Skim-Gaming logo

Actualité

New World : Facepunch propose 25M$ pour sauver l’MMO d’Amazon – Un espoir ou une illusion pour les fans ?
Actualité

Il y a 36 jours

New World : Facepunch propose 25M$ pour sauver l’MMO d’Amazon – Un espoir ou une illusion pour les fans ?

Facepunch Studios tente un coup d’éclat pour sauver New World: Aeternum, mais 25 millions de dollars suffiront-ils à redonner vie à un MMO condamné par Amazon ? Entre défis techniques, débats juridiques et espoirs communautaires, cette offre relance une question cruciale : qui possède vraiment les mondes virtuels que nous habitons ?

A retenir :

  • New World: Aeternum fermera ses serveurs le 31 janvier 2027, mettant fin à un MMO qui avait pourtant séduit 1 million de joueurs à son lancement en 2021.
  • Facepunch Studios (créateurs de Rust) propose 25 millions de dollars pour racheter le jeu et le confier à sa communauté – une première dans l’industrie, où les éditeurs préfèrent généralement enterrer leurs échecs.
  • Avec un budget de développement estimé à plus de 200 millions, New World n’a jamais pu rivaliser avec des géants comme World of Warcraft ou Final Fantasy XIV. 25 millions suffiront-ils à le sauver ?
  • L’offre de Facepunch soulève un débat juridique international : les fermetures de jeux en ligne violent-elles les droits des consommateurs ? L’UE et les États-Unis examinent désormais ces pratiques.
  • Amazon continue de vendre des microtransactions jusqu’en juillet 2026, malgré l’annonce de la fermeture – une manœuvre critiquée comme un "profit pur sur un produit condamné".
  • Si l’offre aboutit, New World pourrait devenir un cas d’école pour la préservation des jeux en ligne, entre gestion communautaire, défis techniques (triche, équilibrage) et propriété numérique.
  • Derrière cette proposition se cache une question fondamentale : les joueurs doivent-ils racheter ce qu’ils ont déjà payé pour sauver leur monde virtuel ?

Un sauvetage inattendu… ou un coup de poker ?

Imaginez un monde où votre jeu préféré, celui dans lequel vous avez investi des centaines d’heures (et peut-être des centaines d’euros), disparaît du jour au lendemain. Pour les joueurs de New World: Aeternum, ce scénario cauchemardesque est devenu une réalité annoncée : le 31 janvier 2027, les serveurs fermeront définitivement. Pourtant, contre toute attente, une lueur d’espoir émerge. Alistair McFarlane, directeur des opérations de Facepunch Studios (les créateurs du survie Rust), a proposé 25 millions de dollars pour racheter le MMO et le confier à sa communauté. Une initiative aussi audacieuse qu’inédite dans un secteur où les éditeurs, Amazon en tête, préfèrent généralement tourner la page sans regarder en arrière.

Lancé en septembre 2021 avec un succès fulgurant (près d’un million de joueurs simultanés), New World avait tout pour plaire : un univers immersif, un système de craft poussé et des combats dynamiques. Pourtant, en quelques mois à peine, la désaffection fut aussi brutale que l’engouement initial. Les joueurs ont reproché au jeu un manque de contenu endgame, des déséquilibres criants et une gestion chaotique des mises à jour. Résultat ? Amazon Games a annoncé la fermeture des serveurs en octobre 2026, scellant le sort d’un projet qui aura coûté plus de 200 millions de dollars en développement. Dans ce contexte, l’offre de Facepunch ressemble à un coup de théâtre… ou à un dernier sursis.

"25 millions pour un jeu mort" : un pari réaliste ou un rêve éveillé ?

Sur le papier, 25 millions de dollars paraissent une somme colossale. Pourtant, à l’aune des budgets pharaoniques des MMO modernes, cette offre semble presque dérisoire. Pour comparaison, World of Warcraft: Dragonflight aurait coûté à lui seul plus de 100 millions en développement. Alors, comment Facepunch compte-t-il redonner vie à New World avec un budget cinq fois inférieur à son coût initial ?

La réponse réside peut-être dans le modèle communautaire. Rust, le jeu phare de Facepunch, a su fédérer une communauté ultra-engagée, capable de gérer ses propres serveurs et même de modifier certaines mécaniques via des mods. Transposer cette philosophie à un MMO aussi complexe que New World relève cependant du défis titanesque. Il faudra :

  • Maintenir des mondes persistants sans l’infrastructure d’Amazon Web Services, réputée pour sa robustesse.
  • Lutter contre la triche, un fléau endémique dans les MMO, surtout quand les outils anti-cheat propriétaires (comme celui d’Amazon) ne seront plus disponibles.
  • Rééquilibrer un gameplay critiqué depuis des années, avec des classes et des mécaniques de combat souvent jugées "bancales" par les joueurs.
  • Gérer les attentes d’une communauté divisée : entre ceux qui veulent un retour aux sources (le "vanilla New World" de 2021) et ceux qui réclament des innovations majeures.

Garrett Fuller, rédacteur en chef de MMORPG.com, tempère l’enthousiasme : "Facepunch a fait des miracles avec Rust, mais un MMO, c’est une autre paire de manches. Sans le soutien technique et financier d’un géant comme Amazon, même 25 millions pourraient fondre comme neige au soleil." Un avis partagé par d’anciens développeurs de New World, qui, sous couvert d’anonymat, évoquent des "dettes techniques colossales" laissées par Amazon.

Derrière l’offre : une bataille juridique qui pourrait faire jurisprudence

L’initiative de Facepunch ne se limite pas à une opération de sauvetage : elle s’inscrit dans un contexte juridique explosif. Depuis 2023, la question des fermetures de jeux en ligne agite les instances réglementaires. En Europe, la Commission européenne planche sur un cadre légal pour protéger l’accès aux jeux achetés, tandis qu’aux États-Unis, des recours collectifs visent des éditeurs comme Electronic Arts (pour la fermeture de Star Wars: The Old Republic sur certains serveurs).

Ross Scott, figure de proue du mouvement Stop Killing Games, y voit une "hypocrisie systémique" : "Payer 25 millions pour éviter qu’Amazon ne brise la loi, c’est comme offrir une rançon à un voleur. Cela légitime les fermetures arbitraires au lieu de les combattre." Son argument ? Plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne, commencent à considérer que la suppression d’un jeu en ligne pourrait constituer une violation du droit de propriété – après tout, les joueurs ont payé pour un produit, pas pour une location temporaire.

Le cas de New World est d’autant plus criant qu’Amazon continue de vendre des microtransactions (comme les fameuses "jetons de chance") jusqu’en juillet 2026, soit six mois après l’annonce de la fermeture. Me Thomas Duval, avocat spécialisé dans le droit du numérique, dénonce une "stratégie cynique : monétiser un jeu condamné tout en se dédouanant de toute responsabilité envers les joueurs. Si cela était jugé illégal, l’offre de Facepunch ressemblerait moins à un rachat qu’à une indemnisation forcée."

"On ne sauve pas un MMO, on enterre un rêve" : le témoignage d’un vétéran

Pour comprendre ce que représente New World pour ses joueurs, rien ne vaut le témoignage de Jérémie L., un streamer français qui a consacré plus de 2 000 heures au jeu. "Au début, c’était magique. On découvrait un monde ouvert, on construisait des forts, on se battait pour des territoires… Puis Amazon a tout cassé. Les mises à jour étaient soit inutiles, soit désastreuses. Le pire ? Ils ont supprimé des mécaniques adorées (comme le système de faction initial) pour les remplacer par du contenu vide."

