Il y a 83 jours
Netflix tourne le dos aux jeux WB : Mortal Kombat 12 et Hogwarts Legacy 2 menacés ?
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Pourquoi Netflix ignore-t-il le potentiel colossal des jeux Warner Bros. ?
Malgré des licences ultra-rentables comme Mortal Kombat (80M+ ventes) et Hogwarts Legacy (24M exemplaires, 1,6 Md$ de revenus), la division jeux de Warner Bros. est traitée comme un parent pauvre dans le méga-rachat de 82,7 milliards par Netflix. Pendant que les studios WB luttent pour survivre après des flops retentissants (Suicide Squad: Kill the Justice League, MultiVersus), la plateforme rouge privilégie des jeux narratifs low-cost plutôt que des blockbusters AAA. Un choix risqué qui pourrait hypothéquer l’avenir de franchises mythiques.A retenir :
- Hogwarts Legacy (24M ventes, 1,6 Md$) et Mortal Kombat (80M+ depuis 1992) : des licences "anecdotiques" pour Netflix, qui débourse 82,7 Md$ pour Warner
- Restructuration brutale chez WB Games : 4 franchises sauvés (Mortal Kombat, Harry Potter, DC, Game of Thrones), les autres abandonnées après les désastres Suicide Squad: KTJL (-200 M$) et MultiVersus (-100 M$)
- NetherRealm (MK1) et Rocksteady (nouveau Batman solo) dans le flou, tandis que WB Montréal se voit refuser son projet John Constantine
- Netflix mise sur des jeux narratifs (Stranger Things, The Queen’s Gambit) et familiaux (Pokémon Conquest 2025), évitant les AAA "trop risqués"
- Seul titre WB confirmé : LEGO Batman : L’Héritage des Ténèbres (2026), protégé par son calendrier pré-rachat
- Un paradoxe : Warner tente de sauver ses licences phares, tandis que Netflix les considère comme un "actif secondaire"
Le mépris de Netflix : quand 1,6 milliard de dollars deviennent "anecdotiques"
Imaginez un instant : une licence comme Hogwarts Legacy, capable d’engendrer 1,6 milliard de dollars en un an avec 24 millions de copies vendues, classée dans la catégorie "accessoire" par son propre repreneur. C’est pourtant la réalité crue à laquelle se heurte Warner Bros. Games, dont le portefeuille – incluant des monstres comme Mortal Kombat (80 millions d’exemplaires écoulés depuis 1992) ou la saga Batman Arkham – ne pèse apparemment "qu’un poids plume" dans la balance du rachat de 82,7 milliards de dollars par Netflix.
Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : Mortal Kombat 11 (2019) avait pulvérisé les records avec 12 millions d’unités vendues, tandis que LEGO Star Wars : La Saga Skywalker (2022) avait séduit 5 millions de joueurs. Même Gotham Knights, malgré un accueil mitigé, avait trouvé 4,5 millions d’acheteurs en 2022. Alors, comment expliquer cette sous-évaluation systématique ? La réponse tient en deux mots : stratégie divergente.
Netflix, qui a dépensé des fortunes pour s’offrir des studios de cinéma et des franchises télé, voit le jeu vidéo comme un "secteur à haut risque" – un comble quand on connaît la rentabilité des licences WB. Le géant du streaming préfère investir dans des jeux narratifs low-cost, liés à ses séries (Stranger Things: Puzzle Tales, The Queen’s Gambit Chess), ou des titres familiaux comme Pokémon Conquest (prévu pour 2025). Une approche aux antipodes des blockbusters AAA qui font la renommée de Warner.
Comme le résume un ancien cadre de WB Games sous couvert d’anonymat : "Netflix veut des jeux qui coûtent 5 millions et rapportent 20 millions, pas des projets à 200 millions qui peuvent tout aussi bien s’écraser. Pour eux, c’est comme comparer une série Netflix à un film Marvel – les budgets et les attentes ne sont pas les mêmes."
Restructuration brutale : quand WB Games joue sa survie sur 4 franchises
Face à l’indifférence de Netflix, Warner Bros. Games a engagé une restructuration radicale, recentrant ses efforts sur seulement quatre licences : Mortal Kombat, Harry Potter, DC Comics et Game of Thrones. Un choix dicté par l’urgence après deux échecs cuisants :
- Suicide Squad: Kill the Justice League (2024) : un désastre financier (-200 M$), malgré un budget marketing pharaonique. Le jeu, critiqué pour son gameplay répétitif et son manque d’innovation, avait été un camouflet pour Rocksteady, pourtant auréolé du succès de la trilogie Arkham.
- MultiVersus (2022) : le "Smash Bros. version WB" avait coûté 100 millions de dollars avant d’être purement et simplement annulé en 2023, faute de modèle économique viable. Un gaspillage qui avait provoqué des licenciements massifs chez Player First Games.
Résultat : des studios historiques se retrouvent dans le collimateur. WB Games Montréal, après l’accueil tiède de Gotham Knights, a vu son projet autour de John Constantine (un jeu d’action-horreur dans l’univers DC) rejeté en interne. "Ils nous ont dit de nous concentrer sur Batman ou rien", confie une source proche du dossier. Pendant ce temps, Rocksteady, le studio derrière les Batman: Arkham, plancherait sur un nouveau jeu solo consacré au Chevalier Noir – mais sans aucune annonce officielle, le doute persiste.
Côté NetherRealm Studios, le silence est assourdissant. Après Mortal Kombat 1 (2023), dont les ventes ont chuté de 30 % par rapport à MK11 (12M vs 8,5M estimées), aucune suite n’est confirmée. Les rumeurs évoquent tantôt un Mortal Kombat 12, tantôt un retour de la licence Injustice (inactive depuis 2017), mais rien de concret. Seul titre assuré : LEGO Batman : L’Héritage des Ténèbres, prévu pour 2026 – et protégé car son développement avait été lancé avant la finalisation du rachat par Netflix.
Netflix et le gaming : une stratégie à deux vitesses (et beaucoup de doutes)
Alors que Warner Bros. Games se bat pour sauver ses franchises, Netflix affiche une approche schizoïde du jeu vidéo. D’un côté, la plateforme embauche des pointures : l’ex-directeur d’Overwatch 2, des vétérans de Blizzard et même d’anciens de Ubisoft. Elle rachète aussi des studios comme Night School Studio (Oxenfree) ou Boss Fight Entertainment (Dungeon Boss).
De l’autre, elle ferme des projets sans hésiter : Oxenfree II a été annulé en 2023, tout comme une suite de Spiritfarer. Ses priorités ? Des jeux liés à ses séries (Stranger Things: 1984, The Queen’s Gambit Chess), des titres familiaux (Pokémon Conquest en 2025) et des ports de jeux existants (GTA: The Trilogy pour attirer un public casual). Une stratégie low-risk, loin des ambitions AAA de Warner.
Pourtant, Netflix a bien tenté un coup d’éclat avec Immortals of Aveum (2023), un FPS magique développé par Ascendant Studios. Malgré des graphismes impressionnants, le jeu avait déçu commercialement, confirmant les craintes de la direction : le marché du AAA est "trop imprévisible". "Un jeu comme Hogwarts Legacy, c’est un pari à 1 milliard. Nous, on préfère des paris à 10 millions", avait déclaré un responsable de Netflix Games en off.
Cette frilosité contraste avec l’audace affichée dans le cinéma et les séries, où Netflix n’hésite pas à investir des centaines de millions dans des blockbusters (The Gray Man, Red Notice). Pourquoi un tel deux poids, deux mesures ? Plusieurs raisons :
- La rentabilité incertaine : contrairement à un film, un jeu AAA peut mettre 5 à 7 ans à se rentabiliser.
- La concurrence féroce : face à Sony, Microsoft et Nintendo, Netflix part avec un handicap structurel.
- L’écosystème fermé : les jeux Netflix sont cantonnés aux mobiles et à un catalogue limité sur TV, contrairement aux licences WB disponibles sur PC, consoles et cloud.
