Il y a 42 jours
Nvidia contre-attaque : la RTX 5070 Ti n’est PAS abandonnée, mais la crise mémoire s’intensifie
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En bref : Nvidia maintient le cap malgré la tempête
Malgré les rumeurs persistantes et une crise des mémoires VRAM qui fait rage (+18 % d’augmentation des coûts en trois mois), **Nvidia** a officiellement démenti l’arrêt de production de sa **RTX 5070 Ti**. Le constructeur assure que toute la gamme **RTX 5000** reste disponible, mais la stratégie semble se recentrer sur les modèles d’entrée de gamme comme les **RTX 5060 et 5060 Ti** (8 Go de VRAM), dont les parts de marché ont bondi de 12 % au dernier trimestre 2025. Une adaptation forcée à un marché où les joueurs pourraient devoir revoir leurs attentes, alors que des titres comme **Starfield** ou **Alan Wake 2** exigent désormais 12 Go de VRAM pour du 1440p. Une équation complexe pour Nvidia, entre marges serrées et demande insatiable.A retenir :
- Démenti officiel : Nvidia confirme que la RTX 5070 Ti n’est pas abandonnée, malgré les rumeurs et la crise des mémoires.
- Hausse des coûts : Le prix de la VRAM a grimpé de 18 % en 3 mois (Jon Peddie Research), mettant la pression sur les marges des fabricants.
- Stratégie d’adaptation : Les RTX 5060 et 5060 Ti (8 Go de VRAM) deviennent les fers de lance de Nvidia, avec une progression de 12 % de parts de marché en Q4 2025.
- Comparaison AMD : Une approche similaire à celle d’AMD avec ses RX 7600, cartes les plus vendues en 2024 malgré des performances limitées.
- Dilemme des joueurs : Les recommandations pour les jeux AAA (12 Go de VRAM en 1440p) entrent en conflit avec l’offre actuelle, dominée par des cartes moins puissantes.
- Risque économique : Nvidia joue un équilibre périlleux entre coûts de production en hausse et demande toujours forte, sans garantie de stabilité.
Une rumeur tenace, un démenti sans appel
Lundi 19 janvier 2026, le monde du PC gaming a été secoué par une information aussi surprenante qu’inquiétante : la RTX 5070 Ti, fleuron de la gamme milieu de gamme de Nvidia, serait sur le point d’être abandonnée en raison de la crise des mémoires VRAM. Une rumeur relayée par plusieurs médias spécialisés, qui a rapidement enflammé les forums et les réseaux sociaux. Les joueurs s’interrogeaient : et si Nvidia, sous la pression des coûts, décidait de sacrifier ses modèles les plus gourmands en mémoire ?
La réponse n’a pas tardé. Dans un communiqué laconique mais sans équivoque, Nvidia a officiellement démenti toute interruption de production pour la RTX 5070 Ti. Plus encore, le géant vert a réaffirmé que "l’intégralité de la gamme RTX 5000 reste en production", sans distinction entre les modèles. Une clarification qui a de quoi rassurer les consommateurs, d’autant que les tensions sur les approvisionnements en VRAM font rage depuis des mois.
Pourtant, derrière ce démenti se cache une réalité plus complexe. Si Nvidia maintient effectivement sa gamme, la crise des mémoires pèse lourdement sur les coûts de production. Selon les derniers chiffres de Jon Peddie Research, le prix des barrettes VRAM a bondi de 18 % en seulement trois mois, une hausse qui rogne inexorablement les marges des fabricants. Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir si Nvidia devra ajuster sa stratégie, mais quand et comment.
VRAM : une pénurie qui fait exploser les coûts (et les prix ?)
La mémoire vidéo (VRAM) est devenue l’un des maillons faibles de l’industrie des cartes graphiques. Utilisée pour stocker les textures, les shaders et autres données essentielles au rendu 3D, elle est aujourd’hui au cœur d’une crise d’approvisionnement qui rappelle, dans une moindre mesure, la pénurie de puces de 2020-2021. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :
1. Une demande en hausse constante : Avec l’arrivée des jeux en 4K et l’essor des technologies comme le ray tracing ou le DLSS 3.5, les besoins en VRAM n’ont jamais été aussi élevés. Des titres comme Starfield ou Alan Wake 2 recommandent désormais 12 Go de VRAM pour du 1440p, un seuil que les cartes d’entrée de gamme peinent à atteindre.
2. Des contraintes géopolitiques : Une partie de la production mondiale de mémoires est concentrée en Asie, où les tensions commerciales et les restrictions à l’exportation (notamment entre les États-Unis et la Chine) perturbent les chaînes d’approvisionnement.
3. Une spéculation accrue : Comme pour les cryptomonnaies en 2021, certains acteurs stockent des composants en prévision de futures hausses, aggravant artificiellement la pénurie.
Résultat : les coûts explosent, et Nvidia se retrouve face à un dilemme. Faut-il maintenir des cartes haut de gamme comme la RTX 5070 Ti, dont la production devient de moins en moins rentable, ou privilégier des modèles plus accessibles, mais techniquement limités ? Pour l’instant, le constructeur semble opter pour une stratégie de statu quo, mais jusqu’à quand ?
