021, Mark Zuckerberg frappait un grand coup. Lors d’une keynote ultra-médiatisée, il annonçait le rebaptissage de Facebook en Meta, accompagné d’une promesse ambitieuse : "Le métavers sera la prochaine frontière du numérique, un espace où nous pourrons travailler, jouer et interagir comme dans la vraie vie." Pour appuyer ses mots, le PDG dévoilait un investissement pharaonique – 73 milliards d’euros sur cinq ans – et une réorganisation majeure de l’entreprise. Les médias, comme TechCrunch ou le New York Times, parlaient alors d’un "moment historique".

Pourtant, derrière les effets d’annonce, les signes avant-coureurs d’un échec étaient déjà là. Dès 2022, des fuites internes révélaient des désaccords profonds au sein des équipes. Les développeurs pointaient du doigt des technologies immatures : des graphismes jugés "dépassés" (comparés à ceux de la PlayStation 3 par les premiers testeurs), des latences gênantes, et une expérience utilisateur loin des promesses. Pire, les casques VR (comme le Meta Quest Pro, vendu 1 500 €) peinaient à séduire au-delà d’un public niche de gamers.

"On nous a vendu un rêve, mais la réalité, c’est un monde virtuel vide, sans âme et techniquement limité.", confiait en 2023 un ancien employé sous couvert d’anonymat à Bloomberg. Un constat implacable, qui résumait déjà l’écart entre les ambitions de Zuckerberg et la dureté des faits.


L’hécatombe des studios VR : quand Meta trahit ses alliés

Pour donner corps à son métavers, Meta avait racheté ou partenarié avec certains des meilleurs studios de réalité virtuelle au monde. Parmi eux :

  • Armature Studio (Resident Evil 4 VR),
  • Twisted Pixel (Marvel’s Deadpool VR),
  • Sanzaru Games (Asgard’s Wrath),
  • Camouflaj (Batman: Arkham Shadow).

Ces noms, autrefois courtisés, ont été méthodiquement sabordés entre 2022 et 2024. Des équipes entières licenciées, des projets annulés du jour au lendemain. "On nous a dit que nos jeux étaient la vitrine du métavers. Deux ans plus tard, on nous vire sans explication.", témoignait en 2023 un développeur de Twisted Pixel à The Verge.

Le cas de Supernatural est emblématique. Rachatée 400 millions de dollars en 2023 pour son approche "fitness immersif", l’application était présentée comme un "pilier du métavers santé". Un an plus tard, elle était reléguée en mode maintenance, sans mises à jour ni nouveau contenu. "C’est comme si Meta avait acheté une Ferrari pour la garer dans un parking", ironisait un analyste de CNBC.

Ces abandon en série révèlent une stratégie erratique : Meta investissait des fortunes dans des studios, puis les lâchait dès que les résultats tardaient. Une méthode qui a démoralisé les talents et discrédité la marque auprès des développeurs.


Workrooms, Horizon Worlds… Les fiascos qui ont enterré le métavers

Parmi les projets phares de Meta, deux symbolisent particulièrement l’échec du métavers :

  • Workrooms : présenté comme "l’avenir du travail en VR", ce logiciel devait permettre des réunions immersives. Résultat ? Une expérience buggée, des avatars rigides, et un abandon pur et simple en mars 2024. "Personne ne l’utilisait, même en interne", avouait un cadre à Wired.
  • Horizon Worlds : le "cœur social" du métavers, un espace où les utilisateurs pouvaient se rencontrer. Problème : un monde vide (moins de 200 000 utilisateurs actifs en 2023, selon The Information), des graphismes moqués ("ça ressemble à un jeu mobile de 2010"), et des fonctionnalités limitées. Meta a fini par fermer les serveurs en décembre 2023.

Ces échecs ont eu un coût humain : entre 2022 et 2024, Meta a licencié plus de 21 000 employés (soit 24% de ses effectifs), dont une majorité dans les divisions VR/AR. "On nous a vendu une révolution. On a eu des licenciements.", résumait amer un ex-salarié sur Blind, un réseau social anonyme pour professionnels.


Les lunettes Ray-Ban Meta : un nouveau pari risqué

Face à l’effondrement du métavers, Zuckerberg a opéré un virage à 180 degrés. Désormais, sa priorité ? Les lunettes connectées, présentées comme "la prochaine grande plateforme après les smartphones" lors d’une interview sur YouTube en juin 2024. Un discours tonitruant… mais qui sonne comme un aveu d’échec.

Les Ray-Ban Meta, lancées en octobre 2023 en partenariat avec EssilorLuxottica, incarnent ce nouveau cap. Équipées de caméras, d’écouteurs et d’une IA intégrée, elles permettent de prendre des photos, passer des appels ou interagir avec un assistant vocal. Problème : les ventes sont décevantes (300 000 unités en un an, selon The Information), et les retours utilisateurs mitigés :

  • Autonomie limitée (4h en usage intensif),
  • Qualité audio moyenne,
  • Prix élevé (à partir de 299 €),
  • Inquiétudes sur la vie privée (les caméras peuvent filmer à l’insu des passants).

"C’est un produit intéressant, mais pas révolutionnaire. Et surtout, il arrive trop tard : Apple a déjà lancé son Vision Pro, et Google planche sur ses propres lunettes depuis des années.", analysait en 2024 Benedict Evans, expert en tech.

Pire, Meta mise désormais sur l’IA générative pour doper ses lunettes, avec des fonctionnalités comme la traduction en temps réel ou la reconnaissance d’objets. Mais là encore, les défis sont immenses : latence, précision, et acceptation par le public. "Les gens veulent-ils vraiment parler à une IA à travers leurs lunettes ?", s’interrogeait un éditorial du Wall Street Journal.


Et maintenant ? Trois scénarios pour l’avenir de Meta

Après cinq ans d’errements, que reste-t-il de la vision de Zuckerberg ? Trois hypothèses se dessinent :

  1. Le scénario du déclin : Si les lunettes connectées échouent, Meta pourrait devenir un "zombie tech" – une entreprise encore rentable grâce à Facebook et Instagram, mais sans innovation majeure. "Sans un nouveau relais de croissance, Meta risque de devenir le Yahoo des années 2020 : un géant qui a raté tous les virages", prévient Scott Galloway, professeur à NYU.
  2. Le rebond par l’IA : Meta mise gros sur l’intelligence artificielle, avec des modèles comme Llama ou des outils pour créateurs. Si ces technologies décollent, elles pourraient sauver l’entreprise. Mais la concurrence (Google, Microsoft, OpenAI) est féroce.
  3. L’acquisition surprise : Zuckerberg pourrait tenter un coup d’éclat en rachetant un acteur clé (un studio de jeux, une plateforme sociale émergente). "Il a les moyens. Mais après les échecs du métavers, les investisseurs exigeront des garanties", note un analyste de Morgan Stanley.

Une chose est sûre : l’ère du métavers est terminée. "Mark a brûlé 73 milliards pour un rêve. Maintenant, il doit prouver qu’il peut encore innover, sinon Meta deviendra un cas d’école sur l’hybris technologique", conclut Casey Newton, journaliste à Platformer.


"On nous a menti" : la colère des early adopters

Derrière les chiffres et les stratégies, il y a des utilisateurs déçus. Ceux qui ont cru au métavers, acheté un casque Meta Quest à 500 €, ou investi du temps dans Horizon Worlds. Leur verdict est sans appel.

"J’ai dépensé 3 000 € en matériel VR en pensant que Meta allait révolutionner le gaming. Aujourd’hui, je joue sur ma PS5, et mon Quest 2 prend la poussière.", témoigne Thomas R., 32 ans, sur Reddit. "Le pire, c’est qu’ils savaient. Les fuites montraient dès 2022 que les dirigeants doutaient, mais ils ont continué à vendre du rêve."

Même son de cloche du côté des créateurs de contenu. Lena V., qui animait des événements sur Horizon Venues, raconte : "Un jour, j’avais 200 spectateurs. Le lendemain, Meta fermait la plateforme sans prévenir. Poof ! Deux ans de travail réduits à néant."

Cette trahison a laissé des traces. Sur les forums, les mots "scam" (arnaque) ou "abandonware" (logiciel abandonné) reviennent souvent. "Meta a tué la VR grand public pour 5 ans", estime Julien K., développeur indépendant. Un constat sévère, mais qui reflète l’ampleur de la désillusion.

Aujourd’hui, Meta ressemble à un géant aux pieds d’argile. Les 73 milliards d’euros engloutis dans le métavers n’ont laissé que des licenciements, des projets abandonnés et une crédibilité entamée. Zuckerberg mise désormais sur les lunettes connectées et l’IA, mais le doute persiste : et si, une fois de plus, il courait après une chimère ? Une chose est sûre : l’histoire de Meta servira de leçon. Celle d’une entreprise qui, ivre de sa puissance, a cru pouvoir inventer l’avenir sans écouter ses utilisateurs. Celle d’un PDG qui, après avoir promis de "réinventer internet", doit aujourd’hui sauver sa peau. Entre Apple Vision Pro, Google et les régulateurs qui scrutent chaque mouvement, le prochain pari de Meta sera-t-il le bon… ou le dernier ?
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Meta, c’est comme quand tu achètes un Final Fantasy en 1997 avec l’espoir d’un monde ouvert, mais que tu te retrouves avec un Dragon Quest en 2D et 16 couleurs. Le pitch était beau, mais la réalité ? Un Pokémon qui bugue dès que tu veux faire un trade. Les développeurs ont été les Final Fantasy Tactics de cette histoire : promus en héros, puis jetés comme des Chocobo inutiles. Dommage, parce que le vrai métavers, c’était déjà dans nos salons, entre un Mario Kart et un Fortnite bien rodé.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen