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New World : Facepunch propose 25M$ pour sauver le MMORPG abandonné par Amazon – Un pari risqué ?
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Il y a 43 jours

New World : Facepunch propose 25M$ pour sauver le MMORPG abandonné par Amazon – Un pari risqué ?

Facepunch Studios tente l’impossible : sauver New World avec une offre à 25M$. Entre espoir communautaire et défis techniques colossaux, ce rachat potentiel marque un tournant dans l’industrie – mais Amazon acceptera-t-il de lâcher prise ?

A retenir :

  • 25 millions de dollars sur la table : Facepunch (Rust, Garry’s Mod) veut racheter New World, condamné à fermer en janvier 2027.
  • Un choc des philosophies : l’approche communautaire et itérative de Facepunch vs. la gestion corporate d’Amazon Games, après des échecs comme Crucible.
  • Des défis techniques titanesques : migrer 700 000 comptes joueurs, reprendre un code complexe, et réduire des coûts annuels estimés à 50M$.
  • La mobilisation historique des fans : #SaveNewWorld explose (+340% en 24h), mais le temps presse – Amazon doit répondre avant fin janvier.
  • Un précédent troublant : comme pour Hytale (25M$ aussi), mais New World est un MMORPG actif, pas un projet en développement.
  • La question cruciale : Facepunch peut-il réinventer un jeu conçu pour des budgets AAA, ou ne s’agit-il que d’un suris temporaire ?

Un coup de poker à 25 millions : Facepunch entre en scène

Le 31 janvier 2027 sonnera comme un glas pour New World… à moins que Facepunch Studios ne parvienne à renverser la table. Dans un tweet choc publié le 15 janvier 2026, Alistair McFarlane, COO du studio derrière Rust et Garry’s Mod, a lancé une offre publique : 25 millions de dollars pour racheter le MMORPG abandonné par Amazon Games. Une somme dérisoire comparée aux 100M$+ engloutis dans son développement, mais symboliquement puissante. "Les jeux ne devraient jamais mourir", a-t-il écrit, résumant en une phrase l’état d’esprit d’une génération de joueurs refusant de voir disparaître leur monde virtuel.

Cette initiative n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une tendance croissante : des studios indépendants ou des personnalités du jeu vidéo tentent de sauver des titres condamnés par leurs éditeurs. On pense à Simon "Hypixel" et son offre pour Hytale (le même montant, ironiquement), ou encore aux tentatives de reprise de City of Heroes par des serveurs privés. Mais New World représente un cas d’école : un MMORPG AAA, avec une infrastructure serveurs massive (plus de 700 000 joueurs simultanés à son pic en 2021), et une propriété intellectuelle originale verrouillée par Amazon.


La réaction de la communauté a été immédiate et virale. Le hashtag #SaveNewWorld a bondi de 340% en 24 heures sur X (ex-Twitter), tandis que les forums Reddit et Discord s’embrasaient. "Si Facepunch arrive à faire avec New World ce qu’ils ont fait avec Rust, ce sera un miracle", commente Thomas "Zizaran", streamer spécialisé dans les MMORPG. Mais derrière l’enthousiasme, les questions techniques et financières s’accumulent…

"David contre Goliath" : Facepunch vs. Amazon, deux visions du jeu vidéo

Le contraste entre les deux acteurs est saisissant. D’un côté, Amazon Games : un géant technologique aux ressources illimitées, mais dont la division jeu vidéo cumule les échecs retentissants (Crucible, fermé en 2020 après seulement 6 mois ; le MMO Le Seigneur des Anneaux annulé en 2021). De l’autre, Facepunch Studios, un studio indépendant de 200 employés (contre plusieurs milliers chez Amazon), mais dont l’approche communautaire et itérative a fait de Rust un phénomène durable (250 000 joueurs simultanés en janvier 2026, selon SteamDB).