Aujourd’hui, Jérémie avoue un "mélange de colère et d’espoir" face à l’offre de Facepunch : "Si quelqu’un peut sauver New World, c’est bien eux. Mais à quel prix ? On nous demande de payer encore, alors qu’on a déjà tout perdu une fois. Et puis, sans Amazon, qui va gérer les serveurs européens ? Qui va traduire les patches ?" Ses craintes sont partagées par la communauté, où certains voient dans cette proposition une "arnaque déguisée", tandis que d’autres y voient "la dernière chance de préserver un morceau d’histoire du jeu vidéo".

Un débat qui rappelle étrangement celui autour de City of Heroes, un MMO culte fermé en 2012, puis ressuscité illégalement par des fans sous le nom de Homecoming. Aujourd’hui encore, ce serveur pirate tourne, toléré par les ayants droit… mais toujours dans une zone grise juridique. New World pourrait-il suivre le même chemin ? Facepunch a déjà précisé qu’il ne soutiendrait aucune initiative illégale, mais la tentation sera forte pour les joueurs de prendre les choses en main si l’offre échoue.

Et si le vrai problème était ailleurs ?

Au-delà des questions techniques et juridiques, l’affaire New World pose un problème plus profond : que vaut un monde virtuel quand son créateur décide de l’éteindre ? Les joueurs ont-ils vraiment "acheté" un jeu, ou simplement "loué" l’accès à un service ?

Tim Sweeney, PDG d’Epic Games, a récemment déclaré que "les fermetures de jeux en ligne sont la pire forme de gaspillage culturel de notre époque. Nous perdons des œuvres comme on brûlerait des bibliothèques." Une comparaison forte, mais qui résonne particulièrement pour New World, dont les serveurs abritent des millions d’heures de contenu généré par les joueurs : guildes légendaires, batailles épiques, économies virtuelles… Tout cela pourrait disparaître en un clic.

Facepunch, avec son offre, propose une troisième voie : la propriété communautaire. Mais est-ce réaliste ? Eve Online, l’un des rares MMO à avoir survécu plus de 20 ans, doit sa longévité à une gestion centralisée ultra-rigoureuse – et à un éditeur, CCP Games, qui n’a jamais lâché les rênes. Guild Wars 2, autre survivant, a lui aussi bénéficié d’un soutien constant d’ArenaNet. New World, lui, serait le premier MMO majeur à tenter l’aventure sans filet.

Alistair McFarlane lui-même reconnaît les risques : "Ce ne sera pas facile. Mais si on ne tente rien, New World mourra, et des milliers de joueurs perdront leur 'maison' virtuelle. Au moins, on leur donne une chance de se battre." Une déclaration qui sonne comme un appel aux armes… ou comme un aveu d’impuissance.

La balle est désormais dans le camp d’Amazon. Acceptera-t-il les 25 millions de Facepunch, ou préférera-t-il enterrer définitivement New World ? Une chose est sûre : cette offre a déjà changé la donne. Elle a révélé l’attachement viscéral des joueurs à leurs mondes virtuels, mais aussi les failles béantes d’un modèle économique où un éditeur peut effacer des années d’investissement émotionnel et financier d’un simple communiqué. Pour les fans de New World, les prochains mois seront une course contre la montre. Entre espoirs fous et craintes légitimes, une question persiste : et si, finalement, le vrai trésor de New World n’était pas son code, mais la communauté qui refuse de le voir disparaître ?
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ah, New World, ce jeu qui a eu plus de mal à survivre que Link dans Ocarina of Time sans son épée magique. Facepunch propose 25 millions pour sauver un truc qui coûte plus cher à fermer qu’à développer , c’est comme offrir un café à un SDF en lui disant "tiens, ça te permettra de ne pas mourir de faim". Sympa, mais le vrai problème, c’est que personne ne veut payer pour un jeu qui a déjà tout cassé deux fois. Rust, c’est leur Half-Life : brutal, mais au moins, ils assument. Là, c’est comme si on leur disait "on va sauver ton Silent Hill 2 en mode solo, mais sans les boss". Les joueurs vont devoir choisir entre espérer ou faire comme dans Fallout et creuser leur propre bunker.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

Ils en parlent aussi