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Naughty Dog en crise : **Intergalactic** (2027) sous le poids du crunch et des tensions internes
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Il y a 72 jours

Naughty Dog en crise : **Intergalactic** (2027) sous le poids du crunch et des tensions internes

Pourquoi **Intergalactic**, le nouveau projet ambitieux de Naughty Dog, divise-t-il autant ?

Entre **crunch forcé**, retour brutal au bureau et démissions en série, le studio derrière The Last of Us et Uncharted fait face à une crise interne alors qu’il prépare son premier jeu sci-fi, Intergalactic: The Heretic Prophet, prévu pour mi-2027. Malgré des promesses de réforme, les conditions de travail se dégradent, relançant le débat sur le prix de l’innovation dans l’industrie du jeu vidéo.

A retenir :

  • Crunch imposé : 8h supplémentaires hebdomadaires minimum depuis octobre 2023 pour finaliser la démo, avec un plafond à 60h/semaine.
  • Retour au 100% présentiel : Passage brutal de 3 à 5 jours en bureau, perturbant l’équilibre vie pro/perso des employés.
  • Équipe anti-crunch dissoute : Créée en 2021 pour limiter les excès, ses membres clés ont démissionné, signe d’un malaise persistant.
  • Un projet risqué : Intergalactic marque la première IP originale de Naughty Dog depuis 20 ans, avec une narration "débridée" centrée sur un chasseur de primes échoué sur une planète hostile.
  • Sortie en 2027 ? Malgré les retards, le studio maintient une date ambitieuse, tout en développant potentiellement The Last of Us Part III en parallèle.

**Intergalactic** : L’ambition créative qui fait trembler Naughty Dog

Imaginez un studio acclamé pour des chefs-d’œuvre comme The Last of Us Part II ou Uncharted 4, forcé de choisir entre son héritage artistique et le bien-être de ses équipes. C’est le dilemme actuel de Naughty Dog, plongé dans une tourmente interne alors qu’il finalise Intergalactic: The Heretic Prophet, son premier jeu de science-fiction original depuis deux décennies. Annoncé comme « l’histoire la plus audacieuse et créative » de son catalogue, ce projet centré sur Jordan A. Mun, un chasseur de primes échoué sur la planète Sempiria, promet une narration « débridée » et des visuels révolutionnaires. Mais à quel prix ?

Selon les révélations de Bloomberg, le studio aurait imposé depuis fin octobre 2023 un minimum de 8 heures supplémentaires par semaine à ses employés, avec des pointages méticuleux dans des tableaux Excel et un plafond théorique fixé à 60 heures hebdomadaires. Une pratique qui rappelle les périodes de crunch extrême ayant marqué le développement de The Last of Us Part II (2020), où des témoignages avaient évoqué des semaines à 80 heures et des burn-outs en série. Pourtant, Naughty Dog avait juré avoir tiré les leçons de ces excès...


Le pire ? Cette intensification des cadences coïncide avec un retour forcé au bureau : les employés, habitués à trois jours de présentiel, se sont vu imposer cinq jours sur place, semant la pagaille dans leur organisation personnelle. « Certains ont dû réorganiser la garde de leurs enfants ou les soins pour leurs animaux », confie une source anonyme à Bloomberg. Un changement radical qui contraste avec les discours passés de Neil Druckmann, co-président du studio, pour qui le crunch serait une « passion inévitable » des développeurs.

2021-2024 : L’échec cuisant de la cellule anti-crunch

En 2021, Naughty Dog avait créé une équipe dédiée à la limitation du crunch, composée de producteurs chargés de surveiller les dépassements d’heures et d’assurer un équilibre vie professionnelle/vie privée. Trois ans plus tard, le constat est amer : la plupart de ses membres ont démissionné, selon Bloomberg. Un exode qui en dit long sur l’écart entre les promesses et la réalité.

« C’était une belle idée sur le papier, mais sans soutien réel de la direction, c’était voué à l’échec », confie un ancien employé sous couvert d’anonymat. Pire, les départs se multiplient au-delà de cette cellule : des vétérans du studio, comme Bruce Straley (co-réalisateur de The Last of Us), ont quitté le navire ces dernières années, évoquant une culture du travail toxique. Un signal d’alarme que la direction semble ignorer, alors que le compte à rebours vers la sortie d’Intergalactic est lancé.

Pourtant, les signes avant-coureurs étaient là. Dès 2022, des rumeurs faisaient état de tensions autour du développement du jeu, avec des retards accumulés en 2025 qui auraient forcé le studio à adopter des mesures drastiques. « On nous a dit que c’était temporaire, le temps de finaliser la démo pour les investisseurs. Mais tout le monde sait que ça va empirer à l’approche de la sortie », témoigne un développeur.

**Intergalactic** : Une révolution narrative ou un miroir brisé ?

Sur le papier, Intergalactic: The Heretic Prophet a tout pour séduire. Premier jeu original de Naughty Dog depuis Jak and Daxter (2001), il promet de s’affranchir des codes des franchises The Last of Us et Uncharted pour explorer un univers de science-fiction mature, mêlant chasse aux primes, survie sur une planète hostile et intrigues politiques. Les premières descriptions internes évoquent une « narration non linéaire », des choix impactant l’histoire, et un système de combat dynamique inspiré des meilleurs titres du genre.