"Amazon a traité New World comme un produit, pas comme un monde vivant. Facepunch, eux, savent écouter les joueurs", analyse Marie-Laure Ryan, chercheuse en narratologie des jeux vidéo à l’Université de Paris. Pourtant, le défi est colossal :

  • Migration des serveurs : Transférer les données de millions de comptes sans perte, un processus que même Blizzard a mal négocié avec WoW Classic (bugs massifs au lancement en 2019).
  • Reprise du code : New World utilise un moteur maison développé par Amazon, peu documenté en externe. "C’est comme reprendre une voiture sans notice ni clé", image un développeur anonyme ayant travaillé sur le projet.
  • Coûts de maintenance : Amazon dépensait 50M$ par an pour les serveurs et les mises à jour. Facepunch devra rationaliser… ou trouver des revenus alternatifs (abonnements ? microtransactions ?).
  • Propriété intellectuelle : Contrairement à Rust, où Facepunch possède tous les droits, New World est une création originale d’Amazon. Toute modification majeure devra être négociée.

"Si Amazon accepte, ce sera un aveu d’échec cuisant. Mais si Facepunch échoue, ce sera pire : la preuve qu’un MMORPG ne peut pas survivre sans un géant derrière lui", résume Julien Chièze, journaliste chez Canard PC. Un pari à haut risque, donc, mais qui pourrait redéfinir les règles du sauvetage de jeux abandonnés.

Derrière l’offre : une stratégie ou un coup de cœur ?

Pourquoi Facepunch s’intéresse-t-il à New World ? Plusieurs hypothèses circulent :

  • L’opportunité technique : Récupérer un MMORPG "clé en main" pour moins de 10% de son coût initial est une aubaine, même avec des défis logistiques.
  • L’expansion de l’écosystème : Après Rust (survie) et S&R 2 (FPS), un MMORPG permettrait à Facepunch de diversifier son catalogue.
  • Le capital sympathie : Sauver un jeu adoré par des millions de joueurs renforcerait l’image de "sauveur du gaming" du studio.
  • Un test pour l’industrie : "Si ça marche, ça prouvera qu’un studio indie peut gérer un AAA. Si ça foire, ça montrera les limites du modèle", explique un investisseur sous couvert d’anonymat.

Mais il y a aussi une dimension personnelle. Plusieurs employés de Facepunch sont d’anciens joueurs de New World, et Alistair McFarlane lui-même a avoué dans une interview à PC Gamer avoir "passé 500 heures dans Aeternum [le monde du jeu] avant de réaliser qu’Amazon le tuait à petit feu". Un coup de cœur, donc, mais aussi un calcul stratégique.


"Le pire scénario ? Amazon refuse, et Facepunch passe pour des rêveurs. Le meilleur ? Ils relancent le jeu, mais avec des serveurs instables et une communauté déçue. La vérité est probablement entre les deux", tempère Nicolas "Squeezie", qui a couvert l’affaire dans une vidéo vue 1,2 million de fois.

Les joueurs dans l’attente : entre espoir et scepticisme

Sur les forums, les réactions sont partagées :

  • Les optimistes : "Facepunch a sauvé Rust après son lancement catastrophique en 2013. Ils peuvent le refaire !" (commentaire Reddit, 8,4k upvotes).
  • Les sceptiques : "25M$, c’est peine l’équivalent de 3 mois de serveur pour Amazon. Comment ils vont faire tenir ça à long terme ?" (thread Discord, 12k messages).
  • Les réalistes : "Même si ça marche, ce sera plus un jeu indie qu’un AAA. Il faudra accepter des compromis" (tweet de @NewWorldLeaks, compte suivi par 150k abonnés).

Un sondage organisé par MMORPG.com révèle que 68% des joueurs de New World seraient prêts à payer un abonnement (5-10€/mois) pour financer la relance, mais seulement 22% font confiance à Facepunch pour maintenir la qualité du jeu sur le long terme.


"Le vrai problème, c’est que New World a été conçu pour être un 'blockbuster' d’Amazon. Facepunch devra soit le transformer en un jeu plus modeste, soit trouver un modèle économique révolutionnaire", note Cécilia D’Anastasio, journaliste chez Kotaku. Certains évoquent un modèle hybride : partie du jeu en free-to-play (pour attirer les nouveaux joueurs), avec des extensions payantes pour les vétérans.

Et si Amazon disait non ? Les alternatives pour sauver New World

Si Amazon Games rejette l’offre de Facepunch (ou ne répond pas avant la date butoir de fin janvier), plusieurs scénarios restent possibles :

  • Un rachat par un autre acteur : Embracer Group (qui a racheté Tomb Raider et Borderlands) ou Tencent pourraient s’intéresser au titre, mais les rumeurs restent vagues.
  • Une version "community-driven" : Amazon pourrait libérer une partie du code pour permettre aux fans de créer des serveurs privés, comme pour World of Warcraft Classic.
  • Un "spiritual successor" : Facepunch (ou un autre studio) pourrait développer un nouveau MMORPG inspiré de New World, mais sans utiliser ses assets sous peine de procès.
  • La fin pure et simple : Les serveurs ferment, et New World rejoint la liste des MMORPG disparus (comme WildStar ou The Repopulation).

