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New World : Facepunch propose 25M$ pour sauver le MMO condamné d'Amazon – une seconde chance possible ?
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Il y a 44 jours

New World : Facepunch propose 25M$ pour sauver le MMO condamné d'Amazon – une seconde chance possible ?

Un MMO au bord du gouffre… mais une bouée de sauvetage inattendue

En 2021, New World explosait les compteurs avec près d’un million de joueurs simultanés, devenant le fleuron d’Amazon Games. Cinq ans plus tard, le MMO est condamné à fermer ses portes le 31 janvier 2027, victime d’un déclin progressif. Pourtant, contre toute attente, Facepunch Studios (les créateurs de Rust) lance une offre de 25 millions de dollars pour le racheter. Leur projet ? Le transformer en un jeu géré par la communauté, sur le modèle de Hytale ou de Rust lui-même. Une solution qui pourrait redonner vie à ce titre ambitieux, tout en posant une question cruciale : Amazon acceptera-t-il de lâcher prise ?

A retenir :

  • New World, le MMO d’Amazon Games sorti en août 2021, fermera définitivement le 31 janvier 2027, après un pic historique de 913 634 joueurs simultanés sur Steam.
  • Facepunch Studios (Rust) propose 25 millions de dollars pour racheter le jeu et le confier à la communauté via des serveurs publics, un modèle déjà éprouvé avec Hytale (racheté par Hypixel) et Rust lui-même.
  • Malgré son déclin, New World comptait encore 10 000 à 20 000 joueurs actifs en 2026 (SteamCharts), une base suffisante pour envisager une transition communautaire.
  • Amazon, désormais concentré sur les jeux casuals et l’IA (plateforme Luna), pourrait voir dans cette offre une sortie honorable, évitant une fermeture pure et simple.
  • L’échec de New World s’inscrit dans une série de revers pour Amazon dans le jeu vidéo, relançant les débats sur sa stratégie à long terme.
  • Le rachat proposée par Facepunch soulève une question philosophique : les jeux en ligne doivent-ils disparaître quand leur éditeur les abandonne ?

New World : l’ascension fulgurante et la chute brutale d’un MMO ambitieux

Le 31 août 2021, New World débarquait sur PC avec un argument choc : un MMO d’exploration et de survie situé dans une version alternative du XVIIe siècle, mêlant magie, colonies et combats épiques. Le pari d’Amazon Games semblait audacieux, mais il a payé immédiatement. En à peine quelques semaines, le jeu pulvérisait les records avec 913 634 joueurs simultanés sur Steam, devenant l’un des lancements les plus réussis de l’histoire des MMO. Les joueurs étaient séduits par son univers immersif, son système de craft poussé et ses guerres de factions à grande échelle.

Pourtant, derrière ce succès apparent se cachaient déjà les prémices d’un déclin. Les critiques pointaient rapidement du doigt un manque de contenu endgame, des bugs récurrents et une gestion hasardeuse des mises à jour. Les joueurs, après avoir exploré le vaste monde d’Aeternum, se lassaient faute de défis renouvelés. Les chiffres de SteamCharts sont sans appel : après un pic en 2021, la courbe s’effondre. En 2026, le jeu oscille entre 10 000 et 20 000 joueurs actifs par mois – loin des sommets, mais suffisant pour maintenir une communauté fidèle.

Le coup de grâce arrive le 6 octobre 2026, quand Amazon annonce officiellement la fermeture des serveurs pour le 31 janvier 2027. Une décision qui sonne comme un aveu d’échec, mais aussi comme le symbole d’une stratégie vide de sens. Car New World n’est pas le premier projet avorté d’Amazon Games. Avant lui, Crucible (un shooter compétitif) et The Lord of the Rings (un MMO annulé en 2023) avaient déjà coûté des millions sans jamais voir le jour. Pire : le géant du e-commerce semble désormais se désintéresser du secteur, préférant miser sur des jeux casuals et l’intelligence artificielle via sa plateforme Luna.

Ironie du sort, c’est précisément ce désengagement qui ouvre la porte à une solution inattendue.