Mais derrière cette vitrine alléchante se cache une réalité moins reluisante. Les retards répétés et les changements de direction artistique auraient démoralisé une partie de l’équipe, selon des sources internes. « On nous vend un projet révolutionnaire, mais on a l’impression de refaire les mêmes erreurs qu’avec The Last of Us Part II : des ambitions démesurées, un scope qui explose, et des employés épuisés », confie un artiste 3D.

Le pire ? Intergalactic ne serait pas le seul projet en cours. Des rumeurs persistantes évoquent un développement parallèle de The Last of Us Part III, ce qui expliquerait la pression accrue sur les équipes. Une stratégie risquée, alors que le studio peine déjà à tenir ses délais. « Ils veulent être les nouveaux Rockstar [ndlr : studio connu pour ses conditions de travail extrêmes], mais sans en assumer les conséquences », ironise un ancien salarié.

2027 : Une date réaliste ou un leurre marketing ?

Officiellement, Intergalactic: The Heretic Prophet est toujours prévu pour mi-2027, une date ambitieuse pour un jeu aussi ambitieux. Pourtant, les observateurs du secteur restent sceptiques. « Compte tenu des retards et des problèmes internes, un report à 2028 semble plus probable », estime Niko Partners, un cabinet d’analyse spécialisé dans le jeu vidéo.

D’autant que Naughty Dog n’est pas à l’abri d’un nouveau coup de théâtre. En 2020, The Last of Us Part II avait été repoussé à deux reprises avant sa sortie finale, provoquant une crise interne majeure. « Si l’histoire se répète, on peut s’attendre à des annonces de report d’ici fin 2025 », prédit un journaliste de Kotaku.

Dans ce contexte, une question persiste : Naughty Dog peut-il vraiment concilier innovation et éthique ? Alors que des studios comme Supergiant Games (Hades) ou Ghost of Tsushima prouvent qu’il est possible de créer des chefs-d’œuvre sans sacrifier ses équipes, le studio californien semble prisonnier de ses vieilles habitudes. « Ils ont le talent et les ressources, mais pas la volonté de changer », résume un développeur sous le coup de l’émotion.

Derrière les écrans : Le vrai visage de Naughty Dog

Pour comprendre la crise actuelle, il faut remonter à 2013, lorsque The Last of Us a propulsé Naughty Dog au rang de studio légendaire. À l’époque, les équipes travaillaient déjà dans un climat de pression intense, mais les succès critiques et commerciaux semblaient justifier les sacrifices. « On nous disait : ‘Regardez le résultat, ça en valait la peine’ », se souvient un ancien employé.

Mais après The Last of Us Part II (2020), marqué par des fuites massives et des controverses sur les conditions de travail, la donne a changé. Les joueurs et les médias scrutent désormais chaque décision du studio, et les excès ne passent plus inaperçus. « Avant, on pouvait fermer les yeux. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux et les lanceurs d’alerte, tout sort au grand jour », explique un journaliste spécialisé.

Pourtant, Naughty Dog continue de bénéficier d’un soutien indéfectible de Sony, son éditeur. « Tant qu’ils vendent des millions d’exemplaires, PlayStation fermera les yeux », analyse un observateur. Une position qui exaspère une partie des employés, comme en témoigne ce message anonyme posté sur un forum interne en 2023 : « On nous traite comme des machines à succès, pas comme des humains. Jusqu’à quand ça va durer ? »

Entre l’audace créative d’Intergalactic et les dérives managériales qui minent son développement, Naughty Dog se trouve à un carrefour. Le studio a encore le temps de corriger le tir avant 2027, mais pour cela, il lui faudra rompre avec une culture du crunch profondément ancrée et écouter enfin les alertes de ses équipes. Sinon, Intergalactic risque de devenir le symbole d’une ambition dévorant ceux qui la portent.

Une chose est sûre : les joueurs attendront ce jeu avec impatience, mais ils observeront aussi de près le prix humain de sa création. Dans une industrie en pleine mutation, où le bien-être des développeurs devient un critère de plus en plus scruté, Naughty Dog n’a plus le droit à l’erreur.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Écoutez-moi ça, les gars : Naughty Dog, c’est comme un vieux tonton qui vous promet un voyage intergalactique en vous serrant la main sur un billet de 80h/semaine. « Oh, mais c’est pour Intergalactic, mon pote ! » Oui, oui, le jeu qui va révolutionner la SF, sauf que révolutionner, ça se fait pas en faisant bosser les mecs comme des moules en crunch permanent. Leur cellule anti-crunch ? Un truc plus zeubi qu’un RPG de 2005. Et le pire ? Ils ont encore l’audace de vouloir faire The Last of Us Part III en parallèle. Bon courage, les gars, vous allez finir en heretic prophets… mais pas du jeu, des burn-outs. Sony, t’es sûr que tu veux vraiment que ton studio ressemble à un studio de cyberpunk où les devs sont en mode apathique devant leur écran ?"
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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