Il y a 55 jours
Mistborn : Un jeu AAA est-il enfin en route ? Brandon Sanderson lève un coin du voile
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Brandon Sanderson confirme des négociations sérieuses pour un Mistborn AAA — mais après des années de faux départs, les fans gardent un œil méfiant.
A retenir :
- Exclusif : Sanderson révèle des discussions "avancées" avec des studios AAA, après 7 ans de blocage juridique sur les droits.
- Leçon du passé : L’échec cuisant de Mistborn: Birthright (2018) et le succès surprise de Kelsier dans Fortnite (2023) montrent les écueils — et les opportunités — des adaptations.
- Défi créatif : Comment transposer l’allomancie, la cendre et la magie des métaux en mécaniques de jeu ? Sanderson exige un respect absolu de sa lore.
- Précédents encourageants : Moonbreaker (2022) prouve que l’univers Cosmere peut fonctionner en interactif, mais aucun jeu n’a encore osé l’échelle AAA.
- Attentes stratosphériques : Les fans rêvent d’un open-world à la hauteur de The Witcher 3 — mais Sanderson refuse de "vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué".
Un projet AAA dans les starting-blocks ? Les révélations de Sanderson
Imaginez un monde où la magie s’exerce en avalant des métaux, où des rebelles en cape défient un empire immortel, et où la cendre tombe sans cesse comme une malédiction céleste. Cet univers, c’est Mistborn — et il pourrait bientôt s’animer sur nos écrans. Lors de son bilan annuel 2023, Brandon Sanderson a confirmé ce que les fans espéraient depuis des années : des discussions sérieuses sont en cours avec des studios AAA pour une adaptation vidéo-ludique. "Je sens que ma position me permet enfin de concrétiser un jeu Mistborn", a-t-il déclaré, prudent mais visiblement excité.
La nouvelle est d’autant plus significative que les droits, autrefois liés à ceux du cinéma, viennent tout juste d’être libérés après sept ans de blocage. Un obstacle juridique qui avait notamment torpillé le projet Mistborn: Birthright en 2018 (nous y reviendrons). Aujourd’hui, Sanderson affirme dialoguer avec des "acteurs majeurs" du secteur — des noms qu’il admire, mais qu’il refuse de dévoiler pour l’instant. Une chose est sûre : l’auteur, connu pour son perfectionnisme, pose une condition non négociable : garder le contrôle créatif sur l’adaptation. "Je ne laisserai pas Mistborn devenir un produit marketing sans âme", a-t-il martelé.
"On a déjà essayé… et ça a mal tourné" : l’ombre de Mistborn: Birthright
L’enthousiasme des fans est tempéré par un souvenir amer : celui de Mistborn: Birthright, développé par Little Orbit et abandonné en 2018 après des années de développement chaotique. Le jeu, annoncé comme un RPG d’action, avait accumulé les retards avant de disparaître dans les limbes, laissant les joueurs sur leur faim. "C’était une expérience douloureuse", reconnaît Sanderson, qui en a tiré une leçon : "Cette fois, on prendra le temps qu’il faut."
Pourtant, l’échec de Birthright n’est pas le seul enseignement. En 2023, Kelsier, le charismatique chef de la rébellion, a fait une apparition surprise dans Fortnite — un coup de maître qui a prouvé l’attrait du personnage auprès du grand public. "Voir Kelsier sauter d’un bus de combat avec une pièce de métal a été… surréaliste", avoue Sanderson, amusé. Un succès qui contraste avec les déboires passés et donne un peu d’espoir : si un battle royale peut intégrer Mistborn, pourquoi pas un AAA ?
Reste que le marché des adaptations littéraires en jeu vidéo est un champ de mines. Pour chaque The Witcher 3 (un triomphe), il y a un Wheel of Time (un échec critique). Sanderson le sait : "Les attentes sont énormes, et je ne veux pas décevoir."
Cosmere en pixels : ce qui a (déjà) marché… et ce qui manque
Le Cosmere, l’univers partagé où s’inscrit Mistborn, n’est pas un inconnu pour les joueurs. Plusieurs projets ont tenté de capturer sa magie, mais aucun n’a encore osé l’échelle AAA :
• Mistborn Adventure Game (2012) : Un RPG de table acclamé par les fans, mais réservé aux initiés.
• Mistborn: House War (2021) : Un deckbuilder stratégique, élégant mais confidentiel.