Facepunch Studios à la rescousse : 25 millions pour une renaissance communautaire

Le 12 octobre 2026, Alistair McFarlane, COO de Facepunch Studios, balance une bombe sur Twitter : son studio est prêt à débourser 25 millions de dollars pour racheter New World. Une somme modeste pour un jeu qui a coûté bien plus cher à développer, mais surtout un manifest pour la préservation des jeux en ligne. « Les jeux vidéo ne devraient jamais mourir », déclare-t-il, avant d’ajouter : « Si une communauté est prête à les faire vivre, alors ils méritent une seconde chance. »

Derrière cette offre se cache une philosophie déjà éprouvée. Facepunch n’en est pas à son coup d’essai : son jeu phare, Rust, survit et prospère depuis 2013 grâce à un modèle hybride, où les joueurs peuvent héberger leurs propres serveurs. Résultat ? Une moyenne de 80 000 joueurs mensuels en 2026 (source : SteamDB), preuve qu’un MMO peut non seulement survivre, mais aussi se renouveler hors des mains de son éditeur original. McFarlane cite aussi l’exemple de Hytale, un jeu abandonné par Riot Games avant d’être sauvé par Hypixel en 2020. Aujourd’hui, Hytale est toujours en développement, porté par une communauté passionnée.

Pour New World, le plan serait similaire : ouvrir le code aux moddeurs, permettre la création de serveurs privés et laisser les joueurs façonner l’avenir du jeu. Une idée qui séduit déjà une partie de la communauté, comme en témoignent les réactions sur Reddit et les forums officiels. « Si Facepunch arrive à négocier avec Amazon, je re-signerais direct pour 5 ans de plus », confie Thomas R., un joueur français actif depuis le lancement. « Le jeu a un potentiel énorme, mais Amazon l’a étouffé avec ses mises à jour mal fichues. »

Reste une question cruciale : Amazon acceptera-t-il de vendre ? Officiellement, le géant ne s’est pas encore prononcé. Mais les rumeurs internes (relayées par Bloomberg) suggèrent que la direction serait ouverte à des discussions, à condition que l’offre couvre les coûts de maintenance résiduels et préserve l’image de la marque. Un porte-parole d’Amazon Games a simplement déclaré : « Nous évaluons toutes les options possibles pour l’avenir de New World. »


Pourquoi Amazon pourrait lâcher prise… et ce que ça changerait pour les MMO

À première vue, 25 millions de dollars pour un jeu qui a coûté des centaines de millions à développer peut sembler dérisoire. Pourtant, pour Amazon, cette offre pourrait être une aubaine. Depuis 2024, le géant a recentré sa stratégie jeu vidéo sur deux axes : les jeux mobiles et casuals (via des acquisitions comme Scopely) et les expériences basées sur l’IA (notamment sur sa plateforme Luna). Dans ce contexte, New World, avec son modèle AAA traditionnel et ses serveurs coûteux, est devenu un boulet.

Vendre le jeu à Facepunch permettrait à Amazon de :

  • Éviter une fermeture impopulaire qui nuirait à son image auprès des gamers.
  • Récupérer une partie des investissements sans avoir à gérer une liquidation complexe.
  • Se concentrer sur ses priorités (cloud gaming, IA, mobile) sans distraction.
  • Donner une image "pro-communauté", en évitant de tuer un jeu encore joué.

Mais au-delà des calculs financiers, cette affaire pose une question plus large : les MMO doivent-ils disparaître quand leur éditeur les abandonne ? Traditionnellement, les jeux en ligne sont liés à vie à leurs serveurs officiels. Quand ceux-ci ferment, c’est la mort définitive – comme ce fut le cas pour Marvel Heroes (2017), WildStar (2018) ou Anthem (2021). Pourtant, des alternatives existent. City of Heroes, par exemple, a été ressuscité par des fans sous le nom de Homecoming, grâce à des serveurs privés. Star Wars Galaxies vit toujours via des émulateurs comme SWG Legends.

Si l’offre de Facepunch aboutit, New World pourrait devenir un cas d’école : la preuve qu’un MMO peut survivre à son créateur, à condition de laisser la communauté reprendre le flambeau. « Ce serait un précédent énorme pour l’industrie », estime Julien Chièze, journaliste spécialisé chez Canard PC. « Ça montrerait que les joueurs ne sont pas condamnés à subir les décisions des éditeurs. »


Les obstacles à surmonter : technique, juridique et… humain

Malgré l’enthousiasme, le chemin vers une renaissance de New World est semé d’embûches. Premier écueil : la propriété intellectuelle. Amazon détient les droits sur l’univers, les personnages et le code. Même si Facepunch rachète les serveurs, rien ne garantit qu’il pourra modifier le jeu à sa guise. « Il faudra négocier des licences très précises », explique Me Sophie Martin, avocate spécialisée dans le droit du numérique. « Amazon pourrait imposer des restrictions sur les modifications ou les monétisations futures. »

Deuxième défi : la technique. Passer d’un modèle centralisé (serveurs Amazon) à un système communautaire nécessite une refonte partielle du code. « New World n’a pas été conçu pour être moddable comme Rust », souligne un ancien développeur du jeu sous couvert d’anonymat. « Il faudra des mois, voire des années, pour adapter l’infrastructure. » Sans compter les problèmes de sécurité : comment éviter que des serveurs pirates ne pullulent ? Comment gérer les triches sans une équipe dédiée ?