L’avenir des licences WB : entre espoirs et menace d’extinction
Dans ce contexte, que reste-t-il aux fans de Mortal Kombat, Harry Potter ou Batman ? Peu de choses, à en croire les observateurs. Voici ce qu’on sait (et ce qu’on craint) pour chaque franchise majeure :
Mortal Kombat : la fin d’une dynastie ?
Avec Mortal Kombat 1 (2023) en baisse de ventes (-30 % vs MK11), NetherRealm Studios est dans l’expectative. Plusieurs scénarios se dessinent :
- Un Mortal Kombat 12 : probable, mais avec un budget réduit et une sortie repoussée à 2026-2027.
- Un retour d’Injustice : la licence DC a été abandonnée après Injustice 2 (2017), mais les rumeurs persistent.
- L’arrêt pur et simple : si Netflix juge la franchise "trop violente" pour son image, elle pourrait être vendue à un autre éditeur (comme Embracer Group l’a fait avec TimeSplitters).
Harry Potter : Hogwarts Legacy 2 en péril ?
Hogwarts Legacy a été un phénomène culturel (24M ventes, 1,6 Md$), mais son avenir est incertain. Avalanche Software (le studio derrière le jeu) travaille bien sur une suite, mais :
- Le projet pourrait être repoussé à 2027-2028, faute de moyens.
- Netflix pourrait exiger un changement de ton (moins sombre, plus "familial").
- La licence pourrait être confiée à un autre studio (comme WB Games Montréal), avec le risque d’une perte d’identité.
DC Comics : Batman seul contre tous
Après l’échec de Suicide Squad: KTJL, la licence DC est en mode survie. Seuls deux projets semblent encore en vie :
- Le nouveau Batman de Rocksteady : un jeu solo, probablement dans la veine des Arkham, mais avec un budget serré.
- LEGO Batman : L’Héritage des Ténèbres (2026) : le seul titre officiellement confirmé, car trop avancé pour être annulé.
Quant à Wonder Woman, Superman ou The Flash, leurs projets ont été purement et simplement abandonnés.
Game of Thrones : l’espoir le plus solide ?
Paradoxe : alors que la licence Game of Thrones n’a jamais vraiment percé dans le jeu vidéo (mis à part Telltale’s Game of Thrones en 2014), elle pourrait bien être la priorité de Netflix. Pourquoi ? Parce qu’elle est directement liée à leurs séries (House of the Dragon, les spin-offs en préparation).
Un jeu narratif dans l’univers de Westeros, développé en interne par Netflix Games, serait en discussion. "C’est le seul projet WB qui les intéresse vraiment, car ils contrôlent déjà la licence TV", révèle une source.
Le paradoxe Netflix : un géant qui a peur des jeux
Au final, la situation résume à elle seule les contradictions de Netflix : une entreprise prête à dépenser des milliards pour des films et des séries, mais terrorisée à l’idée d’investir dans des jeux AAA. Pourtant, les licences WB ont prouvé leur rentabilité :
- Hogwarts Legacy : 1,6 Md$ en un an.
- Mortal Kombat 11 : 500 M$ de revenus.
- LEGO Star Wars : 300 M$ malgré un accueil moyen.
Alors, pourquoi ce mépris ? Plusieurs théories circulent :
- La culture d’entreprise : Netflix est une boîte de tech et de contenu streaming, pas un éditeur de jeux.
- La peur de l’échec : après Immortals of Aveum, la direction a peur de répéter les erreurs de Google Stadia.
- Un calcul à long terme : Netflix préfère attendre que le cloud gaming explose avant d’investir massivement.
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : si Netflix maintient cette ligne, des franchises mythiques comme Mortal Kombat ou Batman Arkham pourraient disparaître… ou être vendues à la découpe. "On est en train de regarder un géant se saborder par peur de l’eau", résume un développeur sous le coup de l’émotion.
Pour les joueurs, l’équation est simple : soit Netflix change radicalement de cap d’ici 2025, soit il faudra faire le deuil de suites comme Mortal Kombat 12 ou Hogwarts Legacy 2. À moins, bien sûr, qu’un autre géant (Sony ? Microsoft ?) ne vienne racheter les licences à la sauvette… avant qu’il ne soit trop tard.