RTX 5060 et 5060 Ti : les nouvelles stars (malgré elles) de Nvidia
Si la RTX 5070 Ti échappe pour l’instant à la hache, ce sont bel et bien les RTX 5060 et 5060 Ti qui tirent leur épingle du jeu. Avec leurs 8 Go de VRAM et un positionnement tarifaire revu à la baisse, ces deux modèles sont devenus, presque par défaut, les cartes les plus attractives du catalogue Nvidia. Une tendance confirmée par les analystes de DigiTimes : leur part de marché a progressé de 12 % au quatrième trimestre 2025, une performance remarquable dans un secteur aussi concurrentiel.
Cette montée en puissance n’est pas un hasard. Nvidia mise sur ces références pour écouler ses stocks de puces GA10x, moins gourmandes en mémoire que les architectures plus récentes. Une manœuvre qui rappelle étrangement la stratégie d’AMD en 2024, lorsque les RX 7600 (également dotées de 8 Go de VRAM) sont devenues les cartes les plus vendues de l’année, malgré des performances en retrait face à la concurrence. Preuve que, en période de crise, le rapport qualité-prix prime souvent sur la puissance brute.
Mais cette solution a un goût amer pour les joueurs. Alors que les développeurs de jeux AAA poussent les exigences techniques toujours plus haut, se contenter de 8 Go de VRAM revient, pour beaucoup, à un downgrade forcé. Certains titres récents, comme Cyberpunk 2077: Phantom Liberty ou The Last of Us Part I (sur PC), affichent déjà des avertissements pour les configurations équipées de moins de 12 Go de mémoire vidéo. Un fossé qui risque de s’élargir avec les prochaines générations de jeux.
"On nous vend des cartes qui seront obsolètes dans deux ans. À ce prix-là, autant attendre ou passer chez AMD."
— Extrait d’un commentaire sur Reddit (r/nvidia), 20 janvier 2026
Derrière les chiffres : la guerre des marges et des stocks
Pour comprendre pourquoi Nvidia maintient (pour l’instant) sa gamme RTX 5000 malgré les coûts, il faut plonger dans les coulisses de sa stratégie industrielle. Plusieurs éléments clés émergent :
1. L’héritage des puces GA10x : Ces architectures, bien que moins performantes que les dernières générations, ont l’avantage d’être moins gourmandes en VRAM. Nvidia dispose encore de stocks importants de ces puces, qu’elle peut réutiliser pour les RTX 5060/5060 Ti sans grever ses marges.
2. La pression d’AMD et Intel : La concurrence ne dort pas. AMD, avec ses RDNA 3, et Intel, via ses Arc Alchemist, grignotent des parts de marché. Nvidia ne peut se permettre de laisser des segments vacants, même si cela signifie proposer des cartes techniquement limitées.
3. Le pari sur le DLSS et l’IA : Le constructeur mise sur ses technologies logicielles (comme le DLSS 3.5 ou le Reflex) pour compenser le manque de VRAM. Une approche risquée, car ces solutions ne résolvent pas tous les problèmes de performances.
Le saviez-vous ? En 2023, Nvidia avait déjà fait face à une situation similaire avec ses RTX 4060, critiquées pour leurs 8 Go de VRAM jugés insuffisants. À l’époque, le PDG Jensen Huang avait défendu ce choix en arguant que "la mémoire n’est qu’un composant parmi d’autres, et que l’efficacité globale prime". Un argument qui peine à convaincre aujourd’hui, alors que les jeux deviennent de plus en plus exigeants.
Et demain ? Trois scénarios possibles pour Nvidia
Dans un marché aussi volatile, prédire l’avenir relève de l’exercice périlleux. Pourtant, trois scénarios semblent se dessiner pour Nvidia dans les mois à venir :
1. Le statu quo… jusqu’à la rupture : Nvidia maintient sa gamme actuelle en espérant une baisse des prix de la VRAM. Mais si la crise persiste, les RTX 5070 Ti et 5080 pourraient devenir des produits de niche, réservés à une élite prête à payer le prix fort.
2. Un recentrage sur l’entrée de gamme : Les RTX 5060/5060 Ti deviennent la priorité absolue, avec des baisses de prix agressives pour séduire le grand public. Un risque : aliéner les joueurs exigeants et laisser le champ libre à AMD sur le haut de gamme.
3. Une surprise technologique : Nvidia pourrait accélérer le développement de ses RTX 6000, avec une architecture optimisée pour réduire la dépendance à la VRAM. Une solution coûteuse, mais qui permettrait de reprendre l’initiative face à la concurrence.
"La pénurie actuelle est un rappel brutal : l’industrie des semi-conducteurs reste fragile. Nvidia a les moyens de s’adapter, mais à quel prix pour les consommateurs ?"
— Analyse de Hardware.fr, janvier 2026