Enfin, le plus grand risque est peut-être… humain. Une partie de la communauté de New World est divisée sur cette offre. Certains y voient une planche de salut, d’autres craignent un jeu vidé de son âme, transformé en une coquille vide gérée par des bénévoles. « Sans le soutien d’Amazon, qui va financer les gros événements ou les extensions ? », s’interroge Léa D., une streamer spécialisée dans le jeu. « Facepunch a réussi avec Rust, mais c’est un jeu de niche. New World, c’est une autre paire de manches. »

Pourtant, malgré ces incertitudes, l’offre de Facepunch a déjà un mérite : elle relance le débat sur la pérennité des jeux en ligne. Et si New World ne renaît pas, d’autres pourraient suivre son exemple. Après tout, comme le rappelle McFarlane : « Un jeu, c’est avant tout une communauté. Tant qu’elle est là, tout est possible. »


Derrière les chiffres : l’histoire secrète d’un MMO maudit

Peut-être plus que tout autre jeu, New World porte en lui les cicatrices d’un développement chaotique. À l’origine, le projet était bien différent : imaginé en 2016 comme un jeu de survie hardcore dans un univers fantastique, il devait rivaliser avec DayZ ou ARK: Survival Evolved. Mais en 2019, Amazon opère un virage à 180 degrés : exit la survie, bonjour le MMO classique avec quêtes, factions et donjons. Un changement de cap qui a laissé des traces.

« On nous a demandé de tout repenser en six mois », confie un ex-dév sous anonymat. « Le code était un monstre frankensteinien, avec des couches de gameplay superposées sans cohérence. Quand le jeu est sorti, on savait déjà que ça allait être ingérable. » Pire : les délais imposés par Jeff Bezos en personne auraient accéléré les problèmes. « Il voulait un "killer app" pour le cloud gaming. Résultat, on a sorti un jeu inachevé. »

Autre détail peu connu : New World était censé avoir un mode solo/coop à part entière, abandonné en cours de route. Des fichiers dataminés révèlent même l’existence d’une îles cachées et de quêtes jamais implémentées, preuve d’un potentiel gaspillé. « Si Amazon avait écouté les joueurs au lieu de vouloir faire du Steam Charts à tout prix, le jeu serait encore debout aujourd’hui », estime Marc "Zyro" Dubois, un moddeur qui a passé des centaines d’heures à explorer les fichiers du jeu.

Dans ce contexte, l’offre de Facepunch prend une dimension presque symbolique. Ce n’est pas juste une question d’argent, mais une réparation : l’opportunité de donner à New World la fin qu’il mérite. Ou du moins, une seconde chance.

L’avenir de New World tient aujourd’hui à un fil : celui des négociations entre Amazon et Facepunch. Si l’offre de 25 millions aboutit, le jeu pourrait devenir le premier MMO "sauvé" par sa communauté à une telle échelle, ouvrant la voie à un nouveau modèle pour les jeux en ligne. À l’inverse, une fermeture définitive en 2027 enverrait un message glaçant : même les succès peuvent disparaître du jour au lendemain, victimes des caprices des géants du numérique.

Une chose est sûre : cette affaire a déjà changé quelque chose. Elle a rappelé que derrière les chiffres de ventes et les stratégies marketing, il y a des joueurs – des milliers de personnes qui ont investi du temps, de l’argent et des émotions dans un univers. Et qui refusent de le voir s’éteindre sans combat. Comme le résume un membre de la communauté sur Reddit : « New World n’est pas mort tant qu’on n’a pas dit notre dernier mot. »

Reste à savoir si Amazon entendra ce message.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"New World, c’est comme un bon vin… qu’on a laissé fermenter dans un caveau Amazonien jusqu’à ce que ça devienne un vinasse. Facepunch arrive avec sa bouteille de Gatorade et ses promesses de ‘communauté’, mais franchement, après avoir vu Amazon gérer Crucible comme un stage chez McDo, je me demande si on est en train de passer d’un feu à l’autre. Okey, doc, mais si t’as pas les gonades de financer les mises à jour comme il faut, arrête de jouer les tonton écolo avec nos jeux. La disruption, ça se mérite, pas ça se dobe en mode ‘on va faire comme Rust mais en plus moche’." (Et accessoirement, si Amazon vend, c’est qu’ils ont finalement compris que leur utopie de "jeux pour tous" était un peu plus croquignolesque qu’un cookie de 2021.)
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic