Il y a 350 jours
NetEase, créateur de Marvel Rivals, fait face à une plainte de 900 millions de dollars
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NetEase, le géant chinois du jeu vidéo, est accusé de diffamation et de pratiques commerciales déloyales par les fondateurs de Prytania Media. Cette affaire complexe met en lumière les tensions entre les investissements étrangers et les régulations américaines.
A retenir :
- Jeff et Annie Strain poursuivent NetEase pour 900 millions de dollars.
- Les accusations incluent la diffamation et la diffusion de rumeurs de fraude.
- NetEase est accusé de vouloir contourner les régulations américaines.
- Les liens de NetEase avec le Parti Communiste Chinois sont mis en avant.
- La fermeture de Prytania Media et de ses filiales a suivi les accusations.
Les Origines d'une Affaire Complex
Jeff Strain, cofondateur de ArenaNet et cocréateur de State of Decay, ainsi que son épouse Annie Strain, ont intenté une action en justice contre NetEase, le créateur de Marvel Rivals, pour un montant de 900 millions de dollars. Ils accusent NetEase d'avoir provoqué la dévaluation et la fermeture définitive de leur studio en diffusant des rumeurs de fraude auprès des investisseurs.
Le procès, initialement déposé en janvier devant le tribunal civil de la parroquia de Orleans en Louisiane et depuis transféré à un tribunal fédéral, accuse NetEase de "destruction des carrières de deux vétérans de l'industrie du jeu vidéo et de leur entreprise par une entité chinoise cherchant à échapper au respect de la législation américaine".
Une Relation Initialement Positive
Au début, la relation entre NetEase et Prytania Media était positive. NetEase a investi dans Crop Circle Games, une filiale de Prytania, acquérant une participation de 25% et plaçant Han Chenglin au conseil d'administration de l'entreprise, aux côtés de Jeff et Annie Strain.
Cependant, avec le temps, les dirigeants de NetEase ont commencé à exprimer leurs préoccupations concernant le respect des lois américaines sur les investissements étrangers. Un courriel demandait même aux Strain de maintenir leur investissement à un "profil bas" pour éviter de devoir se conformer aux normes établies par le Comité des Investissements Étrangers aux États-Unis (CFIUS).
Les Liens avec le Parti Communiste Chinois
Une partie significative de la plainte s'efforce de tracer les liens supposés de NetEase avec le Parti Communiste Chinois, suggérant que NetEase voulait garder ces connexions confidentielles vis-à-vis du gouvernement américain. La plainte cite également la déclaration de Tencent comme "entreprise militaire chinoise" par le gouvernement américain, ainsi que des rapports selon lesquels le PDG de NetEase, Ding Lei, aurait utilisé la menace de représailles du PCCh contre Activision Blizzard en 2023.
Les Strain affirment également que Ding Lei était en train de déménager aux États-Unis dans une maison de 29 millions de dollars à Bel-Air, achetée à Elon Musk en 2020. Lei aurait exprimé ses préoccupations quant à l'impact de la divulgation des investissements de NetEase sur son immigration.
La Dégradation de la Relation
Les Strain ont continué à poser des questions sur le respect des régulations, ce qui a conduit à une dégradation de leur relation avec NetEase. En février 2024, Crop Circle Games a licencié une partie de son personnel et cessé les activités de certains employés, créant une confusion et une colère internes.
Le 22 février, Jeff Strain a reçu un message d'un directeur général d'une des sociétés de capital-risque investissant dans Prytania, accusant Crop Circle Games de fraude et de détournement de fonds. Les Strain ont tracé les rumeurs jusqu'à NetEase, ce qui a conduit à la perte de confiance des investisseurs et à la fermeture de Prytania Media et de ses filiales.
Les Conséquences et les Réactions
En avril, Annie Strain a publié une lettre sur le site web de l'entreprise, blâmant la récession économique et l'incapacité à trouver un financement pour les problèmes de l'entreprise. Elle a également mentionné un article supposé de Ethan Gach, reporter de Kotaku, qui aurait divulgué ses problèmes de santé personnels sans consultation.
Possibility Space, une filiale de Prytania, a fermé une semaine plus tard, et Jeff Strain a blâmé les employés qui avaient divulgué des informations à la presse. Ni NetEase ni les accusations de fraude n'ont été mentionnées à ce moment-là.
Jeff Strain, Annie Strain et Prytania Media poursuivent NetEase pour diffamation, pratiques commerciales déloyales, ingérence illégale dans les relations commerciales et négligence. Ils demandent une indemnisation supérieure à 900 millions de dollars, soit le triple de la valorisation précédente de leur entreprise.
NetEase a partagé la déclaration suivante avec Polygon en réponse à la plainte : "Les accusations de Prytania Media et de ses fondateurs, Annie et Jeff Strain, sont totalement infondées, nous les nions catégoriquement et nous nous défendrons vigoureusement contre elles. Notre historique en tant qu'entreprise mondiale de jeux vidéo parle de lui-même, et nous restons engagés à faire des affaires avec intégrité. Nous avons confiance que le processus juridique prouvera notre position et fera la lumière sur les véritables raisons de la disparition des studios des Strain."
Cette affaire met en lumière les défis et les complexités des investissements étrangers dans l'industrie du jeu vidéo, ainsi que les tensions entre les régulations américaines et les entreprises chinoises. Les accusations de diffamation et de pratiques commerciales déloyales de la part de NetEase soulèvent des questions importantes sur la transparence et l'intégrité dans le monde des affaires internationales.
Les conséquences de cette affaire pourraient avoir des implications significatives pour l'industrie du jeu vidéo et les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine. Les investisseurs et les entreprises du secteur suivront de près l'évolution de ce procès, qui pourrait établir des précédents importants pour l'avenir.
En fin de compte, cette affaire illustre les risques et les défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs et les investisseurs dans un marché mondialisé, où les enjeux financiers et légaux peuvent avoir des répercussions majeures.

