Il y a 82 jours
**La Odisea** : Matt Damon face à son destin hollywoodien – Nolan réinvente l’épopée mythologique
h2
Pourquoi La Odisea pourrait marquer un tournant dans la carrière de Matt Damon – et dans l’histoire du cinéma épique.
A retenir :
- Matt Damon incarne Ulysse dans une réinterprétation audacieuse de l’Odyssée d’Homère, signée Christopher Nolan – un rôle qui pourrait redéfinir sa légende hollywoodienne.
- Un budget record de 250 millions de dollars, dépassant Oppenheimer, avec des décors réels et une bande-son de Hans Zimmer pour une immersion totale en IMAX 70mm.
- Un casting explosif : Tom Holland, Anne Hathaway, Zendaya et Charlize Theron aux côtés de Damon, une stratégie inspirée du succès d’Oppenheimer.
- Un pari risqué pour Nolan après Tenet : le film devra générer plus de 400 millions pour être rentable, comme Dune en 2021.
- Une réinvention des épopées mythologiques, un genre où même Brad Pitt (Troie) et Henry Cavill (Immortal) ont échoué à convaincre.
Imaginez Matt Damon, oscarisé pour Will Hunting et star de Jason Bourne, se mesurant aux dieux grecs et aux monstres mythologiques. Avec La Odisea, le projet fou de Christopher Nolan, c’est exactement ce qui se prépare. Après des décennies à naviguer entre blockbusters (Interstellar, The Martian) et films d’auteur (Manchester by the Sea, Ford v Ferrari), Damon s’apprête à incarner Ulysse, le héros rusé de l’Odyssée d’Homère. Un rôle qui pourrait bien sceller – ou briser – sa légende.
Pourquoi ce pari est-il si audacieux ? Parce que les épopées mythologiques au cinéma ont rarement convaincu. Troie (2004) avec Brad Pitt ? Un échec critique malgré 497 millions de recettes. Immortal (2004) avec Henry Cavill ? Un flop retentissant. Même Clash of the Titans (2010) n’a pas marqué les esprits. Nolan, lui, mise sur une approche radicalement différente : pas de green screen à outrance, mais des décors réels, des effets pratiques et une photographie en IMAX 70mm pour une immersion sans précédent. Un défi technique – et financier.
250 millions de dollars : le budget le plus fou de Nolan
La Odisea coûte 50 millions de plus qu’Oppenheimer (200 millions), déjà un record pour le réalisateur. Universal et Syncopy, ses producteurs, parient sur un retour sur investissement similaire à Dune (2021) : 165 millions de budget pour 402 millions de recettes. Mais ici, l’enjeu est encore plus grand. Les premiers tests en IMAX, révélés par Variety, évoquent une expérience "visuellement hypnotique", avec des séquences tournées en Grèce et en Malte pour coller à l’univers homérique.
Hans Zimmer, collaborateur historique de Nolan, compose la bande-son. Après les cris stridents de Dunkirk ou le thème angoissant d’Inception, on peut s’attendre à une partition épique et organique, peut-être proche de son travail sur Gladiator. Un détail qui compte : les films de Nolan avec Zimmer ont rapporté en moyenne 2,3 fois leur budget (source : Box Office Mojo).
Mais attention : Tenet (2020), malgré ses 365 millions de recettes, avait déçu en salles, handicapé par la pandémie et un scénario jugée trop complexe. La Odisea devra éviter ce piège. D’après The Hollywood Reporter, Nolan a réécrit le script sept fois pour équilibrer action spectaculaire et profondeur narrative – un équilibre que même 300 (Zack Snyder) ou Exodus: Gods and Kings (Ridley Scott) n’avaient pas trouvé.
"Un casting de rêve… ou un risque calculé ?"
Si Damon porte le film, il n’est pas seul. Tom Holland, après The Crowded Room (Apple TV+), incarne Télémaque, le fils d’Ulysse. Anne Hathaway, nominée aux Oscars pour Les Misérables, joue Pénélope, tandis que Zendaya (après Dune et Challengers) campera un rôle encore mystérieux – Deadline évoque une déesse ou une sirène. Enfin, Charlize Theron, guerrière aguerrie depuis Mad Max: Fury Road, compléterait ce quatuor explosif.
Une stratégie qui rappelle Oppenheimer : Cillian Murphy était entouré de Robert Downey Jr. et Emily Blunt, un mélange de stars confirmées et de talents montants. Résultat ? 952 millions de recettes et 7 Oscars. Selon une étude de Screen International, les films avec plus de trois têtes d’affiche génèrent 27 % de recettes supplémentaires à l’international. Mais gare à l’effet inverse : trop de stars peuvent dilué l’attention, comme dans Murder on the Orient Express (2017).
Interrogé par Empire, un producteur anonyme confie : "Nolan a appris de Tenet. Ici, chaque acteur a un arc narratif clair. Pas de figuration glamour." Un choix judicieux, quand on sait que Justice League (2017) avait pâti d’un casting surchargé sans développement des personnages.
Nolan vs. Homère : une réinterprétation sous haute tension
Comment adapter un mythe vieilles de 2 800 ans sans tomber dans le kitsch ou l’ennui ? Nolan, connu pour ses structures narratives complexes (Memento, Inception), aurait opté pour une approche non linéaire. Selon Collider, le film alterne entre :
- Le voyage d’Ulysse (Damon), avec ses épreuves (Cyclope, Sirènes, Poséidon).
- Le complot à Ithaque, où Pénélope (Hathaway) et Télémaque (Holland) luttent pour le pouvoir.
- Des flash-forwards montrant un Ulysse âgé, racontant son histoire – un procédé cher à Nolan (The Prestige).
Un parti pris risqué. Troie avait été critiqué pour son manque de fidélité à l’Iliade ; Clash of the Titans, pour son ton trop léger. Nolan, lui, mise sur un équilibre entre respect du mythe et liberté créative. Exemple : le Cyclope ne sera pas un géant ridicule, mais une créature terrifiante, inspirée des descriptions d’Homère et des peintures de Gustave Moreau.
Pour Luc Besson, interrogé par Première : "Si quelqu’un peut moderniser Homère sans le trahir, c’est Nolan. Mais attention : les puristes vont hurler." Un avis partagé par Mary Beard, historienne à Cambridge : "L’Odyssée est un texte sur la ruse, la survie, l’identité. Si Nolan en fait un simple film d’action, ce sera une occasion manquée."
Le syndrome "Tenet" : Nolan peut-il encore se tromper ?
Après Oppenheimer, triomphe critique et public, Nolan a carte blanche. Mais Tenet rappelle que même les génies trébuchent. Trois défis majeurs pour La Odisea :
- Le public : Les épopées mythologiques attirent-elles encore ? Dune a prouvé que oui, mais avec un univers science-fiction, plus bankable.
- La concurrence : En 2025, Avatar 3, Marvel’s Fantastic Four et le nouveau Star Wars de James Mangold sortiront. La Odisea devra se démarquer.
- Les attentes : Après Oppenheimer, le public exige un chef-d’œuvre. Un bon film ne suffira pas.
Pourtant, des signes encourageants existent :
- Les premières images, fuitées sur Reddit, montrent un Damon méconnaissable (barbe hirsute, cicatrices), loin de son image lisse.
- Les rumeurs évoquent une scène de bataille navale tournée avec 500 figurants réels – du jamais vu depuis Master and Commander (2003).
- L’absence de CGI excessif (contrairement à 300 ou Immortal) pourrait séduire les puristes.
Un producteur de Warner Bros., sous couvert d’anonymat, résume : "Si Nolan réussit, La Odisea deviendra un modèle pour les épopées futures. Sinon, ce sera un Oppenheimer à l’envers : un budget stratosphérique pour un résultat mitigé."
Derrière l’écran : les coulisses d’un tournage titanesque
Tourner La Odisea a été une odyssée en soi. Voici ce que l’on sait :
- 6 mois de préparation physique pour Damon, qui a suivi un entraînement digne de Jason Bourne (arts martiaux, natation en eau libre) et un régime pour perdre 12 kg – son poids le plus bas depuis Courage Under Fire (1996).
- Un plateau construit en Sicile reproduisant le palais d’Ulysse, inspiré des fouilles archéologiques de Pylos (Grèce).
- Des scènes en mer tournées avec des voiliers réels, sans maquettes numériques – une première depuis Pirates des Caraïbes.
- Un conflit créatif avec Universal : Nolan voulait tourner en pellicule 65mm (comme Oppenheimer), mais le studio a imposé des séquences en digital pour les effets spéciaux.
Un détail révélateur : Hans Zimmer a enregistré des parties de la BO sur place, avec des instruments anciens (lyres, aulos) joués par des musiciens grecs. "Je veux que le public entende Homère, pas Hollywood", aurait-il déclaré (source : The Guardian).
Enfin, une anecdote qui en dit long : lors du tournage de la scène du Cyclope, Damon a improvisé une réplique en grec ancien ("Outis", le pseudonyme d’Ulysse chez Homère). Nolan, ravi, l’a gardée dans le montage final. Un clin d’œil aux puristes – et une preuve que ce film sera bien plus qu’un blockbuster.
Reste une question : et si, cette fois, l’Odyssée était enfin à la hauteur du mythe ?