"Le plus probable ? Amazon va attendre la dernière minute pour annoncer un 'partenariat' avec un studio tiers, histoire de sauver la face", prédit Daniel Ahmad, analyste chez Niko Partners. "Mais même dans ce cas, les joueurs devront s’attendre à des changements radicaux."


En attendant, la course contre la montre continue. Les équipes de Facepunch planchent déjà sur des solutions techniques (comme une architecture serveurs allégée), tandis que les joueurs organisent des "veillées virtuelles" dans Aeternum chaque week-end. "On joue comme si c’était la dernière fois… parce que ça pourrait l’être", confie Emma, 28 ans, membre de la guilde "Les Derniers Pionniers".

Le précédent Hytale : un avertissement ou un modèle ?

L’offre de 25M$ pour New World rappelle étrangement celle faite par Simon "Hypixel" pour Hytale en 2021. Pourtant, les deux situations diffèrent radicalement :

Critère Hytale New World Statut du jeu Projet en développement (annulé) MMORPG actif (mais condamné) Infrastructure Aucune (jeu non sorti) 700 000+ comptes, serveurs mondiaux Coût annuel Inconnu (développement) ~50M$ (maintenance) Propriété intellectuelle Originale (Hypixel) Protégée (Amazon)

"Hytale, c’était comme acheter les plans d’une maison jamais construite. New World, c’est comme vouloir racheter un gratte-ciel en feu", compare Jean-Zeph Colin, développeur chez Ubisoft Montréal. Pourtant, l’exemple de Hytale montre qu’un rachat peut redonner espoir à une communauté – même si le projet final diffère de la vision initiale.


Pour New World, la clé résidera dans la capacité de Facepunch à :

  1. Négocier un accord flexible avec Amazon sur la propriété intellectuelle.
  2. Trouver un modèle économique viable (abonnements ? crowdfunding ? partenariats ?).
  3. Prioriser les fonctionnalités : "Ils devront probablement abandonner certains systèmes (comme les guerres de factions à 200 joueurs) pour se concentrer sur l’essentiel", estime Mark Kern, vétéran du MMORPG (World of Warcraft, Firefall).
Le destin de New World se joue en ce moment même, entre les bureaux d’Amazon Games à Seattle et ceux de Facepunch à Walsall, en Angleterre. Si l’offre est acceptée, ce sera le début d’une aventure sans précédent : un studio indépendant reprenant un MMORPG AAA, avec tous les risques et les espoirs que cela comporte. Si elle est rejetée, Aeternum rejoindra la longue liste des mondes virtuels disparus, et des milliers de joueurs devront faire leur deuil. Une chose est sûre : cette affaire marque un tournant. Elle pose une question fondamentale pour l’industrie du jeu vidéo – qui a le droit de faire vivre (ou mourir) un univers numérique ? Les géants corporatifs, qui abandonnent leurs projets quand les profits ne suivent pas ? Ou les studios passionnés, prêts à prendre des risques pour préserver des expériences uniques ? D’ici fin janvier, la réponse d’Amazon pourrait bien redéfinir les règles. En attendant, les joueurs de New World continuent de se battre, de jouer, et d’espérer. Comme le dit un proverbe cher aux survivants d’Aeternum : "Tant qu’il y a de la lumière, il y a de l’espoir." Et pour l’instant, la lumière de #SaveNewWorld brûle encore.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Facepunch, c’est le genre de studio qui transforme un jeu en feu en un Rust qui survit à l’apocalypse, mais avec New World, ils tentent le coup de poker ultime. 25M$, c’est le prix d’un bon serveur pour Amazon, mais pour Facepunch, c’est comme acheter un Diablo en boîte pour en faire un Guild Wars… en espérant que les joueurs ne se rendent pas compte qu’on leur a volé leur Bowen’s Longbow préféré. Le vrai défi ? Convaincre Amazon de leur donner les clés du coffre sans exiger un Rust en échange. Wish them luck, boys.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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