• Moonbreaker (2022) : Un jeu de tactique où Sanderson a co-créé l’univers, prouvant que ses idées fonctionnent en interactif.
"Moonbreaker a montré qu’on pouvait transposer la magie des métaux en mécaniques de jeu", explique Sanderson. "Mais un AAA, c’est une autre paire de manches." La question brûle les lèvres des fans : comment rendre l’allomancie (la capacité à brûler des métaux pour obtenir des pouvoirs) aussi fluide qu’un combat à l’épée ? Comment faire de la cendre omniprésente un élément de gameplay, et non un simple décor ? "Je veux que les joueurs ressentent la lourdeur du métal dans leur estomac quand ils brûlent de l’acier", confie l’auteur.
Les comparaisons avec The Witcher 3 sont inévitables — et risquées. "Geralt est un monstre-chasseur solitaire ; Vin [l’héroïne de Mistborn] est une voleuse qui manipule les émotions et déforme les métaux", rappelle Sanderson. "Notre univers demande une approche différente." Certains studios AAA, comme CD Projekt Red ou BioWare, ont prouvé qu’ils pouvaient dompter des licences complexes. Mais qui osera relever le défi ?
Derrière les écrans : la bataille secrète pour les droits de Mistborn
Peu de gens le savent, mais la route vers un jeu Mistborn a été un parcours du combattant juridique. Pendant près de sept ans, les droits étaient verrouillés par des contrats cinématographiques — un héritage des tentatives avortées d’adaptation au cinéma (dont un projet avec Paloma Pictures en 2016). "C’était comme avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête", soupire Sanderson.
La libération des droits en 2023 a été un tournant. "Dès que j’ai eu le feu vert, j’ai contacté des studios", révèle-t-il. Mais attention : pas question de signer avec le premier venu. Sanderson a une liste noire (non divulguée) de pratiques qu’il refuse catégoriquement — comme les microtransactions agressives ou un scénario édulcoré. "Si un studio veut faire un Mistborn sans allomancie ou sans la rébellion, ils peuvent oublier."
Parmi les noms qui reviennent dans les spéculations des fans : Larian Studios (Baldur’s Gate 3), réputé pour son respect des licences, ou Obsidian (Pillars of Eternity), maître des RPG narratifs. Mais Sanderson reste évasif : "Je ne veux pas créer de fausses attentes. Quand ce sera officiel, vous le saurez."
Et si le jeu AAA n’était pas la bonne solution ? Les alternatives qui font débat
Tous les fans ne rêvent pas d’un open-world AAA. Certains, comme Marie, modératrice du forum 17th Shard (la communauté officielle de Sanderson), préféreraient un RPG tactique à la Divinity: Original Sin 2 : "L’allomancie se prêterait mieux à des combats au tour par tour, où chaque métal a un rôle précis.", argue-t-elle. D’autres, comme le streamer Captain Cosmere, militent pour un jeu de survie dans les Brumes de la Nuit : "Imaginez un Dark Souls où vous devez gérer vos réserves de métaux pour survivre !"
Sanderson écoute ces retours — mais reste focalisé sur un projet grand public. "Un jeu de niche, c’est bien, mais je veux que Mistborn touche des millions de joueurs", explique-t-il. Une ambition qui divise : certains craignent une "witcherisation" de l’univers, avec un jeu trop lissé pour plaire au plus grand nombre.
Une certitude, cependant : Sanderson ne lâchera pas le contrôle. "J’ai vu trop d’adaptations massacrer leur source. Pas question que Mistborn subisse le même sort." Et si le projet AAA échoue ? L’auteur a un plan B : "On fera un jeu indie. Moins d’argent, mais plus de passion."
Entre l’optimisme mesuré de Sanderson, les cicatrices de Mistborn: Birthright et les rêves démesurés des fans, une chose est sûre : l’avenir de Mistborn en jeu vidéo se joue maintenant. Les discussions avec les studios AAA sont réelles, les droits sont libres, et l’auteur a appris de ses erreurs. Mais dans un industrie où les projets s’envolent aussi vite qu’ils s’effondrent, la prudence reste de mise.
Une chose est certaine : si un studio relève le défi, il devra capturer l’âme de Mistborn — cette alchimie unique entre rébellion, magie métallique et espoir dans l’obscurité. "Je veux que les joueurs ressentent ce que Vin ressent quand elle pousse sur les métaux pour la première fois", résume Sanderson. "Ce frisson. Cette liberté." À eux de jouer.

