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New World : Facepunch peut-il vraiment sauver le MMORPG abandonné par Amazon ? Un ex-dev lève le voile
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Il y a 3 heures

New World : Facepunch peut-il vraiment sauver le MMORPG abandonné par Amazon ? Un ex-dev lève le voile

Un MMORPG au bord du gouffre... mais pas encore enterré

Condamné à fermer ses portes en janvier 2027, New World pourrait bien échapper à son funeste destin. Le studio Facepunch (Rust), en discussions avec Amazon Games, envisage un rachat audacieux. Pourtant, entre un moteur de jeu ultra-spécialisé, une équipe originale dispersée et l’ombre de Throne and Liberty, le sauvetage s’annonce comme un parcours du combattant. Un ancien lead designer brise le silence : le jeu regorgeait de fonctionnalités abandonnées (guerres de factions, jardinage, navigation) qui auraient pu tout changer. Mais à quel prix ?

A retenir :

  • Facepunch en négociation : Le studio derrière Rust confirme sur X (ex-Twitter) explorer "toutes les pistes" pour racheter New World, mais les discussions avec Amazon Games restent ultra-confidentielles.
  • Un moteur de jeu piégé : Conçu sur mesure pour des mécaniques uniques (combats dynamiques, monde persistant), le framework du jeu exige une expertise rare, selon l’ex-lead David McKenzie.
  • Throne and Liberty, bourreau involontaire : Sorti en décembre 2023, le MMORPG concurrent a cannibalisé 40 % de l’engagement de New World en 6 mois, selon des données internes révélées par MMORPG.com.
  • 700 000 joueurs fantômes : À son pic en 2021, le jeu avait séduit une communauté massive, aujourd’hui réduite à néant par des mises à jour avortées et des promesses non tenues.
  • Des fonctionnalités enterrées : Guerres publiques, système de jardinage, navigation maritime... Des mécaniques ambitieuses jamais finalisées, révélées par l’ex-employé.
  • Un transfert de compétences impossible ? L’équipe originale, désormais éparse, ne serait pas prête à revenir, compliquant un éventuel relai par Facepunch.

New World : Un sauvetage en équilibre sur un fil

L’annonce a fait l’effet d’une bombe : New World, le MMORPG d’Amazon Games, fermera définitivement ses serveurs en janvier 2027. Pourtant, une lueur persiste. Le studio Facepunch, célèbre pour avoir donné vie à Rust, a officiellement manifesté son intérêt pour reprendre le flambeau. Sur X (ex-Twitter), l’équipe a confirmé vouloir "explorer toutes les pistes", sans garantir de happy end. Derrière cette déclaration optimiste se cache une réalité bien plus complexe, comme le révèle David McKenzie, ancien lead world designer du jeu.

Interrogé sur Reddit, ce dernier a levé un coin du voile sur les coulisses du projet. "New World nécessitait des compétences hyper-spécialisées, notamment pour son moteur propriétaire", explique-t-il. Contrairement à Rust, qui s’appuie sur Unity – un outil accessible et documenté –, le framework de New World a été taillé sur mesure pour ses mécaniques de combat dynamiques et son monde persistant. Résultat : "Même avec une équipe talentueuse, la courbe d’apprentissage serait vertigineuse", confie McKenzie. Un défi de taille pour Facepunch, dont les ressources, bien que solides, restent limitées face à un mastodonte aussi ambitieux.

Throne and Liberty : Le MMORPG qui a scellé le sort de New World

Mais au-delà des obstacles techniques, c’est une stratégie interne désastreuse qui a précipité la chute de New World. Toujours selon David McKenzie, la sortie quasi simultanée de Throne and Liberty en décembre 2023 a agi comme un coup de grâce. "Lancer deux MMORPG en compétition frontale était une erreur monumentale", lâche-t-il. Les chiffres lui donnent raison : selon des données internes citées par MMORPG.com, l’engagement des joueurs a chuté de 40 % dans les six mois suivant la sortie du concurrent.

Pire : les mises à jour majeures, comme Aeternum en 2024, ont été sacrifiées au profit de Throne and Liberty. Des fonctionnalités phares, promises depuis des années – guerres de factions dynamiques, système de jardinage, ou encore navigation maritime – ont été reléguées aux oubliettes. "On avait des idées incroyables, mais le manque de ressources et les priorités changeantes les ont étouffées", regrette McKenzie. Un gâchis d’autant plus cruel que New World avait su séduire 700 000 joueurs à son apogée en 2021.

Derrière les négociations : Un casse-tête humain et technique

Alors, Facepunch peut-il vraiment sauver New World ? Les négociations préliminaires avec Amazon Games, protégées par des accords de confidentialité, avancent dans l’ombre. Une source proche du dossier évoque des "discussions sérieuses, mais sans garantie". Le principal écueil ? Le transfert de connaissances. L’équipe originale, aujourd’hui dispersée chez d’autres studios ou sur de nouveaux projets, ne serait pas prête à revenir en masse. "Certains développeurs clés ont quitté l’industrie, d’autres travaillent sur des technologies radicalement différentes", précise McKenzie.

Sans eux, même un studio aguerri comme Facepunch aurait du mal à redonner vie à un jeu aussi complexe. "Ce n’est pas juste une question de code, mais de vision", insiste l’ex-lead designer. New World n’était pas qu’un simple MMORPG : c’était une expérience sociale, un monde où chaque détail – des combats épiques aux quêtes immersives – avait été pensé pour créer une communauté soudée. Reconstruire cette alchimie sans ses artisans originaux relève du pari fou.

Et si New World renaissait... mais différent ?

Pourtant, l’espoir subsiste. Facepunch a prouvé avec Rust sa capacité à repenser des mécaniques existantes pour les rendre plus accessibles, tout en gardant leur âme. Imaginez un New World où les guerres de factions seraient enfin équilibrées, où le jardinage deviendrait un pilier économique, ou où la navigation ouvrirait des zones inexplorées... "Le potentiel est là, mais il faudrait oser tout repenser", glisse un développeur anonyme proche du dossier.

Reste une question : Amazon Games accepterait-il de lâcher les rênes à un studio indépendant ? Les précédents ne sont pas encourageants. En 2022, le géant avait déjà annulé Crucible, son autre jeu multijoueur, après des mois de silence. New World pourrait-il échapper à ce funeste scénario ? "Tout dépendra de ce qu’Amazon veut vraiment : sauver la face... ou sauver un jeu", conclut McKenzie, sceptique mais pas désespéré.

Entre les défis techniques d’un moteur de jeu unique, les cicatrices laissées par Throne and Liberty, et une équipe originale éparse, le rachat de New World par Facepunch tient du miracle. Pourtant, l’histoire des MMORPG regorge de renaissances inattendues – Final Fantasy XIV en tête. Si les étoiles s’alignent, ce monde oubliée pourrait bien renaître de ses cendres... mais sous une forme que même ses créateurs originaux ne reconnaîtront peut-être pas.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Écoutez-moi bien, pote : New World, c’est comme un bon whisky mal fini , on sent encore le potentiel, mais la bouteille a pris la poussière entre deux guerres de factions jamais livrées. Facepunch, avec son Rust bien huilé, pourrait peut-être lui donner un dernier coup de polish… mais attention, le moteur est un truc de zeubi maison, genre un sabre laser fabriqué avec des Lego et de la bonne volonté. Et Amazon ? Ah, Amazon… Ils ont plus l’habitude de vendre des cloud que de sauver des mondes. Bref, si ça renaît, ce sera soit un miracle, soit un Throne and Liberty en mode ‘on a tout copié mais en moins bien’ , et franchement, on a déjà vu ça, c’est fatiguant." (Et accessoirement, si jamais ça marche, je veux une place VIP pour les guerres de factions. Sinon, je reste sur Rust, où au moins les morts, c’est pas de ma faute.)
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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